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RETRO 2017 : SEPTEMBRE

Pour cause d’inventaires et d’activités créatrices intenses, le blog Embarquements vous propose en ce début d’année 2018 une rétrospective de l’année écoulée. L’occasion d’ouvrir la malle à trésors de ce blog créé il y a tout juste 10 ans par Stéphane Dugast et de mettre en avant 12 post (un par mois) de l’année 2017. Neuvième post dédié à une voix radiophonique des sans-voix : Marie-Hélène Fraïssé. 

Alors que son dernier livre L’Eldorado polaire de Martin Frobisher est paru en mai dernier, Marie-Hélène Fraïssé a raccroché le micro de son émission fétiche hebdomadaire Tout Un Monde diffusé sur France-Culture. L’occasion d’un long entretien en forme de confidences accordé par la « voix des sans voix » au blog Embarquements.

-  Marie-Hélène, vous avez pendant quarante ans sillonné les continents pour nous faire partager vos rencontres. Comment l’universitaire américaniste que vous êtes est-elle devenue journaliste de terrain ?

- Marie-Hélène Fraïssé : « Déjà mon doctorat de langue et civilisation américaine portait sur les « protests songs » américaines, un sujet de société donc.

Dès la publication de ma thèse, j’ai reçu une proposition de France-Culture qui cherchait à se rajeunir. J’avais une furieuse envie de sortir de sortir de l’olympe des diplômes pour aller vers le voyage, le contact.  

C’est donc tout naturellement que j’ai commencé une carrière de journaliste, en apprenant sur le tas comme reporter de terrain, avec mon petit micro.

J’avais rejoint l’équipe de l’émission Les après-midi de France Culture, une équipe jeune, avec une moyenne d’âge de 25 ans et des gens formidables comme Daniel Mermet, Paula Jacques... 

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- Racontez-nous un moment qui a marqué particulièrement votre carrière de journaliste radio.

- Je sillonnais souvent l’Amérique du Nord dans ses moindres recoins – car il existe encore des zones blanches où personne ne va, dont personne ne parle.

En Louisiane dans les années 1970 j’ai rencontré des Cadjins et des Houmas, peuples des premières nations qui luttaient âprement pour la reconnaissance de leur culture et de leur langue.

Imaginez une vieille femme houma de 113 ans, le front ceint d’un bandeau, qui se balançait dans son rocking-chair. Elle semblait sortie d’un autre temps, de l’Amérique d’avant Jefferson.

Elle s’appelait Lucie Foret. Cette rencontre m’a bouleversée. Le véritable facteur déclenchant. Je pouvais recueillir et relayer la parole jamais entendue, inaudible, des minorités.

Je pouvais être la voix des sans voix, et ce grand privilège a donné du sens à mon travail de journaliste radio et d’écrivain, à défaut de servir ma carrière ! » (LIRE LA SUITE) 

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Propos recueillis par Dominique Simmoneau
Photographies © DR

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