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PIERRE AUZIAS #1 : LES PETITS MORGEONS

Danseur professionnel, Pierre Auzias a un jour voulu changer de vie et se consacrer à ses deux passions : la navigation et la peinture. Rencontre avec un étonnant marin (français) également peintre officiel de la Marine… danoise ! Premier épisode d’une vie forcément foisonnante. Il est question de son enfance très ensoleillée.

« La mer, l’aventure, les mondes polaires, la Nature… Mes tropismes trouvent  leurs origines dans la plus tendre enfance où les étés se partageaient à Cannes chez les grands parents maternels et à Grasse pour ceux paternels.

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À Cannes le jardin tropical était immense, je m'y perdais, dévorant les fruits gorgés de soleil, bouillant et juteux que me tendait la main de mon grand-père Pierre. Il m'impressionnait.

Je savais tout dont il ne disait rien. Ses deux guerres, blessé à Verdun en 1917 par un éclat d'obus qui lui avait traversé la cuisse, à l'âge de 17 ans.

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Résistant lors de la 2ème guerre, alors cheminot, il faillit mourir enfermé dans la chaudière d'une Pacific qu'il s'apprêtait sans doute à saboter, échappant ainsi aux soldats Allemands qui avaient fait irruption dans l'atelier.

Il apparaissait seulement pour me montrer les choses  insolites, un capricorne ou un gros lucane : «Tu le veux petit ?». Il sortait alors de sa poche un flacon avec dedans une ouate imbibée d'éther.

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Ainsi j'ai hérité à sa mort d'une superbe collection d'insectes tombés en poussière depuis. Il y avait même des tortues grecques qui passaient par là.

Je partais à la chasse aux gécos et autres énormes lézards verts dont j'avais une trouille bleue. Je comptais leurs cadavres alignés en fin de journée sur les marches de la villa. J'y pense souvent lorsque je pars à la chasse au phoque.

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Pierre m’amenait me baigner au Palm Beach où un homme à moitié nu et tout bronzé qui sentait la praline nous vendait tous les jours un énorme beignet abricot.

Il chantait un air aguicheur en trébuchant dans le sable: «Beignet abricot, beignet abricot, ils font pousser les seins et grossir les fesses !».

Un autre résident, Henri Salvador, en traversant la plage pour aller se mouiller, nous attirait toujours dans son sillage.

«Les petits morgeons» que nous étions lui courrions après car il nous faisait rire de ses pitreries... » (LIRE LA SUITE)

Un récit de Pierre Auzias
Photographies : DR

 

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