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L’ÉPOPÉE DU CRABE 2|5

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Un film au titre étrange : Le Crabe-Tambour. Un long-métrage signé Pierre Schoendoerffer, racontant une histoire non moins étrange de malentendu né d'une parole donnée et non tenue. «Monsieur cinéma» de la Marine pendant 3 décennies, Pierre Dubrulle, revient sur la genèse de ce long-métrage sorti en 1977. Il nous raconte les relations entre la production, le cinéaste et la Marine nationale qui s'est totalement engagée dans cette aventure.

« Branle-bas de combat au Sirpa Marine, le service de communication de la Marine nationale ! Nouvelle visite de Pierre Schoendoerffer : Georges de Beauregard, producteur, a acheté les droits d'adaptation de son roman et lui propose de faire le film. Il dit oui si la Marine en est d'accord...

Un long métrage sur un bâtiment de la Marine avec Schoendoerffer aux commandes, ça ne se refuse pas ! D'autant que, depuis la guerre, il n'y en a eu que deux : Le grand pavois (1953) de Jack Pinoteau et Le ciel sur la tête (1964) d'Yves Ciampi.

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Or, le cinéma reste le média de prédilection des marins, sans lequel nul ne saurait ce qu'ils font sur et dans ces déserts maritimes que sont les océans. Il faut donc faire Le Crabe-Tambour ! 

Les questions et les problèmes arrivent alors en cascade : Quand ? Quel bateau ? Quelle mission ? Quelle durée ? Quel scénario ? Quels comédiens ?

Très vite les accords sont obtenus auprès des cabinets du Chef d’Etat-Major de la Marine et du Ministre. Ce sera pendant l'hiver 76/77. Mais le bateau prévu pour la campagne des pêches, le Remorqueur de Haute Mer (RHM) Centaure, est jugé pas assez représentatif de la Marine.  

On trouve alors l'Escorteur d’Escadre (EE) Jaureguiberry qui doit achever sa carrière cette année là. Ce sera donc sa dernière mission.  Coïncidence, 1977 est l'année d'entrée en vigueur des Zones Economiques Exclusives (ZEE). D’ailleurs voyant arriver sur les bancs un escorteur d'escadre en renfort du Centaure, les autorités canadiennes y verront une ferme volonté de la France de défendre ses intérêts dans la zone de Saint-Pierre et Miquelon...Alors que ça n'était que du cinéma !

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ULTIMES PRÉPARATIFS

Chacun s'active. Côté production, Pierre Schoendoerffer et Jean-François Chauvel travaillent à l'écriture du scénario, on décide de la distribution des rôles, on élabore un plan de travail.

Côté Marine, on définit l'ordre de mission du Jaureguiberry, on «dégraisse» son équipage pour laisser de la place à l'équipe du film.

On fait rallier à la demande du réalisateur, le lieutenant de vaisseau Walter, officier des pêches à bord de la Loire très apprécié sur les Bancs, pendant que le maître tailleur de la caserne de la Pépinière à Paris, entouré de ses « petites mains », voit défiler dans son salon d'essayage les comédiens Jean Rochefort, Claude Rich, Jacques Perrin ou  Jacques Dufilho »

Propos recueillis par Stéphane DUGAST
Photographies © archives Marine nationale / Fonds Patrick Chauvel  




› FICHE TECHNIQUE
Le Crabe-tambour de Pierre Schoendoerffer.
Avec Jean Rochefort, Jacques Perrin, Claude Rich, Jacques Dufilho & Aurore Clément.
Sortie en salle le 9 novembre 1977
César du meilleur acteur 78 : Jean Rochefort.
César du meilleur acteur dans un second rôle 78 : Jacques Dufilho.
César de la meilleure photographie 78 : Raoul Coutard. 

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