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PIERRE AUZIAS #2 : LE GOÛT DE L’AÏOLI

Danseur professionnel, Pierre Auzias a un jour voulu changer de vie et se consacrer à ses deux passions : la navigation et la peinture. Rencontre avec un étonnant marin (français) également peintre officiel de la Marine… danoise ! Second épisode d’une vie forcément foisonnante où sont convoqués l'Empereur, les grands voiliers, de Camille et du grand-père Eugène.

(LIRE L’EPISODE PRECEDENT)  Le soleil nous brûlait et les îles de Lérins à quelques encablures me donnaient déjà à 7 ans la soif d’aventure.

Le grand père de Grasse, Eugène plus bavard, lui nous parlait toujours de l'ancêtre pêcheur corse, le vieil Euphrate parti sans doute de l'île d'Elbe avec Bonaparte.

Grenadier de la garde impériale il avait suivi à pied l'Empereur dans toutes les batailles jusqu'aux adieux de Fontainebleau où l'Aigle lui remit sa médaille.

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Ses histoires fort nostalgiques de prolétaire à col blanc nous décrivaient ensuite les mésaventures de son père Camille, maître gabier sur les grands voiliers qui faisaient le trafic de l'huile d'olive avec le nord de l'Afrique.

Lui aussi avait été courageux. Il avait décroché de sa vergue, un matelot assommé par une voile qui battait furieusement dans la tourmente, avant de s'écraser lui même sur le pont du navire.

Amputé sur place d'une jambe brisée puis débarqué, il était devenu petit chef des douanes à Cannes et un des piliers du club de voile.

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J'ai hérité de toutes ses médailles dont celle de son magnifique pointu gréé en cotre aurique, 70 pieds hors bout'. 

Cette image en bronze me fit souvent rêver. Le grand père Eugène, chimiste parfumeur, devenu rapidement père de 3 garçons n'étant pas fortuné céda le beau cotre à des cousins qui l'entretenaient merveilleusement en embarquant les premiers touristes anglais pour la Corse.

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Un jour, deux d'entre eux fort mal léchés, traitèrent ces deux frères de « poules mouillées » car le mauvais temps annoncé ne permettait pas la balade vers le Cap Corse. Piqués ils furent priés froidement d'embarquer  et plus personne ne les revit.

Lorsque je suis parti pour la première fois en solitaire sur la marre aux canards en 1984 à bord de mon magnifique et regretté Cornu, Pen Coat III, Eugène eut le temps de s'écrier: «Fandaquelle ! Je pourrai mourir tranquille car il est bien lui aussi du Midi avec ses gènes de marin et son pilon pour l'aïoli !»  (LIRE LA SUITE)

Un récit de Pierre Auzias
Photographies : DR

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