30.05.2011

UN AN DEJA...

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Il y a 368 jours exactement ! 26 mai 2010 dans la rade de Brest. Retour triomphal du porte-hélicoptères R97  « Jeanne d’Arc ». En accostant une dernière fois dans son port base, la « Jeanne  » va définitivement cesser d’exister. C’est la fin d’un voyage et d’une longue carrière nautique. Ainsi naissent les mythes…

Photographie Marine nationale

 

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18.02.2011

BIENTOT SUR LES ECRANS...

 

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SORTIE EVENEMENT ETE 2011

R97 LA JEANNE - ULTIME EMBARQUEMENT
UN WEBDOCUMENTAIRE DE STÉPHANE DUGAST

L’HISTOIRE CONTINUE…

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// Qu’est-ce qu’un webdocumentaire ?

Comme son nom l’indique, il s’agit d’un documentaire pour Internet qui utilise toutes les potentialités du web, à savoir de la vidéo, des photos, des sons, des textes, des dessins, des liens et de l’interactivité.

Objet multimédia par excellence, le webdocumentaire permet d’explorer de nouvelles formes narratives, de raconter des histoires, autrement. La structure narrative délinéarisée et l’interactivité que le web autorise permettent au spectateur de ne plus être passif : il devient acteur et construit sa propre histoire.

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« Le webdocumentaire est avant tout un documentaire, avec un regard d’auteur. C’est aussi une oeuvre collective qui fait intervenir des compétences diverses : un auteur-réalisateur, un photographe, un développeur web, un graphiste, un dessinateur, un designer sonore… C’est une nouvelle manière d’écrire, de travailler et de raconter des histoires, dans laquelle le spectateur est invité à s’impliquer »

Olivier MALAPONTI, producteur Corner Prod

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Le webdocumentaire, c’est déjà le journalisme de demain ! C’est celui qu’il faut aider, défendre et promouvoir.

Disponible sur le Net, donc en tous points de la planète et en permanence, cette nouvelle forme narrative offre des pistes prometteuses en s’adressant à un large public. Seuls quelques pionniers se sont pour l’instant lancés dans l’aventure. Le champ des possibles est ouvert. L’Histoire est à écrire.

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// Un objet unique

« R97 LA JEANNE / Ultime embarquement » est un objet unique, dans le fond comme dans la forme.

30 histoires multimédia structurent ce webdocumentaire combinant des séquences linéaires et des nouveaux usages du Net (liens hypertextes, partage, interactivité), permettant de donner à l’internaute une part centrale.

Au total, le webdocumentaire offrira à l’internaute une heure de récit.

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// Un programme partagé

logo_Twitter.jpgGrâce aux réseaux sociaux, le web documentaire permet de maximiser le potentiel de dissémination du contenu via les fonctionnalités de partage. L’ensemble du web documentaire ainsi que chaque module du programme pourront être partagés.

logo-facebook.jpgPour ce faire un compte Twitter et une page Facebook ont été crées. Ces outils permettront également de structurer la communauté, «buzzer» et faire vivre le sujet auprès des internautes.

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 // Les sources  

Couv_JeanneDArc BD.jpgEnquête et photographies extraites du beau livre, « La Jeanne d’Arc, porte-hélicoptères R97 » . Enquête de Stéphane DUGAST. Photographies de Christophe GERAL (E/P/A éditions).  Prix du Beau Livre Académie de Marine 2010

 

Images extraites du film documentaire 52 min, « Ultime embarquement sur la Jeanne» (Beta Production). Réalisation de Stéphane DUGAST. Diffusions sur TV Rennes, TY Télé & Tébéo.

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// Le mot de l'auteur

« Pourquoi un webdocumentaire sur la Jeanne d’Arc ? Ce projet multimédia va me permettre de raconter, via des nouveaux outils, la Jeanne, un bateau légendaire. Après avoir réalisé un livre et un film documentaire, j’ai voulu exploiter toutes les ressources dont je disposais pour raconter la Jeanne différemment. Lui offrir une deuxième vie grâce à Internet, la rendre accessible pour tous et pour toujours, et ainsi garder une trace numérique d’un navire phare du patrimoine naval aujourd’hui disparu »

Stéphane DUGAST, auteur-réalisateur

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Photographies © Christophe GERAL

// REJOIGNEZ CETTE AVENTURE PIONNIERE

Contactez
: Olivier Malaponti
olivier@cornerprod.com / +33 972 131 844 / www.cornerprod.com

 

 

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07.01.2011

ELECTRON LIBRE

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Vivi Navarro vient du Sud. De Sète précisément. D’elle, on dit qu’elle aime passionnément la mer et ses cargos, les ports et les marins. Sur la Jeanne, la révélation a été totale au point de réaliser la couverture et des dessins pour l’ultime album de campagne. En ligne de mire, d’autres embarquements sur des «bateaux gris» avec les marins, «ses marins»…

navarro01.jpgEn embarquant à de multiples reprises sur la Jeanne, qu’espèreriez-vous capter ?

- Vivi Navarro : Peintre embarquée, c’est ce que je préfère. Une fois en TPB («Tenue Pour la Barbouille»), l’aventure peut commencer, pas avant. On sort du confort sécurisant et intra-muros de l’atelier. Les outils réduits, il faut donc donner le maximum.

La force d’un carnet, c’est l’adaptation mais aussi et surtout le partage, l’ouvrir à l’autre, s’ouvrir à l’autre. Les journées étaient remplies, soldées par le briefing du soir  que je n’aurais manqué pour rien au monde, journées  récompensées par le dernier point en passerelle avant d’aller dormir, une dernière prise de notes, comme une invitation aux rêves à venir.

La Jeanne berce les cœurs et les âmes.   Oui, l’univers portuaire est mon terrain de jeux préféré depuis très longtemps et j’ai une profonde admiration doublée d’un grand respect pour les amis marins que je mets en avant. Ils n’apparaissent pourtant jamais sur les toiles sauf dans cinq dédiées à la Jeanne.

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Je planifie rarement, j’avance à coups de machette, je donne le ton en début de carnet avec la rose des vents, souvent.  

Ensuite tout n’est plus qu’une histoire de hasards, d’opportunités, qu’elles soient liées à la météo, à la rencontre ou même à une situation personnelle comme le retrait dans un coin du bateau, une errance dans une coursive ou même liées à une  simple histoire de technique.

En tout cas, je me fonds toujours dans l’équipage sinon il m’est impossible de travailler. J’entrouvre une porte, enjambe le surbau et derrière on l’ouvre en grand et on m’invite à entrer ! J’ai de la chance.

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Aviez-vous en tête des idées préconçues avant d’embarquer ?

La ferraille et les apparaux de manœuvre sont des sujets récurrents dans mon travail. Mais ils demandent de l’isolement à cause de la technique car je fais ainsi de la vraie rouille.

La Jeanne, j’étais invitée, civil invitée, touriste dans le jargon. Je voulais donner, montrer et partager. Rien de précis mais depuis 2008 prémices de cette aventure, je souhaitais donner du sens à cet embarquement exceptionnel que je qualifierais «d’initiatique».

Tout naturellement et parce que je les aime profondément, je suis allée à la rencontre des marins. C’était l’objectif : parler d’eux, leur rendre hommage, prendre des rendez-vous surtout les faire parler. J’avais le fond pas la forme, elle s’imposerait seule. Dessiner, écrire, peindre, photographier, sans relâche, l’équipage, la coque.

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Pourquoi le porte-hélicoptères R97 était-il à vos yeux si différent des autres ?

Différent ? La Jeanne n’est pas si différente des autres si l’on considère l’esprit d’équipage, les notions de respect, de solidarité ou d’humilité  qui y sont transmises. Ce bateau me touche. Il a vraiment une âme.  Avant de connaître la Jeanne, je savais à peine qu’elle était un bateau de légende.

Le mystère était total. Sa réputation la précédait. C’est un privilège d’y avoir fait campagne, surtout pour une peintre du Sud, éloignée de Brest et Paris. J’en suis très fière, et encore ébahie. Fort de ce vécu, j’ai pu vivre les débuts du GEAOM.2 (NDLR : Groupe-Ecole d’Application de Marine) à bord du BPC Tonnerre.

C’était pendant le cyclone «Xynthia», un très beau souvenir. J’ai regardé vivre les 2 GEAOM, ancien et nouveau système. J’ai pu ainsi réviser ma leçon sur la hiérarchie compliquée. Jusque là tout était un peu vague !

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Quand on est juste une contemplative, que l’on se prend pour un marin et que l’on côtoie le chef de quart en passerelle par temps de branle, on a des frissons, des peurs mais aussi des ailes ! Elle est importante parce que le bord m’a accueillie avec une grande générosité.

Curiosité réciproque et amusante. Pour le dernier appareillage de Brest, après avoir doublé le Goulet, on s’est pris un coup de roulis magistral. Tout a volé, le pacha m’avait mis le très lourd livre d’or dans les mains, j’ai tenu fort entre mes bras ce précieux bébé que l’on me confiait, sauvé !

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On a bien ri mais j’ai moins rigolé les jours suivants! Ainsi va le bord. Importante aussi parce que je l’ai accompagnée au point de son ultime accostage, que j’ai vu la dignité des marins…Comment oublier ces moments forts ? Mais surtout par les rencontres humaines, tranches de vie, tranches de Jeanne ! Nous avons ri et même pleuré ensemble. Comment oublier ?

- Si vous aviez à décrire brièvement le porte-hélicoptères R97, quelle serait votre slogan ?

Jeanne un jour, Jeanne toujours ! La Jeanne et ses hommes sont gravés dans ma chair.

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Quels sont vos prochains projets ?

Un prochain carnet de voyages intitulé «A bord du Biladi - Attention Tanger !» Depuis un an, j’embarque effectivement à bord du car ferry le Biladi, depuis l’escale de la Jeanne à Casablanca d’ailleurs.

A bord du Biladi, j’ai rencontré un commandant atypique, encore un, j’ai vraiment de la chance, grand marin, musicien, il parle espagnol, arabe, anglais, allemand. C’est le seul français à bord, mon travail l’a séduit ainsi que la démarche.

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Côté expo, je suis présente à la galerie Dock Sud à Sète et à la galerie Michel Estades de Toulon toute l’année. Dock Ouest voit le jour à Concarneau. Concernant la Jeanne, j’écris un récit, je prends du temps.

- Quel(s) embarquement(s) sur un bateau gris vous font rêver ?

Tous ! Je suis une incorrigible rêveuse, une seule journée à bord et je pars pour des ailleurs magnifiques ! Je ne cache pas que Djibouti, la Mer Rouge, le canal de Suez, Port Saïd me taraudent, que je n’ai pas encore passé la ligne, que j’en crève d’envie. L’Antarctique me happe, et la Patagonie. J’ai quelques cases à cocher !

 Propos recueillis par Stéphane DUGAST

 

JDA-couv-carnet-de-voyages.jpgEN STOCK

De rares exemplaires du carnet «A bord de la Jeanne d’Arc  peuvent être commandés en contactant directement l’artiste via son site web  à
http://embarquements-vivinavarro.blogspot.com/ 

 

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18.06.2010

SAVOYARD, TETE DE LARD !

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Ancien élève de l'école normale de musique, Jean-Marie Chourgnoz a été tour à tour musicien, créatif, directeur d’une agence de publicité puis photographe et plasticien. Un embarquement sur la Jeanne a changé sa vie…

Mars 1980, port de New York. Grand pavois sur le porte-hélicoptères R97. La Jeanne parade. Premier embarquement sur un bâtiment de guerre pour un photographe plutôt rompu aux croisières de luxe. «Sur le paquebot France, j’avais même une cabine réservée à l’année !».

De la Marine militaire et de ses bateaux gris, Jean-Marie Chourgnoz ne connaît rien jusqu’à ce qu’un ami parisien lui présente un Amiral lors d’un dîner mondain. L’officier général convainc le photographe de partir à la rencontre d’une institution, alors plutôt hermétique aux objectifs des photographes civils.

Arrivée à New York City. Les matelots chargés de le ramener à bord se perdent sur le chemin du retour. Lui, le passager connaît la «Grosse Pomme» dans ses moindres recoins, il lui a même consacré un livre. Beau joueur, il les guide vers les quais de Manhattan où est amarré le navire français.

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Arrêt devant l’imposante «dame en gris». Premier impair lors de la montée à bord. Le baroudeur emprunte sans le savoir la mauvaise coupée. «Celle du commandant !». Volée de «bois vert» du gradé de service qui prend ce passager, aux longs cheveux et à la barbe hirsute, pour un appelé du contingent.

«A l’époque, les traditions étaient vivaces. On ne badinait pas avec les grades…» se remémore le photographe qui vexé sur le moment songe même à quitter le bord. In extremis, l’artiste reste sur la Jeanne.

Fulgurante acclimatation aux us et coutumes de la «maison». «Au milieu de ces 800 marins venant de tous les horizons, d’origines sociales, de formations ou de religions différentes, je me suis tout de suite senti à l’aise. Ce qui est incroyable, c’est que cet assemblage a priori hétéroclite donne un équipage cohérent et efficace».

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Une passion pour l’univers marin se révèle. Pendant trois décennies, le photographe embarquera régulièrement aussi bien sur les bateaux gris que sur les sous-marins ensuite - des «formidables et énigmatiques vaisseaux noirs» - ou au côté des commandos dans le chaud désert djiboutien.

«C'est un cœur pur marin»

A la clef de chacun de ces reportages, des «beaux livres», autoproduits grâce à la société d’édition qu’il a lui-même créée. En point d’orgue à cette passion indéfectible, sa nomination comme peintre de la Marine en 1983.

«Un hommage à mon travail de photographe. Je ne peins pas mais je garde ce même souci du cadre et des couleurs». Depuis cette intronisation, trois grands noms de la photographie sont devenus également peintres de Marine : Philip Plisson, Yan Arthus-Bertrand et Jean Gaumy.

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Quant à la Jeanne, elle est restée chère dans le cœur de Jean-Marie Chourgnoz, tant «la moisson photographique à la mesure des océans» a été conséquente. Trente ans de bourlingues océanes et une demi-douzaine d’embarquements longue durée sur le porte-hélicoptères vous forgent de solides convictions. «La Jeanne, c’est  un mélange intime de puissance et de grandeur, de tendresse, de cocasserie parfois, un monde particulier et complexe où les règles ne sont pas exactement ce qu’elles sont à terre ou ni même sur les autres bâtiments de la Marine».

De toutes ses productions artistiques, l’ouvrage sobrement intitulé La Jeanne - réalisé à partir de ses clichés pris durant deux campagnes (celles de 1987-88 et celle de 1988-89) restera son œuvre-phare et désormais une référence. «Ce livre sera un véritable sésame tout au long de ma carrière» confie l’artiste voyageur depuis sa dunette du quatorzième arrondissement de la capitale.

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Dans son atelier parisien, la Jeanne est d'ailleurs omniprésente. Des photos grand formats aux murs. Des clichés souvenirs comme celui évoquant la rencontre à Bora Bora de Paul-Emile Victor. «La Jeanne, c’est le bateau révélateur de mes passions marines» souffle le « Maître » dans un large sourire avant de se replonger dans ses créations.

Car, Jean-Marie «80 printemps tout rond» continue de créer des images. Dorénavant, par un savant jeu de découpage et de collage. N'évoquez pas le prochain retrait du service actif du porte-hélicoptères R97,  vous risqueriez de voir l’homme chaleureux s’enfermer dans un troublant mutisme.

«Savoyard, tête de lard !», jure-t-il comme pour mieux évacuer la question avant d’enchaîner sur son récent embarquement à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle. «C’est un bateau incroyable avec un pacha en or». Nouveau pied de nez de Jean-Marie-le-facétieux. «Il est incorrigible», confient ses proches. L’artiste est devenu un vrai marin, pudique et sensible. «C’est un cœur pur marin» corrige un ami étoilé, compagnon de longue date…

Stéphane DUGAST


Extrait du Beau-Livre « La Jeanne d’Arc, porte-hélicoptères R97 » (E/P/A éditions)

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Photographies © Jean-Marie CHOURGNOZ / CF CHOVE / Yann LE NY

 

A LIRE
La Jeanne
de Jean-Marie Chourgnoz, peintre de la Marine. 315 pages - 53.40 €. (Ouest-France éditions). Disponible sur Internet et sur commande.

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09.06.2010

BOUQUET FINAL

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A l'occasion de son retour définitif à Brest, son port base, marins et terriens n'ont pas manqué de fêter la «vieille Dame».

1171 031.JPGTonnerre de Brest ! Jeudi 27 mai 2010, 13 heures 20. Vingt-et-un coups de canon, tirés depuis le porte-hélicoptères R97, résonnent dans la rade de Brest. Retour en grande pompe du bateau-école de la Marine dans la cité du Ponant.

Quai Malbert la foule se presse autour des barrières de sécurité ceinturant le futur point d'accostage. Les terriens aiment la Jeanne !

Impatients, le chanteur Pierre Perret et les enfants de l'association Louis Carlessimo guettent l'arrivée de leur «bateau gris fétiche» dixit son président Honoré Carlessimo à l'enthousiasme contagieux : «La Jeanne et notre association, c'est une longue histoire d'amour. Voilà plus de douze ans que la Jeanne et ses marins redonnent de l'espoir aux enfants malades. A notre tour, nous avons voulu lui donner, tout lui donner... Nous avons voulu des adieux joyeux. D'où la présence de l'un de nos parrains, de trois clowns et d'une délégation d'enfants».

Même ferveur sur les quais environnants noirs de monde au fur et à mesure que la Jeanne approche.  «Nous sommes là pour dire adieu à ce bateau mythique et à ses marins» témoigne une brestoise quinquagénaire qui souhaite rester anonyme devant la cohorte de journalistes.

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Un édito signé Jean Guisnel, publié dans un hors-série spécial du Télégramme de Brest dédié au porte-hélicoptères, a préalablement donné la mesure : «Aucun bâtiment de la Marine n'est banal. Mais Jeanne la Brestoise, fierté du grand port du Ponant, porte une charge affective encore plus considérable que les autres».

Durant ce week-end de festivités organisées conjointement par les autorités de la Marine et la mairie de Brest, l'attachement du public à la Jeanne a été constamment palpable.

«C'est plus qu'une page qui se tourne, c'est un livre qui se referme. Profitons de cet instant rare !»

1171 028.JPGChaque jour, dès potron-minet, une file ininterrompue de visiteurs va même serpenter les quais.

C'est par millier que les visiteurs venus du Finistère, de Bretagne, des terres ou des montagnes se pressent afin de pouvoir monter à bord d'un bateau gris devenu légendaire. Malgré parfois trois à quatre heures d'attente en moyenne, ils seront plus de 10 000 visiteurs à se rendre à bord de la Jeanne d'Arc.

Parmi tous ces visiteurs, une foule de passionés et de curieux ainsi que des anciens marins de la Jeanne «émus et fiers de rendre un ultime hommage» comme le confie, ému, Claude Idot «amoureux de sa Jeanne».

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A ses côtés, Francis Welche, un autre ancien - «un copain de chambrée de Nanard Giraudeau. Poste Kilo O10» - savoure : «C'est plus qu'une page qui se tourne, c'est un livre qui se referme. Profitons de cet instant rare !».

En cette fin mai, l'heure est donc à la célébration. La Jeanne d'Arc s'offre un ultime baroud devant un public conquis et friand d'anecdotes. Durant ces dernières heures à la mer, les temps forts ont été nombreux.

L'escale à Rouen, ponctuée d'une rencontre avec le trois-mâts barque Belem ou les 5 000 visites du bord, a marqué les esprits.

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La dernière nuit en mer reste également un moment chargé d'émotions comme le précisera a posteriori le commissaire en chef du bord Xavier Prache : «Contrairement aux idées reçues, l'ambiance à bord était très sereine. Ca n'était pas de la nostalgie mais un profond recueillement. On a chacun ressenti énormément d'émotions que l'on a pas voulu forcément partager. On voulait profiter de ces ultimes moments pour voir les étoiles sur le pont d'envol ou pour écouter les machines sous nos pieds». 

Deux jours avant cet ultime accostage, les machines ont d'ailleurs ronronné. Et la Jeanne filée grand train. A près de 30 nœuds au large du Cotentin. Un ultime tour de force qui a fait la fierté du pacha et de son équipage.

«Une véritable cure de jouvence» selon les mécaniciens plus promptes qu'à l'accoutumée pour rendre hommage à leur bateau.

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Jeudi 27 mai, 15 heures à Brest, manœuvres accostage de la Jeanne d'Arc. Le capitaine de vaisseau Patrick Augier va devoir se résoudre à prononcer le fatidique «Terminés barre et machines !» devant une forêt de caméras et d'objectifs. 15 heures 15. Silence de cathédrale en passerelle avant la phrase couperet et une longue allocution du commandant diffusée dans tout le bord. 

Massée sur les quais, la foule des terriens gronde. Les retrouvailles sont imminentes. «Jeanne la brestoise» brillera de mille feux tout au long de cette «escale» organisée en son honneur. A Brest (même), la «vieille Dame» sera  étincelante jusque dans son dernier souffle. Adieu Jeanne, merci la Jeanne !

Stéphane DUGAST
Clichés © Christophe GERAL

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