29.05.2012
TGV POLAIRE
Direction la côte orientale du Groenland. En immersion avec les derniers chasseurs et pêcheurs inuits, je découvre la vie hivernale et surtout les pérégrinations en traîneau.
« Enfin le glacier. Sur ce vaste plateau à la surface verglacée, le traîneau glisse avec facilité. Après quelques minutes, pause déjeuner. J’en profite pour inspecter ma botte défectueuse et, cette fois, l’arrimer solidement avec de la ficelle.
Totalement assoiffé et affamé, je ne pense pas une seconde à changer de vêtements et à me couvrir. Je n’ai plus rien à boire dans ma gourde.
Tobias m’apprend alors à me confectionner un thé glacé. Primo : remplir son grand mug en plastique avec de la neige raclée à quelques mètres de là. Secundo : secouer énergiquement. Tertio : remplir de thé chaud. Quatro : laisser infuser puis déguster. Simple, efficace et désaltérant.
Les os glacés par le vent d’Ouest, je suis désormais « congelé ». Pourtant, il faut déjà repartir.
TGV - « Traîneau Grande Vitesse » - durant quelques heures. Le voyage se corse lors de notre arrivée dans une nouvelle vallée.

La neige colle littéralement aux patins (non fartés) et s’accumule dessous. Il nous faut alors toutes les dix minutes basculer le traîneau, taper sur les parois en bois avec le manche du fouet et racler ce trop-plein de neige.
Debout sur le traîneau, je conduis pour la première fois un attelage. Je pense alors aux « experts » : Paul-Émile Victor, son ami inuit Christian et tous ces Inuits qui utilisent ce moyen de locomotion depuis des siècles. L’Aventure est parfois grisante… »
Stéphane DUGAST
Extrait du Beau-Livre « Dans les pas de Paul-Emile Victor. Vers un réchauffement climatique ? » (Michel Lafon éditions)
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27.05.2012
TITANIC, LE CENTENAIRE #3

C’était le paquebot le plus imposant, le plus moderne, le plus luxueux et supposé le plus sûr de son époque, le RMS Titanic a pourtant coulé à pic. Un siècle après son naufrage, l’incroyable destin du paquebot transatlantique britannique de la White Star Line continue de fasciner…

À navire de légende, ouvrage de référence ! Préfacé par le professeur Robert D. Ballard, en charge de l’équipe scientifique qui a découvert l’épave du Titanic en 1985, ce livre fait date. C’est d’ailleurs lui qui aurait « nourri » le scripte du long-métrage (devenu fameux) de James Cameron.
Publié en 1992 et plusieurs fois réimprimé, cet ouvrage fait peau neuve avec une édition spéciale « centenaire », agrémentée de « bonus » comme de nouveaux documents d’archives, des photographies inédites et des dessins additionnels de Ken Marschall, un artiste passionné par le Titanic depuis son enfance.

À l’instar de son coauteur (Don Lynch), l’artiste, auteur de dessins réalistes saisissants, a su nouer des liens privilégiés avec les familles des passagers et les survivants du naufrage.
Autant de sérieux et d’opiniâtreté à mener de longs travaux de recherche des deux côtés de l’Atlantique vaudront aux deux compères de se voir confier des documents inédits et encore inconnus.

Fort de peintures magistrales, de photographies rares ou de témoignages édifiants, ce bel ouvrage s’adresse donc à des lecteurs curieux d’en savoir plus sur le destin de ce paquebot d’exception, depuis sa conception jusqu’à de récentes explorations de son épave, sans oublier son naufrage survenu dans les eaux glacées au large de Terre Neuve.
Une « bible » sur le RMS Titanic. « Sa grande histoire illustrée » préfère dire Glénat, son éditeur français. « Véritable encyclopédie, ce livre est une contribution inestimable à l’histoire du Titanic » nous rétorque l’éditeur américain, dont ce livre est la version dans la langue de Molière.
Une version frenchie bien ficelée et fort attrayante…
Stéphane DUGAST
Illustrations Ken Marshall

À LIRE // Titanic - la grande histoire illustrée de Don Lynch & Ken Marshall. Préface Robert D. Ballard 228 pages – 35.50 € (Glénat)

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24.05.2012
LA VOIE ROYALE #8

Danseur professionnel, artiste-peintre et marin émérite, Pierre Auzias a un jour décidé de poser son sac au Danemark. Une escale scandinave longue durée (Cf part 7) durant laquelle il va multiplier les bonnes et belles rencontres. Huitième épisode de la vie de Pierre le franski qui devient peu à peu prophète dans son nouveau pays…

« Je sélectionne mes peintures par thèmes que je propose sur différents lieux comme les bibliothèques et les « Kunstforening ».
Ces associations d'art que toutes les grandes sociétés danoises et scandinaves cultivent sont des systèmes efficaces qui leur permettent d'investir et de placer de l'argent en achetant des oeuvres d'art tout en permettant à leurs employés d'en profiter.

Les employés, qui sont membres de ces associations d'art, cotisent d'une somme symbolique qui leur permet chaque année d'acquérir une oeuvre originale lors d'une loterie organisée par leur société.
Connu ou peu connu, l'artiste peut ainsi toujours se présenter aux Kunstforenings de Novo Nordisk, DSB ou Danmark Radio et y établir une clientèle parallèle à celle des galeries.
Il faut alors être très incompétent pour ne pas ainsi arriver à être reconnu au Danemark afin de vivre normalement de ses productions. Les sociétés danoises sont de véritables musées et le cadre de vie des travailleurs est ainsi très agrémenté. De plus, les achats d' oeuvres d'art sont déduits des impôts.

COQUE ILLUSTRE
Je propose mes services aux chantiers archéologiques qui ont lieu un peu partout sur le territoire danois comme lors de quelques belles journées de printemps mémorables dans les marais des environs de Sønderborg où fut découvert entre 1859 et 1863 par Conrad Engelhardt trois navires datant de l'âge de fer, dont le fameux Nydambåd (250/500 après JC).

Ces humbles expériences vécues comme « une mouche sur un mur » m'apportent le merveilleux extrait de la boue. Je croque un peu de tout, des lances, des haches, des flèches, des fibules, des onyx marqués de runes, des débris d'épaves, des scènes d'excavations ou encore des portraits d'archéologues qui séduits m'amènent à exposer certains de ces originaux au musée national de Copenhague.

LES POUVOIRS DE LA FRÉGATE
Ayant pris un peu d'assurance, je suis tenté d'aller visiter l'impressionnant chantier de restauration de la frégate Jylland mise en cale sèche en la ville d'Ébeltoft.
C'est en 1864 que la frégate Jylland sous le commandement de la frégate (et sister-ship) Niels-Juel ainsi que la corvette Hjemdal anéantiront la flotte prussienne au large de l'île d' Helgoland.
Il est 16 heures un soir d'été, un travailleur en bleu me ferme la porte au nez. J'ai du avoir l'air surpris en restant là, les yeux rivés sur les 86 mètres hors tout de ce navire.
Le grand viking à moustache se retourne :
- « Elle te plaît ? C’est actuellement la plus grande frégate du monde construite en chêne ! US Convention tiendrait dans ses structures… Tu dessines ? Alors attends moi là ! »

UNE FOLLE NUIT
Bernt Kure est en fait l'architecte en chef du projet de restauration. On part au pub et après avoir « râflé » au jeu de dés une bonne partie de la nuit on rend visite aux femmes qui admirent son côté bohème et qui comme lui sont insomniaques.
Nous buvons bières et café ici et là pour finalement, le jour pointant, griller des saucisses et du bacon dans un wagon tiré au milieu d'un champ au pied de 5 éoliennes géantes vibrant « arrière toute » comme un 500 tonneaux !
Il y a dans ce champ des dizaines de haches et des pointes en silex multicolores datant de l’âge de pierre. Il suffit de se baisser pour les ramasser…

PREMIERS PAS
De retour au chantier Bernt me présente au personnel. Une quarantaine de charpentiers de marine et de forgerons taillés comme des armoires. Peu loquaces, je les trouve néanmoins sympathiques d'allure :
- « Pierre peint les bateaux et il aimerait suivre la restauration, étudier votre travail. Je crois que c'est une bonne idée, on lui propose le job de peintre si Jørgen accepte ? »
Certains gars sourient en branlant du chef, d'autres haussent les épaules :
- « Et pourquoi faire ? »
Bernt leur répond:
- « Pour actualiser notre vieille iconographie… »

Jørgen Petersen, directeur du projet, ex-directeur de la Croix Rouge Internationale, homme d'affaire réputé et redoutable fut capable durant 6 ans d'amasser la somme de 400 millions de couronnes (soit 53 millions d'euros) nécessaires à la restauration du navire.
Jørgen, l'introduction de Bernt terminée, lisse sa barbe, me pénètre de son regard bleu terriblement intimidant et lance comme irrité à Bernt :
- « OK ! Quand commence t'il ? »

NAVIRE-ÉTENDARD
Je reviendrai sur place quatre fois par an, durant 5 ans, accumulant ainsi une iconographie qui décore aujourd'hui le musée.
Jylland avait résisté au temps. 132 ans après sa construction, le 24 mars 1994, l'armateur Mærks McKinney Møller restitue à son Altesse Royale le Prince Consort Henri du Danemark, protecteur du projet, ce fabuleux navire de 231 pieds de long et de haut, totalement restauré et depuis ouvert au public. Y défilent désormais à son bord 250 000 visiteurs chaque saison.

Durant ces 5 ans, deux fois par an, au printemps et à l'automne, un déjeuner protocolaire organisé par le directeur Jørgen Petersen, regroupaient 350 directeurs de sociétés entourant le Prince Consort, le Chambellan de sa Majesté et l'armateur Mærks McKinney Møller.
Invité avec les travailleurs à ces festivités, j'ai eu le plaisir de pouvoir chaque fois échanger quelques mots en ma langue natale avec le Prince Henri qui au fil du temps se montra curieux de mes progrès… »
À SUIVRE
Photographies : DR - Peintures : Pierre Auzias
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21.05.2012
LES GARS DE LA SARDINE

1901, premières sardines : c’est le titre du premier tome d’une série BD élégamment nommée Les Chasseurs d’écume. Une saga bretonne dans la droite lignée de la série remarquée Les Maîtres de l’Orge*. Direction cette fois Douarnenez en son temps « capitale de la sardine »…
Le sujet peut a priori effrayer le quidam. Heureusement, les deux auteurs racontent avec brio le destin de familles de pêcheurs de sardines au vingtième-siècle en insufflant une dimension héroïque, politique et romanesque dans leur série.
Impossible de décrocher, passé les trois premières pages posant l’intrigue sous la forme d’un flash-back. Leur saga familiale est non seulement réaliste, didactique mais avant tout captivante.
Inspiré du roman L'épopée de la sardine, un siècle d'histoires de pêches de Jean-Claude Boulard**, la série BD raconte, quant à elle, la vie de Jos Gloaguen, marin-pêcheur dès ses douze ans.

Lire ce premier tome, c'est ainsi l’opportunité de se familiariser avec celle que l’on a ensuite appelé la « civilisation sardinière ». Des Sables-d'Olonne en Vendée à Douarnenez dans le Finistère pendant une grosse moitié du vingtième siècle, une « armée » de pêcheurs et leurs familles vont vivre, parfois prospérer mais le plus souvent subsister, grâce à un poisson qui nous est familier : la sardine.

Traditions, religion, tragédies, haine, amours, combats syndicaux, injustice, révoltes sociales, dangers en mer ou pêches capricieuses, Les Chasseurs d’écume racontent cette civilisation de la sardine, longtemps considérée comme l’or des mers par ceux qui recherchaient vaillamment, bravant tous les dangers, et que les auteurs ont appelé les « chasseurs d’écume ».

Au scénario étoffé, et fort documenté, de François Debois répond le dessin de Serge Fino réaliste et soigné. Composé de trois prochains tomes, ce premier cycle (intitulé Jos Gloagen) s’annoncent fort prometteur.
Un bien bel hommage à ses « chasseurs d’écume » et à leurs proches.
Stéphane DUGAST
Dessins : Serge FINO

A LIRE //
Les Chasseurs d'écume / Premières sardines – 1901 (Tome 1). Une série BD de François Debois (scénario) et Serge Fino (dessins). 48 pages - 13.90€ (Glénat BD)
A (RE)LIRE //
* : Les Maîtres de l'orge est une série de bande dessinée, parue aux éditions Glénat, créée par Jean Van Hamme et illustrée par Francis Vallès. C'est l’histoire tumultueuse d’une famille de brasseurs de bières des Ardennes, soit trois générations d’ambitieux de 1855 à 1973.

** : L'épopée de la sardine, un siècle d'histoires de pêches de Jean-Claude Boulard (Ouest-France)
06:21 Publié dans CHRONIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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19.05.2012
UNE BELLE EXPOSITION (réactualisé)

L'aventure ROUTE 66 continue... Organisation cette fois d’une exposition des clichés de Christophe Géral dans un lieu prestigieux au cœur de Paris : la Galerie Photos 12, gérée par Valérie-Anne Giscard d'Estaing. Rendez-vous du 4 mai au 3 juin prochain.

« La Route 66 évoque pour chacun d’entre nous l’idée de liberté, de rêve, d’un mythe fondateur des États-Unis.
C’est dans cette atmosphère d’un imaginaire fantasmé que le photographe Christophe Géral nous embarque, à travers un voyage extraordinaire marqué de rencontres d’hommes et de femmes qui chacun à leur façon à partir d’une anecdote ou d’un souvenir d’enfance racontent l’histoire de la « Sixty Six » aujourd’hui délaissée au profit du progrès.
Cependant une poignée d’amateurs ou de passionnés la sillonnent encore. La « Mother Road » ne laisse personne indifférent et s’offre à tous ceux qui souhaitent la conquérir.

« Les rencontres seront nombreuses et les spécimens humains très divers »
Philippe Labro
Celle que l’on surnommait la « rue principale de l’Amérique » évoque également pour beaucoup la ruée vers l’or, la conquête de l’Ouest, les westerns ou encore l’American Dream, une quête insatiable que la famille Joad a désespérément menée dans le célèbre roman de John Steinbeck, les Raisins de la Colère.

A travers ce voyage on s’immerge dans un passé chargé d’histoire sur des airs d’Elvis, de Bob Dylan. Ces photographies de Christophe Géral sont le témoignage d’une épopée mythique retracée dans ce livre intitulé « Sur la Route 66 - carnets de voyage », dont les textes sont signés Stéphane Dugast et l’Introduction par le cinéaste, journaliste et romancier Philippe Labro »
Christophe Géral, photographe et producteur de contenus multimédias
LA GALERIE PHOTO 12, C’EST…
Ouverte en 2005, cette galerie expose des photographies d’Art, œuvres d’artistes vivants. Elle organise de 6 à 8 expositions par an dans ses murs, ainsi que des expositions dans des institutions, des lieux publics et des galeries internationales.

Les photographes qui travaillent avec la galerie partagent tous les mêmes valeurs humanistes. Il ne s’agit pas nier la mise en scène dans la photographie mais de donner du réel une représentation personnelle. C’est le point de vue qui relie les photographes confirmés représentés par la galerie aux artistes émergents et aux jeunes photographes qui assurent progressivement le renouvellement des expositions.

INFORMATIONS PRATIQUES
Exposition ROUTE 66
Galerie Photo 12 à Paris 4. Rdv 14, rue des Jardins Saint-Paul.
Ouverture du mercredi au dimanche, de 14h à 18h30 et sur rendez-vous. Métro : Saint-Paul (ligne 1) ou Pont Marie (ligne 7) Bus : lignes 67, 69, 76, 96 Station Vélib’ : 6 rue Saint-Paul Parking : Pont Marie (sortie rue Nonnains d’Hyères)
08:03 Publié dans EXPOSITION | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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