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  • LES PIRATES DE LA CORNE [ARCHIVES]

    La Corne de l’Afrique a fait un retour tonitruant dans le «concert» de l’actualité mondiale au milieu des années 2000 à cause d’actes spectaculaires de piraterie en haute mer organisés depuis la Somalie. Pays en déliquescence depuis les années 1990, oublié depuis le fiasco américain de la bataille de Mogadiscio en octobre 1993 et le retrait précipité des casques bleus de l’ONU en mars 1995, la Somalie et sa région sont en proie aujourd’hui à tous les trafics. Extrait d’une enquête écrite par Stéphane Dugast et illustrée par Joël Alessandra.

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  • PARFUMS DE LA CORNE [BEST-OF]

    Errance en mer Rouge, c’est le titre d’un album BD de 130 pages signé Joël Alessandra (LIRE LA CHRONIQUE). Rencontre avec un dessinateur et illustrateur irrésistiblement attiré par la Corne de l’Afrique. En bonus, la bande-annonce de la BD. 

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  • MIC MAC À DJIBOUTI

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    «Aux belles abyssines», c’est un clin d’œil romanesque à un bordel à matafs alors en vogue dans la capitale des Somalis françaises. C’est le titre d'un roman narrant avec à propos Djibouti en 1939, la vie coloniale, des mœurs souvent inavouables, une époque ambigüe ainsi qu’une atmosphère autant mystérieuse que viciée.

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    1939. Pierre Jouhannaud, officier de Marine, débarque à Djibouti pour y prendre le commandement de l'Etoile du Sud à la place de son ami Alban de Perthes, retrouvé mort à bord, une balle dans la tempe.

    D’après le commandant local de la Marine, l’officier décédé aurait été incapable d'entreprendre une mission périlleuse. Il se serait alors suicidé par lâcheté.

    Une version officielle qui ne convainc pas Pierre, son successeur et ami. Liés depuis leurs années d'études à l’école navale et un tour du monde sur le croiseur-école Jeanne-d'Arc, les deux hommes s’appréciaient. Le lieutenant de vaisseau Pierre Jouhannaud va dès lors mener l’enquête. 

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    Si l’intrigue policière est rondement menée, ce roman vaut surtout par sa description du Djibouti d’alors et son contexte trouble. A des milliers de kilomètres de la Métropole sous le feu de l’ennemi nazi, Djibouti et sa région, encerclés par des militaires italiens fascistes, sont un véritable nid pour espions et trafiquants en tous genres.

    Avant d’être le roman d'un spécialiste de la Marine de guerre, c’est celui d’un excellent conteur d’histoires. Si cet ouvrage ne souffre d’aucune approximation, il vaut surtout par le souffle romanesque qui le rythme.

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    Marin d’Etat lui-même pendant de nombreuses années, Bernard Bonnelle maîtrise incontestablement son sujet. Le lieu et la période choisie sont également propices aux soubresauts et aux rebondissements.

    Au fil des pages, on croise dans ce roman d’étonnants personnages dont Potemkine, l'homme à tout faire taciturne de l'Etoile du Sud ou encore une jeune Ethiopienne aux charmes sibyllins.

    Autre prouesse du romancier, celle de donner vie au patrouilleur lui-même, immobilisé à quai à cause de ses chaudières en bout de course.

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    D’une plume élégante, Bernard Bonnelle fait donc mouche, lorgnant vers les récits de Joseph Conrad, ceux de Joseph Kessel comme « Fortune carrée » ou ceux plus picaresques d’Henry de Monfreid, un aventurier-écrivain et trafiquant ayant fréquenté les lieux.

    «Aux belles abyssines» ou un roman de mer, d’aventures, d’histoire et de trahison fort bien construit.

    Si rare par les temps qui courent, mais si précieux…

    Stéphane DUGAST

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     > À LIRE 

    « Aux belles abyssines » de Bernard Bonnelle 184 pages - 17 € (Editions de La Table Ronde). 
     

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  • QUAI DES BOUTRES

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    DJIBOUTI
     
    11° 30  Nord / 43° 05 Est

    43° Celsius à l'ombre. Port autonome international de Djibouti dans la Corne de l'Afrique. La Dague, le bateau-logistique de la Marine, rentre à son port-base pour s’amarrer au quai des boutres.

    Le quai des boutres. Le nom fleure bon les romans d’aventures. Djibouti, le port emblématique de la corne de l’Afrique. Jadis, le carrefour de tous les trafics. Armes, opium, esclaves, haschisch…

    C'était le terrain de prédilection de l’aventurier et écrivain français Henry de Monfreid (1879-1974) dans la première moitié du vingtième siècle.

    Neuf décennies plus tard, ce passé est révolu. Le port, récemment acheté et dirigé par une société des Emirats arabes unis, est devenu une forteresse. Les boutres, ces voiliers traditionnels sillonnant la mer Rouge, ont presque disparu.

    Le port est devenu autonome et international, soit une plate-forme de commerce sécurisée, standards internationaux obligent. « Un hub. Le seul de cette région qui constitue un véritable pont entre la péninsule arabique et l’Afrique » comme me l’expliqueront des expatriés s’esbaudissant : « C’est une véritable réussite ! ».

    Sur place, cette réussite ne me fascinera nullement. Je préférerai immortaliser la Dague au milieu des rares boutres. Ainsi se cultive la verve romanesque…

    Stéphane DUGAST
    Photographie © Stéphane DUGAST

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  • UN "VIEUX PIRATE"

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    L’océan Indien et la Corne de l’Afrique ont attiré nombre de passants. Des voyageurs, des artistes, des commerçants, des trafiquants… et un «vieux pirate» dénommé Henry de Monfreid.

    L’image est trouble. Trafiquant d’armes, de haschich et de perles. Opiomane. «
    Vieux pirate» selon l’écrivain Joseph Kessel qui s’inspirera d’ailleurs de son existence dans son roman Fortune carrée tout comme le dessinateur Hergé dans Le Crabe aux pinces d’or.

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    «Chef adoré de son équipage mais mari et père très peu attentionné» dixit l’académicien et écrivain de Marine Jean-François Deniau. Abd el Haï  («l’esclave du vivant») pour les habitants d’Abyssinie. 

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    «C’est un personnage à mille coudées au-dessus de l’image du pirate qu’il avait lui-même accréditée » écrira Daniel Grandclément, son biographe.

    Ecrivain de ses propres aventures, Henry de Monfreid (1879-1974) le deviendra finalement tardivement. Enfance et adolescence à la Franqui dans l’Aude. Echec aux classes préparatoires. Henry enchaîne alors une kyrielle de petits boulots.

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    Il devient tour à tour vendeur, planteur ou chauffeur. A 27 ans, il devient chef de service, responsable de la récolte de la crème à la Société Laitière Maggi puis chimiste. Premier coup de tête deux ans plus tard.

    Il achète sa propre ferme à Melun afin de produire et de commercialiser lui-même son lait. Première faillite. Divorce avec sa première compagne. Le jeune trentenaire largue les amarres. Direction l’Afrique et sa Corne.HdM Altair 1928E.jpg

    D’abord négociant en café et en cuirs, Henry se lasse vite. L’appel du large ? Du gain ? C’est sur son boutre sillonnant la mer Rouge qu’il mènera désormais ses affaires. Se succèdent des croisières avec de drôles de cargaisons, à la barbe des voisins Anglais, tout comme des missions d’espionnage.

    Enquêtant sur le trafic d’esclaves, l’écrivain-reporter Joseph Kessel le pousse à publier ses écrits. Succès immédiat avec Les secrets de la mer rouge paru en 1931. Suivront 73 livres, traduits en plus de 12 langues dont le Russe et le Chinois.

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    À la différence d’autres conteurs, tout ou presque est vécu par Henry de Monfreid. Ce que lui reprocheront certains.

    Suite à des connivences avec les Italiens, il est emprisonné par les Anglais. Durant la seconde Guerre mondiale, c’est au Kenya qu’il résidera en liberté surveillée avec sa seconde épouse.

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    Retour en France en 1947. Il s’installe dans l’Indre. A Ingrandes. L’artiste dépareille. C’est souvent vêtu d’un pagne, chaussé de sandalettes et coiffé d’un turban qu’il se rend chez l’épicier local pour peser ses têtes de pavots et les diviser en doses journalières.

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    Bons princes, les autorités tolèrent alors la consommation de stupéfiants d’artistes «non conventionnels». Inspiré, l’incroyable Henry continue de créer.

    Il peint, il joue du piano, et surtout il écrit jusqu’à son décès à l’age de 95 ans. A Obock ou dans le Golfe de Tajoura, son empreinte paraît inoxydable.

    Stéphane DUGAST
    Photos
    © Fonds Henry de MONFREID 

     

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  • QUAI N°9 DE DJIBOUTI 3|3

    POSTE NEUF 3|3
    Récit et photographies de Stéphane Dugast

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    Port autonome international de Djibouti dans la Corne de l'Afrique. Contigu au quai dédié aux escales des bâtiments militaires français de plus en plus nombreux, le poste numéro 9. Bienvenue chez les «fusiliers». Bienvenue chez les «fus'».

    IMG_2735w 2.jpgTreize heures au poste 9. Effervescence à peine perceptible. Les «hommes en vert» sont rôdés. Enfilage rapide du gilet de sauvetage noir. Perception des armes auprès du gradé. Prise en main des embarcations situées en contrebas.

    Si l'ombre de la frégate furtive Aconit contiguë parait immense, les «fus'» (NDLR : appellation familière désignant les fusiliers-marins) n'ont cure de cet étonnant spectacle, déjà appliqués à préparer leur patrouille.

    Ultimes recommandations de leur commandant sur la mission et la posture à tenir. Bertrand* a déjà sauté dans son embarcation. Son binôme est également paré. La chaleur est toujours autant pesante.

    «C'est notre principale ennemie. Tout acte a des conséquences multipliées par trois à Djibouti. Ici, il faut demeurer très attentif. Il faut penser à boire et à bien récupérer. Des messages que je martèle à mes hommes» prévient Antoine* avant de «dégainer» des chiffres éloquents : «En saison chaude, c'est  5 à 8 litres d'eau  par  jour  et par individu. Ce sont des patrouilles de 2 heures à effectuer par alternance. Et pas un pèt' d'ombre».

    Confirmations sur le plan d'eau, la chaleur est suffocante. «On s'y habitue»  tempère le longiligne officier marinier supérieur aux commandes de son embarcation à boudins gonflables 40 chevaux Futura.

    «Parfois, le thermomètre peut friser les 50°C. Nous les fus', on sait être rustique et endurant» prévient-il avant de foncer à toutes blindes vers la sortie du port. Escorte pour lui et son binôme sans couvre-chef sous l'ardent soleil djiboutien.

    La silhouette du bateau-logistique Dague émerge de l'horizon cotonneux. Port autonome international de Djibouti. Treize heures vingt tapantes. 47° Celsius sur le plan d'eau.

    Pas une once d'ombre, ni d'embarcations suspectes dans les parages. Bertrand, Antoine et les fusiliers-marins du poste 9 veillent au grain... (FIN)

    * : Les prénoms ont été modifiés pour des raisons de confidentialité

    *

    cols_bleus_n_2922_medium2.jpgREPORTAGE DEFENSE
    POSTE NEUF
    Episode 3|3

    Reportage extrait du COLS BLEUS N°2922, l'hebdomadaire de la Marine nationale.

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  • QUAI N°9 DE DJIBOUTI 2|3

    POSTE NEUF 2|3
    Récit et photographies de Stéphane DUGAST

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    Port autonome international de Djibouti dans la Corne de l'Afrique. Contigu au quai dédié aux bâtiments militaires français de plus en plus nombreux, le poste numéro 9. Bienvenue chez les «fusiliers». Bienvenue chez les «fus'».

    FUSEPE 9.jpgDouze heures trente au poste 9. Situé à quelques encablures de l'historique quai aux boutres, le poste des fusiliers-marins est armé depuis 2001.

    «C'est consécutif au volume croissant des escales de bâtiments de guerre à Djibouti. D'abord avec les missions de lutte contre le terrorisme comme «Enduring Freedom», ou plus récemment à cause des opérations de lutte contre la piraterie comme Atalanta» assure le lieutenant Antoine*, un officier énergique et affable. A ses côtés, un homme opine.

    Profil longiligne et visage émacié, le premier maître (NDLR : grade de sous-officier) Bertrand* est l'adjoint du lieutenant. Lui aussi a à cœur de parler du métier : «On est là pour assurer la protection et l'escorte des bateaux de guerre français lors des manœuvres d'accostage et d'appareillage dans le port. En trois mots, il s'agit de surveiller, de filtrer et  de ralentir la menace en cas de besoin».

    Précisions complémentaires de son supérieur : «On se tient en posture logique de vigilance tout en étant en cohérence avec la situation locale en terme de menaces potentielles. En plus de cette mission, nous assurons également la protection du plan d'eau du port autonome en concertation avec les autorités militaires locales. Notre entité ne travaille donc pas seul. La Marine djiboutienne réalise ainsi la moitié des patrouilles».

    Si la mission des fusiliers marins français basés à Djibouti consiste principalement à assurer la  protection du plan d'eau du port autonome et escorter les bâtiments de guerre français jusqu'au terminal pétrolier de Doraley, l'éventail des missions s'est récemment élargi.

    «Etre fusilier marin, ce n'est pas seulement effectuer des rondes de surveillance le long d'un grillage autour d'une base !» lance mi-goguenard, mi-agacé Antoine, avant de parler de nouveau du métier et des missions djiboutiennes : «En réponse aux actes de piraterie survenus dans le Golfe d'Aden, une force navale multinationale s'est mise en place. La France joue un rôle moteur. Djibouti est situé à un carrefour stratégique... De nouveaux dispositifs ont ainsi été mis en place afin de garantir protection et sécurité aux navires de commerce qui le demande».

    Les fusiliers marins ont ainsi contribué à la mise en place, depuis septembre 2008, les équipes de protection embarquée (EPE), dont l'une des missions prioritaires est d'assurer la protection des  bâtiments civils qui en font la demande aux autorités étatiques et militaires lorsqu'ils naviguent en mer Rouge ou dans le Golfe d'Aden, sujets aux attaques des pirates.

    «Cette  protection rapprochée répond à des protocoles précis établis entre armateurs et le ministère de la Défense» garantit le lieutenant au regard franc avant d'être plus à son aise dès lors qu'il s'agit de détailler le dispositif militaire mis en place : «En terme d'hommes et d'armes, une EPE : c'est un groupe de militaires avec un armement variable. Tout dépend de la mission et du bateau protégé. C'est secret défense...».

    Bientôt treize heures, la discussion va devoir s'écourter. La Dague, Le bateau-logistique de la Marine basée à Djibouti, rentre à son port-base après justement une mission d'escorte. «L'EPE du bord était constituée de quelques commandos et d'une majorité de mes hommes» annonce Antoine, le chef des fusiliers-marins habituellement basé au groupement des fusiliers marins (GFM) de Toulon. Températures polaires dans le bungalow. Dehors, 43°Celsius à l'ombre... (A SUIVRE)

    * : Les prénoms ont été modifiés pour des raisons de confidentialité

    *

    cols_bleus_n_2922_medium2.jpgREPORTAGE DEFENSE
    POSTE NEUF
    Episode 2|3

    Reportage extrait du COLS BLEUS N°2922, l'hebdomadaire de la Marine nationale.

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  • QUAI N°9 DE DJIBOUTI 1|3

    POSTE NEUF 1|3
    Récit et photographies de Stéphane DUGAST

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    A l'ombre de la frégate Aconit de la Marine nationale, amarrée au port de Djibouti dans la Corne de l'Afrique, on repère d'emblée ces installations. Au-dessus d'une demi-douzaine de containers aménagés en baraquements et protégés par un filet de camouflage kaki flotte fièrement le pavillon tricolore. Bienvenue au poste numéro neuf. Bienvenue chez les «fusiliers». Bienvenue chez les «fus'», comme on les surnomme dans la Marine.

    Douze heures trente au poste numéro neuf. Journée caniculaire dans la république de Djibouti. Et coup de chaud au poste numéro 9. Le thermomètre s'affole. 42°Celsius à l'ombre.

    Dans le poste avancé, sis au cœur du port de Djibouti, on se calfeutre. «Enfin, seulement la fraction qui n'est pas de service» prévient le lieutenant Antoine*, en charge du détachement de fusiliers marins stationnés à Djibouti.  «Soit 17 personnes plus un officier relevés tous les 3 mois en moyenne» précise l'intéressé.

    Entité militaire dans le port autonome international de Djibouti (PAID), le poste numéro 9 est armé par dix fusiliers marins français, détachés provisoirement en Afrique. «Tout est fonction des escales des bâtiments français. Depuis le printemps, on n'a pas arrêté» estime l'officier au regard franc.

    Chiffres notés sur son calepin à l'appui, il s'explique : « En mars dernier : poste armé 26 jours sur 31 et 8 escortes de bateaux, 28 jours sur 30 jours en avril et  6 bateaux escortés... 26 jours sur 31 et 8 bateaux escortés en juillet, soit un poste armé 131 jours sur 156 et 39 bateaux escortés...».

    A priori les marins stationnés à Djibouti et prélevés dans les groupements d'interventions régionaux (GIR) de Brest et de Toulon ne chôment pas. En ce début d'après-midi, calme plat cependant au poste 9.

    Les fusiliers-marins de garde se sont réfugiés dans des baraquements rustiques. «Des containers pour bateaux aménagés en attendant des baraquements en dur» souffle le chef avant de se glisser à l'intérieur de l'une des ses installations temporaires. D'emblée, poignées de main franches et viriles à ses hommes réunis autour de boissons rafraîchissantes.

    A l'abri et à l'ombre, le climat est devenu polaire. « Il faudrait mieux régler la clim'. Action ! », ordonne le lieutenant avant d'entamer la «causerie» sur la présence des fusiliers marins dans le «port emblématique et le plus sécurisé de la Corne de l'Afrique».

    (A SUIVRE)

    * : Le prénom a été modifié pour des raisons de confidentialité

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    cols_bleus_n_2922_medium2.jpgREPORTAGE DEFENSE
    POSTE NEUF
    Episode 1|3

    Reportage extrait du COLS BLEUS N°2922, l'hebdomadaire de la Marine nationale depuis 1945.

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  • LE «VIEUX PIRATE»

    Voyageurs, artistes, commerçants, trafiquants... La Corne de l'Afrique a attiré bon nombre de passants. Des écrivains-aventuriers comme Joseph Kessel ou des aventuriers devenus écrivains comme Henry de Monfreid. Sa vie trépidante et des rencontres opportunes le feront devenir un homme de lettres.

    01_Henry_de_Monfreid.jpgL'image est trouble. Trafiquant d'armes, de haschich et de perles. Opiomane. «Vieux pirate» selon l'écrivain-nomade Joseph Kessel. «Chef adoré de son équipage mais mari et père très peu attentionné» dixit l'académicien Jean-François Deniau.

    Abd el Haï pour les habitants d'Abyssinie. «Marginal converti à l'islam mais aussi patriote qui essaiera de donner Cheikh-Saïd à la France» selon toujours l'écrivain académicien.

    «Un personnage à mille coudées au-dessus de l'image du pirate qu'il avait lui-même accréditée» pour Daniel Grandclément, journaliste et biographe de L'incroyable Henry de Monfreid.

    Écrivain-pirate à l'autre bout du monde, Henry de Monfreid l'a été tardivement. Enfance et adolescence dans le sud de la France. Échec à Centrale. Dizaine de petits métiers : vendeur, planteur, chauffeur, entrepreneur...

    Vie plutôt rangée avec femme et un enfant de sa compagne. À 32 ans, il largue les amarres. Direction l'Abyssinie. D'abord négociant en café et en cuirs, le natif de la Franqui va vite se lasser. L'appel du large ? Du gain ? Le goût de l'aventure ? Henry décide de vivre sur un boutre.

    La mer Rouge n'aura plus de secrets pour lui. L'intégration est totale. Changement de nom. Conversion à l'Islam. D'incessantes croisières avec de drôles de cargaisons à la barbe des Anglais.

    La prison à Djibouti suite à un dénonciation pour trafic d'armes. Des missions d'espionnage. Henry mène la vie d'aventurier. Une rencontre va façonner le mythe. Celle avec Joseph Kessel qui enquête sur le trafic d'esclaves en mer Rouge. L'écrivain-reporter à succès pousse l'aventurier à publier ses écrits. Succès immédiat avec Les secrets de la mer rouge.

    Suivront 73 livres, traduits en plus de 12 langues dont le Russe et le Chinois. À la différence des conteurs, tout ou presque est vécu par Henry de Monfreid. Ce que lui reprocheront certains. En parallèle à cette carrière d'écrivain-aventurier, Henry a également photographié et peint ses impressions colorées de la Corne de l'Afrique. Bien plus qu'un simple passant...

    Stéphane DUGAST

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    LES PASSANTS DE LA CORNE
    Episode 3|3

    logo cb.jpgReportage paru dans COLS BLEUS, l'hebdomadaire de la Marine nationale depuis 1945.

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  • SACRE JEFF !

    Voyageurs, artistes, commerçants, trafiquants... La Corne de l'Afrique a attiré bon nombre de passants. Parmi eux, des aventuriers et des hommes de Lettres dont "Jeff", l'écrivain-nomade.

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