18.10.2010
LA JEANNE EN HERITAGE

© Christophe GERAL
«Jeanne d’Arc». Et de battre son cœur s’est arrêtée ? Depuis son retour à Brest, son port d’attache, le 27 mai dernier, la «Jeanne» - comme l’ont toujours appelé affectueusement ses marins - a cessé de naviguer. Durant tout l’été, le porte-hélicoptères a même subi une sérieuse cure d’amaigrissement.
Privé de son mât, de son armement et de ses superstructures sur les ponts, le désormais ex-navire école de la Marine est en phase de déconstruction, jaugeant dorénavant 5 000 tonnes contre 12 000 tonnes. «Les fluides ont été expurgés. Les éléments mécaniques dispatchés sur d’autres bâtiments, les biens mobiliers inventoriés et mis à l’abri. Il ne reste plus rien à bord ou presque !», confiait son pacha, le capitaine de vaisseau Patrick Augier avant de quitter ses fonctions lors d’une ultime cérémonie qui s’est déroulée en septembre dernier.
Le patrimoine «Jeanne» va néanmoins perdurer puisque décision a été prise par les autorités de la Marine de léguer pièces, objets, voire locaux emblématiques du bâtiment anciennement immatriculé R97. Après inventaire, les pièces phares du bateau ont ainsi été identifiées et repertoriées, du fond de la cale jusqu’en haut de la mâture, de la prou à la poupe. Fort de cet inventaire à la Prévert transmis au bureau du patrimoine, des propositions ont ensuite été adressées aux unités Marine ainsi qu’aux villes marraines et au musée de la Marine.
Eclaircissements avisé du commissaire général Olivier Laurens, délégué au patrimoine de la Marine quant au modus operandi de cette valorisation et préservation du patrimoine : «Concernant l’après Jeanne, nombreux étaient nos interlocuteurs à avoir de bonnes idées tant ce bateau est emblématique du fait de sa longue et riche carrière nautique. Les initiatives, plus ou moins farfelues, étaient légions. Notre ligne de conduite a ainsi consister à valoriser les initiatives pérennes et à privilégier celles d’interlocuteurs ayant tissé des liens forts avec la Jeanne».
C’est ainsi que Domrémy en Lorraine, la ville natale de l’héroïne de l’Histoire de France, a hérité d’une douzaine d’objets emblématiques dont la cloche. L’ancre du porte-hélicoptères et une plaque de tourelle ont été légués à la ville de Rouen, l’une des autres villes marraines du porte-hélicoptères. L’école navale a, quant à elle, hérité de l’une des deux plaques de coque et de nombreuses autres pièces.
Quant à Brest, son port d’attache, la municipalité aurait l’ambition de développer sur le plateau des Capucins un espace dédié à la «Jeanne» afin d’y exposer notamment sa ligne d’arbre. Des éléments de la passerelle devraient être également confiés au musée de la Marine tandis que les machines, symbole d’une ère industrielle révolue, pourraient être confiés tout ou en partie au conservatoire national des arts et des métiers (Cnam) afin d’y être exposé.
Autant d’initiatives qui prouvent qu’au-delà de la déconstruction d’un bâtiment, son patrimoine peut perdurer même disséminé à terre. Domrémy, Crozon, Brest, Rouen, Paris… L’empreinte «Jeanne» est décidément inoxydable…
Stéphane DUGAST
Illustration : © Anne SMITH / Photographie :© Christophe GERAL
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09.06.2010
BOUQUET FINAL
Tonnerre de Brest ! Jeudi 27 mai 2010, 13 heures 20. Vingt-et-un coups de canon, tirés depuis le porte-hélicoptères R97, résonnent dans la rade de Brest. Retour en grande pompe du bateau-école de la Marine dans la cité du Ponant.
Quai Malbert la foule se presse autour des barrières de sécurité ceinturant le futur point d'accostage. Les terriens aiment la Jeanne !
Impatients, le chanteur Pierre Perret et les enfants de l'association Louis Carlessimo guettent l'arrivée de leur «bateau gris fétiche» dixit son président Honoré Carlessimo à l'enthousiasme contagieux : «La Jeanne et notre association, c'est une longue histoire d'amour. Voilà plus de douze ans que la Jeanne et ses marins redonnent de l'espoir aux enfants malades. A notre tour, nous avons voulu lui donner, tout lui donner... Nous avons voulu des adieux joyeux. D'où la présence de l'un de nos parrains, de trois clowns et d'une délégation d'enfants».
Même ferveur sur les quais environnants noirs de monde au fur et à mesure que la Jeanne approche. «Nous sommes là pour dire adieu à ce bateau mythique et à ses marins» témoigne une brestoise quinquagénaire qui souhaite rester anonyme devant la cohorte de journalistes.

Durant ce week-end de festivités organisées conjointement par les autorités de la Marine et la mairie de Brest, l'attachement du public à la Jeanne a été constamment palpable.
«C'est plus qu'une page qui se tourne, c'est un livre qui se referme. Profitons de cet instant rare !»
Chaque jour, dès potron-minet, une file ininterrompue de visiteurs va même serpenter les quais.
C'est par millier que les visiteurs venus du Finistère, de Bretagne, des terres ou des montagnes se pressent afin de pouvoir monter à bord d'un bateau gris devenu légendaire. Malgré parfois trois à quatre heures d'attente en moyenne, ils seront plus de 10 000 visiteurs à se rendre à bord de la Jeanne d'Arc.
Parmi tous ces visiteurs, une foule de passionés et de curieux ainsi que des anciens marins de la Jeanne «émus et fiers de rendre un ultime hommage» comme le confie, ému, Claude Idot «amoureux de sa Jeanne».

En cette fin mai, l'heure est donc à la célébration. La Jeanne d'Arc s'offre un ultime baroud devant un public conquis et friand d'anecdotes. Durant ces dernières heures à la mer, les temps forts ont été nombreux.
L'escale à Rouen, ponctuée d'une rencontre avec le trois-mâts barque Belem ou les 5 000 visites du bord, a marqué les esprits.

Deux jours avant cet ultime accostage, les machines ont d'ailleurs ronronné. Et la Jeanne filée grand train. A près de 30 nœuds au large du Cotentin. Un ultime tour de force qui a fait la fierté du pacha et de son équipage.
«Une véritable cure de jouvence» selon les mécaniciens plus promptes qu'à l'accoutumée pour rendre hommage à leur bateau.

Massée sur les quais, la foule des terriens gronde. Les retrouvailles sont imminentes. «Jeanne la brestoise» brillera de mille feux tout au long de cette «escale» organisée en son honneur. A Brest (même), la «vieille Dame» sera étincelante jusque dans son dernier souffle. Adieu Jeanne, merci la Jeanne !
Stéphane DUGAST
Clichés © Christophe GERAL
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18.05.2010
LA JEANNE DE A à Z / "K" COMME...
A l'occasion de l'ultime campagne de la Jeanne d'Arc, l'hebdomadaire de la Marine nationale depuis 1945 Cols Bleus raconte autrement le porte-hélicoptères R97. Cette semaine, gros plan sur la lettre «K» afin de raconter un passager pas comme les autres...

« K »
*
EXTRAIT DU LIVRE
LA JEANNE D'ARC, porte-hélicoptères R97
(E/P/A – Les éditions du Chêne)
Photographies de Christophe Géral
Enquête de Stéphane Dugast
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14.05.2010
LA JEANNE DE A à Z / "J" COMME...
A l'occasion de l'ultime campagne de la Jeanne d'Arc, l'hebdomadaire de la Marine nationale depuis 1945 Cols Bleus raconte autrement le porte-hélicoptères R97. Cette semaine, la lettre «J» nous permet de nous intéresser à son nom de baptême.

« J »
JEANNE D'ARC Le nom du seul porte-hélicoptères de la Marine est d'abord celui d'une héroïne de l'Histoire de France. Brûlée vive le 30 mai 1431, place du vieux marché à Rouen. Béatifiée en 1909 et canonisée en 1920, Jeanne d'Arc s'inscrit au panthéon des héros de la nation. Considérée tour à tour comme une fille du peuple, une restauratrice de la monarchie et de l'ordre divin, une fidèle trahie par les puissants, voire même une révolutionnaire, Jeanne d'Arc devient un personnage emblématique duquel s'exhalent des valeurs de patriotisme absolu et de pur héroïsme. «Jeanne d'Arc est un personnage historique, révélateur de l'âme de la nation» affirmeront plus tard des historiens. «C'est le seul bâtiment de guerre portant le nom d'une sainte !», complète amusé l'un des récents aumôniers embarqués à son bord. Le nom de la «pucelle de Domrémy» va ainsi être logiquement donné à différents bâtiments de guerre dès 1820. D'abord à une frégate de 52 canons qui participera à l'expédition d'Alger en 1830. Une frégate de 42 canons prendra la relève en 1852 et s'illustrera lors de combats homériques en Chine, en Crimée ou en Baltique. Plus modeste, une corvette cuirassée du même nom lui succède en 1867. Nouveau successeur en 1899. Le Jeanne d'Arc est le plus grand et le plus puissant des croiseurs cuirassés français de son époque. Son architecture si singulière avec ses six cheminées lui vaudront un sobriquet : «le paquet de cigarettes». En 1912, ce bâtiment devient un navire-école d'application. Une vocation vite contrariée par la première Guerre mondiale. Devenu un bâtiment de combat, le «paquet à cigarettes» reprend ses fonctions d'école d'application en 1919 avant d'être remplacé, neuf ans plus tard, par un croiseur-école dont l'aura sera rapidement incommensurable. Son successeur (le porte-hélicoptères) est admis au service actif en 1964. «La Jeanne est morte, vive la Jeanne...» clame t-on alors sous le pont de Recouvrance à Brest lors de l'admission au service actif du porte-hélicoptères R97, qui à son tour écrira les plus belles pages de la légende «Jeanne». Jeanne d'Arc ou le nom d'une sainte héroïne de la nation devenue également celui d'un «bateau gris», familier des marins comme des terriens.*
EXTRAIT DU LIVRE
LA JEANNE D'ARC, porte-hélicoptères R97
(E/P/A – Les éditions du Chêne)
Photographies de Christophe Géral
Enquête de Stéphane Dugast
09:57 Publié dans CHRONIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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11.05.2010
« TRONCHES DE JEANNE »

© Christophe GERAL
"TRONCHES DE JEANNE"
Bâche-annonce (120/100 cm)
Le porte-hélicoptères «Jeanne d'Arc» R97
Le bâtiment-école de la Marine depuis 1964
Un navire phare du patrimoine naval français
La «Jeanne» va disparaître fin mai 2010
Une exposition rend hommage à ce bateau légendaire...
L'exposition intitulée TRONCHES DE JEANNE mêlent clichés posés des derniers marins du porte-hélicoptères R97 et des images de la «Jeanne» en action afin de garder une trace de ce bateau devenu mythique, à la retraite le 27 mai prochain.
› FORMAT / 34 panneaux - format 70X100 cm
› AUTEURS / Clichés de Christophe GERAL
Enquête de Stéphane DUGAST
› PARTENAIRES / La Marine nationale, CPGP, les éditions du Chêne & Efis prod
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