30.04.2012
À CŒUR VAILLANT… 4|4

Formation musicale fameuse en Bretagne, en France comme à l'étranger, le Bagad de Lann-Bihoué fête cette année son soixantième anniversaire. À la clef : un album* truffé de collaborations musicales précieuses, une tournée marathon et des concerts événements. Ultime épisode d'une Histoire riche de six décennies d'existence.

Fin des années 1990, le Bagad de Lann-Bihoué est de nouveau menacé de disparition à cause de la réduction du format dans les armées françaises. Nouvelles interventions d’élus bretons qui montent au créneau comme en 1969 (Cf. épisode 1). Les édiles obtiennent gain de cause
2001, l’arrêt de la conscription provoque cependant des modifications dans le recrutement. Les musiciens seront dès lors recrutés par la Marine comme des engagés. La mixité est introduite par la même occasion.

Les années 2000 confirment l’excellente réputation du Bagad, véritable ambassadeur de la Marine nationale. En provenance des meilleures formations de Bretagne, les marins du Bagad sont désormais de véritables musiciens professionnels qui s’engagent pour une durée variable entre un an et quatre ans dans l’institution.
Japon, Australie, Canada, Allemagne, États-Unis, Inde, Suède ou Norvège, le Bagad de Lann-Bihoué parcourt la France et le monde entier au pas de charge. Son carnet de rendez vous ne désemplit pas.

Nouvelles productions et nouvelles collaborations de prestige lors du Festival Interceltique de Lorient en 2007 avec notamment la fameuse chanson d’Alain Souchon qui l’interprète en public à trente ans d’intervalle avec cette fois le « vrai » bagad.
2009, l’heure est aux honneurs puisqu’en plus de défiler le 14 juillet sur les Champs-Élysées, les sonneurs du bagad vont se produire à Brasília, le jour de la fête nationale brésilienne, en présence de Nicolas Sarkozy et de Luiz Inacio Lula da Silva, les deux chefs d’Etat.

Deux ans plus tard, le Bagad vit un moment d’exception, en sonnant devant sa majesté Elisabeth II Reine d'Angleterre à Windsor.
2012, l’année des 60 ans d’existence du bagad. « Un crû d’exception » de l’aveu du major Philippe Renard, Penn Bagad.

Parmi les temps forts d’une tournée 2012 marathon de plus de 80 dates : une prochaine représentation dans le Pacifique, une soirée spéciale au prochain festival interceltique de Lorient et un concert sur la scène mythique de L‘Olympia à Paris.
Un Beau Livre, intitulé « Le Bagad de Lann Bihoué, l’ambassadeur », va également bientôt paraître en librairie.

Autre preuve avérée de cette consécration, la parution grâce à une major de l’industrie du disque d'un album événement* gratiné de collaborations prestigieuses comme avec l’inévitable Alain Souchon, son complice Laurent Voulzy, les Irlandaises de Celtic Woman ou le galicien Carlos Nuñez.

Figure du bagad, Pierre Roumegou et Valéry Giscard d'Estaing en 1976
Né selon la légende, grâce à une facétie d’un officier marinier (NDLR : sous-officier) Pierre Roumegou (Cf épisode 1), le Bagad de Lann-Bihoué n’en a pas fini d’étonner et de séduire. En infatigable créateur de passions et d’émotions depuis maintenant six décennies. À coeur vaillant… (FIN)
Stéphane Dugast
Photographies : © Marine nationale / EMI
* Le CD : « Degemer Mat, Bienvenue” - 12 titres (Emi France)

EN SAVOIR PLUS //
Le Bagad sur Facebook
http://www.facebook.com/bagaddelannbihoue
Le site officiel
http://www.bagaddelannbihoue.com/
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28.04.2012
CHEMIN FAISANT

« Invitations à l’itinérance » : tel était le sous-titre de la revue Chemins d’étoiles, parue en librairie de 1997 à 2006. Après six longues années d’abstinence, cette revue renaît sur la Toile…
Une renaissance numérique donc mais un même esprit selon Angélique Dubost & Gaële de La Brosse à l’initiative de cette belle idée consistant à offrir et faire partager sur le web le cheminement de voyageurs. Qu’il s’agisse d’écrivains, d’artistes, de photographes, de reporters, de thérapeute ou de scientifiques.

Les buts avoués de cette revue (désormais numérique) sont donc multiples comme l’explique doctement Gaël : « Nous souhaitons autant de promouvoir le réseau de Chemins d’étoiles, composé des personnes qui ont collaboré à la revue ou aux activités annexes, comme les conférences qu’être un espace d’information à destination du grand public pour tous les sujets touchant au voyage et au cheminement ».

Autre volonté affichée des deux comparses, celle d’être une « banque d’archives » d’articles (audio, vidéo, textes) en relation avec la ligne éditoriale de la revue, soit le voyage avec une forte teinte pour l'itinérance et la découverte du monde.
EN SAVOIR PLUS //
Un site à découvrir sur www.cheminsdetoiles.com
Une actualité foisonnante à suivre sur le Facebook Chemins d’Etoiles

BONUS // L'interview de Sylvain Tesson diffusée sur LeFigaro.fr Sur les toits de la capitale, l'écrivain voyageur amoureux des mots raconte son expérience d'ermitage en Sibérie.
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25.04.2012
À CŒUR VAILLANT… 3|4

Formation musicale bretonne renommée en France comme à l'étranger, le Bagad de Lann-Bihoué a officiellement été constitué en septembre 1956 (Cf part 1). Forts de leurs prestations en Bretagne et dans l’Hexagone (Cf part 2), les marins militaires musiciens vont connaître les honneurs à compter du milieu des années 1980. Retour sur une période faste de l'histoire du Bagad.

Printemps 1984, le Bagad emménage dans ses locaux définitifs, soit dans le bâtiment 29 de la base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué. En contrepartie incombe la charge aux bagadous de « la sauvegarde et de la nourriture des canards » présents sur zone !
À partir de la seconde moitié des années 1980, le groupe va gagner en consistance ainsi qu’en reconnaissance. Son statut est une nouvelle fois révisé en 1989, lui faisant même gagner en autonomie.

Noël 1986 de l’Élysée, défilé militaire du 14 Juillet en 1991 et en 1999, inauguration de l'année de la France à Tokyo en 1998… Le Bagad de Lann-Bihoué devient un outil à part entière de représentation que les politiques n’hésitent pas à utiliser en France comme à l’étranger.
Le Bagad s’affiche également dans les médias. Enregistrement et édition d’un premier CD en 1989 après plusieurs albums vinyles 33 tours.

La même année, la formation bretonne participe à l'émission de télévision « Champs Élysées » de Michel Drucker. L’occasion de rencontrer enfin Alain Souchon, l’auteur-compositeur du « tube » Le Bagad de Lann-Bihoué.
« La grande aventure, Tintin,
Moi aussi, j'en ai rêvé des cornemuses »
Alain Souchon

Un titre enregistré en 1977 dans lequel le bagad éponyme ne joue pourtant pas, contrairement à l'opinion la plus répandue. Lors de son enregistrement, Alain Souchon a contacté quelques sonneurs de la diaspora bretonne à Paris. Le morceau ainsi enregistré donnant l'impression qu'un bagad entier jouait.

En 1997, le Bagad s’essaie à la fiction en composant en partie la bande son du téléfilm Entre terre et mer. Plusieurs de ses membres participent même au tournage en temps que figurants.
Le Bagad de Lann-Bihoué a le vent en poupe… (A SUIVRE)
Stéphane DUGAST
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22.04.2012
TWIST AFRICAIN

D’Harlem-la-jazzy dans les années 1920 à l’Afrique coloniale et ses grandes expéditions, l’incroyable destinée d’Anna, serveuse devenue actrice et grande voyageuse en quête d’identités.
Série de bande dessinée conçue en triptyque, L’Appel des Origines plonge d’abord le lecteur dans l’Amérique des folles années 1920. Celle de la prohibition, des bars et des clubs de jazz d’Harlem, un quartier alors très animé.
Une atmosphère enivrante dans laquelle on découvre Anna, serveuse dans le restaurant familial le jour et danseuse invétérée la nuit.

Le destin de cette jeune femme insouciante va basculer le jour où sa « grandma » lui révèle enfin ses origines. Un choc pour Anna qui va alors tout quitter pour tenter de retrouver son père inconnu. Destination l’Afrique de l’Est et Nairobi.
Si l’intrigue et les ressorts scénaristiques sont sans surprises, difficile cependant de ne pas se laisser embarquer dans les tribulations d’Anna, conçues avec à propos par Joël Callède au scénario et Gaël Séjourné aux dessins.
Récit d’aventures autant que voyage initiatique, les deux premiers tomes s’appuient sur de solides références historiques et sur une riche documentation rendant l’intrigue réaliste et vraisemblable.
Dessins réalistes et esthétiques, rythmique du découpage et colorisation soignée attirent irrémédiablement l’œil et incitent à dévorer les deux tomes bien distincts.

Aux aventures new-yorkaises, baignant dans une élégante atmosphère bleutée, succèdent des pérégrinations en Afrique révélant des tons chauds et des lumières propres à la savane.
En lisant ce second tome, on ne peut s’empêcher d’ailleurs de penser à La Ferme africaine, roman autobiographique écrit par Karen Blixen (1885-1962) et adapté au cinéma sous le titre Out of Africa.

D’autres y verront des clins d’œil aux grandes expéditions menées dans cette région du globe ou aux récits de Conrad.
Autant de preuves de la dimension épique et romantique soufflant dans la série L'appel des origines. Ultimes révélations dans le prochain album…
Stéphane DUGAST

A LIRE // L'Appel des origines (tryptique). Harlem (Tome 1) & Nairobi (Tome 2) de Joël Callède (scénario), Gaël Séjourné (dessins) & Thomas Verney (couleurs). 56 pages - 13.90€ / album (Vent d’Ouest)
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19.04.2012
CŒUR MARIN #6

Tour à tour danseur professionnel puis artiste-peintre (Cf part 4), Pierre Auzias va se passionner pour les océans au point de devenir un marin navigateur émérite. (Cf part 5). Sixième épisode de sa vie qui va dorénavant s’écrire dans les embruns et dans les alizés.
« Thalia », le premier voilier de Pierre Auzias ici à la Pointe d’Agon en 1979
« Premiers cabotages sur « Thalia », un sloop de 23 pieds. L’habitacle de mon petit voilier ne suffit plus pour étaler mes peintures dont les formats s’agrandissent avec l'expérience.
1982, l'argent de mes danses et des tableaux me permet d'envisager de revendre « Thalia » pour m'offrir deux mètres de plus.

C'est sur la Rance au chantier de la mère Brosselin que je trouve le voilier qui restera le plus racé de tous ceux que j'ai possédé. Un plan Eugène Cornu de 32 pieds au joli cul canoë, construit en 1968 au chantier Hamel du Havre.
« Pen Coat III » que je ne débaptise pas s'est, paraît-il, illustré dans les courses comme celle de Cowes-Dinard ou de l'Edhec. Échouée sur d'immenses béquilles, démâtée et flanquée d'un taud intégral, elle m'attendait.

« Pen Coat III » échouée sur la Rance avant prise de possession
UNE BUGATTI DES MERS
Son propriétaire, un célèbre avocat de Paris ne se souvenait plus du prix qu'il avait indiqué au chantier. Je lui fixe moi-même l'enchère, heureux qu'il l'accepte !
C’est un chef d'oeuvre de charpenterie marine. Les bordés en acajou rouge du Brésil sont rivetés cuivre sur des membrures en acacia aux reflets ambrés, sans colle ni calfat. Tout l’accastillage est en inox. C’est une Bugatti des mers.
Taillée pour remonter au vent, sa coque pendule sous le fort alizé à 45 degrés de la verticale sous roulis rythmique. Pour franchir les 90 degrés affichés au clinomètre, 1,8 seconde. 25 jours durant de Goméra à Fort de France. Bourrer une pipe tient du prodige et faire un oeuf au plat d’un sortilège.

Avec mon vieil ami Édouart Marie en 1984 à bord de « Pen Coat III »
au mouillage des Huguenans à Chausey avant ma premiére traversée de l’ Atlantique.
UN ESPRIT DE LIBERTÉ
Dans les canaux antillais, tout dessus, au travers de l'alizé, il s'envole comme une mouette que les dauphins joueurs ne parviennent à rattraper. Je n'ai jamais eu de pareil bateau depuis.
Il n' y a que chez les chiens de traîneaux que je retrouve cette hargne à bousculer les éléments naturels. Ce bateau infernal en mer est au mouillage un atelier enchanteur que je partage avec Kukuli, un canari qui siffle pour moi la liberté.
La danse retrouvée auprès de la chorégraphe Martiniquaise Josiane Antourel, nous créons au Parc Floral sous la tutelle de Jean Paul Césaire, directeur du centre culturel du Sermac,l'atelier de danse contemporaine de Fort-de-France.

Arrivée de « Pen Coat III » à Fort de France le 30/12/1984
Cette expérience vécue, je repars à la voile visiter les îles du sud. Je vis de mes peintures prodiguant des portraits de yachts, de paysages, scènes de marché où je fais enrager les femmes qui refusent d'être croquées.
Je leur offre leurs portraits pour acheter leur amitié et regagne toujours mon bord chargé d'ignames et de bananes.

CHEZ LES « GLOBES-FLOTTEURS »
Je vis simplement en dégustant mes pêches, découvre le monde et cette grande famille de « globe flotteur » au gré des mouillages des Caraïbes.
Avant que la douce indolence propre aux îles me gagne, j'offre « Pen Coat III » à un jeune couple de vagabonds qui attendaient un bébé.
À la mort de Kukuli, le petit canari qui ne supporta pas cette décision, je rentre sur l'Europe »
(À SUIVRE)
13:12 Publié dans PORTRAIT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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