28.06.2012

ENQUÊTE ROYALE

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Visiter la Corderie royale, smartphone en main, sur les traces d'un héros de bande dessinée afin d'y résoudre une énigme,  c’est la dernière trouvaille de La Corderie Royale à  Rochefort.

Plongez dans un univers mêlant celui de l’arsenal maritime de Rochefort au XVIIIème siècle à celui de la BD (maritime) historique L’Epervier, créée par Patrice Pellerin.

Votre mission ? Aider Yann de Kermeur,  fameux corsaire du Roy dit L'Épervier, à déjouer les sabotages à la Corderie et à arrêter les espions.9782800138251-G.JPG

Si les amateurs de la série BD sont dores et déjà aux anges, les non connaisseurs vont vite être séduits.

En proposant une visite mariant virtuel et réel, imaginaire et histoire, technologies de pointe et patrimoine prestigieux, plaisir du jeu et acquisition de connaissances, le musée de La Corderie Royale – Centre International de la Mer fait preuve d’innovation et surtout d’audace.

De quoi inciter les vacanciers (curieux) à faire escale cet été à Rochefort.

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complot___la_corderie_2012-lepervier_-comnumriquei.jpg« Complot à la Corderie avec l'Épervier »
Visite ludique et numérique à la Corderie Royale de Rochefort
Du 25 juillet au 31 août prochains
Infos pratiques sur le site web de la Corderie Royale


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21.06.2012

L’HOMME QU’IL FAUT#9

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Tour à tour danseur professionnel, artiste-peintre et marin émérite, Pierre Auzias a un jour posé son sac au Danemark. Une escale scandinave de longue durée (Cf part 8) durant laquelle l’artiste va s’épanouir totalement. Neuvième épisode de la vie de Pierre-le-franski qui prend une tournure inattendue...

« Sur les berges du canal de Christianshavn à Copenhague, l'ancien hôpital de la Marine Søkvæsthus, construit en 1780, abrite depuis 1989 le Musée Royal de la Marine Danoise.

Les murs de briques, élégamment enduits de jaune de Naples, font se détacher l'affiche aux tons bleutés d'une Marine invitant à l'exposition rétrospective de Søren Brunøe (1916-1994), nommé en 1961 peintre de la Marine royale danoise.
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UN DRÔLE D’INVITÉ

19 Mai 1993, c'est un beau jour de printemps où ma carrière de peintre prend un tournant inattendu et historique. Un cocktail est donné dans la salle d'exposition temporaire Musée royal de la Marine danoise en hommage au peintre et à son oeuvre.

Je ne suis pas invité mais je viens de présenter au directeur du musée un avant-projet composé d'aquarelles destinées à une éventuelle commande d'huiles.

Ce travail de 3 mois vient de m'être définitivement refusé faute de finances. Mon amertume doit être visible, aussi plutôt que d'être raccompagné vers la sortie, le directeur du musée me propose de l'accompagner sur les lieux de la réception, mon dossier sous le bras...

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SILENCE DE PLOMB

Il y a là de nombreux officiers des trois armées dans leurs uniformes et qui, leurs verres bien remplis à la main, s'expriment bruyamment. Une femme fort séduisante, après avoir échangé quelques mots avec moi, s'empare de mon dossier qu'elle présente à un Amiral à l'autre bout de la salle.

Je reste interdit, puis fort mal à l'aise, curieusement mitraillé du regard par les invités dont les éclats de rires soudain se calment.

Cette femme, secrétaire du cabinet du chef de l'état-major de la défense et qui vient d'éplucher mes études, m'invite en me les retournant à présenter un nouveau dossier à son chef dès que possible. Je comprends vite que Søren Brunøe, âgé et fatigué, n'a pas de successeur.

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H.M.S. Duke of Edinburgh dépassant Gibraltar au petit matin (Søren Brunøe)


PREMIÈRE MISSION

Le 28 Mai 1993, tardant sans doute à répondre, un coup de téléphone de l'Amirauté sollicite quelques portraits des tous nouveaux navires à missions multiples dit « Flex » en m'informant qu'un laissez-passer m'attend à la station navale de Korsør.

Je m'y rends curieux et y suis accueilli avec une grande gentillesse par un officier qui me fera conduire sur les quais par un sergent qui attend patiemment la journée durant que je termine pour envoyer le tout à l'amirauté.

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IN SITU

Pas de réponses, mais le 25 Juin 1993 un message de la même secrétaire de l'Amiral me demande de me rendre dans la petite ville et port d'Holbæk au fond du fjord du même nom.

Sur place : « toutes voiles dessus » affiche d'une manifestation annuelle qui attire nombre de vieux gréements de 15 à 120 pieds tous classés.

La ville est en fête, la bière coule à flot et les torses des marins blonds, tâchés de goudron et de cachou, qui embaument partout, jouent et chantent sans trêve des spillemands, chants voisins des shanties britanniques.

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« VOUS SEREZ BIEN TRAITÉ »

À l'ombre dans la salle d'exposition vide ou presque de tout public où j'expose les peintures réalisées sur le chantier de restauration de la frégate Jylland, j'attends l'Amiral et sa secrétaire pour guider leur visite.

Dans un français impeccable, sans trace d'accent, il me serre la main avant de se retirer : « Vous êtes l'homme qu'il nous faudrait, réfléchissez, vous serez très bien traité. Appelez ma secrétaire directement ! ».

 

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UNE DÉFI DE CHOIX

Être reconnu au Danemark me laisse songeur mais il s'agit d'une chance que je ne rencontrerai nulle part ailleurs.

M'embarquer à bord des navires de guerre danois pour y peindre le quotidien des marins et sans doute les mers polaires de la Norvège au Groenland, participer aux fameuses inspections en Atlantique Nord et en Arctique reste un défi unique et extrêmement motivant.

J'accepte et me rends à Forsvarskommandoen, l'état-major des armées où l'Amiral Arvid Sørensen, Merete A.Henriksen, sa secrétaire et moi sablons le champagne.

Ma première mission officielle m'est confiée. La station navale de Holmen, construite en 1690, connue comme étant le plus grand employeur du pays, doit être démantelée.

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ENFIN NOMMÉ

C’est un scandale national entraînant le déplacement du personnel et un nombre considérable de démissions de ceux qui ne veulent pas se faire muter. Le thème de l'exposition, révélant le démontage lamentable de ce port historique, est présenté à l'école des officiers de la Marine royale.

C’est dans ce contexte, le 23 janvier 1994, que ma nomination est annoncée dans tous les quotidiens nationaux danois.

Søren Brunøe, mon prédécesseur, décède le 31 Mai 1994 quelques jours avant mon embarquement pour un périple de 12 000 milles en Atlantique Nord et vers le Groenland... »

À SUIVRE
Photographies : DR - Peintures : Pierre Auzias sauf mention contraire

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18.06.2012

BONS BAISERS DE RUSSIE

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Mourmansk (en russe : Мурманск), c’est une ville de Russie fameuse pour son port situé sur la rive orientale du golfe de Kola, dans la mer de Barents. C’est la plus grande ville au monde situé au nord du cercle Arctique.

J’y ai séjourné quelques jours à l’occasion d’un reportage mais avec interdiction formelle des autorités militaires russes d’aller à terre.

Embarqué sur la frégate de la Marine nationale Latouche-Tréville, j’ai du me contenter de voir la ville depuis son port, l’un des rares en Russie arctique, à être libre de glaces tout l'hiver.

Car, malgré sa latitude élevée, les eaux à Mourmansk sont libres même en hiver à cause du courant du Gulf Stream. Le chaud et le froid en somme, au sens propre comme au sens figuré.

Stéphane DUGAST
Photographie Laëtitia Rapuzzi

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16.06.2012

LA PHOTO SELON JEAN #1

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Photographe pour la prestigieuse agence Magnum depuis 1977, Jean Gaumy bourlingue et photographie le monde depuis plus de quatre décennies. Photographe de renom (devenu peintre de la Marine depuis 2008), le normand d'adoption se raconte chaque mois pendant un an sur le blog EMBARQUEMENTS. Premiers clichés et premiers point de vue commentés par un « pêcheur d’images » insatiable.

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Le Rowanlea, 1998 - © Jean Gaumy / Magnum Photos

Paris-Fécamp. 198 kilomètres tout rond par l'autoroute A 13, sortie pont de Brotonne. La route des vacances pour les franciliens en manque d’embruns. Une route souvent détrempée et battue par les vents au cœur de l’hiver.

Au conducteur de redoubler d’attention sur la longue bande d’asphalte argentée que les essuie-glaces peinent à révéler. Au bout du chemin, une cité noyée sous un épais crachin. Rapides coups d’œil. Le long de ses quais, une succession d’anciennes demeures d’armateurs côtoient celle des maisons de matelots en brique et silex.

À Fécamp, le passé maritime transpire. C’est de ce port normand que d’hardis marins pêcheurs partaient pour de longs mois pêcher s’échiner dans les eaux glaciales de Terre-Neuve.

La pêche au hareng et la transformation de ce poisson a fait la fortune de la ville dès le moyen-âge. Aujourd’hui, les cheminées des boucanes (« saurisseries » dans le vocabulaire local) ne fument plus. La cité chère à l’écrivain Maupassant s’est tournée vers la plaisance et le tourisme. Observateur aguerri de ce microcosme, Jean Gaumy a choisi d’y poser ses valises il y a une poignée d’années.

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© Jean Gaumy / Magnum Photos

À proximité du port et de l’abbatiale de la Sainte-Trinité abritant la sépulture des ducs de Normandie Richard 1er et Richard II, une belle maison en pierres. Celle du reporter bourlingueur « retapée entre deux reportages ».

D’emblée, on s’y sent à son aise. La convivialité de Jean et de sa femme Michèle. La frugalité des repas partagés « à la bonne franquette ». Les imposants rayonnages de livres ou de films consacrés au monde de la photo, du reportage, des marins, des océans ou des sous-marins.

Au rez-de-chaussée, contigu à la chambre d’amis : l’antre du maître des lieux. Un bureau intégrant 3 décennies d’archives savamment triées. Bien calé devant l’écran géant du Macintosh, la consultation des archives peut débuter. Temps de chien dehors. La pluie cogne fort contre les vitres.

À l’intérieur, ambiance feutrée bercée par les bons mots du photographe. « Jean Gaumy de Fécamp » devient intarissable… (À SUIVRE)

Stéphane DUGAST


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RDV LE 16 JUILLET PROCHAIN

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13.06.2012

DOCTEUR ÈS AVENTURE #3

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Écrivain, cinéaste et philosophe, Patrice Franceschi vient de publier Avant la dernière ligne droite*, du bel ouvrage conçu comme ses mémoires intermédiaires. Rencontre avec le capitaine du trois-mâts La Boudeuse et l'auteur de moult aventures sur terre, sur mer et dans les airs depuis plus de trois décennies. Troisième extrait d'un portrait dédié à un «Docteur ès aventures».


LIRE L'EPISODE #2 Habilement, l'ex président de la société des explorateursfrançais mais également cinéaste (une vingtaine de documentaires à son actif) glisse une anecdote avec la Royale lors de sa première expédition à bord de la jonque La Boudeuse. «La Marine m'a filé un sacré coup de main près de Djibouti !».

L'aventurier à la silhouette longiligne, la peau tannée et à l'ancre de marine tatouée sur le biceps gauche sait flatter. «Trop !» selon ses détracteurs. Dans le monde de l'aventure, les rivalités sont exacerbées. 

Rapidement, la discussion glisse sur sonexpédition à la rencontre des peuples de l'eau. À bord de sa nouvelle Boudeuse, il y aura des ethnologues, des anthropologues mais également des jeunes du monde entier choisis avec la bénédiction de l'Unesco.

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«Il ne s'agit pas de partir étudier ces populations d'un point de vue purement scientifique mais en s'intéressant aux comportements humains qui nous rapprochent malgré des connaissances et des niveaux technologiques différents». Une circumnavigation en quête de sens et jalonnés d'escales de rêves (Polynésie, Nouvelle-Guinée, Birmanie...).

En somme, une aventure maritime rêvée. Mais en ce moment, Les soucis s'accumulent pour le «chef du projet». Les retards aussi (NDLR : portrait réalisé en 2002)

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Son trois-mâts est  au chantier dans le port finistérien de Camaret. «Je dois adapter mon bateau aux normes et aux certifications françaises draconiennes». Les obstacles sont aussi financiers. «Il m'a fallu accumuler de la crédibilité pour convaincre les télévisions, les médias et les banquiers». D'interminables négociations et des sollicitations médiatiques nombreuses. 

Alors, le marin-aventurier court et enchaîne les rendez-vous pour que la Boudeuse lève enfin l'ancre. Que l'encre coule. Qu'on tourne des images de ses rencontres et de cette odyssée pour partager ces histoires. «Je ne ferai pas des documentaires, mais douze films d'aventures vécues».

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Cette odyssée autour du monde à la rencontre des «peuples de l'eau» réalisée, Patrice Franceschi est reparti en 2007 pour une nouvelle expédition longue durée, l'esprit d'aventure chevillé au corps et au cœur. Fort cette fois d'une «lettre de mission» remise par lz ministre de l'Ecologie et du développement durable d'alors, Jean-Louis Borloo, et de ses secrétaires d'Etat,  Dominique Bussereau et Nathalie Kosciusko Morizet.

Comme un écho à travers les siècles de celle que reçu en son temps Louis-Antoine de Bougainville pour lancer sa frégate La Boudeuse autour du monde de 1766 à 1769. Bougainville était alors le premier des navigateurs à emmener avec lui des «savants» et, de ce fait, le premier à s'aventurer sur les mers pour des raisons scientifiques et non pas simplement pour des objectifs commerciaux, politiques, économiques, militaires ou diplomatiques.

«Tout un symbole !», concluait à l’époque le capitaine Franceschi dans un large sourire. Depuis, sa « Boudeuse » a pointé le bout de son étrave sur les océans du globe malgré des financements de plus en plus difficiles à obtenir.

Ainsi, Patrice Franceschi trace sa voie, fort de la devise d’un illustre marin-explorateur Ernest Shakleton (1874-1922) : « Jamais ne baisse pavillon ». (FIN)

Stéphane DUGAST

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* : Avant la dernière ligne droite de Patrice Franceschi. 552 pages – 22,00 € (Arthaud)
 

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