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MARIE-HELENE FRAÏSSE : UNE JOURNALISTE GLOBE-TROTTER #2

Alors que son dernier livre, L’Eldorado polaire de Martin Frobisher est paru ce printemps, Marie-Hélène Fraïssé a raccroché le micro de son émission fétiche hebdomadaire Tout Un Monde diffusé sur France-Culture. Second épisode d’un long entretien en forme de confidences accordé au blog Embarquements.

(LIRE L’EPISODE PRECEDENT-  Marie-Hélène, en quarante ans de présence sur les ondes, vous avez participé puis produit nombre d’émissions consacrées aux cultures du monde.

- Marie-Hélène Fraïssé : « France-Culture m’a toujours laissé une très grande liberté et c’est un privilège. Ma première émission Micro Hebdo avec Jérôme Garcin était plutôt géopolitique, puis j’ai rapidement créé L’Échappée Belle, une émission qui a duré presque 15 ans. Le titre de l’émission est emprunté à Romain Bouteille qui avait créé une pièce du même nom au café de la gare. Rendons à César ce qui appartient à Bouteille !

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Ensuite est venue j’ai produit une émission qui associait reportage et mise en perspective : L’Usage du Monde, titre emprunté à Nicolas Bouvier. Échange de bons procédés puisque dans le même temps Nicolas Bouvier voulait publier un livre intitulé L’Échappée belle.

Puis est venue l’émission Appel d’Air et enfin Tout un Monde. Mais progressivement nous avons perdu, faute de moyens, la possibilité d’envoyer des reporters de par le monde à la recherche de paroles rares, de beaux sons radiophoniques.

C’est un mouvement général de la radio, qui se rétrécie de plus en plus vers une radio de commentaires, délaissant les témoignages directs et les sources premières.

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-  Votre travail montre un fort tropisme vers les régions et les peuples du Grand Nord. Est-ce le fait de ces entretiens radiophoniques ou d’expériences personnelles ?

- Un peu des deux. Après l’expérience Louisiane en 1970 (Lire l’épisode #1 : La voix des sans voix), j’ai continué mon travail sur les minorités du Québec. J’y ai recueilli la parole d’une femme du peuple innu.  

Son français était si particulier qu’il a fallu traduire l’interview. Je crois que tout mon travail découle de l’émotion profonde ressentie avec cette Innu.

Puis dans les années 1980, un homme étonnant François Varigas traverse l’Arctique canadien en traîneaux à chiens et en tire un livre à succès : Dix chiens pour un Rêve.

Cet homme était un authentique homme d’aventure et lui était réellement en solo pour cette traversée (note de la rédactrice : contrairement à une personnalité française dont le nom vient sur toutes les lèvres dès que l’on parle de chiens de traîneaux).

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Je suis allée le voir dans sa cabane du Yukon pour écrire sa biographie.

C’est François Varigas qui m’a dirigée vers Paul-Emile Victor. J’ai eu la chance de pouvoir l’interviewer à plusieurs reprises et même dans son faré de Bora bora. Avec « PEV » les interviews tenaient de vraies séances d’escrime…

Les voyages ont aussi nourri ma passion pour les cultures polaires. En 2010 j’ai pu séjourner dans un tout petit village au sud d’Ilulissat, au sein d’une famille de pêcheurs groenlandais pour France-Culture et pour le magazine Géo. Une expérience d’isolement très intense !

Un peu plus tard j’ai soigné un deuil douloureux grâce à un remède radical. Deux mois et demi en Alaska avec comme seul compagnon de route mon petit magnéto dans la poche. J’improvisais mon voyage, à la manière amérindienne : je savais où j’avais rendez-vous, mais jamais quand. (LIRE LA SUITE)

Propos recueillis par Dominique Simmoneau
Photographies © DR

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Commentaires

  • Très bonne interview, très intéressant Marie Hélène est un personnage qui s'est longtemps effacé pour donner la parole à d'autres, alors qu'elle même mérite qu'on l'écoute, bravo

  • merci pour le compliment sur l'interview ! Il est vrai que Marie-Hélène Fraïssé est captivante !

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