31.08.2012

LE CAILLOU DE LA RÉPUBLIQUE

clipperton dx club,île,outre-mer,pacifique

Eric Chevreuil est l’un des éminents spécialistes français de l’atoll de Clipperton. Basé aux Etats-Unis, il est devenu un observateur averti de la vie de ce « caillou de la République » perdu dans l’immensité du Pacifique mais pourtant si convoité. Extrait du compte-rendu de sa récente mission sur place.

400505_336451906444606_808137975_n.jpg« Après être allé à Clipperton avec les « voleurs », dans l’illégalité la plus complète à partir du Mexique, on m’a offert la chance unique d’y retourner avec la « police », à bord d’un navire de « La Royale » en mission de souveraineté et de contrôle des pêches.

J’étais allé sur cet atoll français perdu à 1 200 kilomètres de la côte mexicaine pour y passer le nouvel an 2012. Au retour, la revue Tahiti-Pacifique avait publié deux articles un peu acerbes sur mon voyage, pendant qu’en métropole, blogs et une question à l’Assemblée Nationale propageaient les résultats de mon enquête.

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SUR INVITATION

Quelque part, mon nom s’est trouvé associé à Clipperton aussi bien à Tahiti qu’en France et début mai, je recevais l’aimable invitation du Contre- Amiral Régnier, le commandant supérieur des forces en Polynésie française, à accompagner le Prairial dans ses missions au profit de « mon » île.

(…) Aux vues de la météo, il a été décidé que seule la mission de souveraineté serait effectuée aujourd’hui, c’est-à-dire un débarquement, un tour d’inspection de l’île et la mise en place d’un pavillon neuf. Il va falloir aller sur l’atoll à la nage et ce coup-ci je serais accompagné de 4 plongeurs de bord dont le commandant qui est un ancien plongeur.

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DÉBARQUEMENT PROBLÉMATIQUE ?

Notre zodiac nous emmène là où les rouleaux se forment et nous apercevons des carottes de corail que nous n’avions pas vu et que la mer dévoile à chaque reflux. Elles me rappellent que l’épave du bulldozer Caterpillar que les américains ont laissé en 1945 et qui n’est visible qu’à marée basse est aussi dans les parages.

Il faudra éviter tout ça quand les vagues nous rejetterons sur le rivage et j’espère que les restes du « bull » ne seront pas sur notre trajectoire. A l’eau, une vague, apnée, tourbillons, palmer fort, respirer, une vague, essayer de se relever, tomber, une tasse, se relever, ôter les palmes et courir… la terre ferme… tout s’est bien passé en quelques secondes et nous sommes déjà en train de nous changer… chaussures de marche, contrôle radio…Tout est OK.

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GRIS ET TRISTE

Clipperton n’est pas sous son meilleur jour et tout est gris et triste. Nous progressons dans le sens des aiguilles d’une montre vers le « rocher », en bataille pour couvrir le maximum de terrain, suivi au large par le Prairial qui veille sur nous.

Trouverons-nous des traces du débarquement, de la drogue, une nouvelle épave ? La pluie fouette nos visages et même les crabes se cachent et restent à l’abri. Je savais qu’ils étaient « allergiques » au soleil et fortes températures mais ignorais qu’ils n’aimaient pas la pluie.

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Autre surprise, les fous sont encore en pleine période de nidification et les œufs sont visibles dans tous les nids. Je compte 11 types d’herbes différentes qui envahissent la couronne et chassent les fous qui ont besoin de zones nues pour décoller, atterrir et faire leurs nids.

Dans les entrailles du rocher, une petite sterne blanche toute seule et un couple de Phaéton à bec rouge nous accueillent parmi les fous bruns. Scellée sur la roche, une plaque commémorative a survécu en solitaire à la rapacité des visiteurs nombreux de l’île et rappelle le drame de la colonie mexicaine abandonnée le siècle dernier.

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VESTIGES & CUISINIÈRE

Le tour de l’île fait près de 12 kilomètres et la progression est parfois difficile sur les morceaux de corail ou le sable fin de certaines plages. Les fous et les frégates nous entourent pendant que nous inspectons les poubelles rejetées par l’océan aux deux extrémités de la couronne.

Ici et là, des bouées sonar-GP utilisées pour détecter les bancs de thons cohabitent avec des fûts de 200 litres chinois. La souche d’un palmier nous permet de voir une rate et ses petits à côté de leur mangeoire abritée remplie de carcasses de crabes. Dans le bois Bougainville nous saluons la « cuisinière Etienne » abandonnée en 2005 avant d’aller à la stèle remplacer mes drapeaux français et corse qui ont bien souffert depuis le mois de janvier.

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La cérémonie des couleurs est sobre et sans fanfare. Sous la pluie en plein vent, sur ce caillou français isolé au fin fond du Pacifique. Elle est quand même émouvante. Après un compte-rendu radio au Prairial que le pavillon français flotte à nouveau sur l’île, c’est la pause ration de combat.

DÉBARQUEMENT RISQUÉ

Il nous faudra encore quelques heures pour terminer le tour de l’île et la côte nord est la plus difficile, et en partie la plus polluée aussi. De retour à l’épave du Dixie Isle, je me charge de sable et de coquillages pour ramener à bord, conscient que ma flottabilité en prend un coup.

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Allongé sur le platier de corail, c’est l’extraction. Attendre la vague, baisser la tête, se cramponner aux coraux, « ramper » rapidement de quelques mètres, prendre la vague suivante, ramper encore, en prendre encore une et finalement s’élancer à la nage pour passer la suivante avant qu’elle ne se brise dans un rouleau qui pourrai me renvoyer à la case départ avec quelques bleus en souvenir.

Le fidèle zodiac nous attend au-delà des rouleaux et nous ramène sur le Prairial »

Eric Chevreuil
récit & photographies

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> EN SAVOIR PLUS

Le Facebook Clipperton Island Watch (en anglais) animé par Eric Chevreuil
http://www.facebook.com/pages/Clipperton-island-watch/237343443022120


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28.08.2012

GRANDS ESPACES (RÉACTUALISÉ)

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La conquête spatiale, c’est indéniablement une grande et belle aventure depuis plus de 5 décennies.

Pour les plus anciens, la conquête spatiale : c’est d'abord Iouri Gagarine, le premier homme à s’être rendu dans l'espace en avril 1961. C’est aussi la télédiffusion « inoubliable » (de l'aveu des téléspectateurs d'alors) des premiers pas sur la lune de l'astronaute américain Neil Armstrong qui vient de décéder le 25 août dernier. 

Mises sur orbite de fusées, de satellites, de stations orbitales, de vols habités… Les réussites en la matière sont nombreuses, comme malheureusement les échecs et les drames. Janvier 1986, la fusée Challenger explosera peu après son décollage.CNES 3.jpg

Parmi les nations en pointe, la France s’est très tôt impliquée dans la recherche spatiale appuyée par une forte volonté politique. Il y a 50 ans tout juste naissait le Centre National d’Etudes Spatiales CNES.

Repéré sur le site de l’INA, cette vidéo des Actualités Françaises, diffusée en novembre 1965. Il y est question de l'aérospatiale française, des satellites FR1 & D1 , de la fusée lance satellite « Diamant » et de cette époque des pionniers.

Images délicieusement surannées à l’appui, on s’étonnera de voir des ingénieurs-techniciens à l’œuvre en costume cravate. On en profitera également pour montrer aux plus jeunes les ordinateurs et les installations de l’époque.

Autant d’anecdotes et de clins d’œil pour se passionner sur une grande et belle aventure : la conquête spatiale... (SD)

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CNES 7.jpgEN SAVOIR PLUS //
Le site officiel du Cnes
http://www.cnes.fr

Le dossier spécial du Cnes
http://www.cnes-multimedia.fr/dossiers/50ans/

 

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24.08.2012

SUR LE QUI VIVE

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Jamais à court de projets, le cinéaste Jacques Perrin va très bientôt tourner un film dédié à la piraterie. Celle qui sévit actuellement en Somalie.  

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Fort du succès de son dernier long-métrage Océans (ayant totalisé près de 6,5 millions d'entrées dans le monde), Jacques Perrin va prochainement tourner un film sur la piraterie dans la Corne de l'Afrique, au large de la Somalie.

Pour le moment, le cinéaste finalise l'écriture de cette fiction en s’appuyant sur un fond de documentation très nourri.

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Le réalisateur-comédien et producteur – également co-scénariste dans cette affaire - s'inspire en effet de deux livres : Pirates et commandos de Patrick Forestier (qui participe à l'écriture) et Prise d'otages sur Le Ponant de Patrick Marchesseau, dont il a acquis les droits auprès des Éditions Michel Lafon. A ses côtés, comme coscénariste, le romancier Laurent Gaudé, auteur d'Ouragan.

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« Il s’agit d’un film d'action qui débouchera sur une véritable réflexion géopolitique et morale » confiait en juillet dernier le cinéaste, d’ores et déjà très accaparé par les préparatifs de ce tournage sous haute tension.

Affaire à suivre donc… 
 

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20.08.2012

AU ROYAUME DES GLACES #10

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Danseur professionnel devenu artiste-peintre et marin émérite, Pierre Auzias a un jour posé son sac au Danemark. Une escale scandinave longue durée durant laquelle il va multiplier les rencontres décisives comme celles qui vont lui permettre de devenir peintre de la Marine danoise (Cf part 9) et d’embarquer sur les « bateaux gris » de cette marine. Récit son premier embarquement à destination du grand Nord.

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29 Mai 1994, j'embarque à bord du navire d'inspection HMDS* Triton, basé à Frédérikshavn, une station navale basée dans le Nord du Danemark. 

Le navire d’inspection HMDS Triton est une frégate dite « brise glace », pouvant ainsi briser la glace à concurrence d’une épaisseur d’un mètre maximum à la différence d’un brise glace capable, quant à lui, de briser jusqu’à 4 mètres d’épaisseur.

De surcroît, la flotte des brises glace, battant pavillon danois, se distingue par la couleur de sa coque (orange) et ses lignes car c’est un bâtiment tout en hauteur. La frégate restant plus «féminine» dans ses lignes.

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DES FRÉGATES TOUT TEMPS

Frégate donc brise glace construite en 1990 au chantier naval de Svendborg, le HMDS Triton est la deuxième de quatre frégates identiques (dites sister ships) portant comme noms de baptême : Thétis, Triton, Vædderen (le bélier) et Hvidbjørn (l’ours blanc).

Ces 4 frégates sont principalement destinées aux missions d'inspection en Atlantique Nord et dans l'Océan Arctique. Elles sont équipées d'une plate-forme pour un hélicoptère de type Lynx. Bien abrité dans son hangar, l’aéronef peut être tiré sur une vaste plateforme d'où il peut décoller à tous moments et par tout temps.

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Quant aux missions principales de ces frégates danoises, elles consistent à surveiller les eaux territoriales et internationales sous ces latitudes, veiller au respect de la souveraineté,  à l'inspection et au contrôle des pêches dans les eaux territoriales féroyennes et groenlandaises, participer aux opérations de recherche, d’assistance et de sauvetage ainsi qu’être au service des stations navales danoises situées dans les îles Féroé et au Groenland. 

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DES MISSIONS VARIÉES

Ces frégates remplissent également, au gré des besoins, d’autres missions comme le transport de malades ou de blessés par voie maritime ou aérienne, la mise à disposition du médecin du bord en mer comme à terre, l’assistance lors d'incendies terrestres ou maritimes, le transport de personnel militaire, des membres de la maison royale, du gouvernement ou du parlement ainsi que le transport de matériel.

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Briser les glaces, surveiller le milieu marin, œuvrer à la recherche en biologie marine ou à des mesures hydrographiques, porter assistance à des expéditions scientifiques ou à des sociétés sur place, sont également les autres missions assignées à ces frégates d’inspection accueillant chacune un équipage de 70 hommes renouvelé tous les 3 mois. 


Ces marins hors normes abordent d’ailleurs leur quotidien avec un grand sens de la camaraderie où leur humour, leur gentillesse et leur convivialité égayèrent mes séjours à bord.

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À BORD DU « KAYAK »

A mon embarquement, le commandant Peter Hesselballe m'accueille à bord m'offrant une cabine digne de celle d'un yacht avec salle de bain complète, toilettes, grande couchette convertible en sofa, table de travail et deux chaises de bridge.

En prime : un coffre fort et un réfrigérateur ! Le tout dans un décor en bois de bouleau aux tentures bleu outremer.

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De surcroît, le pacha m’offre le libre accès au mess des officiers où je prendrai tous mes repas. Je jouirai ainsi en excellente compagnie d'un salon à la filmathèque inépuisable.

La climatisation et le bruit des turbines de propulsion à haute fréquence me disent cependant que je suis à bord d'un navire de guerre, puissant et rapide.

A bord, les matelots appellent leur frégate le « kayak ». Je trouve évidemment que ces élancements racés en sont certainement la raison.

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ESCALES & REPRÉSENTATIONS

Eté 1994, le programme est chargé avec plusieurs inspections de trawlers, ces bateaux usines russes oeuvrant  sans relâche sur les bancs dans le sud ouest des Féroés. Journaux de bord, mailles de leurs chaluts et cargaisons sont ainsi dûment contrôlées.

Notre quotidien sera également rythmé par l’observation occasionnelle de sous-marins ou autres navires non signalés. Visite et escale aux Féroé, Jubilé des 200 ans de Tromsø en Norvège, Tour d'Islande, visite de son Altesse Royale, la Princesse Bénédicte lors du Jubilé des 100 ans de Tassilaq, maintes missions de sauvetage, manœuvres diverses… Cap finalement sur le Danemark à la fin du mois d’Août 1994.

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CARTE BLANCHE

Au retour, le Musée de la Marine de Copenhague me commande en avril 1995 – et pour la première fois ! - une exposition reportage qui me permettra d'amener le public de l'autre côté de la barrière.

Ce nouveau genre d'exposition conçu comme un vaste carnet de voyage, offre au public des textes sous forme d'articles ou d'anecdotes appuyés de petits ou grands formats peints.

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Ce « complément » à d'autres médias, comme la photo ou le cinéma, se veut dépourvu de toute propagande et empreint de poésie. Cela m'amènera, après chaque voyage, à développer d'autres expositions à thèmes.

Le Groenland me retrouve presque chaque année été comme hiver. Par 6 fois (en 1995, 1997, 2000, 2004 et 2005), il me sera proposé par l'Amirauté d'accompagner le Yacht Royal et la famille royale du Danemark.

Août 1997, le Yacht Royal Dannebrog passera d’ailleurs le 75ème parallèle Nord, établissant le record de la plus haute latitude atteinte par un Yacht Royal.  

(A SUIVRE)
Photographies Jerzy Strzelesky & Marine danoise / Illustrations et peintures de Pierre Auzias

 > LIRE L'ÉPISODE PRÉCÉDENT


NOTE DE BAS DE PAGE //
* : HMDS : c’est l’acronyme en danois de « Hendes Majestæt Drønningens skibet », soit dans la langue de Molière : « Le navire de sa Majesté la Reine ». A noter un acronyme du même type chez les Britanniques : HMSH, signifiant « Her Majesty Ship ».

 

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16.08.2012

LA PHOTO SELON JEAN #3

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Photographe pour la prestigieuse agence Magnum depuis 1977, Jean Gaumy bourlingue et photographie le monde depuis plus de quatre décennies. Photographe de renom (devenu peintre de la Marine depuis 2008), le normand d'adoption se raconte chaque mois pendant un an sur le blog EMBARQUEMENTS. Troisième cliché et troisième point de vue commenté par un « pêcheur d’images » insatiable.

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© Jean GAUMY / Magnum Photos

« Nouvelle immersion. Nouveaux chocs. Cette fois dans l’univers pénitentiaire. Un reportage inédit décroché au culot. Encore reporter pour l’agence Gamma, j’ai apostrophé en public à propos des prisons  Jean Lecanuet, le maire de Rouen, que je connaissais un peu.

Valery Giscard d’Estaing venait d’être élu Président, Lecanuet avait été nommé Ministre de la Justice. Il m’a alors reçu Place Vendôme pour que je lui explique mon projet. J’ai réussi à le convaincre et à devenir le premier photojournaliste français admis pour de longues périodes dans les prisons françaises.  

Sur place, il a vite fallu que j’oublie les idées toutes faîtes concernant cet univers. L’image des prisons, c’était alors en partie celles d’Hollywood. Des herses d’acier. Des détenus enchainés peinant au milieu de champ de coton… 

Il a fallu que je remette bien à plat la réalité pour prendre mes marques et commencer à photographier. Me fier bien plus à mes intuitions qu’à mes idées toutes faites.

Il a fallu vite me positionner. Eviter les pièges. N’être ni trop proche des surveillant, ni trop proche des détenus. Tenir une distance sur le long terme Tout pouvait très vite déraper. C’est un univers dévorant et crevant psychologiquement. J’étais seul face à des centaines de mecs.  Une parole qui dérape, un projectile qui vole, un coup qui part…

Ce cliché, il a été réalisé dans la prison de l’île de Ré. C’est l’été. Une période dure durant laquelle les détenus ressentent encore plus l’enfermement. Séance de sport. Un vrai défouloir pour les gars. J’ai du lever le boîtier deux fois, pas plus...

Cette photo est révélatrice du style d’image que j’aime bien faire. Le cadre est improvisé à la fraction de seconde, en fonction de l’action et des lignes de force  »
 

> Voir Portfolio #2

RDV LE 16 SEPTEMBRE PROCHAIN

06:00 Publié dans CHRONIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook