05.06.2013
SINGAPOUR SELON CAILLEAUX
Auteur, dessinateur et grand voyageur, Christian Cailleaux raconte ses pérégrinations en Asie. Direction Singapour pour un reportage-BD à bientôt paraître dans la revue trimestrielle Long cours. En exclusivité sur le blog Embarquements, premières planches et bons mots de l’ami Christian.

« Singapour, c'est l'Asie qui ne ressemble pas à sa caricature nostalgique (les rizières) ni à celle de ses excès modernes (Tokyo ou Hong-Kong).
Agréable et sûre, mais à quel prix ? Celui du capitalisme débridé qui fait que la ville-état ressemble à un centre commercial qui ne produit rien, sauf du service et des biens à vendre. Et pour qui ?
Pour les plus riches seulement (la majorité tout de même de la population sur place puisque cet état les aide et forme en ce sens, les soutenant par l'aide au logement, la sécurité, l'emploi, etc... s'ils respectent les règles strictes du jeu.), d'autant que l'âge de la conquête et de la construction sur un bout de terre désolée est achevé.

N'y subsistent que des traces d'un passé muséifié (les grands édifices), éludé (l'occupation coloniale), évité (la conquête japonaise) ou aseptisé (les quartiers « authentiques » de Chinatown, Arab Street ou Little India) pour en faire une vitrine irréprochable.
La nature généreuse elle-même est domptée (les arbres et les plantes tropicales dans les grands parcs et partout au bord des rues) et l'espace surchargé (jusqu'à celui de la mer, encombré de porte-containers géants et de tankers).

En contrepoint, seulement les pirates de Batam sur les îles juste en face des complexes hôteliers et des raffineries, et la proximité d'une Asie encore singulière (Malaisie, Laos, Viêt Nam)... mais pour combien de temps encore ?
Il s'agira aussi d'évoquer la qualité de vie (est-elle partagée par les chinois qui s'échinent et rêvent d'Europe ?) et un rêve de conquête et d'indépendance devenu réalité en moins de 50 ans.

Singapour a tous les travers et les qualités de ce vers quoi tend le monde moderne qui nous est proposé.
Mais c'est aussi une société cosmopolite riche de ses diversités (chinoises, malaises, indiennes ou européennes), une balade tropicale juste au-dessus de l'équateur, une histoire riche et mouvementée tournée autant vers l'Est que l'Ouest, des nuances, des saveurs et des couleurs... »
Récit et illustrations de Christian Cailleaux
> En savoir plus
Le site web de Christian Cailleaux
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04.06.2013
UN MONDE DE CURIOSITÉS

Découvrir l'histoire et les modes de vie de plus de 190 pays, c’est le fil conducteur de ce livre (d)étonnant ! Une encyclopédie insolite et étrange des pays du monde.
Scientifique par profession et explorateur par passion, Docteur John Oldale aime les voyages ! Membre de la prestigieuse Royal Geographical Society, il a ainsi voyagé dans plus de quatre-vingt-dix pays pendant trente ans.
Fort de cette expérience, il dresse dans son ouvrage l'inventaire de ses connaissances les plus insolites par pays. Un livre forcément instructif, drôle et parfois caustique.

Un tour du monde insolite pour apprendre que, contrairement aux idées reçues, les esquimaux ne construisent pas d'igloo, qu’il est interdit de s’embrasser dans les trains en France, que les chapeaux Panama en sont pas fabriqués dans le pays éponyme ou qu’un dictateur a interdit les librairies et les dents en or avant d’être destitué et remplacé par son dentiste.
Au fil des 263 pages fleurissent ainsi plus de 2 000 anecdotes historiques, culturelles ou politiques.
Habile mélange d’informations sérieuses et cocasses, ces miscellanées sans frontières guident le lecteur aux quatre coins du globe et jusqu'au cœur de pays les plus méconnus afin d’y découvrir l'âme et l'histoire des peuples du monde.

> À LIRE
Les Esquimaux ne construisent pas d'igloo (encyclopédie insolite et étrange des pays du monde) de John Oldale. 263 pages - 19,90 € (Arthaud).
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17.05.2013
FESTIVAL ÉTONNANTS VOYAGEURS 2013

Afrique, Amérique, année mondiale de la fiction ainsi que tous les rendez-vous habituels, c’est la livrée 2013 du festival Étonnants Voyageurs, festival international du livre et du film. Rendez-vous à Saint Malo en ce week-end prolongé de Pentecôte. Bref aperçu en 2 actes de ce festival à forte réputation.
ACTE 1
L’ESPRIT

Michel Lebris (à gauche) et l'écivain Alain Manbanckou (DR)
«Un festival cette année encore, au cœur du monde qui vient» a résumé Michel Lebris, président d’Étonnants Voyageurs quant à l'esprit 2013 de «son» festival. Extraits de son édito aux mots savamment pesés.
« Futile, la littérature, dans pareil maelström ? Au cœur de tout. Les sciences humaines, les unes après les autres, entrent en crise – en tous les cas, s’interrogent sur elles-mêmes. Et toutes – faut-il s’en étonner ? – retrouvent face à elles la littérature, et sa capacité à dire l’inconnu du monde. Autrement dit, se trouvent conduites, non seulement à se remettre en cause, mais à repenser, les puissances de la littérature. Enfin ! pourrions-nous dire : c’est le combat de notre festival. Ce sera donc le thème de cette nouvelle édition : « le monde est un roman ».

Crises, convulsions, terribles crispations, vertiges de destruction, prodigieux enfantement de monstrueuses mégapoles, surgissement de nouvelles générations d’écrivains et de cinéastes imposant d’autres sons, d’autres rythmes, d’autres voix : l’Afrique surgit sur la scène du monde, qui entend prendre sa place dans le siècle qui commence. Et l’Amérique, un roman ? Résolument, pour son incroyable capacité, depuis toujours, à se fictionner dans l’immédiateté et à réinventer sans cesse ses mythes fondateurs. Dans ses romans, dans ses films, dans ses séries TV, plus que jamais, l’Amérique est une légende.
L'AFRIQUE QU VIENT
L’édition d’Étonnants Voyageurs à Brazzaville, en février dernier, en complicité avec Alain Mabanckou, aura été à bien des égards enthousiasmante. L’Afrique est entrée en mouvement, dont témoignent spectaculairement de nouvelles générations d’écrivains et d’artistes, qui mettent à mal nos discours convenus : nous voulions un événement littéraire donnant à voir et à entendre cette « Afrique qui vient », en train de prendre sa place dans le monde, qui entre en dialogue avec le monde, une Afrique rassemblée dans la diversité de ses expressions : pari tenu, nous semble-t-il.

Mais comment ne pas en proposer le meilleur, au public du festival de Saint-Malo – et que se prolonge, s’approfondisse le dialogue entre ses acteurs et les écrivains présents, venus du monde entier ? Au programme : zoom sur l’Afrique du Sud, véritable laboratoire d’une Afrique en devenir, et un focus sur l’extraordinaire effervescence créatrice du Nigéria.

En regard, cette année, l’Amérique. Où tant d’écrivains africains vivent aujourd’hui – y compris francophones. L’Amérique qui nous fascine, à commencer par ceux qui s’acharnent à décréter moribond, ou évanoui, le « rêve américain », ou dénoncent, chanson connue, son « impérialisme culturel »
L’AMÉRIQUE EST UNE LÉGENDE
L’Amérique à Saint-Malo, en cette année de réflexion, car elle pose, nous pose, par sa capacité à fictionner le monde, une question essentielle sur les puissances de la littérature – et du cinéma. Comment dire l’Amérique aujourd’hui ? Pléiade d’auteurs venus d’Outre-Atlantique pour en débattre.

Avec David Simon, « l’homme le plus en colère de la télévision » (The Atlantic Monthly dixit), auteur de la série culte The Wire (Sur écoute), et qui publie un superbe Baltimore. L’Amérique est une légende : occasion, au passage, de célébrer la naissance d’Hollywood, il y a tout juste un siècle, avec son grand historien, Kevin Brownlow, de s’interroger sur la permanence du western en compagnie de Bertrand Tavernier, de revisiter l’histoire, avec Charles Mann, et Pekka Hamalainen dont L’empire comanche aura été un de nos coups de cœur, de revenir sur le rapport de l’Amérique à la frontière, et la notion de « melting pot ».
Michel Lebris
Frank Etienne - Conde Maryse - Eric Orsena © Etonnants voyageurs / Gael Le Ny - 2013
ACTE 2
LES PRIX
Parmi les prix décernés au festival Étonnants Voyageurs, focus sur deux récompenses, faisant la part belle au reportage, à l’aventure et à la mer.

LE PRIX JOSEPH KESSEL
À l’instar de Joseph Kessel (1898-1979), explorateur, journaliste, grand-reporter et écrivain, passionné de son temps et soucieux d’en rendre compte par ses reportages et ses romans, le Prix Joseph Kessel est décerné par la Scam, chaque année depuis 1991, à l’auteur d’une œuvre de haute qualité littéraire, écrite en langue française.
Les nominés 2013
Gwenaëlle Aubry : Partages (Mercure de France)
Annick Cojean : Les proies, Grand Prix de la Presse Internationale 2012 (Grasset)
Lionel Duroy : L’hiver des hommes, Prix Renaudot des Lycéens 2012 (Julliard)
Jonathan Littell : Carnet de Homs (Gallimard)
Amin Maalouf : Les désorientés (Grasset)
Jean-Luc Marty : Un coeur portuaire (Julliard)
Hubert Prolongeau : Ils travaillent au noir : enquête sur un mal français (Robert Laffont)
Nicolas Werth : La route de la Kolyma, Prix Essai France Télévisions 2013 (Belin)

Littérature et mer font bon ménage. Ci-contre Joseph Conrad en compagnie de David Bone et de Muirhead Bone sur le Tuscania (DR)
LE PRIX GENS DE MER
À l’initiative de la librairie «La Droguerie de Marine», le prix littéraire «Gens de Mer», en partenariat avec EDF, est remis chaque année lors du Festival Etonnants Voyageurs. Ce prix est destiné à récompenser l’auteur – ou le traducteur - contemporain d’un livre récent, récit ou roman, étude ou document, ayant un caractère maritime au sens le plus large. Il fut attribué en 2006 à Isabelle Autissier pour « Kerguelen » chez Grasset, en 2007 à Philipe Jaworski pour sa traduction du « Moby Dick » d’Herman Melville à la Pléiade, en 2008 à Benjamin Guérif pour « Pietro Querini, les naufragés de Röst » chez Rivages, en 2009 à Karsten Lund pour « Le Marin Américain » chez Gaïa, en 2010 à Carsten Jensen pour « Nous les Noyés » chez Libella-Maren Sell, en 2011 à Dominique Fortier pour « Du bon usage des étoiles » à la Table Ronde, et en 2012 à Jean Rolin pour l’ensemble de son œuvre maritime.

Les nominés 2013
Jean-Michel Barrault : Port Eden, Arthaud
Olivier Bass : L’Homme de Marmara, La Découvrance
Bernard Bonnelle : Aux Belles Abyssines, La Table Ronde
Nicolas Deleau : Les Rois d’ailleurs, Rivages
Alexandra Lapierre : Je te vois reine des quatre parties du monde, Flammarion
Dominique Le Brun : Quai de la Douane, Le Télégramme
Frank Lestringant : Cosmographie Universelle par Guillaume Le Testu, Arthaud (beau livre)
Benoît Lobez : Snekkar-Arctic, la vérité renflouée, Marines Editions
Claire et Reno Marca : Journal de la Mer d’Arabie, La Martinière (beau livre)
Tim Severin : Le Voyage du Brendan, Hoëbeke
Mark Siegel : Sailor Twain ou la sirène dans l’Hudson, Gallimard (BD)

> EN SAVOIR PLUS
Rendez-vous du 18 au 20 mai 2013 à Saint Malo. + d’infos sur le site officiel à http://www.etonnants-voyageurs.com
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14.05.2013
SUR LES PISTES

Direction le Maroc et les dunes de Merzouga pour un reportage dédié au raid 4L Trophy version 2013. Parmi les 3 000 participants à ce rallye-raid, Aurélie et Anne-Charlotte à l'initiative d'un projet humanitaire autour de 4L Renault en carton. Un reportage vidéo réalisé avec brio (et en solo) par l'ami et complice Christophe Géral. Embarquement sur les pistes.

LA VIDÉO
BONUS
LIRE LE REPORTAGE ÉCRIT « LES JOSÉPHINES DU DÉSERT »
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08.05.2013
LE VOYAGE DANS TOUS SES ÉTATS

Donner la plume à des auteurs-voyageurs, ayant chacun un sujet de prédilection, c’est le pari des éditions Transboréal à l’initiative de la (très réussie) collection « Petite philosophie du voyage ».
Vélo, kayak, âne, marche, cheval, train, désert, forêt, îles, steppe, arts martiaux, escalade, photographie, chanson populaire, jazz, opéra, hauts lieux du bouddhisme ou tango… Tous les points de vue du voyage sont abordés dans cette collection de petit précis.
En véritable artisan et orfèvre du monde de l’édition, Transboréal publie donc depuis trois ans à une cadence régulière ces petits livres (en format) au ton résolument littéraire, dans lesquels il est question pour chaque auteur de relater sa façon personnelle d’aborder le monde et de vivre le voyage.

« Notre collection fétiche actuelle, intitulée “Petite philosophie du voyage” : sans en faire des tonnes, on parle ici de grands voyages, sans se raconter d’histoires »
La rédaction de Trek Magazine
Qu’il soit agrégé de lettres, éditeur, écrivain, médecin, philosophe ou simple voyageur au long cours, tous se penchent sur le voyage chacun avec sa sensibilité et son « tropisme », l’un s’attardant sur le détail d’un paysage, l’autre célébrant le monde forestier tandis qu’un dernier s’interroge sur l’âpre beauté du désert.

Une belle collection de livres petits formats pour méditer sur le voyage, le leitmotiv de cette collection foisonnante d’opuscules à la présentation élégante et aux thématiques variées. Parmi les près de quarante publications, j’ai lu et aimé « L’Écriture de l’ailleurs, Petits propos sur la littérature nomade » d’Albéric d’Hardivilliers, écrivain-voyageur, et « La Soif d’images, Petites révélations sur la lumière et la photographie » de Matthieu Raffard, photographe.
Si le premier témoigne de la fécondité de la lecture et de l’écriture nomades, qui permettent de retrouver ou de restituer la densité des moments vécus, le second éclaire la pratique d’un art qui permet d’immortaliser l’instant de la rencontre et de la découverte, de portraits en paysages, de l’aube au crépuscule.

> À LIRE
Collection « Petite philosophie du voyage ». Opuscule broché 11 x 16,6 cm, 96 pages - 8 € (Transboréal éditions)
16:00 Publié dans CHRONIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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