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HOMMAGE A UN HONNETE HOMME #2

Suite de l'hommage au géographe et géopoliticien Jean-Christophe Victor, créateur de l'émission «Le Dessous des cartes» sur Arte et grand «timonier» du Laboratoire d'études prospectives et d'analyses cartographiques (Lépac), décédé il y a tout juste un an, à 69 ans. Hommage à un «honnête» homme.

(LIRE L’EPISODE PRECEDENT) Quelques années plus tard, je vais revoir Jean-Christophe Victor pour démarrer la biographie de Paul-Emile Victor. J’irai même le filmer et l’interroger au siège du Laboratoire d'études prospectives et d'analyses cartographiques, le Lépac, son « bébé ». Une ruche alors bourdonnante.

Plusieurs mois plus tard, il me convie avec des amis et des connaissances au Lépac à Versailles pour notamment fêter le nouvel an chinois.  

Il y a là des stratèges de la géopolitique, des gens de télévision et son banquier. C’est d’ailleurs à ce dernier, impeccablement cravaté mais le pantalon trop court, qu’il me présente comme le biographe de Paul-Emile Victor, sans lui dire un mot de son lien avec l’intéressé.

J’ai alors longuement discuté avec le chef d’une agence de banque versaillaise fort sympathique au demeurant. Un banquier très curieux et avide de mieux connaitre l’existence de PEV, explorateur polaire.

Passionné et exalté, j’en ai surement fait des tonnes mais au sourire en coin de Jean-Christophe pendant la soirée, j’ai compris que j’avais en quelque sorte passé une examen de passage.

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«Venez me voir avant de partir !». Je me suis exécuté. Dans son bureau, tandis que les verres s’entrechoquent et les rires fusent dans la salle de réunion voisine, j’ai eu une longue discussion avec Jean-Christophe, en face à face.

Son épouse Virginie veillait toutefois au grain, sûrement curieuse. Nous avons parlé tout de suite de PEV, d’expédition et de géopolitique des pôles.

Jean-Christophe m’a questionné, surpris par des détails. Il ne connaissait pas tous les méandres et les secrets de la vie de Paul-Emile Victor, dit PEV. Et pour cause, son père très pudique n’était pas genre d’homme à s’épancher dans la vie de tous les jours. Par ailleurs, PEV n’a guère étalé sa vie privée dans ses livres.

Alors plongé en pleine rédaction de la biographie, je vais lui narrer mon Paul-Emile, m’attardant notamment sur ses affaires de laveries automatiques lancées dans les années 1960 avec un dénommé Foucherouge. Un épisode, comme tout droit sorti d’un scénario de Michel Audiard, sur lequel j’écrivais alors.

- C’est sûr, mon père n’était pas un homme d’affaires !

J’ai évidemment acquiescé. Nous nous sommes souri, salué puis quitté. Les mois suivants, je n’ai plus eu de nouvelles de Jean-Christophe. Quelques jours avant la publication de notre biographie co-écrite avec sa sœur, j’ai reçu un courriel de félicitations. Il n’avait lu que des bribes de notre livre mais il nous félicitait pour le travail accompli.

Ainsi, sans l’avoir vu beaucoup, j’ai eu l’impression d’être une connaissance de Jean-Christophe. J’en sais tellement sur l’idylle de ses parents, sa naissance puis son opération à cœur ouvert que je suis comme le médecin de campagne, une sorte d’ami et confident au loin, proche sans être familier, mais ni un anonyme, ni un courtisan. (LIRE LA SUITE)

Stéphane Dugast
Visuels © extraits de la soirée hommage à Jean-Christophe à la BNF

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