08.08.2014

MASSOUD, LES FRENCH DOCTORS & MAHOMET [BEST-OF]

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La vie n'est pas que numérique ! Si je gazouille et je «facebook» avec assiduité, je ne préfère rien de mieux que de rencontrer des gens «en chair et en os». Ces derniers jours, j'ai été chanceux. Premier acte de mes rencontres placées sous le signe de l’Aventure. Troisième des 8 reportages best-of rediffusés chaque week-end cet été sur le blog Embarquements.

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Jeudi soir dernier à la Société de Géographie de Paris. Conférence projection en plein cœur du quartier germanopratin. Au programme ? Le commandant Massoud, sa vie, sa mort, son œuvre et l’Islam. La projection du film Qui a tué Massoud ? (documentaire de 52 minutes) sera suivie d’une conférence et d’un débat passionnant avec Olivier Weber, grand reporter, cinéaste et écrivain (LIRE LA CHRONIQUE).

Dîner ensuite en présence de l'intéressé et de ses amis de l'humanitaire. Syrie, Biafra Cambodge, les amis d’Olivier Weber (LIRE SON PORTRAIT) sont des anciens de l'urgence et des premiers secours. «Ce sont eux les héros !» précisera toute la soirée le cinéaste et écrivain.

Les pichets de rouge défilent. La discussion file bon train. Première indiscrétion d’Olivier Weber nous racontant que Hollywood vient de racheter les droits du livre French Doctors, une enquête dédiée à ces pionniers de l’humanitaire qui sont assis à côté de moi. «J’ai adoré ce livre !». Je m’enthousiasme avant de comprendre que son auteur me fait face. Olivier Weber est, en effet, l’auteur de l’ouvrage French Doctors qui va donc être adapté sur grand écran («sauf imprévus !»)  avec en vedette: Adrian Brody.

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Syrie, Irak, Afghanistan, Sud Soudan... Comme moi, l’artiste peintre Laurence Bost (que je ne connaissais qu'à travers des posts, des huiles vues sur la toile et des embarquements sur le porte-hélicoptères «Jeanne d’Arc») boit les paroles de ces papys de l’humanitaire.

Face à l’avalanche de nos questions, et sûrement nos imprécisions quant à l’Islam avec un grand «I», les French Doctors vont se montre disserts. Ils nous raconteront Mahomet le prophète, sa vie, ses péripéties et moult anecdotes permettant d’éclairer un non initié.

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Plus tôt dans la soirée, j'ai également parlé voyages et aventures puisque j’ai rencontré le directeur du festival du Grand Bivouac à Albertville. Je n’avais pas revu Bruno Van Den Driessche depuis sept ans et la projection en ouverture de son festival de «mon» film «Dans les Pas de Paul-Emile Victor» (VOIR UN EXTRAIT).

Depuis Bruno a creusé son sillon en pérennisant son festival en Savoie, tout en organisant désormais une université populaire du voyage. L’Aventure fait débat et il en sera bientôt question sur EMBARQUEMENTS évidemment !  (À SUIVRE)

Stéphane DUGAST

Photographies © Grand Bivouac / Olivier Weber & DR
Illustration Laurence Bost

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› EN SAVOIR PLUS
L’université populaire du voyage, c’est ici

 

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06.08.2014

LA RAGE DE VIVRE [BEST-OF]

maurice thiney,aventure,côte d'or

À 71 ans, l’inoxydable Maurice Thiney, membre de la Société des explorateurs français, repart bientôt pour deux mois d’expédition aux Philippines. Rencontre à Corcelles-les-Monts en Côte-d'Or avec l'intéressé, entre planisphères et livres de voyages. Un entretien haut en couleurs. Second des 8 reportages best-of rediffusés cet été sur le blog Embarquements.

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Destination ?

Maurice Thiney : « Nous partons pour l’île de Mindanao au sud des Philippines à la rencontre des Tasaday, une petite communauté profondément installée au bord d’un fleuve difficile d’accès avec beaucoup de sauts à passer. Il faut s’enfoncer à l’intérieur de la jungle et la précédente expédition ne l’a pas retrouvée.

Le repos ?

Surtout pas ! Il n’y a pas d’âge pour les passions, elles nous emmènent au bout de la vie. À moins d’un problème physique, l’âge n’est pas un obstacle. J’ai participé l’an dernier en Nouvelle-Zélande à un championnat du monde de triathlon et j’ai énormément de projets insensés qui peuvent encore m’emmener très loin.

Ta vie quotidienne ?

Des activités permettant de garder notre forme physique et intellectuelle. Je pratique la course à pied, le vélo, la natation et le parapente. Ma démarche est la conséquence d’une jeunesse un peu difficile, je suis issu d’une famille aux conditions de vie modestes, il n’y avait pas de place pour se plaindre. Au fil des ans s’est forgée cette envie de prendre la vie à bras-le-corps.

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Regrettes-tu cette enfance ?

Non, j’en suis très heureux. Cette vie un peu à la dure a cultivé ma détermination. Gamin, j’avais peur la nuit. J’ai chapardé un drap à ma mère pour en passer une au jardin. Le moindre craquement m’effraya. Au fil du temps cette peur s’est estompée.

Premiers pas ?

Les récits d’explorateurs, Paul-Emile Victor, Haroun Tazieff, Stevenson, m’ont soufflé ce que je voulais devenir. Il faut revenir 70 ans en arrière et imaginer, nous n’avions pas les moyens d’aujourd’hui. Le militaire était la seule possibilité d’ouverture sur le monde pour nous, gamins du fin fond de la campagne. J’ai intégré l’armée, été muté à Berlin sans savoir nager.

Quatre ans plus tard, j’étais maître-nageur sauveteur. J’avais la rage de vivre, je ne suis parti de rien, d’absolument rien. Les difficultés de mon enfance, cette phase difficile que je ne souhaitais à personne, m’ont permis de parcourir ce chemin. Huit championnats du monde et huit championnats d’Europe de triathlon en vétéran, des dizaines d’expéditions, le prix mondial d’exploration des contrées oubliées et de paix dans le monde, après Jacques-Yves Cousteau, Mikhaïl Gorbatchev, Al Gore ou Nelson Mandela.

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L’accident et la mort ?

En expédition, l’espérance de survie prend le dessus. Le danger passé, une réaction nous ramène parfois à la peur. Certains moments ont été chauds mais je ne l’ai jamais réellement éprouvée.

Aventure de couple ?

Ma femme joue un rôle fondamental dans la réussite de nos expéditions. Elle est un énorme soutien moral et le féminin à la rencontre des communautés éloignées apporte quelque chose de beaucoup plus ouaté, les contacts se nouent beaucoup plus en profondeur que si j’avais été seul.

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Plaisir et liberté ?

Le prix à payer est très lourd. Ma première expédition chez les Papous de Nouvelle-Guinée nécessita deux ans de travail mais seul le but compte. Une forme d’exaltation s’installe lors de la préparation qui s’évanouit quand cesse le cheminement, pour renaître plus loin. Une sorte de jouissance qu’on ne connait que quelques fois dans sa vie.


Proche des gens de 20 ans ?

Je suis frappé quand dans ma boîte aux lettres je trouve un prospectus pour emmener en voyage les aînés… Je me sens très bien dans le cadre sportif avec tous les jeunes que je rencontre. Si l’on s’assagit en prenant de la bouteille, ça ne me concerne pas. J’ai conservé l’état d’esprit de ma jeunesse. L’expérience m’a permis de réaliser mes rêves d’enfant et de rester un éternel adolescent.

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Ton enfance ?

Je suis né à Ivry-en-Montagne, en Côte-d’Or, entre la Nièvre et la Saône-et-Loire. J’ai passé ma jeunesse à Montceau-et-Écharnant avec des bandes de rigolos qui dénichaient les pies et les corbeaux. Une institutrice remarquant mon intérêt pour le globe a stimulé ma curiosité et déterminé la suite de ma vie.

Conseil ?

Vous étudiez d’abord et après vous foncez. J’ai un regret, ne pas avoir pu poursuivre des études. Une chose encore, un proverbe indien qui me plaît énormément : la richesse n’est pas tant ce que l’on possède que ce que l’on donne »

Propos recueilli par Olivier MOUCHIQUEL
(et diffusé sur la gazette de Côte d’Or)
Photographies © Maurice THINEY

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04.08.2014

AU NOM DU PÈRE [ARCHIVES]

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Paul-Émile Victor (1907-1995) a incontestablement marqué la France du 20ème siècle. Depuis 8 ans, je me suis réglé dans ses pas. Extrait d'un entretien que j'ai mené avec Daphné Victor, fille de l'explorateur, paru dans l’hebdomadaire Point de Vue.

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Tour à tour explorateur, écologiste, ethnologue, scientifique, marin, homme de télévision ou de réseaux, Paul-Émile Victor (surnommé PEV) a été une cheville ouvrière de l’exploration polaire pendant près de quarante ans.

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Sa vie et son œuvre m’ont incité en 2006 à mener glisser mes pas dans les siens au Groenland oriental.7 décennies après ses séjours chez les «Eskimos», que l’on appelle désormais les «Inuits», j'ai ainsi mené l'enquête.

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À la clef : une exposition, un documentaire et des reportages, dont cette interview parue dans l’hebdomadaire Point de Vue.

 © Fonds Paul-Emile Victor

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01.08.2014

CLASSE PILOTE [RÉACTUALISÉ]

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Étrangement, aucun roman de mer ne s’était intéressé au pilote maritime, une figure pourtant familière des marins. De ce personnage peu romanesque, Philippe Metzger a pourtant réussi à tisser la trame de son roman.

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Un pilote maritime, c’est quoi d’abord ? C’est un marin, entre terre et mer, disposant d’une une vedette rapide longue de 15 mètres (que l’on appelle une pilotine). Sa mission ? Faciliter les manœuvres d’un navire qui va accoster à un quai ou entrer en forme de radoub d’un port.

Grâce à une échelle de corde, le pilote se hisse alors sur le pont d’un tanker, d’un cargo ou d’un navire de guerre avant de donner les ordres et de diriger les opérations de remorquage et de lamanage. À la passerelle, il devient le maître à bord jusqu'à ce que les aussières soient amarrées à des bittes fixées à terre.

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Quant à son roman, Philippe Metzger a posé d’emblée les principes de sa narration : «Tard dans la nuit, un pilote basé dans un grand port prend en charge un navire alors qu’une tempête se lève. Pendant la manœuvre, survient une panne majeure. Dans le même temps, le héros subit une tourmente personnelle, conséquence d’une tension au sein de son couple». Ainsi écrit, le propos parait aride. Et pourtant, l'auteur nous transporte 144 pages durant.

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Officier de Marine et homme de plume, le commandant Metzger n’a connu lui aucune avarie ou panne d’inspiration. «Tout est vrai, tout est faux. J’ai depuis longtemps cette idée en tête. Je me suis lancé, voilà tout !», confie sobrement son auteur, également spécialiste des énergies marines du futur.

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Souci de l’exactitude, science des détails (qui font mouche), portraits fouillés des protagonistes, intrigue bien posée, style à la fois enlevé et épuré… Philippe Metzger manie fort bien la plume.

À la clef ? Un livre marin dans le droit sillage de ceux signés Roger Vercel ou Pierre Mac Orlan (LIRE LA CHRONIQUE), de glorieux aînés et de solides références en la matière.

Qu'on soit ou non marin, ce roman de mer se lit facilement. Car,
Philippe Metzger a réussi la prouesse de rendre le vocabulaire maritime souvent très technique fort compréhensible.

Ce livre offre une véritable plongée dans l'univers des pilotes de mer, une profession trop méconnue des terriens. Un roman estival pour toujours embarquer.

Stéphane DUGAST

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Pilote de mer de Philippe Metzger. 144 pages - 15,00 € (Cent mille milliards)

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31.07.2014

PETITES CHRONIQUES D'ITTOQQORTOORMIIT #6

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De retour d’un périple sur la côte orientale du Groenland, deux grands voyageurs nous partagent leurs émotions polaires. Ultime volet de ces six «petites chroniques d’Ittoqqortoormiit», concoctées par Dominique et illustrées par les photos de Pascal.

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(LIRE L'ÉPISODE PRÉCÉDENT  Le fragile destin d'une communauté arctique « Une communauté arctique de 457 âmes perdue dans les glaces du courant polaire qui descend le long de la côte Est vit en quasi autarcie. Un unique bateau livre chaque été l'essentiel des provisions et matériels. Un hélicoptère assure en 15 minutes la liaison hebdomadaire avec le micro-aéroport desservi depuis l'Islande, et amène voyageurs ainsi que petits colis.

Chasseurs par tradition et par nécessité, c'est uniquement en traîneau à chiens que les habitants chassent phoque, morse, narval, ours et bœuf musqué. La viande alimente le congélateur familial, alors que les peaux peuvent être vendues. Mais aujourd'hui, il faut aussi s'habiller et se nourrir au magasin, acheter le fuel, payer l'électricité et l'abonnement internet... Un chasseur ne peut plus faire vivre sa famille du seul produit de sa chasse.

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Nombreux sont ceux qui bénéficient d'un emploi administratif ou technique nécessaire à la bonne marche de la commune. Mais cela ne créé point de richesse. Les habitants fondent de grands espoirs sur l'exploitation des ressources géologiques de la région. Les explorations sont forts actives et amènent déjà des redevances au gouvernement du Groenland devenu seul propriétaire de son sous-sol depuis 2009. Mais les emplois ne viendront qu'avec les possibles exploitations d'ici 10 ou 20 ans...

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Pour l'heure, la seule ressource de ce petit paradis est le tourisme. Au moins 50 chasseurs-guides bénéficient de la venue de touristes en quête d'aventures. Une solution gagnante. Car, ils chassent selon leur tradition ancestrale, ils continuent à entretenir leurs attelages de chiens, et ils perçoivent un revenu substantiel pour la participation des touristes à la journée de chasse. Ils guident aussi les voyageurs dans les parties de pêches au trou, ils les déposent sur leur lieu de randonnées à ski ou en kayak. Une école d'apprentissage de guide a même été crée par la commune.

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Encore faut-il que les touristes viennent… Et donc qu'il y ait des dessertes aériennes régulières. Et les seules dessertes valables doivent venir de l'Islande toute proche.

En 2012, à la suite d'une énorme bévue, le service a été attribué à une compagnie qui envisageait de passer par la lointaine côte Ouest. Résultat : un service inexistant et des tarifs exorbitants. Le village a dû affronter une perte de 90 % des touristes sur l'année. Il a fallu abattre 3 attelages, soit à peu près 30 chiens. Il n'en reste plus aujourd'hui que 250. Il y a 10 ans, lors de mon premier voyage dans le Sund, on comptait 700 chiens.

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La bonne nouvelle a été apportée de Nuuk par madame la maire (francophile!) Asii Chemnitz Narup : le prochain appel d'offre obligera les compagnies à reprendre les services depuis Reykjavík. Nous reviendrons, c’est sûr ! » (FIN)

Un récit de Dominique Simonneau
Des photographies de Pascal Hémon

 

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