14.05.2014

LES VOYAGES DE MONSIEUR LOUSTAL

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Du dessinateur Loustal, on dit qu’il sait restituer comme personne l’atmosphère d’un lieu ou l’état d’esprit d’un personnage. La preuve en images ?

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D’ordinaire, c’est le genre d’ouvrage que je trouve prétentieux. Pensez donc, un «Beau-Livre» format panoramique sans textes ou presque. Alors, j’ai ouvert les pages, j’ai lu les rares légendes. Puis, je me suis plongé dans les dessins.

Coup de crayon évocateur, variété des couleurs, incongruité parfois des lieux ou étrangeté d’un instantané m’ont alors interpelé. J’ai ainsi dégusté, croquis après croquis, cet élégant carnet de voyage.

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De ses pérégrinations aux quatre coins du monde, Jacques de Loustal ramène incontestablement de beaux dessins qu’il réalise aussi bien à l’aquarelle, à l’encre de chine qu’au fusain ou au crayon.

Tahiti, Etats-Unis, Suisse… Dessins d’ailleurs mêle les voyages lointains ou proches de Loustal.

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Une esquisse du monde pour une géographie très personnelle. Un «Beau-Livre» au sens littéral du terme, générateur de sensations et d’émotions. Les apparences sont décidément souvent trompeuses !

Stéphane DUGAST

 

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› À LIRE
Esprits d'ailleurs
de Loustal. 224 pages - 35 € (La Table Ronde)

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13.05.2014

QUI VEUT LA PEAU DE MOBY DICK ?

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On ne compte plus les adaptations du chef d’œuvre d'Herman Melville, celle-la se distingue des autres. La puissance des toiles de Jame’s Prunier revisite ce grand classique de la littérature de mer et de jeunesse. Une pépite ?

La nouvelle couverture captive dès le premier regard. Son graphisme épuré dévoile une menace, celle obsédante de la baleine blanche. A l'intérieur, la maquette retravaillée rend l’ensemble des textes plus lisible.

Les illustrations pleine pages permettent d'apprécier le grain et la texture des toiles de Jame's Prunier réalisées à la peinture à l'huile. Une aubaine à l'heure des illustrations aseptisées, et sous trop fortes influences numériques. Bref, cette réédition d’un album illustré est assurément une réussite.

Ce bel ouvrage, c'est la promesse d’embarquer aux côtés d’Ismaël et du capitaine Achab désireux de capturer et de tuer enfin la maudite baleine blanche qui lui a arraché la jambe. Un cétacé surnommé Moby Dick.

Plus qu’un roman, une odyssée à dévorer en mots et en images. Des images aux forts pouvoirs évocateurs, dont de nombreuses inspirées des toiles d'Edward Hooper dans leur composition ou les éclairages notamment.

Un album à déguster seul, à deux ou à plusieurs ! A partager d’urgence avec les plus jeunes…

Stéphane DUGAST

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Moby Dick de Jame’s Prunier (dès 6 ans). 64 pages - 16,90 € (Milan)

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11.05.2014

UN WEBROBINSON #6

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Qui n'a pas rêvé un jour de larguer les amarres et de partir vivre seul sur une île déserte ? Gauthier Toulemonde a exaucé son rêve (LIRE LA CHRONIQUE) en vivant seul l'an dernier sur une île déserte perdue face à l’immensité du Pacifique. Dès retour en France, il s'est attelé à l’écriture d’un livre à paraître très prochainement. Derniers échos d'un Webrobinson heureux qui va repartir seul et sur une île bien sûr !

› LE FUTUR PROCHE

« Je vais publier à l’automne prochain un livre sur l’expédition Web Robinson. Il comportera de nombreux dessins réalisés par le graveur Pierre Albuisson et des photos. A la fin de l’ouvrage figurera un petit guide à l’usage des personnes désireuses de larguer les amarres, tout en continuant de travailler.

Résolument pratique, je donne des indications sur la façon de vivre en autarcie sur une île déserte, comme la journée type du travailleur nomade, le fonctionnement d’une installation solaire ou la constitution d’une valise médicale… »

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› LE FUTUR MOINS PROCHE

« J’envisage à présent de me rendre seul sur une nouvelle île située dans un milieu particulièrement hostile. C’est un endroit maudit où l’homme n’a pas franchement sa place. J’espère pour autant y trouver toute la beauté du monde. Elle se cache parfois là où on ne l’attend pas !

Mon idée, c’est à nouveau de faire la promotion des énergies renouvelables et du travail à distance en totale autonomie. Le terrain, les aléas, la solitude, la liberté, la peur, les imprévus, les couchers ou lever de soleil, mes méditations… Tout ça me manque terriblement ! »

 

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09.05.2014

HAROUN TAZIEFF : SON PÈRE, CE HÉROS ?

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Après-demain, c’est le centenaire de la naissance d’un volcanologue renommé : Haroun Tazieff (1914-1998). Frédéric Lavachery est l’auteur d’une biographie dédiée à son père, figure très populaire de la France des années 1960 à la fin des années 1990.

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Haroun Tazieff est incontestablement une figure du monde de l’Aventure hexagonale du 20ème siècle. Un monde alors très segmenté : Jacques-Yves Cousteau pour la mer, Maurice Herzog pour les montagnes, Paul-Emile Victor pour les pôles, et donc Haroun Tazieff pour les volcans (ECOUTER LA BLAGUE A CE SUJET, C'EST ICI).

Les plus anciens se souviendront de l’image publique laissé par l’homme : celle d’un homme de terrain qui ouvert la volcanologie contemporaine au plus grand nombre, souvent au grand dam des plus éminents scientifiques (un classique du genre).

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Avec l’aide de collaborateurs qu'il s'est choisis tout au long de quarante années d'expéditions, Haroun Tazzief a développé la recherche en volcanologie, s'intéressant notamment au rôle des gaz dans les dynamismes éruptifs, à la présence d'eau dans les magmas, au volcanisme sous-marin, aux techniques de mesure des variations de champ magnétique en liaison avec l'activité éruptive, en encore à l'observation directe de la dérive des continents et aux échanges de masses et d'énergie entre les appareils volcaniques et l'atmosphère.

Ce volcanologue-tout-terrain a ainsi largement contribué à révolutionner une science qui n'était guère reconnue, sinon quasiment inconnue en Belgique et en désuétude en France.

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D’OMBRES ET DE LUMIÈRES

Son histoire ne s’arrête évidemment pas à son passif de volcanologue, elle est étroitement liée à son rôle de passeur. Car, à l'instar d'un Jacques-Yves Cousteau, Haroun Tazieff a été un cinéaste. Il est un pionnier du «filmage» des volcans pris sur le vif et de la communication entre les volcanologues et le grand public. Il a démontré la nécessité d'expéditions pluridisciplinaires sur les volcans actifs et les volcans en éruption. Et ce, malgré nombre de polémiques.

La lecture de cette bibliographie est éclairante, elle renseigne sur un homme, son destin, ses coulisses, une époque et ses secrets.

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Haroun Tazieff était ainsi un ami proche du dessinateur belge Hergé qu'il a bien connu à Bruxelles. Le dessinateur le comparait à Jules Verne[1].

Outre ses faces lumineuses, l'auteur dévoile d'autre plus sombres. Car depuis la mort d'Haroun Tazieff en 1998, Frédéric Lavachery tente de percer les mystères de ce père qui ne l’a pas reconnu et à l’enterrement duquel il n’a pas été convié.

Un exercice littéraire délicat que le "fils de" réussi avec habileté et doigté. Un biographie volcanique ? Je vous laisse juge...

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› À LIRE
Un volcan nommé Haroun Tazieff de Frédéric Lavachery. 359 pages - 20,99 € (L’Archipel)

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› BONUS
2014 est l’année des commémorations pour le Centre Haroun Tazieff, grand instigateur des évènements (conférences, forums scientifiques, expositions, rencontres, chorales et même une pièce de théâtre au Festival off d’Avignon) célèbrant le centenaire de la naissance du volcanologue médiatique. Pour en savoir plus, rendez-vous sur http://tazieff.fr/



[1] :     Hors-série À Suivre Spécial Hergé, mars 1983, p. 17.

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08.05.2014

FORTUNE FURTIVE 4|4

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En mission de lutte contre la piraterie, la frégate de la Marine nationale Aconit croise dans le Golfe d’Aden quand le boutre Al Tarek lance un appel détresse. Malgré l'aide des marins français, le boutre battant pavillon indien menace de couler. Il est évacué. Quatrième et ultime volet  de ce reportage paru en 2009 signé Stéphane Dugast. 

LIRE L'ÉPISODE PRÉCÉDENT 18 heures 30 (15 heures 30 GMT). Énièmes rotations entre le boutre et la frégate de la Marine Aconit. Cette fois, les premiers marins du boutre Al Tarek débarquent. Hagards, déboussolés mais vite rassurés par les sourires des militaires français.

DSC_0131 copie.jpgA quelques encablures de là, l’ultime rotation de l’hélicoptère s’annonce périlleuse. Il faut ré-embarquer la pompe Goniva dans l’aéronef pour le ramener sur l’Aconit. Le plongeur est exténué. Depuis 7 heures ce matin, il multiplie les hélitreuillages. «J’ai eu très peur. C’est à la voix que je l’ai motivé. J’ai tout de suite compris que William n’allait pas fort. Heureusement, c’est un battant et un marin consciencieux», confiera a posteriori Michaël Joly, pilote de l'hélicoptère Panther.

A dix neuf heures moins dix, ce dernier poussera un ouf de soulagement en posant son aéronef sur le pont d’envol de la frégate furtive. Fin des manœuvres aviation. Déshydraté et exténué, William H., plongeur de l’hélicoptère, filera vite à l’infirmerie. Quant aux treize marins du Al Tarek recueillis, ils passent à table après s’être douchés, avoir été interrogés et auscultés médicalement.

Tous affichent des mines réjouies. Seul le capitaine indien du boutre fait grise mine suite à la perte de sa cargaison : «J’ai perdu 2 300 chèvres d’une valeur de 25 dollars chacune, faîtes le calcul…».

En passerelle, les marins de quart continuent de garder un contact visuel sur le boutre abandonné. Le commandant de l’Aconit (le «pacha» dans le jargon), quant à lui, en profite pour aller dîner soulagé : «Ça a été une opération de longue haleine. Après avoir épuisé toutes les solutions, il a fallu se résoudre à évacuer l’équipage pour des raisons évidentes de sécurité». Quant au devenir du boutre désormais sans équipage, les marins de l’Aconit garderont bien évidement un œil dessus toute la nuit afin d’éviter toute collision et fortune de mer à un navire croisant dans les parages.

*

DSC_0152 copie.jpgIl est vingt et une heures dans le Golfe d’Aden. La nuit enveloppe peu à peu la frégate. La silhouette du boutre livré aux soubresauts de l’océan devient fantomatique.

Le calme règne en passerelle. Les marins de quart se préparent à veiller toute la nuit le bateau abandonné quant un marin aux yeux de hibou réveille l’assistance : «Il coule, il coule… Le Tarek est en train de couler…».

Branle-bas de combat instantané en passerelle. Les projecteurs se braquent sur le boutre dont on ne distingue plus qu’une masse sombre ballotée par les flots. «On ne voit plus que le bloc passerelle» jauge le marin aux yeux perçants. De lointains bêlements se font entendre. Les chèvres. La nuit tombe définitivement.

La lumière des projecteurs semble de plus en plus faible. Silence religieux sur les extérieurs. Les marins français semblent recueillis. La nuit et les flots engloutissent définitivement le boutre Al Tarek. Vingt deux heures, plus aucun écho sur les écrans radars de navigation. Dehors, le vent ne faiblit pas.

La mer se creuse. Plus aucune silhouette ou masse sombre visible sur bâbord. «Le boutre Al Tarek a coulé». Les bêlements de plus en plus lointains s’évanouissent dans l’infini de la nuit. Al Tarek a été englouti par l’océan. «A moins qu’il ne flotte entre deux eaux. Ce qui rend bien évidemment la navigation dangereuse pour les autres navires», tempère le pacha. Le lendemain matin, un vol de reconnaissance de l'hélicoptère Panther officialisera le naufrage du Al Tarek.

Aucune trace de sa coque ni de sa cargaison sur des flots devenus plus calmes. Quant aux treize rescapés, ils seront débarqués l’après-midi même dans le port d’Al Mukalla afin d’être remis aux autorités yéménites. Ainsi en ont décidé les tractations diplomatiques. Jadis, les marins de cette région du globe réputée dangereuse à la navigation à cause de ses moussons et de ses vents imprévisibles devaient souvent leur bonne fortune à leur boutre et sa voile (de fortune) de forme carrée.

Quand l’écrivain-voyageur Joseph Kessel (1898-1979) écrira une fiction ayant pour cadre la mer Rouge, l'Éthiopie, l'Érythrée, la Somalie et le Yémen, le titre était tout trouvé : «Fortune carrée».

Sept décennies plus tard, la bonne fortune a cette fois été furtive pour les treize marins du boutre Al Tarek(FIN)

 

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REPORTAGE CHASSE AUX PIRATES
FORTUNE FURTIVE

Episode 4|4

Reportage extrait du COLS BLEUS N°2921, le magazine de la Marine nationale.

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