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porte-avions

  • A BORD DU CHARLES-DE-GAULLE

     

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    Joyau de l’aéronavale française, le porte-avions « Charles de Gaulle » a appareillé dimanche 20 mars du port militaire de Toulon, avec 1 800 hommes et une vingtaine d’avions à son bord afin de faire cap sur la Libye, et ainsi participer aux opérations militaires « Aube de l’Odyssée ». Il y a une décennie, c’est sur le porte-avions de la Marine que j’effectuais mes grands débuts comme reporter. Extrait d’un récit sur mon premier embarquement à bord d’un « bateau gris ».

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    « Premiers pas hésitants sur le grand « Charles ». Premier embarquement cauchemardesque. Du porte-avions, je n’ai qu’entraperçu son potentiel opérationnel. Si je n’ai vu aucun avion de chasse sur son pont d’envol, j’ai appréhendé la complexité de son équipage. Près de 2 000 hommes et femmes.

    Marins novices ou chevronnés. Marins ultra spécialisés ou opérateurs anonymes. Marins d’origine bourgeoise ou plus modeste. Marins non qualifiés ou ingénieurs. « En fait, il y a plusieurs bateaux à l’intérieur du bateau » m’a lancé un marin au cours de mon enquête. Cet aphorisme résume la réalité de ce bâtiment de guerre.

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    Grand, complexe, déconcertant au départ mais rigoureusement organisé. J’ai aussi compris la notion d’équipage. A la naissance d’un bâtiment, l’esprit d’équipage doit se façonner. Chacun de ses membres doit apprendre à fonctionner. Si cet esprit de cohésion est palpable et mieux mesuré par les anciens, l’apprentissage se fait plus difficilement pour les plus jeunes.

    Pour moi, il a été rudement contrarié. Seul, livré à moi-même. Sans point de contact. Les portes des grands pontes du bateau me sont restées fermées. Je suis resté un parfait étranger. Je n’ai en poche que de rares confidences de marins pour écrire ce premier long reportage que j’intitulerai pompeusement : « Charles-de-Gaulle, il était une foi… ».

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    J’y relatais ainsi les premiers essais à la mer du porte-avions sur lequel j’embarquerai deux ans plus tard au large des côtes pakistanaises pendant les opérations Enduring freedom. Durant cet embarquement d'un mois, j’y découvrirai un bateau pleinement opérationnel. »

    Stéphane DUGAST
    Photos © MARINE NATIONALE

    + d’infos sur http://www.defense.gouv.fr/marine

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  • LA JEANNE DE A à Z / "I" COMME...

    A l'occasion de l'ultime campagne de la Jeanne d'Arc, l'hebdomadaire de la Marine nationale depuis 1945 Cols Bleus raconte autrement le porte-hélicoptères R97. Cette semaine, grâce à la lettre «I», on en sait enfin plus sur l'immatriculation de ce bateau-phare de la Marine depuis 1964.

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    © Christophe GERAL

    « I »

    IMMATRICULATION «JEANNE D'ARC», son nom s'affiche en lettres majuscules blanches sur sa coque grise. Son numéro d'immatriculation «R97» s'inscrit en caractères noirs sur son «château», sur bâbord comme sur tribord. Si cette immatriculation intrigue, un marin connaît sa réelle signification : Bernard Prézelin, l'auteur depuis deux décennies de Flottes de combat, la «bible» de tout marin en passerelle. «Dans le cadre de l'Otan, l'identification des bâtiments de guerre est fixée par une lettre et deux chiffres. A chaque lettre correspond donc une typologie de navires» détaille ce féru de bâtiments militaires avant d'ajouter : «Cette appellation Otan est principalement utilisée par les marines européennes, des marines sud-américaines et quelques marines asiatiques. Les américains, les canadiens et les australiens lui préfèrent un autre système». Concernant la traduction Otan, la commandant Prézelin se la remémore sur le champ : «La lettre D correspond à Destroyer, l'équivalent de nos frégates de premier rang. L, c'est Landing et les bateaux de type amphibie. M, la guerre des mines...». Quant à la lettre R désignant la Jeanne, la réponse est aisée pour un spécialiste de sa trempe : «Il fallait désigner porte-avions et aéronefs, en anglais Aircraft Carrier. La lettre A identifiait déjà les bâtiments de soutien, la lettre C les croiseurs. Il restait la lettre R qui phonétiquement est la première lettre de Aircraft». Concernant le numéro 97, l'explication est également logique. «A la France, on attribué la série des quatre vingt-dix». Rapides vérifications. R95 correspond à l'Arromanches. R96 au Lafayette. R98 au Clémenceau. R99 au Foch. «Lors du lancement de la Jeanne en 1964, le numéro de série 97 s'était entretemps libéré avec le retrait du service actif du porte-avions Bois-Belleau» précise le spécialiste avant d'expliquer que pour le porte-avions Charles-de-Gaulle. «On a été obligé de revenir en arrière, d'où R91». Un système d'immatriculation indéchiffrable sans l'expertise de Bernard Prézelin, décidément incollable sur les bateaux gris et leurs subtilités.
    Stéphane DUGAST

    *

    Couv_JeanneDArc BD.jpgEXTRAIT DU LIVRE
    LA JEANNE D'ARC, porte-hélicoptères R97

    (E/P/A – Les éditions du Chêne)
    Photographies de Christophe Géral
    Enquête de Stéphane Dugast

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