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port

  • ITIN'ERRANCES MALGACHES

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    On dit que Madagascar montre son vrai visage à ceux qui sont prêts à oublier leur confort et leurs habitudes. Prêts à s'ouvrir à l'aventure. Prêts aux rencontres et à l'imprévu. Ce voyage à Madagascar, nous avons voulu l’effectuer en nous intéressant à ses ports et à ses côtes.

    Une île se définit par la mer. Source de richesses autant que de dangers. Dirigée depuis deux siècles par des régimes successifs qui ont tous choisi le centre pour rayonner sur l'ensemble de la grande île, Madagascar reste une destination de routards plus connue pour ses hauts plateaux que ses côtes.

    Et pourtant, la mer rythme l'économie et l'Histoire de « l'île rouge ». Guidé par cette approche, je suis parti en 2003 pendant plus de 2 mois, en compagnie de l’illustrateur Arnaud Créachcadec, sillonner le littoral malgache. Un voyage forcément initiatique

    Stéphane DUGAST
    Illustration Arnaud Créachcadec - Photographies SD

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  • QUAI DES BOUTRES

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    DJIBOUTI
     
    11° 30  Nord / 43° 05 Est

    43° Celsius à l'ombre. Port autonome international de Djibouti dans la Corne de l'Afrique. La Dague, le bateau-logistique de la Marine, rentre à son port-base pour s’amarrer au quai des boutres.

    Le quai des boutres. Le nom fleure bon les romans d’aventures. Djibouti, le port emblématique de la corne de l’Afrique. Jadis, le carrefour de tous les trafics. Armes, opium, esclaves, haschisch…

    C'était le terrain de prédilection de l’aventurier et écrivain français Henry de Monfreid (1879-1974) dans la première moitié du vingtième siècle.

    Neuf décennies plus tard, ce passé est révolu. Le port, récemment acheté et dirigé par une société des Emirats arabes unis, est devenu une forteresse. Les boutres, ces voiliers traditionnels sillonnant la mer Rouge, ont presque disparu.

    Le port est devenu autonome et international, soit une plate-forme de commerce sécurisée, standards internationaux obligent. « Un hub. Le seul de cette région qui constitue un véritable pont entre la péninsule arabique et l’Afrique » comme me l’expliqueront des expatriés s’esbaudissant : « C’est une véritable réussite ! ».

    Sur place, cette réussite ne me fascinera nullement. Je préférerai immortaliser la Dague au milieu des rares boutres. Ainsi se cultive la verve romanesque…

    Stéphane DUGAST
    Photographie © Stéphane DUGAST

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  • QUAI N°9 DE DJIBOUTI 3|3

    POSTE NEUF 3|3
    Récit et photographies de Stéphane Dugast

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    Port autonome international de Djibouti dans la Corne de l'Afrique. Contigu au quai dédié aux escales des bâtiments militaires français de plus en plus nombreux, le poste numéro 9. Bienvenue chez les «fusiliers». Bienvenue chez les «fus'».

    IMG_2735w 2.jpgTreize heures au poste 9. Effervescence à peine perceptible. Les «hommes en vert» sont rôdés. Enfilage rapide du gilet de sauvetage noir. Perception des armes auprès du gradé. Prise en main des embarcations situées en contrebas.

    Si l'ombre de la frégate furtive Aconit contiguë parait immense, les «fus'» (NDLR : appellation familière désignant les fusiliers-marins) n'ont cure de cet étonnant spectacle, déjà appliqués à préparer leur patrouille.

    Ultimes recommandations de leur commandant sur la mission et la posture à tenir. Bertrand* a déjà sauté dans son embarcation. Son binôme est également paré. La chaleur est toujours autant pesante.

    «C'est notre principale ennemie. Tout acte a des conséquences multipliées par trois à Djibouti. Ici, il faut demeurer très attentif. Il faut penser à boire et à bien récupérer. Des messages que je martèle à mes hommes» prévient Antoine* avant de «dégainer» des chiffres éloquents : «En saison chaude, c'est  5 à 8 litres d'eau  par  jour  et par individu. Ce sont des patrouilles de 2 heures à effectuer par alternance. Et pas un pèt' d'ombre».

    Confirmations sur le plan d'eau, la chaleur est suffocante. «On s'y habitue»  tempère le longiligne officier marinier supérieur aux commandes de son embarcation à boudins gonflables 40 chevaux Futura.

    «Parfois, le thermomètre peut friser les 50°C. Nous les fus', on sait être rustique et endurant» prévient-il avant de foncer à toutes blindes vers la sortie du port. Escorte pour lui et son binôme sans couvre-chef sous l'ardent soleil djiboutien.

    La silhouette du bateau-logistique Dague émerge de l'horizon cotonneux. Port autonome international de Djibouti. Treize heures vingt tapantes. 47° Celsius sur le plan d'eau.

    Pas une once d'ombre, ni d'embarcations suspectes dans les parages. Bertrand, Antoine et les fusiliers-marins du poste 9 veillent au grain... (FIN)

    * : Les prénoms ont été modifiés pour des raisons de confidentialité

    *

    cols_bleus_n_2922_medium2.jpgREPORTAGE DEFENSE
    POSTE NEUF
    Episode 3|3

    Reportage extrait du COLS BLEUS N°2922, l'hebdomadaire de la Marine nationale.

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  • QUAI N°9 DE DJIBOUTI 2|3

    POSTE NEUF 2|3
    Récit et photographies de Stéphane DUGAST

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    Port autonome international de Djibouti dans la Corne de l'Afrique. Contigu au quai dédié aux bâtiments militaires français de plus en plus nombreux, le poste numéro 9. Bienvenue chez les «fusiliers». Bienvenue chez les «fus'».

    FUSEPE 9.jpgDouze heures trente au poste 9. Situé à quelques encablures de l'historique quai aux boutres, le poste des fusiliers-marins est armé depuis 2001.

    «C'est consécutif au volume croissant des escales de bâtiments de guerre à Djibouti. D'abord avec les missions de lutte contre le terrorisme comme «Enduring Freedom», ou plus récemment à cause des opérations de lutte contre la piraterie comme Atalanta» assure le lieutenant Antoine*, un officier énergique et affable. A ses côtés, un homme opine.

    Profil longiligne et visage émacié, le premier maître (NDLR : grade de sous-officier) Bertrand* est l'adjoint du lieutenant. Lui aussi a à cœur de parler du métier : «On est là pour assurer la protection et l'escorte des bateaux de guerre français lors des manœuvres d'accostage et d'appareillage dans le port. En trois mots, il s'agit de surveiller, de filtrer et  de ralentir la menace en cas de besoin».

    Précisions complémentaires de son supérieur : «On se tient en posture logique de vigilance tout en étant en cohérence avec la situation locale en terme de menaces potentielles. En plus de cette mission, nous assurons également la protection du plan d'eau du port autonome en concertation avec les autorités militaires locales. Notre entité ne travaille donc pas seul. La Marine djiboutienne réalise ainsi la moitié des patrouilles».

    Si la mission des fusiliers marins français basés à Djibouti consiste principalement à assurer la  protection du plan d'eau du port autonome et escorter les bâtiments de guerre français jusqu'au terminal pétrolier de Doraley, l'éventail des missions s'est récemment élargi.

    «Etre fusilier marin, ce n'est pas seulement effectuer des rondes de surveillance le long d'un grillage autour d'une base !» lance mi-goguenard, mi-agacé Antoine, avant de parler de nouveau du métier et des missions djiboutiennes : «En réponse aux actes de piraterie survenus dans le Golfe d'Aden, une force navale multinationale s'est mise en place. La France joue un rôle moteur. Djibouti est situé à un carrefour stratégique... De nouveaux dispositifs ont ainsi été mis en place afin de garantir protection et sécurité aux navires de commerce qui le demande».

    Les fusiliers marins ont ainsi contribué à la mise en place, depuis septembre 2008, les équipes de protection embarquée (EPE), dont l'une des missions prioritaires est d'assurer la protection des  bâtiments civils qui en font la demande aux autorités étatiques et militaires lorsqu'ils naviguent en mer Rouge ou dans le Golfe d'Aden, sujets aux attaques des pirates.

    «Cette  protection rapprochée répond à des protocoles précis établis entre armateurs et le ministère de la Défense» garantit le lieutenant au regard franc avant d'être plus à son aise dès lors qu'il s'agit de détailler le dispositif militaire mis en place : «En terme d'hommes et d'armes, une EPE : c'est un groupe de militaires avec un armement variable. Tout dépend de la mission et du bateau protégé. C'est secret défense...».

    Bientôt treize heures, la discussion va devoir s'écourter. La Dague, Le bateau-logistique de la Marine basée à Djibouti, rentre à son port-base après justement une mission d'escorte. «L'EPE du bord était constituée de quelques commandos et d'une majorité de mes hommes» annonce Antoine, le chef des fusiliers-marins habituellement basé au groupement des fusiliers marins (GFM) de Toulon. Températures polaires dans le bungalow. Dehors, 43°Celsius à l'ombre... (A SUIVRE)

    * : Les prénoms ont été modifiés pour des raisons de confidentialité

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    cols_bleus_n_2922_medium2.jpgREPORTAGE DEFENSE
    POSTE NEUF
    Episode 2|3

    Reportage extrait du COLS BLEUS N°2922, l'hebdomadaire de la Marine nationale.

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  • QUAI N°9 DE DJIBOUTI 1|3

    POSTE NEUF 1|3
    Récit et photographies de Stéphane DUGAST

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    A l'ombre de la frégate Aconit de la Marine nationale, amarrée au port de Djibouti dans la Corne de l'Afrique, on repère d'emblée ces installations. Au-dessus d'une demi-douzaine de containers aménagés en baraquements et protégés par un filet de camouflage kaki flotte fièrement le pavillon tricolore. Bienvenue au poste numéro neuf. Bienvenue chez les «fusiliers». Bienvenue chez les «fus'», comme on les surnomme dans la Marine.

    Douze heures trente au poste numéro neuf. Journée caniculaire dans la république de Djibouti. Et coup de chaud au poste numéro 9. Le thermomètre s'affole. 42°Celsius à l'ombre.

    Dans le poste avancé, sis au cœur du port de Djibouti, on se calfeutre. «Enfin, seulement la fraction qui n'est pas de service» prévient le lieutenant Antoine*, en charge du détachement de fusiliers marins stationnés à Djibouti.  «Soit 17 personnes plus un officier relevés tous les 3 mois en moyenne» précise l'intéressé.

    Entité militaire dans le port autonome international de Djibouti (PAID), le poste numéro 9 est armé par dix fusiliers marins français, détachés provisoirement en Afrique. «Tout est fonction des escales des bâtiments français. Depuis le printemps, on n'a pas arrêté» estime l'officier au regard franc.

    Chiffres notés sur son calepin à l'appui, il s'explique : « En mars dernier : poste armé 26 jours sur 31 et 8 escortes de bateaux, 28 jours sur 30 jours en avril et  6 bateaux escortés... 26 jours sur 31 et 8 bateaux escortés en juillet, soit un poste armé 131 jours sur 156 et 39 bateaux escortés...».

    A priori les marins stationnés à Djibouti et prélevés dans les groupements d'interventions régionaux (GIR) de Brest et de Toulon ne chôment pas. En ce début d'après-midi, calme plat cependant au poste 9.

    Les fusiliers-marins de garde se sont réfugiés dans des baraquements rustiques. «Des containers pour bateaux aménagés en attendant des baraquements en dur» souffle le chef avant de se glisser à l'intérieur de l'une des ses installations temporaires. D'emblée, poignées de main franches et viriles à ses hommes réunis autour de boissons rafraîchissantes.

    A l'abri et à l'ombre, le climat est devenu polaire. « Il faudrait mieux régler la clim'. Action ! », ordonne le lieutenant avant d'entamer la «causerie» sur la présence des fusiliers marins dans le «port emblématique et le plus sécurisé de la Corne de l'Afrique».

    (A SUIVRE)

    * : Le prénom a été modifié pour des raisons de confidentialité

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    cols_bleus_n_2922_medium2.jpgREPORTAGE DEFENSE
    POSTE NEUF
    Episode 1|3

    Reportage extrait du COLS BLEUS N°2922, l'hebdomadaire de la Marine nationale depuis 1945.

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