25.11.2014

LES AILES DE L’AVENTURE

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2 pilotes, 2 biplans, une aventure autour du Monde ! Des ailes, de l’audace et du panache, cette aventure aéronautique n’en manque pas ! S’en exhalent même des parfums à  la Jules Verne ou à la Saint Exupéry.

Pour renouer avec l'héroïsme des pionniers de l’aviation du début du vingtième siècle, Thomas Launay et Marc Bonguardo - capitaines de Marine Marchande mais également pilotes privés - ont décidé de partir sur les traces de la toute première circumnavigation aérienne.

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Leurs moyens de transport ? Deux biplans de type Waco YMF-5D, répliques actuelles d’un légendaire aéronef.  Par l'ouest, cockpit ouvert, Thomas Launay et Marc Bonguardo vont ainsi effectuer un tour du Monde en biplan. Une aventure jamais tentée depuis 1924 lorsque 8 aviateurs américains à bord de 4 biplans Douglas DT2 réalisèrent la première circumnavigation aérienne lors de la Douglas World Cruiser Tour. Seuls deux y parviendront.

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«Nous voulons tout simplement entreprendre la peinture d'une fresque rétro de notre monde moderne. Notre défi est à la fois géographique, technique mais surtout humain. C’est la preuve que l'esprit d'aventure n'est pas mort, et qu'il brille en chacun de nous», confesse, très enthousiaste, Marc Bonguardo.

Une expédition old school aux forts pouvoirs évocateurs qui donne assurément envie de prendre place dans l’un des deux biplans. L’occasion de raconter autrement notre Monde, à 90 ans d’intervalle.

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20 pays traversés, 2 océans survolés, 70 étapes,
18 000 milles nautiques, soit plus de 200 heures de vol
et 3 mois d’aventure

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Ce tour du monde en biplan cockpit ouvert est une entreprise délicate car primo : les avions offrent une  faible autonomie de vol en comparaison aux aéronefs actuels, secundo :  les pilotes sont exposés aux intempéries. Ainsi les étapes et plans de vol sont étudiés en prenant compte des contraintes de distance, de présence ou non d’aire d’atterrissage, de météorologie et de logistique.

Le coup d’envoi de cette expédition est fixé au premier juin 2015. Mais l’aventure va commencer dès Janvier 2015 avec la fabrication des biplans. De la belle aventure en perspective à suivre sur le web avant le petit (voire le grand) écran. Qui sait ?

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› EN SAVOIR +

Le site de l’aventure Waco Around the World, rdv ICI

 

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24.11.2014

DE TOUTES SES FORCES

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Aujourd'hui chef d'entreprise à Rennes, Jean-Gabriel Chelala a achevé, il y a 4 ans, un tour du Monde insolite, à la seule force des bras et des jambes. À la clef ? Un voyage initiatique intense que l'intéressé nous raconte dans un récit récemment paru en librairie. Rapides explications.

48° nord, 33000 kilomètres  en vélo, vel'eau et kayak : c’est letour du monde réalisé par Jean-Gabriel Chelala entre 2008 et 2010.

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48° nord : c'est le nom de son expédition, en référence au 48èmeparallèle qu’il a suivi à la seule force humaine, donc sans vapeur et sans voile.

33 000 kilomètres : c’est la distance que Jean-Gabriel Chelala a parcouru de Paris à Paris, via 9 pays : France, Espagne, Portugal, États-Unis d’Amérique, Canada, Russie, Biélorussie, Pologne et Allemagne.

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Ses moyens de locomotion ? Un vélo assis ou couché sur les terres émergées et un «vel’eau» -  un prototype de canot à pédales – ainsi qu’un kayak pour «tailler la route» sur les mers, les océans et les rivières.  

Une odyssée émaillée forcément de rencontres, d’imprévus et de galères que Jean-Gabriel Chelala raconte grâce à l’aide d’une "plume" : Patrick Filleux, journaliste journaliste en charge de la rubrique "aventure et sport extrêmes" à l'Agence France presse (AFP). Un récit assurément d'aventures !

Photographies © Jean-Gabriel Chelala

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› 48° nord, 33000 kilomètres  en vélo, vel'eau et kayak de Jean-Gabriel Chelala et  Patrick Filleux. 304 pages - 22,90 € (Édition Les 2 encres)

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23.11.2014

PRIX MARINE & OCÉANS : LES LAURÉATS

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Marine & Océans : c’est un magazine dédié aux océans et aux marines, qu’il s’agisse de la marine de plaisance, celle de commerce ou celle militaire. Marine & Océans : c’est également chaque année trois prix littéraires décernés.

Les  lauréats 2014 sont au nombre de trois. Trois lauréats dont les livres ont été chroniqués cette année sur le blog Embarquements. C’est ce qui s’appelle avoir du flair, non ?

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- Dans la catégorie «livres» 

Philippe Metzger pour son roman Pilote de mer, publié aux éditions Centmillemilliards (LIRE LA CHRONIQUE)

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- Dans la catégorie «beaux livres» 

Benjamin Massieu pour Philippe Kieffer, Chef des commandos de la France libre, publié aux éditions Pierre de Taillac (LIRE LA CHRONIQUE)

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- Dans la catégorie «bandes dessinées» 

Christophe Chabouté, pour son adaptation de Moby Dick (Livres premier et second), publiée aux éditions Vents d’Ouest (LIRE LA CHRONIQUE)

Visuel d'ouverture : © Chabouté

› BONUS
À noter que la remise des prix aux lauréats et aux éditeurs aura lieu le samedi 13 décembre prochain, à l’École Militaire (Paris).

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21.11.2014

UNDER THE POLE II : IVRESSES POLAIRES

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Depuis janvier dernier, le collectif Under the Pole est reparti pour une deuxième expédition d’envergure en Arctique. Au programme des plongées sous la glace avant d’entamer au printemps prochain une expédition terrestre dans le nord-ouest du Groenland. Rappel des faits.

Explorer autrement l’Arctique afin d’y mener des explorations aux confins du monde civilisé ainsi que des plongées jusqu'aux plus grandes profondeurs accessibles à l'Homme, ce sont les objectifs assignés au second volet des expéditions du collectif Under the Pole.

Expédition à la fois éducative et scientifique, innovante et à taille humaine, Under the pole II offre des images uniques au monde et surtout une meilleure connaissance scientifique du milieu à travers les immensités glacées les plus inaccessibles et les plus inhospitalières de notre planète.

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UNE LENTE REMONTÉE

Mer agitée, mal de mer, froid lancinant, paysages époustouflants et rencontres touchantes, la première phase de l’expédition Under the pole 2014-2015 a assurément été éprouvante à bord du Why, une goélette en aluminium robuste conçue pour naviguer dans toutes les mers du monde.

Après avoir appareillé de Bretagne en janvier 2014, les explorateurs ont dû attendre un mois durant à Reykjavik en Islande la fenêtre météo pour rejoindre le sud du Groenland «froid, sombre et mystérieux» (de l’aveu d’Emmanuelle à l’initiative de cette aventure), puis atteindre enfin Nuuk, la capitale.

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Cinq mois durant, le voilier Why est alors remonté le long de la côte ouest du Groenland parvenant ainsi jusqu’à 80°23’ Nord de latitude dans le détroit de Nares. Autant d’escales et d’occasions d’observer en plongée la banquise, les icebergs ou la faune comme les baleines franches et les grands rorquals, les phoques annelés et leurs cousins les barbus.

PLONGÉES EN HAUTES PROFONDEURS

Semaine après semaine, Ghislain Bardout, sa compagne Emmanuelle Périé et leurs compagnons  ont ainsi gagné en expérience, multipliant les immersions dans le froid, le long des icebergs géants de la Baie de Disko ou en profondeur (pour Ghislain et son complice) en enrichissant leurs mélanges avec de l’hélium.

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Ce n’est qu’après 3 mois de plongée en recycleur qu’ils sont d’ailleurs parvenus à atteindre les 90 mètres de profondeur. Un mois plus tard, ils atteignent 100 mètres puis 112 mètres au mois d’aout dernier. Une progression lente mais sage à laquelle tenait absolument Ghislain, plongeur et chef d’expédition.

La première partie d’Under the Pole II vient de se clôturer par une semaine de plongée avec le requin du Groenland que les plongeurs-explorateurs ont pu observer dans son élément naturel, et sans artifice pour pouvoir le filmer. Ils ont ainsi pu observer 8 spécimens au cours de 12 plongées, l’accompagnant jusqu’à 70 mètres de profondeur, en utilisant leurs recycleurs, des mélanges trimix ainsi que des scooters sous-marins.

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UN LONG HIVERNAGE 

L’expédition Under the pole est depuis entrée dans une période de transition. Le Why a ainsi d’abord navigué vers le Sud afin de réceptionner un container embarqué sur un cargo de la Royal Arctic Line avant de pointer le bout de son étrave en Baie de Melville, puis de mouiller à Uummannaq, fameux pour sa montagne en forme de cœur se dressant majestueusement au-dessus du village inuit et de l’océan Arctique glacial bientôt gelé.  

Au printemps prochain, marquant le retour du soleil, il sera alors temps pour les aventuriers d’Under the pole de partir avec les Inuit et leurs traineaux à chiens pour s'aventurer près de la banquise dans le nord de la baie d'Uummannaq, et explorer en surface et sous l'eau ces cathédrales de glaces.

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Une folle épopée «à l’ancienne» sans moyen motorisé, entre montagnes et océan, fjords et banquise, dans le sillage de glorieux explorateurs comme le danois Knud Rasmussen ou les Expéditions Polaires Françaises dirigées par Paul-Émile Victor.

Une occasion unique d’explorer les profondeurs inconnues de cette région septentrionale du globe méconnue. L’opportunité également de prendre le pouls de notre planète. Car l’Arctique et ses glaces sont que jamais aux premières loges du réchauffement climatique.

Stéphane DUGAST
Photographies © Lucas Santucci / UTP

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› BONUS
Pour savoir plus, rdv ICI sur le site officiel d’Under the Pole II
Un reportage photographique distribué par l’agence Zeppelin Geo

 

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20.11.2014

LA FRANCE EN ARCTIQUE : AGIR OU (ENCORE) RÉFLÉCHIR ?

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Le monde polaire alimente en ce moment en France bien des débats. Co-fondateur du Cluster Polaire Français[1] et directeur du Arctic Young Leaders program, Mikå Mered est récemment devenu un leader d’opinion concernant l’Arctique et ses enjeux. N’en déplaisent aux esprits les plus conservateurs ! Mêlant économie, culture, science, écologie et diplomatie, son approche transverse et très «real politik» ouvre de nouvelles pistes de réflexion à la France, à ses décideurs et à ses acteurs. Entretien à bâtons rompus avec un spécialiste «trop iconoclaste», dixit ses détracteurs.

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« Entre ceux qui espèrent un eldorado, ceux qui craignent une remilitarisation, et ceux qui prétendent “sauver l’Arctique”, rien d’étonnant à ce qu’on n’ait jamais autant parlé d’Arctique en France qu’en cette rentrée 2014 : huit conférences, colloques ou débats ont eu lieu à Paris depuis septembre et cinq autres sont prévus d’ici Noël !

Hôte des secondes réserves mondiales de terres rares et premières d’uranium, entre autres, le Grand Nord fournit déjà environ 10% du brut et 25% du gaz mondial. Depuis 2011, tous secteurs confondus, plus de 600 milliards de dollars d’investissements sur vingt ans ont été annoncés pour l’Arctique.

La France volontaire en Arctique…

Dans ce contexte, rappelons-nous d’abord que St-Pierre et Miquelon est à mi-chemin entre Washington et le Groenland. L’une des clés du rebond économique de l’archipel et de la place de la France en Arctique se situe bien dans cette “nordicité” que les voisins québécois, terre-neuviens et même l’état américain du Maine cultivent, eux. La francophonie économique émerge au Nunavut, au Yukon et même en Yakoutie !

En métropole, Dunkerque “ville hydrogène” et Valenciennes s’apprêtent à devenir des destinations privilégiées respectivement pour les hydrocarbures et les bois arctiques. Lannion, Saclay, Grenoble et Toulouse sont à l’origine des meilleures start-up et ETI (NDLR : Entreprise de Taille Intermédiaire) pouvant viabiliser et sécuriser l’activité en milieu polaire.

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La Normandie conserve des liens culturels forts avec les pays scandinaves. À Caen, la nouvelle municipalité a placé sa “nordicité” historique au cœur de son plan quinquennal de développement économique. La Cosmetic Valley en Eure-et-Loir s’intéresse de très près à la bio prospection en Arctique, avec déjà des succès probants.

En somme, la demande de nordicité du tissu économique français n’est pas un fantasme de 2030 ou 2050 ! Elle nécessite toutefois une meilleure information sur les enjeux de la région et des relais mieux organisés, idéalement sur une base circumpolaire, dès maintenant.

Cela est d’autant plus vrai qu’en retour l’on n’a jamais autant parlé de la France en Arctique. Les chambres de commerce bilatérales, notamment franco-islandaise, franco-Norvégienne et franco-russe, sont à l’origine d’une dynamique autour de marchés de très haute-valeur ajoutée comme la dronautique, l’espace, les télécommunications, l’eau, la construction d’infrastructures, de bâtiments HQE (NDLR : Haute Qualité Environnementale), ou la géothermie.

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Créé en juillet dernier, le Cluster Polaire Français (CPF) a déjà contribué à offrir une plus grande visibilité aux innovateurs français en Arctique avec déjà plusieurs partenariats scellés (Islande, Finlande, Russie, Canada). De plus, le CPF vient d’être admis au sein du Northern Forum, un organe de coopération interrégional créé en 1993, observateur au Conseil de l'Arctique, regroupant 25 gouvernements régionaux et organismes représentatifs issus de 11 pays de l’Arctique et du Proche-Arctique.

... dans un marché déjà très concurrentiel

Cependant, malgré ces efforts, la France ne pèse pas lourd face à ses concurrents du “Proche-Arctique”.

D’autres secteurs porteurs, sont déjà trustés par des concurrents faute d’anticipation, notamment la construction navale (Corée du Sud, Italie, Finlande), les câbles sous-marins (Canada, Royaume-Uni), le remote sensing (USA) - (NDLR : l'acquisition d'informations sur un objet ou un phénomène sans contact physique avec l'objet, par opposition à l'observation in situ. Ce terme se réfère à l'utilisation de technologies de capteurs aériens pour détecter et classifier des objets terrestres en surface comme dans l'atmosphère ou les océans au moyen de signaux par exemple électromagnétiques) -  le pipeline sous-marin (Norvège) ou encore le minier sous-marin (Canada). Dans ce contexte, il est d’ailleurs dommage que l’Arctique ou les Terres Australes et Antarctiques Françaises (Taaf) ne soient pas au programme des Assises de la Mer 2014.

Une architecture de gouvernance économique a émergé pour canaliser le flux ininterrompu d’intérêt et de capitaux vers l’Arctique. Cette année on été créés l’Arctic Business Council (initiative privée) et le Conseil Economique de l’Arctique (initiative intergouvernementale), auxquels la France n’a pas de représentant(s) à ce stade.

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Il y a trois semaines, Reykjavík accueillait le plus grand sommet annuel sur l’Arctique: Arctic Circle. Une date devenue incontournable dans le calendrier diplomatique arctique dès sa première édition en 2013.

Devant 1 400 spécialistes et décisionnaires venant de 40 pays, la chancelière allemande, Angela Merkel, s’est exprimée en faveur du « placement de certaines parties de l’Arctique sous protection spéciale ». Où? De qui? Comment? On a rarement fait plus flou, mais gageons que l’Allemagne explicitera sa position l’an prochain puisqu’elle enverra une délégation conséquente pour une session plénière dédiée - une délégation qui, peut-être, ressemblera à la délégation de 35 ingénieurs et chefs d’entreprise envoyée l’an dernier au Arctic Energy Summit.

Quelle valeur ajoutée française ?

Le Royaume-Uni a lui fait sensation en dégainant son ministre des Affaires Étrangères, Philip Hammond, plusieurs parlementaires et une quarantaine de chercheurs, entrepreneurs et managers invités pour présenter la proposition de valeur ajoutée globale du pays pour l’Arctique. La valeur des projets présentés et proposés s’élève à plusieurs dizaines de milliards d’euros. Le Japon et l’Italie ont fait de même, plus modestement, avec des délégations d’une quinzaine de personnes chacune.

Si les Anglais ont été en partie moqués par quelques universitaires pour leur discours économique jugé trop offensif, les critiques ont été malheureusement unanimes après le “Grand Oral” français.

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L’ambassadeur de France pour les pôles, Michel Rocard, conduisait une délégation de trois spécialistes et un chef d’entreprise. À part le croisiériste Ponant, les entreprises françaises présentes en Arctique n’y ont pas parlé bien qu’elles jouissent d’une image de sérieux et de haute technicité avec des ingénieurs très prisés.

C’est surtout la France scientifique qui s’est exprimée. Or, dominée qu’elle est par l’Allemagne avec un ratio de publications de 2 contre 1, elle ne remplace pas la France des entrepreneurs.

De plus, après avoir rappelé à la tribune que «l’Arctique n’est pas un relais de croissance pour la France», et compte tenu du fait que Paris refuse de financer les activités du Conseil de l’Arctique (AC-PSI), rien d’étonnant à ce qu’on entende encore une fois de la bouche d’entrepreneurs, de représentants autochtones et de diplomates: « Mais quelle est la valeur ajoutée des Français ?! »

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Repenser et ouvrir l’approche française en Arctique

Face à cette situation, Hubert Védrine a appelé, le 12 novembre dernier à l’occasion d’un colloque Arctique organisé par le Centre d’Etude Stratégique de la Marine (CESM), à une réorientation diplomatique vers une approche bilatérale plutôt que multilatérale, et à une réévaluation de la stratégie à adopter avec chacun des acteurs de la région à l’aune de l’émergence asiatique en Arctique et des tensions avec Moscou.

La Commission Européenne produira en décembre 2015 sa stratégie Arctique, avec une doctrine pro-business portée par le Danemark et la Finlande. La France est le dernier grand pays à ne pas avoir de stratégie arctique. Elle aura au mieux à l’été 2015 une “feuille de route nationale”, développée en inter services plutôt qu’avec l’ensemble des acteurs publics et privés.

Or, pour rattraper son retard, la France doit impérativement proposer un projet davantage axé “realpolitik” : elle doit définir sa valeur ajoutée en Arctique, puis la faire valoir en allant convaincre dans tous les sommets, colloques et salons à travers la région! Soit un travail de longue haleine autour d’une approche business qui est loin de faire l’unanimité au Quai d’Orsay - même à l’heure de la diplomatie économique.

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Ailleurs, on se pose moins de questions. Par exemple, c’est précisément pour donner plus de poids à sa diplomatie et des voix à ses entreprises que le Royaume-Uni a créé au sein du Foreign Office un poste de “Ministre des Régions Polaires" - l’équivalent d’un secrétaire d’état en France - ainsi qu’un département des affaires polaires dédié  exclusivement aux enjeux Arctiques et Antarctiques.

Paris devrait suivre cet exemple pour favoriser les synergies et innovations polaires de rupture qui feront la croissance et la géopolitique de demain. Car pendant que la France discute, d’autres investissent massivement. La part des entreprises asiatiques dans le marché Arctique à l’horizon 2035 pourrait atteindre plus de 65%.

De plus, Mexique, Mongolie, Émirats Arabes Unis, Australie ou encore Estonie veulent tous un siège d’observateur au Conseil Arctique... Accipe quam primum, brevis est occasio lucri* »

* : « Agis de suite, les chances de réussite durent peu »



[1] : Créée durant l’été 2014, le Cluster Polaire Français (CFP) vise à sensibiliser jeunes innovateurs, entrepreneurs et décideurs à ces questions, et rassembler une communauté polaire française élargie au-delà de la sphère scientifique. En savoir plus sur le site du Cluster Polaire Français.

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