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chasse

  • SERINEQ, LE SOLEIL

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    Pierre Auzias (dit «Peeri») vit sur la côte occidentale du Groenland à Uummannaq. Deuxième chronique d’un quotidien ordinaire pour Peeri.

    En ce matin du lundi 4 Février, sur l'esplanade de l'école qui domine la ville, les enfants entourés de leur maîtres chantent en agitant joyeusement un petit soleil en carton jaune agrafé au bout d'un bâtonnet.

    « Quand le soleil revient / Tous les enfants sont heureux / Quand le soleil chauffe / Il nous redonne des forces / Quand les montagnes et les nuages se teintent de rouge / Tout devient très doux / Quand ses rayons réchauffent »

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    Chaque année, lors de l'apparition du soleil, ces vers contemporains, issus d' un ancien psaume, nous appellent  à saluer la mémoire d'Else Broberg, professeur regrettée de toute la population.

    Cette première apparition de Serineq est d'autant plus théâtrale, car il traverse durant quelques secondes, de son bord supérieur Kiggannguaq, soit  la brèche d' un col étroit de la chaîne montagneuse de Nuussuuaq, sise en face d'Uummannaq.

    Kiggannguaq: c'est aussi la fente de la visée du fusil ou encore la joie.

    Traditionnellement, le soleil dans la société des chasseurs a une grande importance.

    "Kaperlak" le temps obscur de la nuit polaire inspirait la peur jusqu' au milieu des années cinquante. Il fallait survivre en vivant de ses propres réserves. Serineq revenu, ramenait le soulagement, la joie, l'espoir et la force.

    Depuis toujours, la lumière d'avril et de mai presse les phoques sur la banquise (uttoq).

    Les oiseaux, et leurs oeufs sur les falaises, et un peu plus tard la pêche, rapportent tour à tour, ammassates (capelans) en juin, les  iqaluit (truites de mer) en juillet.

    À terre, durant le mois d’août, c'est la chasse aux Tuuttut (rennes) et aux Ummimaq, (boeufs musqués).

    Enfin aux portes de l'automne, les saumons et les globicéphales sont des denrées prisées de mes amis inuits.

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    Mon ami Hans est venu ce matin à sept heures pour parler autour d'un café :

    - « Bien sûr, la banquise ne venait pas toujours et il nous fallait être très actifs durant l’été pour prendre dans la Nature tout ce qui nous permettait d'affronter les temps obscurs.

    Á l'automne, il restait à cueillir les baies noires et bleues tout en tirant quelques jeunes oiseaux. En septembre arrivaient les bélougas et en octobre les narvals. Nous tirions alors les derniers phoques de fjord et puis la nuit tombait.

    Ce rythme juste, des chasses et de nos pêches, était alors plus important que tout autre car il gérait notre vie sociale. Les enfants apprenaient ce métier en aidant et en regardant, toujours à l'écoute de nos mouvements.

    Un bon chasseur n'abordait pas les temps obscurs dans la crainte, comme ceux qui n'avaient rien fait.

    Comprends- tu ? Cela ne veut plus rien dire de faire aujourd'hui chanter les enfants quand le soleil revient »

    Je ne contredis pas Hans, mais pour moi,que les enfants chantent Serineq, restera éternellement touchant. (À SUIVRE)

    Un récit et des dessins de
    Pierre Auzias dit « Peeri »

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  • CHASSE GARDÉE

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    Campement de Ningerte
    66° 17’  Nord / 37° 14’ Ouest

    « Temps duveteux dans le fjord du Sermilik, une large échancrure située le long de la côte est du Groenland. Depuis l’apparition d’un phoque dans les eaux parsemées de glace, le silence est d'or à Ningerte.

    Casquette verte vissée de travers sur le crâne, veste polaire entrouverte et bas de survêtement noir rendu bouffant par ses grosses bottes kaki en caoutchouc, Tobias Ignatiussen est aux aguets. Fusil à la main, ce chasseur quadragénaire, parmi les plus réputés de la région d’Ammassalik, scrute minutieusement les eaux redevenues calmes.

    Plus un bruit, ni même un chuchotement au campement. Le mammifère marin ne devrait maintenant plus tarder à pointer son museau afin de revenir prendre sa respiration à la surface. L’attente parait interminable. Rien ne semble pourtant perturber la concentration de ce chasseur natif du Sermilik.

    Si la chasse a été, pendant des siècles, l’activité principale des Inuits, elle n’est désormais un métier que pour une soixantaine d’entre eux, détenteur d’un permis de chasse officiel. 

    Source de revenus complémentaires pour les chasseurs comme Tobias, cette activité ancestrale est devenue aujourd’hui un loisir pour la majorité des habitants de la côte orientale du Groenland seulement peuplée de 3 500 habitants, tandis que 54 000 Groenlandais habitent le long de la côte occidentale. (…) »

    Stéphane DUGAST

     Extrait du récit  « DANS LES PAS DE PAUL-EMILE VICTOR »
    paru dans le livre CARNETS D’AVENTURES (Presse de la Renaissance)

    Photographie : © Stéphane DUGAST 

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