28.01.2012
GRAND NORD MALADE

« Pôle Nord : la grande glace est malade » ainsi titre Polka, un (excellent) magazine faisant la part belle au photojournalisme. À sa une, un reportage alarmant réalisé par Ragnar Axelsson, témoin éclairant de l’Arctique et de ses changements.

Ragnar Axelsson est un habitué du grand Nord. Depuis plus de 2 décennies, le photoreporter islandais arpente et photographie les côtes du Groenland, situées au nord du 66ème parallèle.
Ses images les plus anciennes datent des années 1980, constituant autant de témoignages précieux d’une époque révolue durant laquelle la banquise disparaît.
« Depuis plusieurs millénaires, les chasseurs inuits, avant de partir traquer phoques et ours polaires, scrutent et écoutent la glace. Aujourd’hui, son cri est assourdissant: la banquise craque, les glaciers éclatent. Les peuples du Nord s’inquiètent. La “Nuna”, leur monde, s’efface», professe dans cet article Laurence Butet-Roch, l’auteur des textes.
S’étant adaptés depuis des millénaires à une nature souvent hostile, les Inuits sont, selon Polka, désormais à la merci des volontés politiques et économiques des gouvernements étrangers.

Pour Ragnar Axelsson, il est urgent de témoigner. « La grande glace est malade », lui a un jour confié un vieil Inuit.
Un témoignage et des clichés pour un cri d’alarme. Ou à défaut, une prise de conscience que les déserts blancs de notre planète fondent inexorablement...
Photographies de Ragnar Axelsson
A LIRE
Dans le magazine Polka #16
POLKA C'EST QUOI ?
C'est un magazine bimestriel français de photographie et de photojournalisme. Dirigé par Alain Genestar, ancien directeur de Paris Match. Lancé en 2008, Polka vise tous les amateurs de photographie, les passionnés, les collectionneurs.
Dans Polka, les grands noms de la photographie racontent en image l’histoire du monde et des hommes.
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27.01.2012
LA LONGUE ROUTE
Ce dimanche, une trentaine de rameurs solitaires va s’élancer de Dakar au Sénégal pour rejoindre Cayenne en Guyane. Parmi eux, un compétiteur (sur)motivé : Christophe Dupuy, officier de Marine et nageur de combat de spécialité…

Qualifié «d'Everest de la route sud», tant son parcours est sélectif, rude et d'une grande exigence physique et morale, la Rames Bouvet Guyane est avant tout une compétition consacrant un rêve pour tous ses concurrents.
C’est à Dakar au Sénégal qu’est donnée le départ représentant le couronnement de longs mois d’une préparation généralement très chronophage souvent vécue sans équipe d’assistance.

Chaque compétiteur aura ainsi dû batailler fermement afin de ficeler son budget, les dossiers de sponsoring, la construction du bateau ou l’amélioration d’un autre d’occasion, et s’entraîner physiquement.
En ligne de mire, l’arrivée à Cayenne (en Guyane), représentant ainsi plus de 2 600 milles nautiques, généralement parcouru entre 40 à 60 jours par une trentaine de rameurs naviguant sur des embarcations toutes identiques, soient des monotypes de 8 mètres de long.

UNE TRAVERSÉE «MYTHIQUE»
Inspiré des exploits de Gérard d’Aboville, Anne Quéméré, Jo Le Guen & compagnie qui tentaient de battre des records, l’originalité de la «Bouvet-Guyane» réside dans le fait que tous les concurrents partent en même temps, du même endroit, avec les mêmes conditions météo et sur des bateaux strictement identiques.
Si les premiers achèveront ce défi en moins d’une quarantaine de jours, les derniers mettront sûrement 20 jours de plus. Tous auront néanmoins vécu une formidable aventure doublée d’un véritable défi sportif comme l’atteste Christophe Dupuy, marin d’Etat et concurrent de cette course hors norme : «Au menu pour mes camarades et moi : 4 800 kilomètres sans escale ni assistance à la seule force des bras pour une traversée l’océan Atlantique. Mythique pour tout marin».

C’est après avoir vécu en direct l’arrivée de la précédente édition que l’intéressé a eu envie de se lancer dans le «grand bain» : «Voir ces hommes réussir à traverser l’océan à la seule force des bras dans des conditions rudes et extrêmes a été pour moi une révélation. Faire la même chose est l’aboutissement d’un cycle et un défi de taille auquel mon passé de commando m’a bien préparé. A moi de bien m’employer pour que ce rêve s’épanouisse pleinement».
LE «BRAS ARMÉ» & SON ÉQUIPE
Interrogez Christophe Dupuy sur son défi et d’emblée il vous parlera de son bateau appartenant à l’association Soutien à l’Aviron en Course Océanique (SACO) présidée par Bertrand de Gaullier des Bordes, officier de Marine commando qui a lui-même participé à la Bouvet Guyane 2009 à son bord. La remise aux normes de la jauge 2012 a été réalisée dans les hangars de la base des Fusiliers-Marins et Commandos Marine de Lorient.
Quant aux objectifs annoncés par le marin désormais basé à Toulon, il sont sans ambivalences : «Faire de mon mieux pour avoir la chance de réaliser un vieux rêve. En clair arriver au bout». Le défi sera donc autant physique - «10 à 12 heures de rames au quotidien» - que moral.
Ses motivations sont multiples : «Cette aventure est le trait d’union idéal entre la fin de ma carrière militaire et mon futur professionnel. C’est aussi l’opportunité de fêter mes 45 ans pendant la traversée ce qui n’est pas pour me déplaire».
UNE PRÉPARATION MAISON
Concernant sa préparation, elle a été minutieusement étudiée. «C’est avec tout un groupe que je me suis préparé physiquement et moralement à ce défi. Je ne suis finalement que le bras «ramé» de l’équipe». Rien n’a été laissé au hasard équipe puisque le marin rameur s’est entouré de professionnel du monde de la mer et surtout de «pointures de la maison commando».
Parmi eux, un coach emblématique, officier de marine, nageur de combat et concurrent de la course en 2009 : Bertrand de Gaullier des Bordes. Deux anciens commandos - Bruno Le Tyrant et Patrick Stampa - épaulent également la marin-rameur pour sa logistique.
«Cette aventure reste une école d’humilité où chacun à sa chance. Et au final, c’est toujours la mer qui commande» a écrit Bertrand de Gaullier des Bordes après son abandon lors de la précédente édition.
Fort de ces préceptes et des conseils de ses aînés, Christophe Dupuy s’est préparé avec minutie et professionnalisme à cette course hors normes. «C’est le défi d’une vie» résumait-il sobrement le regard déjà tourné vers l’horizon en décembre dernier. Si sa route sera longue, nul doute qu’elle sera également belle. Et son voyage (intérieur) intense...
Stéphane DUGAST
A SUIVRE
> Le site de la course RAMES BOUVET GUYANE www.ramesguyane.com/
> Le site de Christophe DUPUY, le marin & rameur www.christophe-dupuy.com/
14:49 Publié dans ACTUALITES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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25.01.2012
L’USAGE DU MONDE

A/R Magazine, c’est un magazine de voyages créé par Sandrine Mercier, journaliste-animatrice-productrice à Radio France carte grande voyageuse depuis plus de 2 décennies. Soit une publication papier pour un regard décalé sur le voyage.
Parti pris de ce magazine grand public ? S’adresser à un public de nomades curieux et offrir un regard décalé sur le voyage comme en racontant ses coulisses, ses galères ou le ressenti du reporter.

Confirmations de sa rédacteur-en-chef à l’origine de cette publication singulière : « On est parti du constat que beaucoup de nos amis voyageurs ne lisaient pas la presse de voyage. Comme nous d'ailleurs. Trop lisse, trop carte postale d'un monde merveilleux. On avait envie de créer un magazine qui dépoussière le genre »
Fort de textes joliment ciselés (à la première personne) appuyés par un choix photographique savamment dosé, les récits imprimés relatent le voyage avec un fort point de vue personnel et intime.
Dans le magazine A/R (pour «Aller/Retour»), on explore ainsi autrement le voyage. En prime dans chaque magazine (tous les 2 mois en kiosque), l’interview d’une personnalité nous éclairant sur sa manière de voir et de vivre le voyage comme Thierry Marx, un cuisinier baroudeur dans le dernier numéro à la une dédiée à Las Vegas, la «ville de tous les péchés». (SD)

EN SAVOIR +
> Le site web du magazine : www.ar-mag.fr
06:45 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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23.01.2012
INSTANTANÉS D'AMÉRIQUE // N°2

Anna & James Cordova // Route 66 Museum
Santa Rosa - New Mexico
«Cette Route, ce sont d’abord pour moi des souvenirs d’enfance. Ce sont ensuite mes premiers tours de roue puis ce défilé incroyable de voyageurs à bord de belles voitures. J’ai voulu simplement rendre hommage à tout çà...»
Extrait du Beau-Livre SUR LA ROUTE 66 - carnets de voyage (La Martinière éditions). Photographies de Christophe GERAL. Récit de Stéphane DUGAST. Introduction de Philippe LABRO.
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20.01.2012
ENTRETIEN PARTICULIER

Le cargo Maudit : c’est le titre du nouvel album de Tramp, une série de bande dessinée prisée de tous les férus d’aventures et de mer. Un one shot (dans le jargon de la profession) rompant avec les précédents albums dixit Patrick Jusseaume, son dessinateur. Et dire qu’il va falloir patienter jusqu’au 9 mars prochain, date de la parution du dixième tome de ce thriller maritime à chaque fois haletant…
« Patrick Jusseaume, pourquoi s’atteler à un one shot ?
- Cet album rompt avec le tempo Indochinois dont le thème a un caractère historique. Là, nous abordons le thème policier. L'écriture du scénario s'en trouve, je l'imagine, modifiée. Puis après cette courte «pause- escale» car la vie de marin c’est d'être en mer. Nous repartirons vers des océans plus lointains et plus chauds. Donc pour un nouveau cycle. Sur un autre tempo...

Quel est l'intérêt de cette nouvelle intrigue ?
- Changer de registre scénaristique, renouveler l'intrigue. Le quotidien à bord d'un navire est furieusement répétitif ! Il faut presque systématiquement tenir compte du fait que les ouvertures scénaristiques peuvent plus aisément venir de l'extérieur.

Avez-vous travaillé sur de nouvelles sources d'inspirations ?
- En premier lieu, la source d’inspiration récurrente, est le dépaysement. Fondamental dans l’univers des marins. Au gré de la chronologie des cycles. Il n’y a pas de co-écriture dans notre collaboration avec Jean-Charles. Il suit les inspirations que peuvent lui apporter chaque escale, j’imagine !

Et puis, entre le ciel et la mer, le temps ne s’écoule plus de la même manière !
- La Marine Nationale m’invite maintenant à naviguer au moins une fois par an, grâce à Pascal Subtil, officier de communication, entre autres. J’ai donc découvert la vie à bord des voiliers et «bateaux gris». Le rythme de vie d’un terrien n’a pas grand chose à voir avec celui d’un marin. Sinon, pour cet album plus précisément, il m’a fallu chercher des décors urbains.
Retrouver l’ambiance normande de cette ville portuaire. Il faut y ajouter un aspect social, ainsi que son contexte : On sortait de la guerre. Le confort social de cette époque n’était pas le même, ni probablement les priorités.

Thriller maritime, Tramp est une série délicieusement surannée …
- Une époque. Une façon de vivre … notre jeunesse ? Il faut aussi ajouter que c’était l’âge d’or de la marine marchande. De vrais équipages. Le téléphone portable n’existait pas.
Quand un marin devenait papa il devait souvent attendre que la bonne nouvelle arrive par courrier la veille au port d’escale annoncé du lendemain.

Et bien souvent, m’a-t-on dit, le courrier n’arrivait que le lendemain du départ. De sorte que le papa apprenait véritablement la naissance à l’arrivée. Encore une fois, la notion de temps était différente. Les sentiments de solitude, et d’éloignement étaient palpables.
Le voyage était long ! Il me semble, pour l’avoir constaté à bord de bâtiments de la Marine, que le sentiment d’éloignement est resté incompressible encore aujourd’hui.
Dès que le navire aborde une zone côtière les marins essaient tous leur portable pour tenter de capter une réception. Assis sur le pont à l’abri d’une poupée de treuil pour se protéger du vent ils essaient de retrouver le contact de l’être cher.

Votre public n’est-il constitué que de connaisseurs ?
- Non ! Néanmoins, nous sommes présents dans les carrés à bord. Ce qui veut dire que nous sommes crédibles, tout de même ! Et puis il y a tous les terriens pour qui la mer est le symbole d'une sorte de nomadisation. Partir c'est quitter ses repères. Changer de coutumes...
Pour conclure, j'ai envie de citer Théodore Monod* : «En mer comme au désert, vivre c'est avancer sans cesse, à travers un décor à la fois immuable et changeant, identique à l'œil et que l'on ne saurait différent sans le témoignage du sextant, de la montre et de la boussole, s'aventurer comme à tâtons sous les plus éclatants soleils, savourer l'amertume de se sentir en pleine marche, prisonnier d'un espace pourtant sans barreaux et plus étroitement confiné en cette libre immensité qu'au plus étroit des cachots qui, lui, du moins, à une porte... »
* : Méharées de Théodore Monod (J’ai lu)
(Avec la précieuse collaboration de Pascal SUBTIL)
Dessins © Patrick JUSSEAUME

À LIRE //
Tramp - Le cargo maudit (Tome 10) de Patrick Jusseaume & Jean-Charles Kraehn. 14 € (Dargaud)
EN SAVOIR +
Le site officiel de Patrick Jusseaume
http://www.jusseaume.fr/
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