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défense

  • LA MARINE D’ANTAN

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    La Marine de guerre française de 1860 à la veille de la seconde guerre mondiale. « De riches heures et d’impressionnantes archives conservées dans les collections du Service historique de la Défense » assurent les auteurs d’un « Beau-Livre » désormais en librairie.

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    1860, l’heure est à la révolution industrielle. En mer et dans les arsenaux, les technologies se perfectionnent. Les coques en bois se couvrent de métal pour se prémunir des torpilles et mines ennemies avant que ne soient définitivement adoptées les coques en acier.

    En terme de propulsion, la vapeur supplante la voile. Désormais, les marins peuvent s’affranchir des caprices du vent.

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    Ils ne se contentent d’ailleurs plus simplement d’aller en mer mais ils s’aventurent désormais sous la surface de la mer, avec les premiers sous-marins, ou au-dessus des océans avec l’apparition des premiers aéronefs. La Marine militaire s’en trouve totalement transformée.

    Pour autant, expéditions, missions et escales rythmant la vie du marin feront toujours rêver les terriens. De surcroît les marins ramènent de leurs voyages des souvenirs, des récits, des dessins et des photographies pour les plus talentueux.

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    C’est un témoignage de cet « ère du changement » que nous proposent de (re)visiter deux spécialistes de la question : Jean de Préneuf, universitaire de renom et fidèle collaborateur du Service Historique de la Défense (SHD) et Philippe Vial, directeur scientifique au SHD.

    Grâce à leurs savantes connaissances et à une judicieuse sélection de clichés puisés dans les archives du service historique, les deux auteurs, des « puits de sciences ès Marine, nous font revivre ses « riches heures ». Eclairant et instructif pour tout passionné de marine militaire et de son histoire.

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    > À LIRE //
    « La Marine française sur les mers du monde 1860 – 1939 » de Jean de Préneuf et Philippe Vial avec la collaboration d'Alexandre Sheldon-Duplaix et Thomas Vaisset. 164 pages – 35 €. Coédition Gallimard/Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA) du ministère de la Défense.

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  • QUAI N°9 DE DJIBOUTI 3|3

    POSTE NEUF 3|3
    Récit et photographies de Stéphane Dugast

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    Port autonome international de Djibouti dans la Corne de l'Afrique. Contigu au quai dédié aux escales des bâtiments militaires français de plus en plus nombreux, le poste numéro 9. Bienvenue chez les «fusiliers». Bienvenue chez les «fus'».

    IMG_2735w 2.jpgTreize heures au poste 9. Effervescence à peine perceptible. Les «hommes en vert» sont rôdés. Enfilage rapide du gilet de sauvetage noir. Perception des armes auprès du gradé. Prise en main des embarcations situées en contrebas.

    Si l'ombre de la frégate furtive Aconit contiguë parait immense, les «fus'» (NDLR : appellation familière désignant les fusiliers-marins) n'ont cure de cet étonnant spectacle, déjà appliqués à préparer leur patrouille.

    Ultimes recommandations de leur commandant sur la mission et la posture à tenir. Bertrand* a déjà sauté dans son embarcation. Son binôme est également paré. La chaleur est toujours autant pesante.

    «C'est notre principale ennemie. Tout acte a des conséquences multipliées par trois à Djibouti. Ici, il faut demeurer très attentif. Il faut penser à boire et à bien récupérer. Des messages que je martèle à mes hommes» prévient Antoine* avant de «dégainer» des chiffres éloquents : «En saison chaude, c'est  5 à 8 litres d'eau  par  jour  et par individu. Ce sont des patrouilles de 2 heures à effectuer par alternance. Et pas un pèt' d'ombre».

    Confirmations sur le plan d'eau, la chaleur est suffocante. «On s'y habitue»  tempère le longiligne officier marinier supérieur aux commandes de son embarcation à boudins gonflables 40 chevaux Futura.

    «Parfois, le thermomètre peut friser les 50°C. Nous les fus', on sait être rustique et endurant» prévient-il avant de foncer à toutes blindes vers la sortie du port. Escorte pour lui et son binôme sans couvre-chef sous l'ardent soleil djiboutien.

    La silhouette du bateau-logistique Dague émerge de l'horizon cotonneux. Port autonome international de Djibouti. Treize heures vingt tapantes. 47° Celsius sur le plan d'eau.

    Pas une once d'ombre, ni d'embarcations suspectes dans les parages. Bertrand, Antoine et les fusiliers-marins du poste 9 veillent au grain... (FIN)

    * : Les prénoms ont été modifiés pour des raisons de confidentialité

    *

    cols_bleus_n_2922_medium2.jpgREPORTAGE DEFENSE
    POSTE NEUF
    Episode 3|3

    Reportage extrait du COLS BLEUS N°2922, l'hebdomadaire de la Marine nationale.

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  • QUAI N°9 DE DJIBOUTI 2|3

    POSTE NEUF 2|3
    Récit et photographies de Stéphane DUGAST

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    Port autonome international de Djibouti dans la Corne de l'Afrique. Contigu au quai dédié aux bâtiments militaires français de plus en plus nombreux, le poste numéro 9. Bienvenue chez les «fusiliers». Bienvenue chez les «fus'».

    FUSEPE 9.jpgDouze heures trente au poste 9. Situé à quelques encablures de l'historique quai aux boutres, le poste des fusiliers-marins est armé depuis 2001.

    «C'est consécutif au volume croissant des escales de bâtiments de guerre à Djibouti. D'abord avec les missions de lutte contre le terrorisme comme «Enduring Freedom», ou plus récemment à cause des opérations de lutte contre la piraterie comme Atalanta» assure le lieutenant Antoine*, un officier énergique et affable. A ses côtés, un homme opine.

    Profil longiligne et visage émacié, le premier maître (NDLR : grade de sous-officier) Bertrand* est l'adjoint du lieutenant. Lui aussi a à cœur de parler du métier : «On est là pour assurer la protection et l'escorte des bateaux de guerre français lors des manœuvres d'accostage et d'appareillage dans le port. En trois mots, il s'agit de surveiller, de filtrer et  de ralentir la menace en cas de besoin».

    Précisions complémentaires de son supérieur : «On se tient en posture logique de vigilance tout en étant en cohérence avec la situation locale en terme de menaces potentielles. En plus de cette mission, nous assurons également la protection du plan d'eau du port autonome en concertation avec les autorités militaires locales. Notre entité ne travaille donc pas seul. La Marine djiboutienne réalise ainsi la moitié des patrouilles».

    Si la mission des fusiliers marins français basés à Djibouti consiste principalement à assurer la  protection du plan d'eau du port autonome et escorter les bâtiments de guerre français jusqu'au terminal pétrolier de Doraley, l'éventail des missions s'est récemment élargi.

    «Etre fusilier marin, ce n'est pas seulement effectuer des rondes de surveillance le long d'un grillage autour d'une base !» lance mi-goguenard, mi-agacé Antoine, avant de parler de nouveau du métier et des missions djiboutiennes : «En réponse aux actes de piraterie survenus dans le Golfe d'Aden, une force navale multinationale s'est mise en place. La France joue un rôle moteur. Djibouti est situé à un carrefour stratégique... De nouveaux dispositifs ont ainsi été mis en place afin de garantir protection et sécurité aux navires de commerce qui le demande».

    Les fusiliers marins ont ainsi contribué à la mise en place, depuis septembre 2008, les équipes de protection embarquée (EPE), dont l'une des missions prioritaires est d'assurer la protection des  bâtiments civils qui en font la demande aux autorités étatiques et militaires lorsqu'ils naviguent en mer Rouge ou dans le Golfe d'Aden, sujets aux attaques des pirates.

    «Cette  protection rapprochée répond à des protocoles précis établis entre armateurs et le ministère de la Défense» garantit le lieutenant au regard franc avant d'être plus à son aise dès lors qu'il s'agit de détailler le dispositif militaire mis en place : «En terme d'hommes et d'armes, une EPE : c'est un groupe de militaires avec un armement variable. Tout dépend de la mission et du bateau protégé. C'est secret défense...».

    Bientôt treize heures, la discussion va devoir s'écourter. La Dague, Le bateau-logistique de la Marine basée à Djibouti, rentre à son port-base après justement une mission d'escorte. «L'EPE du bord était constituée de quelques commandos et d'une majorité de mes hommes» annonce Antoine, le chef des fusiliers-marins habituellement basé au groupement des fusiliers marins (GFM) de Toulon. Températures polaires dans le bungalow. Dehors, 43°Celsius à l'ombre... (A SUIVRE)

    * : Les prénoms ont été modifiés pour des raisons de confidentialité

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    cols_bleus_n_2922_medium2.jpgREPORTAGE DEFENSE
    POSTE NEUF
    Episode 2|3

    Reportage extrait du COLS BLEUS N°2922, l'hebdomadaire de la Marine nationale.

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  • QUAI N°9 DE DJIBOUTI 1|3

    POSTE NEUF 1|3
    Récit et photographies de Stéphane DUGAST

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    A l'ombre de la frégate Aconit de la Marine nationale, amarrée au port de Djibouti dans la Corne de l'Afrique, on repère d'emblée ces installations. Au-dessus d'une demi-douzaine de containers aménagés en baraquements et protégés par un filet de camouflage kaki flotte fièrement le pavillon tricolore. Bienvenue au poste numéro neuf. Bienvenue chez les «fusiliers». Bienvenue chez les «fus'», comme on les surnomme dans la Marine.

    Douze heures trente au poste numéro neuf. Journée caniculaire dans la république de Djibouti. Et coup de chaud au poste numéro 9. Le thermomètre s'affole. 42°Celsius à l'ombre.

    Dans le poste avancé, sis au cœur du port de Djibouti, on se calfeutre. «Enfin, seulement la fraction qui n'est pas de service» prévient le lieutenant Antoine*, en charge du détachement de fusiliers marins stationnés à Djibouti.  «Soit 17 personnes plus un officier relevés tous les 3 mois en moyenne» précise l'intéressé.

    Entité militaire dans le port autonome international de Djibouti (PAID), le poste numéro 9 est armé par dix fusiliers marins français, détachés provisoirement en Afrique. «Tout est fonction des escales des bâtiments français. Depuis le printemps, on n'a pas arrêté» estime l'officier au regard franc.

    Chiffres notés sur son calepin à l'appui, il s'explique : « En mars dernier : poste armé 26 jours sur 31 et 8 escortes de bateaux, 28 jours sur 30 jours en avril et  6 bateaux escortés... 26 jours sur 31 et 8 bateaux escortés en juillet, soit un poste armé 131 jours sur 156 et 39 bateaux escortés...».

    A priori les marins stationnés à Djibouti et prélevés dans les groupements d'interventions régionaux (GIR) de Brest et de Toulon ne chôment pas. En ce début d'après-midi, calme plat cependant au poste 9.

    Les fusiliers-marins de garde se sont réfugiés dans des baraquements rustiques. «Des containers pour bateaux aménagés en attendant des baraquements en dur» souffle le chef avant de se glisser à l'intérieur de l'une des ses installations temporaires. D'emblée, poignées de main franches et viriles à ses hommes réunis autour de boissons rafraîchissantes.

    A l'abri et à l'ombre, le climat est devenu polaire. « Il faudrait mieux régler la clim'. Action ! », ordonne le lieutenant avant d'entamer la «causerie» sur la présence des fusiliers marins dans le «port emblématique et le plus sécurisé de la Corne de l'Afrique».

    (A SUIVRE)

    * : Le prénom a été modifié pour des raisons de confidentialité

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    cols_bleus_n_2922_medium2.jpgREPORTAGE DEFENSE
    POSTE NEUF
    Episode 1|3

    Reportage extrait du COLS BLEUS N°2922, l'hebdomadaire de la Marine nationale depuis 1945.

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  • L'ESPRIT FUSS 2|2

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    Un père et trois fils, tour à tour commandos, fusiliers et marins. Le destin singulier des Fuss. Une famille lorraine au cœur marin. Après le père et le fils aîné « bidel », c'est autour de tous les fils...

    PORTRAIT FUSS 7 W.jpgEn guise de préambule, une piqûre de rappel sémantique. Dans la marine de guerre, le «bidel» désigne un homme à poigne, écouté et respecté pour sa grande expérience. C'est un officier marinier (NDLR : sous-officier) de spécialité fusilier, occupant les fonctions de capitaine d'armes.

    Il est alors temps de présenter la famille Fuss avec d'abord Nicolas le père, Michel, Alain et Jean-Marc, les trois fils. «Par ordre d'apparition ! » plaisante Michel, lui aussi «bidel» mais sur la frégate Aconit depuis 2007. Auparavant, Michel Fuss a été capitaine d'armes sur une autre frégate furtive. «Le La Fayette, la frégate qui parraine la préparation militaire marine de Metz. Un vrai clin d'œil familial !».

    Le regard de celui devenu capitaine d'armes en 2002 s'éclaire de nouveau à l'évocation de son affectation précédente : «La frégate de surveillance Nivôse. Ma première affectation comme bidel». Auparavant, son parcours militaire a été dense. «Comme son père», serait-on tenter de dire.

    Intégration à l'école des fusiliers pour le brevet élémentaire en 1985. Certifié commando, Michel Fuss rejoint ensuite le commando Jaubert jusqu'en 1991. Passage dans la foulée à la compagnie des fusiliers marins de Toulon où il obtient son cours de plongeur de bord. Affectation ensuite à la Flottille Amphibie - la Flophib - alors en pleine création.

    Brevet supérieur de fusiliers marins en poche en 1996, il goûte alors aux affectations embarquées. D'abord sur la Frégate Lance-Missiles (FLM) Duquesne. «Celle avec la grosse boule dans sa mâture» plaisante le «Bidel» de l'Aconit, avant de préciser doctement « qu'il s'agissait du radar tridimensionnel DRBI-23, abrité par un spectaculaire dôme en fibre de verre de 11,25 mètres de diamètre le préservant des fumées, embruns et vent, constituant le principal moyen de détection du navire».

    C'est sur le Duquesne que le fusilier «Fuss junior» prend goût à la vie embarquée. Désigné comme instructeur au Centre d'Instruction Navale de Saint Mandrier en 1999, il surmonte sa déception et fait tout pour permuter. «J'ai réussi après 2 mois !». Affectation à bord du Bâtiment de Commandement et de Ravitaillement (BCR) Marne comme adjoint au capitaine d'armes.

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    MICHEL, ALAIN & CO

    Le fils deviendra ensuite lui aussi «bidel». « En 2002 sur le Nivôse ». La boucle est bouclée pour le maître principal (NDLR : grade de sous-officier) Fuss, pressé de raconter le destin de ses cadets. A commencer par celui d'Alain. Aujourd'hui premier maître (NDLR : grade de sous-officier)  et responsable du bureau sport de la base navale de Toulon.

    Alain intègrera l'école des fusiliers marins en 1987. Béret vert en poche, il sera affecté au commando Jaubert. «On y sera ensemble quelques mois» concède le frère attendri. A l'issue du son Brevet d'Aptitudes Techniques (BAT) en 1989, Alain rejoint le commando Trepel jusqu'en 1992 avant d'intégrer la compagnie des fusiliers marins de Lorient. Changement de cap en 1993.

    « Alain passe son monitorat de sport à Fontainebleau ». Les affectations deviennent alors variées. L'école des Fourriers dans la Manche. Une campagne de deux ans en Nouvelle-Calédonie avant une affectation à la base aéronavale de Nîmes Garons en 1998 et le Brevet Supérieur (BS) de fusilier en 1999.

    Moniteur de sport sur l'île du Levant, Alain Fuss part ensuite en campagne pour une affectation embarquée en 2002 sur le bâtiment-ravitailleur Var. « Sa première affectation embarquée. On fera d'ailleurs ensemble plusieurs escales communes car moi j'étais sur la frégate Nivôse» s'amuse le grand frère.

    Depuis, le cadet a été affecté au bureau sport de Lorient avant de rejoindre en 2006 le bâtiment-ravitailleur  Somme. Même profil de carrière dense pour le petit dernier. Comme ses frères, Jean-Marc intègre l'école des fusiliers marins. «Lui, c'est en 1993». Stage commando dans la foulée. «Et remise du béret vert par le paternel. Un moment fort et intense» souligne Michel comme recueilli.

    Jean-Marc rejoindra le commando de Penfentenyo. BAT en 1996 et brevet supérieur en 1998. «Il sort major de promotion à chaque fois» précise admiratif le grand frère. Retour ensuite pour Jean-Marc dans les forces.

    D'abord au commando Jaubert pendant un an avant d'être muté au commando de Montfort. Court intermède dans la capitale en 2004 au centre Marine de la Pépinière à Paris. Trois ans plus tard, Jean-Marc revient dans le milieu commandos en devenant maître de cours et instructeur pour les élèves officiers fusiliers commandos. L'esprit Fuss en somme...

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    LES FILS (SPIRITUELS) FUSS

    Le passé défile devant les yeux du maître principal Michel quand ce dernier s'enthousiasme de nouveau : «Il y a les Fuss mais également des fils « adoptifs...» Sébastien C. s'est engagé en 1993. Mohamed M. en 1996.

    Tous les deux sont premier-maître. Tous les deux sont également « bérets verts » (NDLR : certification commando marine). Ils ont été «couvés» par «Fuss père» lors de leur passage à la préparation militaire marine de Metz. « Comme ils habitaient à l'époque dans le quartier où résidait la famille, mon père les a vite pris sous son aile ».

    Quant à Michel et Alain, les deux frères aînés, ils n'ont jamais hésité, durant leurs permissions, à faire découvrir aux jeunes l'entraînement lié à la spécialité de fusiliers comme la topographie les parcours, les marches, la natation et le footing. «Sébastien et Mohamed vont vite accrocher et s'accrocher...». Actuellement Sébastien est affecté à l'école des fusiliers comme instructeur au stage commandos. Mohamed est quant à lui au commando Trepel. «Ils n'ont jamais quitté le milieu commando depuis leur engagement» annonce fièrement le 'cipal de l'Aconit avant d'engager la discussion sur une nouvelle recrue.

    Encore un émule Fuss ? «Une Fuss. Marina. C'est ma fille, elle veut s'engager ! Son dossier est en cours. Secrétaire ? Sitel (NDLR : Système d'Information et de Télécommunications) ? Elle tergiverse encore».

    Le père est fier mais prudent. «Mais c'est elle qui fera son choix» concède Michel Fuss. Après Nicolas puis Michel, Alain, Jean-Marc, Mohamed et Sébastien, Marina a donc poussé les portes d'un centre d'information et de recrutement.

    «Le même que pour nous tous. Le centre de recrutement de Metz !», lance Michel Fuss enchanté avant de conclure dans un large sourire  :  «La Marine ? C'est notre deuxième famille !»...       (FIN)

    Stéphane DUGAST

    Photographies / © Marine nationale

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    CB2922.jpgPRESSE GUEULES DE MARINS
    L'ESPRIT FUSS
    Episode 2|2

    Reportage extrait du COLS BLEUS N°2922, l'hebdomadaire de la Marine nationale.

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  • L'ESPRIT FUSS 1|2

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    Un père et trois fils, tour à tour commandos, fusiliers et marins. Le destin singulier des Fuss. Une famille lorraine au cœur marin.

    PORTRAIT FUSS 4 W.jpgLui, c'est le fils aîné : Michel. Michel Fuss, le capitaine d'armes de la frégate (de type La Fayette) Aconit en mission de lutte contre la piraterie maritime dans l'océan Indien,  dans le cadre de l'opération militaire navale Atalanta. Après 15 jours d'une patrouille sans anicroches, ponctuée par le sauvetage de treize marins d'un boutre battant pavillon indien, le maître principal (NDLR : grade de sous-officier) au regard franc dispose de quelques heures dans son emploi du temps avant l'accostage dans le port omanais de Salalah.

    D'emblée, il est question de sa famille et de son incroyable saga déjà évoquée, clichés noir et blanc à l'appui, dans la magazine Cols Bleus datant «vraisemblablement» du second trimestre 1993. «J'ai encore son titre en tête : Fusiliers de père en fils» s'enthousiasme le maître principal de l'Aconit en empoignant un récent exemplaire de l'hebdomadaire de la Marine depuis 1945. Chez les Fuss, on est donc fusilier de père et fils. P

    remier de la lignée : Nicolas Fuss, major honoraire de la Marine national. Matricule 60. « Il est désormais un adhèrent actif de l'amicale des anciens combattants de Metz ainsi que de l'amicale des anciens fusiliers marins de l'Est dont le président est un ancien du commando de Penfentenyo en Algérie », complète le fils avant de détailler les étapes phare du curriculum vitae militaire de son père.

    Début de la longue idylle entre la famille et la Marine à l'orée des années 1960. « Le matelot Fuss incorpore le centre Siroco » (NDLR : Installé au cap Matifou, « la plus belle vue sur Alger et sa baie » selon des esthètes, le site de Sirocco en Algérie a vu défilé plusieurs «générations» de fusiliers-marins de 1945 à 1962).

    Intégration conclue par l'incorporation au commando de Penfentenyo jusqu'en 1962. Après une période de plongeur de bord, « Fuss père » suit le cours de nageur de combat et intègre le prestigieux commando Hubert dans les années 1960 et 1970. «Une seule coupure durant cette période : le brevet supérieur fusilier » précise le fils admiratif. « Après il vivra une seconde carrière sur les bateaux comme capitaine d'armes. Comme bidel... ».

    Précision sémantique. Dans la marine de guerre, le «bidel» désigne un homme à poigne, écouté et respecté pour sa grande expérience. C'est un officier marinier (NDLR : sous-officier) de spécialité fusilier, occupant les fonctions de capitaine d'armes, le marin chargé de la discipline à bord d'un bateau.

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    Affectation d'abord sur un escorteur anti-aérien : La Bourdonnais. Le quatorzième d'une série de 18 escorteurs d'escadre, mis sur cale à Brest le 7 décembre 1954 dans la bassin 8 de Laninon, lancé le 15 octobre 1955 et admis au service actif le 3 mars 1958 avant d'être désarmé  en juillet 1976 et devenir le Q577 en novembre 1977. La Bourdonnais terminera ses jours comme brise-lames à l'Ile Longue, puis sera mouillé à Landevennec avant de servir de cible au sous-marin Ouessant qui lui infligera un tir de missile Exocet SM39 fatal en mai 1992. I

    l y aura également une affectation sur l'île d'Oléron. Un navire unique. « Un bâtiment d'essais et d'expérimentation à l'histoire riche et originale » dixit le capitaine de corvette Jean-Michel Roche, féru de culture maritime militaire et fondateur du foisonnant site netmarine consacré à la Marine d'hier et d'aujourd'hui.

    Les archives fourmillent d'ailleurs d'anecdotes sur ce bâtiment au destin si singulier. Lancé à Wesermünde en  mars 1939 sous le nom de Mur, l'île d'Oléron est alors un cargo mixte de transport fruitier battant pavillon allemand. Réquisitionné en 1942 par la Kriegsmarine, il est alors transformé en « forceur de barrage ». En 1944, les Allemands le modifient en navire hôpital de 450 lits et le rebaptisent Munchen.

    A la libération amarré à un quai de Saint-Nazaire, le navire-hôpital intact échoit à la Marine française. Le Munchen devient l'Ile d'Oléron en août 1945 et servira cette fois de bateau transport. Nouvelle refonte en 1959, l'Ile d'Oléron est désormais un bâtiment d'essais et d'expérimentations. Un BEE. A ce titre, il tirera des centaines de missiles pendant quarante-quatre ans. « Des Malafon, Masurca, Exocet, Otomat, Milas et des Aster. De quoi faire pâlir les artilleurs d'aujourd'hui» s'enthousiasme le fils.

    L'Ile d'Oléron testera aussi tous les radars de la Marine. L'Histoire navale défile. Le fils Fuss reprend son souffle avant de reprendre le fil de l'histoire familiale. Ultime affectation de «Fuss père» sur La Charente avant d'entamer une fin de carrière à terre. A Saint Mandrier.

    Le lien avec la Marine ne sera ensuite jamais rompu grâce à des périodes de réserve. Le maître principal Nicolas Fuss devient instructeur à la Préparation Militaire Marine (PMM) pendant 15 ans à Metz. « Notre fief ! ». C'est en Lorraine et à la PMM que « Fuss père » verra d'ailleurs défiler ses trois fils. Tous marins !   (A SUIVRE)

    Stéphane DUGAST

    Photographies / © Marine nationale

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    CB2922.jpgPRESSE GUEULES DE MARINS
    L'ESPRIT FUSS
    Episode 1|2

    Reportage extrait du COLS BLEUS N°2922, l'hebdomadaire de la Marine nationale.

    Photos © Marine nationale

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