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ENTRETIEN - Page 5

  • JEANNE DE COEUR

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    Nom : Penot. Prénom : Christophe. Profession : Écrivain et éditeur d'art. Signes particuliers : vient de publier un ouvrage consacré à le porte-hélicoptères R97 Jeanne d'Arc. «Pour ceux qui l'aiment, et pour ne jamais l'oublier...» confesse sans ambages son auteur aux talents éclectiques...

    DSC_0646.JPG«Embarquer sur le porte-hélicoptères R97 Jeanne d'Arc pour vous imprégner des lieux et de son équipage a-t-il été une condition sine qua non avant d'écrire «Adieu, Jeanne, adieu !» ?
    - Christophe Penot : D'abord, il y a eu un travail préalable qui a consisté à enquêter sur la Jeanne d'Arc. J'ai fait connaissance avec le bateau dans les grandes lignes. De sa date de construction à tous ses commandants, ses principales campagnes autour du monde et ses missions phares. Avant d'embarquer, je savais donc où me diriger avec le sujet Jeanne.

    Ensuite, c'est forcément l'imprévu qui a joué. Au delà des dates ou des commandants, il y a des hommes : les marins. J'ai essayé de me pencher sur la mémoire de ces marins en venant les écouter à bord. C'est lors de la précédente campagne, pendant un transit Brest-Tunis, que j'ai ainsi embarqué sur le porte-hélicoptères.

    Premier constat in situ, la mémoire des hommes de la Jeanne » est assez semblable d'un individu à l'autre. En effet, tous les marins de la Jeanne racontent la même histoire. La Jeanne: c'est leur premier d'amour. Ce sont d'ailleurs les premières phrases de mon livre : «Elle a été leur premier amour. Elle, c'était la Jeanne ; eux, c'étaient des hommes...».

    Fort de ces enseignements, j'ai voulu toucher une corde qui n'est ni imaginaire ni littéraire mais bien humaine. En écrivant ce livre, j'ai souhaité toucher tout simplement ceux qui aiment et qui connaissent la Jeanne. C'est un ouvrage rare et précieux pour un bateau mythique ! «Adieu, Jeanne, adieu !» est le livre de  la mer, du vent et du cœur !

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    « Adieu Jeanne, adieu ! »
    est le livre de la mer, du vent et du cœur !
    Christophe Penot

    - Comment avez-vous procédé pour écrire cet ouvrage proche de l'essai littéraire ?
    - D'abord, en embarquant, j'ai pu compter sur  l'accueil et la compréhension de Xavier Prache, commissaire en chef qui a compris d'emblée ce que je désirais écrire. Grâce à lui et aux officiers, j'ai eu le bonheur d'aller de coursives en coursives, de carré en carré, toujours parfaitement accueilli. Et jai aimé passé des heures avec les veilleurs, sur le pont, la nuit. Ainsi, ai-je pu appréhender et rencontrer les principaux personnages de la  Jeanne.

    Ce sont ces derniers qui ont constitué la trame à mon récit. Fort de cette approche, j'ai pu appréhender la Jeanne physiquement et plus intimement. Je n'ai eu qu'à écouter ces marins, tout en leur précisant au préalable que je n'étais entre guillemets qu'un écrivain du bord, présent  avec eux pour un transit entre l'Atlantique et la Méditerranée. Pour les écouter, je n'avais avec moi qu'un carnet de notes et un crayon. J'ai noté tout ce qui me semblait intéressant en écoutant ces personnages clés. Il n'y a donc eu aucune interview. Je suis allé aux antipodes de ce que j'ai l'habitude d'écrire, car je suis d'ordinaire un adepte de livres d'entretien.

    Pour la Jeanne, je souhaitais travailler sans magnétophone. C'est un choix délibéré pour que ce livre s'écrive sur un ton confidentiel. «Adieu Jeanne, adieu !», c'est un ouvrage que je ne dirais pas écrit mais chuchoté à l'oreille.

    Une fois tous vos témoignages recueillis, comment avez-vous alors écrit votre récit ?


    - A la manière d'un artisan, j'ai travaillé ma «matière première», soit mes témoignages, que j'ai mélangés à ma connaissance du sujet, pour ensuite coucher sur le papier mon ressenti. Il est vrai que fort de toutes mes notes et des impressions recueillies, j'aurais pu écrire un livre plus conséquent mais ça n'était pas l'objectif.

    Je souhaitais réaliser délibérément un livre réduit en pagination. Un livre écrit sur le ton de la confidence, selon Sylvette et Jean-Jacques Messager, l'épouse et le président de l'association des anciens de la Jeanne d'Arc. «Adieu, Jeanne, adieu !» ressemble à une lettre d'amour. C'est de surcroît un livre à tirage confidentiel puisque nous n'avons tiré que 690 exemplaires. C'est également un ouvrage d'art car il a été tiré sur du papier haut de gamme. A l'heure des tirages grand public, cette fabrication artisanale et sa rareté en font à mon sens toute sa saveur et toute sa richesse...

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    Auteur d'un précédent Beau-Livre intitulé  «Les chevaliers de la mer» consacré à l'école navale, vous semblez passionné par les océans et les marins, d'où vous vient cette attirance ?


    - Ce «tropisme» s'explique d'abord par mon service militaire que j'ai effectué au sein de la Marine nationale. Malheureusement, je n'ai pas eu la chance d'embarquer sur la Jeanne. Il y a aussi la ville où je vis. Avec mon épouse et mes enfants, nous avons le bonheur de vivre à Saint-Malo. Nous avons cette chance de vivre au bord de la mer qui bat sous nos fenêtres. Vous savez, j'ai découvert la mer par capillarité. Désormais, je ne peux plus vivre une journée sans voir la mer. Je suis habité par le rythme marin. Sans compter mes nombreuses lectures marines...

    C'est également a posteriori que je me rends compte  que mes productions littéraires s'éloignent peu souvent de l'univers de la mer. J'ai réalisé un livre d'entretien intitulé «Chateaubriand aujourd'hui» avec les dix meilleurs spécialistes mondiaux. Vous savez que l'écrivain François René de Chateaubriand, véritable marin,  était fasciné par la mer, qu'il appelait sa «vieille maîtresse»...

    De la même façon, j'ai écrit des livres avec différents personnages, notamment sur le Tour de France cycliste. Là encore, il y a des points communs. Le Tour comme la Jeanne d'Arc sont de formidables ambassadeurs de notre pays. Le Tour de France est diffusé dans 186 pays à travers le monde. Il touche potentiellement 1,5 milliards de téléspectateurs. Même dimension pour la Jeanne qui est une formidable ambassadrice de la France et de sa culture à travers le monde. Qu'il s'agisse de littérature, de peinture et de gastronomie. Voilà pourquoi, lorsque j'écris sur le Tour de France ou sur la Jeanne, j'écris sur les mêmes registres : la francophonie, la culture française, la beauté de notre pays...

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    Après ce récent travail littéraire consacré à la Jeanne d'Arc, à quels nouveaux projets vous attelez-vous ?


    - Grâce à nos deux maisons d'éditions - Cristel éditions et Cristel éditeur d'art exclusivement consacré aux domaines de l'art et de la peinture - le champ des possibles est large. Cependant, les sujets marins et Marine m'attirent irrésistiblement.

    A la demande de Centre Instruction Naval de Brest, je prépare un nouveau livre pour 2010 qui sera traité de la même manière que l'ouvrage «Les Chevaliers de la mer». Il s'agira d'un livre d'entretiens dans lequel dix-huit merveilleux témoins raconteront l'école des Mousses, lieu emblématique de la Marine qui vient de rouvrir de nouveau ses portes, et qui a façonné tant de marins, tant de destins allais-je dire...»

    Propos recueillis par Stéphane DUGAST

    Photographie une de Yann LE NY / Marine nationale
    Photographies de Julien CABON / Marine nationale
    *
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    SUR COMMANDE
    Adieu, Jeanne, Adieu !
    de Christophe Penot. 48 pages - 24X18 cm. Edition d'art sur papier Rives vergé ivoire. 29 €. 690 exemplaires exclusivement vendu par correspondance. Contact : Cristel éditeur d'Art. 7, avenue Jules Simon - 35400 Saint Malo ou sur le web à : www.editions-cristel.com

    logo cb.jpgReportage paru dans COLS BLEUS n°2926, l'hebdomadaire de la Marine nationale depuis 1945

     

     

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  • SUR RADIO NORD BRETAGNE

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    ECOUTER L'INTERVIEW
    Rencontre audio avec Stéphane Dugast qui signe l'enquête de ce livre

    podcast

    *

    LA CHRONIQUE ECRITE
    « La Jeanne d'Arc. Un livre « hommage » au porte-hélicoptères. 
La Jeanne d'Arc, c'est un demi-siècle d'aventures au service de la France. Ce porte-hélicoptères s'apprête, au début de mois de décembre prochain, à entamer son ultime campagne...  En 2010, après presque cinquante années de navigation, ce témoin de l'histoire navale va être retiré du service. Un livre, paru début novembre aux éditions du Chêne, raconte ce bateau mythique en s'appuyant sur un reportage réalisé à bord de l'avant-dernière campagne. Une même envie a motivé les deux reporters, Stéphane Dugast (textes) et Christophe Géral (photos) : raconter le quotidien de ces marins qui peut nous paraître un peu mystérieux lorsque l'on reste à quai... »

    Le site web de Radio Nord Bretagne

    *

    Couv_JeanneDArc BD.jpgA LIRE
    LA JEANNE D'ARC, porte-hélicoptères R97

    (E/P/A – Les éditions du Chêne)
    Photographies de Christophe Géral
    Enquête de Stéphane Dugast
    Préface de Bernard Giraudeau
    Avant-propos de l’Amiral Pierre-François Forissier, chef d’Etat-Major de la Marine
    Grand format « à l'italienne » 395x275 mm
    184 pages. 49.90€

    + d'infos sur www.lajeannelelivre.fr

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  • BONNES RECETTES

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    « La Jeanne d’Arc, c’est la synthèse de nombreux désirs photographiques. Habitué des people, j’ai néanmoins abordé ce sujet comme tous les autres. Mes deux reportages réalisés à bord m'ont permis de construire un livre-hommage dédié à un bateau mythique dans le cœur des marins comme dans celui des terriens. La gageure pour moi, c’était de réaliser un ouvrage qui ne soit ni trop vulgarisateur, ni un livre d’auteur avec des choix esthétiques trop marqués. Il s’agissait ni de globaliser, ni d’esthétiser la Jeanne mais bien de refléter son âme si riche et, paradoxalement, si difficile à décrypter »

    Mode d’emploi
    « C’est à 16 ans en lisant un ouvrage du photographe Henri Cartier-Bresson (1908-2004) que j’ai appris mes premières notions de cadrage. Ce bouquin était composé de photos-portraits réalisées avec un Leica à focale fixe (50 mm) sans lumières additionnelles. C’est là que j’
    1114-06 236 R.jpgai compris que le photographe doit bouger dans l’espace avant de composer son cadre. C’est à lui d’évoluer autour de son sujet, ce qui créé d’ailleurs du rapport humain. Une fois, mon cadre défini au millimètre avec ces lignes de force et de fuite, je suis à la recherche de ce que Henri Cartier Bresson appelle «l’instant décisif». Je laisse mon cadre «parler» si j’ose dire ! Le cadre composé de lignes fortes, c’est par essence la matière humaine qui va en faire un cliché fort, une «plaque» comme j’aime à dire. Il s’agit dès lors d’anticiper le bon mouvement ou cette harmonie qui permettront à un cliché de révéler ses messages forts »

    Etat d'esprit
    « Pour ce reportage j’ai ressenti une immense responsabilité, celle de témoigner sur un bateau qui va bientôt disparaître. L’opportunité de 1114-42 480 R2.jpgréaliser ce livre était tunique. C’était un cadeau énorme pour lequel il se fallait d’aller au bout des choses. Je me suis investi totalement comme à chaque fois au point de débarquer à Djibouti, puis à la Réunion totalement vidé. Avec un tel sujet, la Jeanne d'Arc, il me fallait l’honorer. Il me fallait trouver des angles et des images jamais vues. Pour çà, je suis constamment resté à bord même pendant les escales. Quand les marins se reposaient, j’étais sur le pont appliqué et concentré. A La Réunion, j’ai du me dégourdir les jambes une vingtaine de minutes tout au plus sur les quais. Il fallait aller au bout du bout au point que quand j’ai débarqué, tout mon matériel était encore déballé à deux heures de mon départ afin de réaliser une séance de shooting avec l’aumônier. Je voulais ramener des clichés rarement réalisés »

    1114-05 051.jpgAu royaume de la vapeur
    « La machine, c’est le lieu que j’ai le plus photographié. J’ai démarré mon travail tout en bas dès 4 heures du matin le jour de l’allumage. L’allumage des feux c’est quelque chose. C’est le royaume de la vapeur… A chaque fois que je suis redescendu j’ai y ai passé du temps mais j’y ai invariablement ramené un ou deux clichés forts. L’émotion et ma sensibilité n’ont jamais été la même. C’est un univers que j’adore comme le pont d’envol de la Jeanne… »

    De l’intérieur
    « J’ai voulu raconter le porte-hélicoptères R97 Jeanne d’Arc comme il n’a jamais été raconté en montrant des points de vue, des lieux de vie que l’on a pas l’habitude de voir photographiquement. J’ai du me faire violence car photographier des moments d’intimité, c’est pas une mince affaire... Tu ne peux le faire qu’avec la complicité de tes sujets. Je me suis également imposé des limites. Celle de photographier l’intimité à condition qu’il y ait de la pudeur. Photographier les gars en slip ou en cla
    1114-36 455 R.jpgquette dans leur poste, ce n’est pas ma tasse de thé mais je l’ai fait car il s’agissait de réaliser un livre hommage et témoigner de la vie du bord. J’ai voulu aussi bien montrer la chambre du commandant que les postes des matelots, tout en privilégiant bien évidemment les activités opérationnelles »


    ChristopheGeral.jpgChristophe Geral en 9 dates

    1963 Naissance à Périgueux en Dordogne

    1983 Etudes de photo à L’ETPA de Toulouse

    1986 Responsable de la section audiovisuelle de la quatrième région militaire à Bordeaux

    1987 Agence de presse Interpresse. Photographe attitré des people comme Belmondo, Haliday, Bruel et Noah

    1994 Devient photographe à l’agence SteelsCHINEETINDE.jpg

    1999 Arrête la photo et s’occupe de l’exploitation forestière familiale en Corrèze

    2002 Se spécialise en photographe pour les émissions de real TV

    2008 Publie 2 ouvrages De la Chine à l’Inde et Patrouille de France aux éditions du Chêne.

    2009 Publication de l'ouvrage La Jeanne d'Arc, porte-hélicoptères R97 aux éditions du Chêne.


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    Reportage paru dans COLS BLEUS N°2907, l'hebdomadaire de la Marine nationale.


    Toutes les infos sur le site web : http://www.lajeannelelivre.fr

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  • LA BONNE ETOILE (2/2)

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    Reporter habitué à bourlinguer sur des terres éloignées des sentiers touristiques et commerciaux, Stéphane Dugast s’est cette fois passionné pour Paul-Émile Victor, le Groenland oriental et ses habitants en proie à de profondes mutations sociétales et climatiques.

    LIRE LA PREMIERE PARTIE

    Premier repérage en solitaire au coeur de l'hiver. Comment s’est ensuite mis en place votre reportage inititulé « Dans les pas de Paul-Emile Victor » ?

    - Stéphane Dugast : « En fait, deux voyages-expéditions vont se mettre en place afin de confronter les récits de Paul-Émile Victor datant des années 1930 et notre vécu-terrain. Un premier voyage sera réalisé durant l’hiver 2006.

    Avec Xavier Desmier, photographe à l’agence Rapho, nous partons sillonner la région d’Ammassalik en traîneaux à chiens, en bateau ou à pied sur la banquise, dans les fjords ou les villages. L’été suivant, nous revenons sur la côte Est du Groenland en compagnie de Stéphane Victor, l’un des trois fils de l’explorateur, et du cameraman Emmanuel Pittet.

    Nous sillonnons une nouvelle fois cette région proche du cercle polaire à la recherche des lieux-clés des séjours de Paul-Émile Victor et d’éventuels témoins des passages de l’explorateur français.

    En partageant, le quotidien des derniers chasseurs nomades du Groenland oriental, nous poursuivons également notre immersion au cœur de la société inuit afin d’en comprendre les réalités et les mutations.

    « La modernité et le progrès ont fait irruption dans le quotidien Inuit »

    1466230670.JPG70 ans plus tard, quels sont donc les principaux changements que vous avez pu mettre en évidence ?

    - Comme dans n’importe quel village européen, les changements ont été nombreux en 70 ans. Au Groenland, ils ont toutefois été plus fulgurants qu’ailleurs.

    Du temps de Paul-Émile Victor, les Inuits - encore appelés « Eskimos » - étaient un peuple nomade vivant de la chasse toute l’année, de la cueillette et de la pêche en été. Sept décennies plus tard, les habitants de cette région du globe sont tous devenus sédentaires.

    Aujourd’hui, les chasseurs ne sont plus qu’une poignée. La modernité et le progrès ont fait irruption dans le quotidien Inuit. Les écrans plasma trônent dans les salons surchauffés. Internet est présent dans les écoles.

    On trouve toutes sortes de produits de consommation dans des supermarchés. Si les famines ont disparu, les conditions de vie moins précaires, les maux apportés par le progrès sont nombreux. Le chômage sévit durement. L’alcoolisme fait des ravages chez certains… Heureusement, le tableau n’est pas tout noir.

    Une partie de la population demeure dynamique. Le tourisme et l’écotourisme sont devenus une activité de plus en plus lucrative pour les chasseurs qui se reconvertissent en guide. Chaque village dispose d’infrastructures modernes. Des Inuits, comme notre guide Tobias, dynamisent cette société en proie à de profondes mutations.

    « Sentinelles du climat de notre planète, les régions polaires nous indiquent clairement que la Terre est en surchauffe »
    1772581157.JPGAu fil de vos voyages, quels ont été les principaux enseignements que l’on peut en tirer ?

    - Paul-Émile Victor a incontestablement été l’une des grandes figures de l’aventure polaires du vingtième siècle. Ses séjours au Groenland oriental réalisés entre 1934 et 1937 lui ont non seulement permis de construire les fondations de sa vie d’explorateur mais grâce à ses travaux d’ethnologue l’Humanité a pu garder de précieuses traces sur les Eskimos et la « civilisation du phoque » comme l’avait surnommée Paul-Émile Victor.


    L’autre enseignement est que la société Inuit a dû assumer bienfaits et méfaits de nos sociétés modernes dans un laps de temps très court. Si tout n’est pas rose, globalement, je suis tenté de dire que les Inuits ont désormais compris qu’ils avaient leur avenir entre leur main.

    Que leurs traditions longtemps négligées pour différentes raisons sont une manne du futur. Les touristes, de plus en plus nombreux, en sont friands. Néanmoins, le plus préoccupant là-haut, ce sont les répercussions du réchauffement climatique déjà palpables.


    PEVexpoPIC.jpgJustement concernant le réchauffement climatique, qu’avez-vous constaté sur place plus précisément ?

    - En sillonnant fjords, montagnes et glaciers, on a directement mesuré les effets du réchauffement climatique. On a pu évaluer l’ampleur des dégâts. Au pied des glaciers, en comparant la leur ligne de front annoté sur les cartes topographiques dressées en 1935 à partir de photos aériennes à la ligne de front actuel, le recul s’évalue en dizaines de kilomètres.


    Au pied des glaciers, on constate également leur diminution en épaisseur. Ce recul est visible sur les strates rocheuses auxquels les glaciers sont adossés. Les effets du réchauffement climatique sont non seulement visibles mais directement palpables pour la communauté inuit qui survit dans cet univers parmi les plus hostiles de la planète depuis des millénaires.

    En interrogeant les chasseurs locaux, on a constate également l’ampleur des dégâts. Les routes migratoires ont changé. Les navigations sont devenues plus compliquées du fait du morcellement accru de la banquise lors de sa fonte en été. L’hiver, se déplacer en traîneau est devenu dangereux du fait de la diminution de l’épaisseur de la banquise… Sentinelles du climat de notre planète, les régions polaires nous indiquent clairement que la Terre est en surchauffe.

    Pourtant, certains se frottent les mains ! On estime ainsi que long de la côte orientale dormirait l’équivalent de la moitié des réserves en hydrocarbures de l’Arabie Saoudite. La disparition de la banquise permettrait ainsi d’en exploiter ces ressources. L’Homme est parfois cynique.

    Longtemps en marge des grandes destinations touristiques et des mouvements géopolitiques, la côte orientale du Groenland attise désormais bien des convoitises à cause de la richesse de ses sous-sols encore non exploités. Avant cette ruée vers l’or noir, il était vital de témoigner sur cette région du globe et sur ses habitants. En digne héritier de Paul-Émile Victor, écologiste précurseur et ardent défenseur de la planète ! »
    FIN

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  • LA BONNE ETOILE (1/2)

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    Reporter habitué à bourlinguer sur des terres éloignées des sentiers touristiques et commerciaux, Stéphane Dugast s’est cette fois passionné pour Paul-Émile Victor, le Groenland oriental et ses habitants en proie à de profondes mutations sociétales et climatiques.

     
    D’où vous vient votre attrait pour le monde polaire ?

    - Stéphane Dugast : « Bercé par les récits des marins-explorateurs, des écrivains-voyageurs ou les épopées des grandes figures de l’aventure polaire comme Ernest Shackleton ou Jean-Louis Etienne, je me suis efforcé de faire mienne la philosophie de ces hommes d’action et de plume épris de voyages.

    En 2004, un reportage en Sibérie centrale aux côtés de Frédéric Chamard-Boudet, un marin épris de polaire, va profondément me marquer. Durant ce reportage dans le Grand nord, je découvre pour la première fois un univers singulier et la banquise.

    Malgré un équipement sommaire qui me vaudra de nombreuses onglées et brûlures, mon « coup de foudre » pour les terres polaires est instantané...

    « Une intime conviction : revenir sur la banquise... »
     
    1860827744.jpgQu’est-ce qui vous frappe le plus durant ce premier séjour en milieu polaire ?
    - D’abord la découverte de la banquise vue depuis le hublot de l’hélicoptère de l'aviation civile russe « IIliouchine 8 » dans lequel nous avons embarqué.

    Cette vaste étendue blanche, ses longues cicatrices et ses fractures causées par les courants et les marées. Au sol, le silence de cathédrale qui y règne me fige. Ce jour là s’étend devant moi l'océan Arctique glacial à perte de vue. Droit devant le pôle nord à 980 kilomètres. Pour l’atteindre, 60 jours de marche…

    Dans ce paysage dépouillé de tout artifice se mélangent calme et fureur de la Nature. De ces instants trop furtifs sur l’océan arctique glacial naît alors une intime conviction : revenir sur la banquise. Sibérie ? Canada ? Antarctique ? Groenland ? Je ne sais pas encore…

    « Une idée née sur la goélette Belle Poule »

    774290369.jpgComment conjuguez-vous alors Groenland oriental et Paul-Émile Victor ?
    - C’est lors d’un reportage sur la « Belle Poule », une goélette ancienne de la Marine que l’idée naît. Pendant un quart de nuit dans les eaux agitées de la mer du Nord.

    Clin d’œil à ma vocation polaire, c’est sur ce vieux gréement que le marin polaire Frédéric Chamard-Boudet achève sa carrière dans la Royale. De retour à Paris, je me plonge dans la lecture des aventures de Paul-Emile Victor. Je redécouvre alors toute la richesse des récits de ses années groenlandaises.

    Décidé à obtenir un blanc-seing des ayants droit de l’explorateur, j’expose mon idée à Daphné, sa fille et à Etienne Collomb, rédacteur en chef à l’agence Gamma. Ce dernier va me présenter le photographe Xavier Desmier, rompu et aguerri aux reportages en milieu polaire avec Jean-Louis Etienne ou le cinéaste Luc Jacquet (NDLR : le réalisateur du film « La marche de l’empereur »).

    Avec Xavier, nous allons construire le projet pierre à pierre. La famille Victor nous soutiendra activement dans nos démarches. Stéphane Victor, l’un des fils de l’explorateur, me donnera rapidement son accord pour venir avec nous au Groenland.

    11702175.jpgQuand et comment s’organisent vos reportages au Groenland oriental ?
    - Premier contact rugueux avec le Groenland lors d’un voyage de repérage en 2006. Au mois de janvier, c’est la nuit polaire. Cette semaine passée en solitaire est un véritable voyage intérieur. Je séjourne à Tasiilaq, la principale ville du Groenland oriental.

    Je n’y vois guère de monde. Routes et rues enneigées sont désertes à cause d’un vent violent glacial appelé pitterak. Il fait jour uniquement 3 heures par jour. Je rencontre néanmoins notre futur guide Inuit Tobias. J’ai également la chance de rencontrer Max Audibert, un Français installé là-bas depuis une quinzaine d’années.

    Tous les soirs, je dévore les récits de Paul-Émile Victor. Je m’imagine déjà derrière un traîneau et des chiens. Proche du cercle polaire, mon imaginaire s’enflamme ! A l’issu de ce séjour, je sais que notre projet est désormais faisable »
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  • SUR FRANCE BLEU BOURGOGNE

    PODCAST DANS LES PAS DE PAUL-EMILE VICTOR
    "LES GRANDES PERSONNES"

    7c3323d7eeb0cb16a8ea5a0ea5493508.gif Tous les soirs de la semaine, Stéphane Conchon s'intéresse à une personnalité lors de son émission "Les grandes personnes". Le 10 octobre 2007, avant-veille du festival "Les écrans d'aventures" de Dijon, Stéphane Dugast a été interrogé. Il a été question de Paul-Émile Victor, du Groenland oriental, des eskimos, de sous-marin, d'océan set de vastes horizons...

    A ECOUTER
    ENTRETIEN EN INTEGRALITE


    Egalement sur le site web Dans les pas de Paul-Emile Victor

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