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CLAUDE FOKO, LE MARIN IMMOBILE #2 [BEST-OF]

Seize mois seul à bord. Treize mois sans salaire à travailler pourtant quotidiennement sur un cargo qui ne repartira probablement jamais. C’est le drôle de destin de Claude Foko, un  marin mécanicien de nationalité camerounaise, naïf mais soucieux de travailler. Des gens de mer de Brest (même) se sont heureusement mobilisés. Un reportage marin signé Stéphane Dugast datant de 2010 mais à l'écho si puissant.

(LIRE L'ÉPISODE PRÉCÉDENT) Soucieux du sort de Claude Foko le marin oublié, l’association Mor Glaz* et la CGT des marins alertent la presse et les politiques. Ses premières actions portent leur fruit. L’envoi d’un mandat évite à la famille de Claude Foko restée sans ressources au Cameroun d’être expulsée de son logement.

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Après une visite à bord en compagnie de Jean-Paul Hellequin, président de l’association Mor Glaz, l’artiste Râmine, basé à Brest, décide de mettre ses talents au service de cette noble cause.

«Notre but c’est de faire en sorte que le marin et chef mécanicien Claude Foko puisse retourner chez lui. La solidarité des gens de mer permettra de l’acheminer jusqu'à son pays. Mor Glaz fait également pression pour que les arriérés de salaires soient payés par le propriétaire. Aujourd’hui la seule solution est de menacer le propriétaire de la saisie de son bateau pour couvrir les frais portuaires les impayés de salaires et les dépenses engagées par Mor Glaz», explique l’artiste engagé.

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Une colère que ne peut contenir Rämine plsu longtemps : «Le propriétaire réside et agit depuis l’Allemagne. Dans de pareils cas, les règlements européens en matière de sécurité en mer sont très stricts mais les autorités portuaires et administratives ont très peu de moyens pour se retourner contre les armateurs et les propriétaires irrespectueux des réglementations sociales. Dans le cas de Claude Foko le minimum de respect vis à vis des droits les plus élémentaires de l’homme n’ont pas été respectés. Avant de faire une Europe commerciale il faut peut-être poser les bases d’une Europe judiciaire et sociale».

A ces bonnes paroles, Râmine joint les actes en décidant de mettre aux enchères deux toiles spécialement réalisées pour soutenir cette cause. Attentif aux actions de Mor Glaz et au sort  «marin de l'immobile», Râmine a travaillé d'après croquis et photographies prises sur place pendant la visite du bateau. La presse est également alertée. La solidarité joue dorénavant à plein.

Le patron d'un hôtel sur le port offre une chambre au marin solitaire. Un ophtalmologiste passant par hasard devant le cargo vient de le conduire à son cabinet pour soigner ses yeux fatigués. Claude Foko vient de recevoir des lunettes. Il a même eu le droit en prime  à une consultation chez le cardiologue.

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De son côté, l'association Mor Glaz a pris contact avec la compagnie Africa Express Line. Un de ses navires, qui assure la liaison Anvers-Douala, pourrait, effet au passage à Brest, prendre à son bord Claude Foko.

«Dès qu'il a son argent dû, soit 8 000 €, il pourra renter chez lui. Depuis le passage à Brest du propriétaire du navire, l'administration française n'a rien obtenu de ce dernier. Je demande que le fonds de solidarité de l'Agism, à hauteur de 385 000 €, mis en place en 2000, soit débloqué rapidement», indique sobrement Jean-Paul Hellequin.

D’un point de vue administratif, Ebba Victor n’ayant ni pavillon (même de complaisance), ni société de classification, est étrangement considéré comme «un engin flottant et non un navire» ce qui complexifie toutes démarches. Heureusement des bonnes nouvelles en provenance de Douala sont venues réchauffer les enthousiasmes.

Des discussions sont en cours avec un grand groupe offshore français pour que Claude Foko retrouve un travail. Autant de lueurs d’espoirs pour le marin immobile, pressé de retrouver les siens. A Brest (même), les gens de mer mobilisés suivent de près cette affaire dont le dénouement est attendu d’ici la fin du mois. (FIN)

Stéphane DUGAST
Illustration Râmine / Photographies Mor Glaz

logo-Morglaz1web.jpg* : L’association  Mor Glaz (mer bleue) est un collectif créé en 2000 suite à l'accident de l'Erika et au ras-le-bol de voir sans arrêt des navires polluer l'environnement maritime mettant en danger la nature, les hommes et l'économie. Ce collectif à la particularité de réunir en son sein des citoyens de toutes origines, qu'elles soient politiques ou syndicales, des enseignants, des chercheurs, des écrivains, des scientifiques, des dirigeants d'entreprises et des marins.

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