19.03.2012

L'HISTOIRE DU MANGUIER

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Les « bateaux gris » peuvent parfois mener une étonnante seconde vie. Ancien bâtiment de la Marine nationale en service jusqu’en 1998, Le Manguier est désormais un remorqueur… à voiles ! Récit d’une étonnante transformation.

Navire alternatif au service des océans pour les générations futures, telle est désormais devenue la destinée du Manguier, ancien remorqueur de rade 700 chevaux en service à Toulon jusqu’en 1998.

Fin des années 1950. Tandis que la réfection de la base navale de Toulon s’achève, la Marine se lance dans un vaste programme de construction de navires de service. Si les remorqueurs portuaires de 250 chevaux portent des noms d’oiseaux (La Macreuse, le Toucan…), ceux de 700 chevaux (dont le Manguier) destinés au remorquage en rade, prennent des noms d’arbres.

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Quant aux plus puissants, les 1 000 chevaux, affectés au remorquage côtier, ils afficheront leur ténacité et leur bravoure. En témoignent les noms de Lutteur ou de Courageux.

Victime de l’évolution des modes de propulsion, Le Manguier est retiré du service actif – RSA dans le jargon technico-administratif – en 1998. Mis en vente aux Domaines et racheté par Philippe Hercher, le bateau est remorqué jusqu’en Arles afin d’y subir pendant trois ans d’importantes transformations.

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OPÉRATIONS À COQUE OUVERTE

Exit le bruyant moteur Marep-Grosshans-et-Ollier (MGO) 12 cylindres, place  à un Baudouin 6 cylindres de 450 chevaux. D’autres installations emblématiques sont démontées et débarquées comme les « volos » – ces arceaux qui enjambent le pont pour empêcher le câble de remorque de s’accrocher quelque part – et le croc de remorquage. Le pont arrière est, quant à lui, entièrement dégagé afin d’y construire une cabine de 10 mètres par 4.

En 2003, l’association « Exploration Pacifique », dont l’objectif est de dresser un inventaire du plus vaste océan du monde, voit le jour. Philippe Hercher (dit « Phil le Marin ») et son équipage sont fins prêts pour larguer les amarres. Faute de financements, le projet va pourtant s’étioler. Le Manguier prend alors ses quartiers en Corse, à Bastia, d’où est originaire son capitaine.

NOUVEAU LIFTING

Après moult réflexions, une nouvelle phase de travaux est engagée, visant cette fois à transformer le remorqueur en « bateau alternatif ». Une volonté farouche de son ardent et infatigable « commandant » : « Le Manguier est ainsi désormais doté de mâts et de voiles, de panneaux et de capteurs solaires ».

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But avoué de cet imposant « lifting » ? Trouver des solutions ad hoc afin de diminuer la consommation en gasoil d’un bâtiment de ce type alors gourmand en énergie. Un handicap de taille qui n’a jamais entamé la motivation de Philippe Hercher, convaincu dès son achat des qualités de son Manguier : « J’ai choisi ce bateau en premier lieu pour ses qualités de construction et de robustesse. Par sa taille, son poids et sa conception, il était également tout à fait représentatif de la flotte des navires marchands, à échelle réduite ».

LE PASSAGE DU NORD-EST

Fin avril 2009, Le Manguier appareille. Cap sur Sand Point en Alaska via les côtes du nord de la Russie. Navigations concluantes puisque la destination finale est atteinte sans encombres malgré une route semée d’embûches.

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Le remorqueur à la livre rouge et blanche est ainsi devenu le quatrième bateau étranger au monde à réussir le passage de la route Maritime du Nord-Est en une seule saison et sans l’assistance d’un brise glaces. Un exploit prouvant selon son nouveau propriétaire  « la qualité de construction de ce type de navire ».  

Bâtiment jadis de servitude, Le Manguier est désormais taillé  pour toutes les mers. « C’est même devenu un vagabond de l’extrême »  de l’aveu de son capitaine  à l’enthousiasme inoxydable.

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Après avoir traversé douze mers et rejoint l’Alaska, l’ancien remorqueur de rade a réalisé deux expéditions, une en 2010 dans le golfe d’Alaska et une seconde en 2011 en mer de Béring. Deux expéditions accompagnées d’échanges et de rencontres avec les pêcheurs.

Actuellement, le remorqueur se prépare à hiverner dans les glaces au nord du Canada, près du petit village inuit de Paulatuk.

Autant de preuves avérées que les « bateaux gris » peuvent mener d’étonnantes secondes vies…

 Stéphane DUGAST

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À LIRE //

L'Insensé Périple d'un remorqueur à voiles. De Corse en Alaska par la route des glaces. Un livre de Philippe Hercher, Karin Huet, Aude Larmet, Cécile Marion, Judith Puzzuoli, Philippe Rigaud, Cécile Zawieja et Agathe Hercher-Zawieja. Le récit de la surprenante aventure maritime, polaire et culinaire du Manguier durant l’été 2009, par le passage (mythique) du Nord-Est. Beau-Livre. 176 pages -  34 € (Editions des Mangonautes). À commander sur www.navirelemanguier.com

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17.08.2011

TINTIN, DE NOUVELLES IMAGES


FICHE TECHNIQUE //

Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne
The Adventures of Tintin: Secret of the Unicorn

Long-métrage américain en 3D

Genre - Aventure

Date de sortie cinéma : le 26 octobre 2011

Distributeur Sony Pictures Releasing France
Réalisateur Steven Spielberg

Avec Jamie Bell, Simon Pegg & Nick Frost

 

07:00 Publié dans ON EN PARLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

20.07.2011

BELEM DO BRASIL épisode n°2

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Retrouvez tout l'été sur ce blog l'odyssée brésilienne d'un bateau de légendes. Un grand reportage paru il y a (déjà) 8 ans dans les colonnes de Cols Bleus, le magazine de la Marine nationale. Destination le Brésil, l'Amazonie et la Guyane pour le trois-mâts Belem. Sur les traces de son glorieux passé. En route pour une navigation inédite sur l'Amazone.

Direction le petit roof qui abrite le carré commandant. Le chef machine maugrée. Sommeil agité ? Contrariétés matinales liées à l’appareillage ? Agitation des grands jours autour du voilier ? L’œil est noir et le ton agacé. Si la musique adoucit les mœurs, celle jouée sur les quais devrait vite faire disparaître l’humeur maussade du chef. A moins que le thé et les quelques tartines beurre-confitures avalés y contribuent également. Qui sait ?

 

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Une chose est sûre, les quais déserts pendant toute l’escale du navire français pour des raisons de sécurité, grouillent de monde en ce samedi matin. Il y a même une fanfare militaire, celle des fusiliers marins de Belém.

Des notes s’échappent involontairement des instruments. Visiblement les marins-musiciens brésilien sont impatients d’en découdre. Le flux des spectateurs grossit à vue d’œil. Les marins du Belem, quant à eux, sont à poste.

Appareillage imminent. Les manœuvres ne vont pas tarder à débuter. Musique Maestrii ! «La mer, qu’on voit danser le long des golfes clairs…». C’est sur l’air de la célèbre chanson de Charles Trenet que la fanfare do Brasil a choisi d’ouvrir les hostilités.

Le soleil jusque là absent s’invite même à la garden-party. Le Belem va quitter la ville éponyme en fanfare et sous des reflets d’argent. En route pour la verte Amazonie…

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Un sixième continent

Les docks réhabilités en restaurants, les grues jaunes, les hangars estampillés Companhia docas do Para, le marché coloré de Ver-O-peso, plus loin des villages lacustres (en fait des favelas) et leurs navires tout rouillés juste échoués devant, les buildings modernes en béton déjà défraîchis du centre-ville, les vieilles façades toutes lézardées vestiges d’un Belém de toute splendeur.

La capitale du Para nous livre ses différentes facettes et défile comme un long plan séquence au cinéma. Les passagers sont étonnamment silencieux. Un dernier coup de sirène pour saluer la ville. Le forte de Castelo, bâtiment fondateur de la ville, va bientôt disparaître du panorama.

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Tchao Belem, direction l’État d’Amapa et la ville de Macapa, de l’autre côté de l’embouchure de l’Amazone. Pour cette traversée, le «fameux trois-mâts» a fait le plein. Exit les stagiaires, place aux invités et à la presse pour une croisière sur l’Amazone. «Traverser l’estuaire de l’Amazone, c’est mythique. Même au moteur !» s’enthousiaste l’un des invités du bord.

De quoi estomper les frustrations des stagiaires férus de voile pas prévus sur cette traversée très singulière. A bord, les discussions vont bon train sur la ville de Belem, ses environs et le reste du Brésil. Qu’elles sont loin les «images d’Epinal»...

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Des paysages façon carte postale

Le touriste en quête de plages de sable fin, d’un grand ciel bleu azur et de jolies métisses en maillot de bain bariolés et échancrés en est pour ses frais.

Des clichés sur le Brésil qu’Hubert de Gevigney, attaché naval et adepte inconditionnel de ce pays extrême, bat en brèche : «Les Français ont une vision très faussée du Brésil. Rio de Janeiro, le pain de sucre… C’est comme si pour les Brésiliens, la tour Eiffel représentait globalement la France !».

L’officier en poste à Brasilia assène un argument de taille : «Le Brésil ? C’est un véritable continent ! Rendez-vous compte, l’état du Para dont Belém est la capitale est grand comme 2 fois la France !».

Et le marin de multiplier les comparaisons et les richesses de «son» pays à l’envi. Pendant ce temps là, les bâtisses et les autres traces de civilisation vont peu à peu disparaître des rives. Et la forêt reprendre ses droits. Notre voyage s'écrit en vert...  (A SUIVRE)

  Stéphane DUGAST
Photographies DR / Illustration SD/ Galen Fryzer

 A VISITER
Le site de la fondation BELEM à : http://www.fondationbelem.com/

 

07:30 Publié dans REPORTAGE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

07.07.2011

BELEM DO BRASIL épisode n°1

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Retrouvez tout l'été sur ce blog l'odyssée brésilienne d'un bateau de légendes. Un grand reportage paru il y a (déjà) 8 ans dans les colonnes de Cols Bleus, le magazine de la Marine nationale. Destination le Brésil, l'Amazonie et la Guyane pour le trois-mâts Belem. Sur les traces de son glorieux passé. En route pour une navigation inédite sur l'Amazone.

L’humeur est bougonne en ce samedi matin sur le Belem. Au mouillage depuis bientôt 8 jours, l’unique trois-mâts barque français a pourtant fêté son retour en fanfare dans la capitale de l’Etat du Para au nord-est du Brésil. 95 ans après sa dernière escale dans cette ville brésilienne qui lui donna son nom, le fameux trois-mats est revenu. « Le Belem retrouve les routes de son histoire dont celles de l’Amérique du sud et des Antilles presque un siècle plus tard », précise doctement le commandant, Marc Cornil.

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Du Brésil à la Guyane via l’estuaire de l’Amazone pour un retour aux sources. « De 1896 à 1914, le Belem a effectué 33 campagnes au commerce entre la France, le Brésil et les Antilles. Dès sa première traversée, ce voilier de commerce est allé dans l’embouchure du Rio Para dans le port dont il tire son nom », ajoute le truculent commandant qui visiblement en connaît un rayon sur les grandes épopées maritimes dans cette région du Brésil.

Jusqu’en 1907, la ville de Belém a été sa principale destination. En provenance de Nantes, le navire de petite taille, dit de la série des «Antillais», faisait route vers la capitale du Para avec une cargaison de divers produits manufacturés chargée en Angleterre, avant d’entamer sa remontée via les Antilles avec un chargement de fèves de cacao destinées au chocolatier parisien Meunier.

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Autant d'anecdotes rappelant la riche histoire du trois-mâts et ses liens étroits avec le Brésil. Autre clin d’œil de l’histoire, les retrouvailles en Amérique du sud en avril dernier ont été savoureuses comme l’explique avec délectation le commandant : « Lors des derniers jours de l’escale à Belém, j’ai fait une rencontre exceptionnelle. Celle d’un des descendants de l’armateur qui a décidé de la construction du trois-mâts. Il faut savoir que l’armateur Monsieur Crouan disposait à l’époque de comptoirs dans l’État du Para au Brésil », avant d’ajouter pompeusement : « Naviguer en Amazonie et en Guyane, c’est naviguer sur la plus grande scène naturelle du monde ». Voilà qui promet... (A SUIVRE)

Stéphane DUGAST
Photographies
SD / Illustration DR / Glénat

A VISITER
Le site de la fondation BELEM à : http://www.fondationbelem.com/

A LIRE
Belem Le temps des naufrageurs (tome 1) de Jean-Yves Delitte (dessin & scénario).  BD. 48 pages - 12,50 € (Glénat)

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08.12.2010

LE MARIN IMMOBILE épilogue

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Claude Foko & Jean-Paul Hellequin

Grâce à une forte mobilisation des « gens de mer » brestois, Claude Foko a pu enfin quitter  son cargo immobile. L’affaire est cependant loin d’être résolue...

Lundi 6 décembre dernier, Claude Foko a enfin quitté Brest. Après 18 mois de galère sur le navire Ebba Victor, le marin mécanicien a pu rejoindre sa famille au Cameroun grâce à la solidarité des « gens de mer ».

« L’affaire est gagnée mais en partie seulement puisque le propriétaire du navire doit de l’argent et doit rendre des comptes », a précisé, Jean-Paul Hellequin, porte-parole et secrétaire adjoint  du syndicat CGT des Marins du Grand Ouest. dans un communiqué de presse.

Pour lui, la coque de l’Ebba Victor est désormais devenu un véritable casse-tête juridique : « Cet engin n’est enregistré sous aucun registre, il n’a donc ni pavillon, ni nationalité. Est-il seulement assuré ? Que se passera-t-il en cas d’incendie ou de naufrage ? Cet engin est  en parfaite illégalité avec les lois internationales de l’Organisation Maritime Internationale et autres. Les autorités sont officiellement informées de la situation de cette coque depuis le premier octobre dernier, que comptent-elles faire ? ».


Dans un courrier adressé à Armand Fokam, propriétaire du navire (désormais considéré d’un point de vue administratif comme un engin flottant), Jean-Paul Hellequin a précisé ses ultimes exigences comme celle de saisir l’Ebba Victor le plus rapidement possible et de le détruire afin de récupérer l’argent nécessaire aux remboursements.

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Soit, selon le porte-parole syndicaliste : « 5 800 €  d’arriérés de salaires à verser à Claude Foko, 2 000 € de frais du Lamanage ainsi que les frais engagés par l’Association pour la Gestion des Institutions Sociales Maritimes, l’AGISM ».

Au propriétaire du navire Ebba Victor, le syndicat CGT des Marins du Grand Ouest a également exigé qu’aucun marin ne puisse rejoindre bord avant le paiement de tous les salaires dus à Claude Foko, le marin oublié. 

Des copies de ce courrier ont aussi été adressées aux administrations françaises concernées afin qu’elles puissent jauger la situation. Déterminés, Jean-Paul Hellequin et ses amis vont continuer de suivre, avec attention, cette affaire jusqu’à son dénouement.

« C’est une affaire de principe et d’engagement ! » selon eux.

Stéphane DUGAST

Photographies :© Association MOR GLAZ

A VOIR : LE REPORTAGE VIDEO SUR CLAUDE FOKO


Réalisation : Quoi 2 neuf

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