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inuits

  • LE BATEAU-GIVRE : L'APPEL À EMBARQUER

    Une résidence d’artistes au cœur de l’Arctique à bord d'un remorqueur Le Manguier. Une odyssée en hommage à l’écrivain danois Jørn Riel et au Grand Nord en surchauffe. Tel sont les ingrédients de cette aventure concoctée par Phil' le marin, son équipage et les bénévoles de l'association Le Bateau-Givre. Embarquement glacé assuré !

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  • 10 ANS APRÈS...

    Le 21 juin 2016, cela fera exactement 10 ans, jour pour jour, qu’une équipe de tournage est partie «Dans les pas de Paul-Émile Victor» au Groenland oriental. Un film et un tournage avec comme fil rouge : Stéphane Victor, le fils du célèbre explorateur polaire réglé sur les pas de son père. Une décennie plus tard, la production et le réalisateur Stéphane Dugast vous ont concocté une petite surprise.

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  • L'APRÈS COP-21 VU D'UUMMANNAQ

    Il y a quasiment un mois, le 12 décembre dernier, 195 États parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ont dit «oui» à l’accord sur le réchauffement climatique. Accord davantage inédit qu’historique, selon les spécialistes, plusieurs interrogations demeurent notamment au regard des défis qui nous attendent, nous les terriens. Au Groenland, là-haut, tout là-haut, les échos de cette COP-21 sont une toute autre affaire, comme en témoigne les propos de Peeri, alias Pierre Auzias, artiste résident avec sa femme Annie Kerouedan, chef médecin de tout ce district de la côte occidentale du Groenland, depuis de nombreuses années.

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  • DANS LES PAS #5

    Direction la côte orientale du Groenland, une région jadis sillonnée par l’explorateur polaire Paul-Emile Victor (1907-1995). Aujourd’hui ne subsiste plus qu’une poignée de chasseurs «à l’ancienne». Reportage et enquête sur la banquise et dans des fjords à la beauté époustouflante en compagnie de Tobias, Gerti et leurs amis, les derniers chasseurs inuits...

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  • DANS LES PAS #4

    Direction la côte orientale du Groenland, une région jadis sillonnée par l’explorateur polaire Paul-Emile Victor (1907-1995). Aujourd’hui ne subsiste plus qu’une poignée de chasseurs «à l’ancienne». Reportage et enquête sur la banquise et dans des fjords à la beauté époustouflante en compagnie de Tobias, Gerti et leurs amis, les derniers chasseurs inuits...

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  • DANS LES PAS #3

    Direction la côte orientale du Groenland, une région jadis sillonnée par l’explorateur polaire Paul-Emile Victor (1907-1995). Aujourd’hui ne subsiste plus qu’une poignée de chasseurs «à l’ancienne». Reportage et enquête sur la banquise et dans des fjords à la beauté époustouflante en compagnie de Tobias, Gerti et leurs amis, les derniers chasseurs inuits...

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  • DANS LES PAS #2

    Direction la côte orientale du Groenland, une région jadis sillonnée par l’explorateur polaire Paul-Emile Victor (1907-1995). Aujourd’hui ne subsiste plus qu’une poignée de chasseurs «à l’ancienne». Reportage et enquête sur la banquise et dans des fjords à la beauté époustouflante en compagnie de Tobias, Gerti et leurs amis, les derniers chasseurs inuits...

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  • DANS LES PAS #1

    Direction la côte orientale du Groenland, une région jadis sillonnée par l’explorateur polaire Paul-Emile Victor (1907-1995). Aujourd’hui ne subsiste plus qu’une poignée de chasseurs «à l’ancienne». Reportage et enquête sur la banquise et dans des fjords à la beauté époustouflante en compagnie de Tobias, Gerti et leurs amis, les derniers chasseurs inuits...

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  • TUULLIK (ou la naissance d’un centre artistique)

    CHRONIQUE DUUMMANNAQ 3.jpg

    Pierre Auzias (dit « Peeri ») vit à Uummannaq, un village de la côte occidentale du Groenland. Chronique d’un quotidien très polaire. En ce printemps très frais - habituel sous ces latitudes - Peeri a eu une idée lumineuse…

    « Installé à Uummannaq depuis 2005, je me suis rendu à l'évidence que les derniers artisans du fjord se sont éteints emportant avec eux les secrets de leur art.  

    Tous chasseurs, ils excellaient, à tailler de la lame de leur couteau et de leur foret nombre de défenses de morse, bois de rennes, os de baleine, corne de moskus, griffes de phoque ou d'ours.

    Ces artisans-chasseurs finissaient par rendre ces objets ou bijoux aussi brillants que la glace en les ponçant amoureusement au grain fin, puis en les cirant à la stéarine. L'été venu les touristes se ruaient émerveillés sur ces objets artisanaux.

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    Depuis quelques mois j'envisageais de trouver sur Uummannaq, un lieu pour y créer un petit centre culturel qui regrouperait artistes et artisans.  Je rêvais au quotidien d'une jolie petite maison blanche, construite en bois et ceinturée d'une belle terrasse. Pas moins fière, elle domine le port d'Uummannaq. Elle avait  autrefois appartenu à la vieille famille de Karl Lange, maître chauffagiste de l'hôpital. 

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    AVEC VUE SUR MER

    Entretemps, la mairie y avait un bureau où les élus de la vaste commune de Qaasuitsup (elle s’étend sur plus de 700 000 km2) se réunissaient pour discuter à grand coup de café, les dossiers lourds concernant notre district.

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    Sur la terrasse, l’édile et ses adjoints fumaient tranquillement en commentant la vue qui s'étend à plus de cent kilomètres vers le sud jusqu' à la calotte glaciaire.

    La maison inutilisée, mais parfaitement refaite et claire à l'intérieur, n'avait désormais de vivant que sa vieille chaudière que j'entendais ronfler à travers ses murs et par sa cheminée.

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    La dernière campagne électorale qui se solda le 5 Avril 2013 par la victoire d'Aleqa Hammond comme chef du gouvernement autonome Groenlandais, prônait alors pour des valeurs plus traditionnelles avec un retour de la démocratie de proximité destinée à restaurer la vie sociale.

    Observant cela, je me suis décidé à envoyer mon projet aux responsables communaux de la commune de Qaasuitsup, partisans du parti politique d'Aleqa.

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    UNE RÉSIDENCE POUR ARTISAN

    Je n'ai pas pu acheter la maison m'étant heurté à différents obstacles administratifs, mais j'ai eu le droit, toutes idées reconnues, d'en disposer.

    La maison fut baptisée « Tuullik » qui est le nom d'un oiseau merveilleux et mythique, le plongeon désormais en voie de disparition.

    Ce choix me fut inspiré par le souvenir, il y a 20 ans, d'un vieux chasseur de la côte Est qui m'expliqua que si le plongeon venait à disparaître, la culture groenlandaise disparaitrait avec lui.

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    Le but de Tuullik, n'est pas de faire commerce mais de dénicher et d'inviter ceux qui dans tout le district compris entre Ilulissat et Qaannaq, travaillent de manière professionnelle l'art et l'artisanat.

    Aujourd'hui après trois mois d'activité, sept artisans ont répondu à ma proposition de les représenter plus un sculpteur, quelques peintres et aussi les vieilles couseuses de la ville, virtuoses en l'art d'assembler les nombreuses pièces en peaux de phoques, aux teintures multicolores, nécessaires à la décoration des kamiks et des costumes traditionnels.

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    « Tuullik » aujourd'hui fonctionne et propose des cours de peinture, de sculpture, de gravure et de modelage qui sont suivis par une quarantaine d'enfants et une vingtaine d'adultes. La galerie est convertible en atelier ou en salle de conférence qui peut accueillir une vingtaine de personnes.

    À l'étage on découvre un petit atelier graphique ainsi qu'un mini studio équipé pouvant accueillir un artiste en résidence. Logé gratuitement pour des périodes de 15 jours maximum, cet invité est obligé en échange d'enseigner et de développer un projet pour la population.

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    OUVERT SUR LE MONDE

    Un accord vient d'être établi avec l'école graphique de Nuuk, dirigée par la célèbre graphiste Groenlandaise, Arnanguaq Høegh en vue de préparer les élèves de notre région au concours d'entrée donnant accès à son enseignement.

    Après un an d'études à Nuuk, les élèves sont capables de présenter le concours d'entrée à l'Académie Royale de Copenhague ou de partir vers l'Alaska ou le Canada.

    Enfin « Tuullik » qui figure au programme du Jubilée des 250 ans d'Uummannaq a proposé à son public de rester quotidiennement accessible à tous ceux qui désirent y travailler.

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    Quelques touristes même ou employés danois de passage y ont réalisé des œuvres dignes d'être présentées.

    Le directeur du musée, Peter Kruse s'est gentiment proposé à ouvrir le lieu aux touristes lorsque personne ne l'anime. Cette ouverture possible lui est indiquée lorsque les couleurs nationales habituellement envoyées en haut du mât, ne flottent pas au vent »

    Pierre Auzias
    À Uummannaq, le 25 mai 2013
     

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  • SERINEQ, LE SOLEIL

    auzias,groenland,polaire,vie,soleil,inuits,uumamannaq,chasse,solstice,enfants,récit

    Pierre Auzias (dit «Peeri») vit sur la côte occidentale du Groenland à Uummannaq. Deuxième chronique d’un quotidien ordinaire pour Peeri.

    En ce matin du lundi 4 Février, sur l'esplanade de l'école qui domine la ville, les enfants entourés de leur maîtres chantent en agitant joyeusement un petit soleil en carton jaune agrafé au bout d'un bâtonnet.

    « Quand le soleil revient / Tous les enfants sont heureux / Quand le soleil chauffe / Il nous redonne des forces / Quand les montagnes et les nuages se teintent de rouge / Tout devient très doux / Quand ses rayons réchauffent »

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    Chaque année, lors de l'apparition du soleil, ces vers contemporains, issus d' un ancien psaume, nous appellent  à saluer la mémoire d'Else Broberg, professeur regrettée de toute la population.

    Cette première apparition de Serineq est d'autant plus théâtrale, car il traverse durant quelques secondes, de son bord supérieur Kiggannguaq, soit  la brèche d' un col étroit de la chaîne montagneuse de Nuussuuaq, sise en face d'Uummannaq.

    Kiggannguaq: c'est aussi la fente de la visée du fusil ou encore la joie.

    Traditionnellement, le soleil dans la société des chasseurs a une grande importance.

    "Kaperlak" le temps obscur de la nuit polaire inspirait la peur jusqu' au milieu des années cinquante. Il fallait survivre en vivant de ses propres réserves. Serineq revenu, ramenait le soulagement, la joie, l'espoir et la force.

    Depuis toujours, la lumière d'avril et de mai presse les phoques sur la banquise (uttoq).

    Les oiseaux, et leurs oeufs sur les falaises, et un peu plus tard la pêche, rapportent tour à tour, ammassates (capelans) en juin, les  iqaluit (truites de mer) en juillet.

    À terre, durant le mois d’août, c'est la chasse aux Tuuttut (rennes) et aux Ummimaq, (boeufs musqués).

    Enfin aux portes de l'automne, les saumons et les globicéphales sont des denrées prisées de mes amis inuits.

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    Mon ami Hans est venu ce matin à sept heures pour parler autour d'un café :

    - « Bien sûr, la banquise ne venait pas toujours et il nous fallait être très actifs durant l’été pour prendre dans la Nature tout ce qui nous permettait d'affronter les temps obscurs.

    Á l'automne, il restait à cueillir les baies noires et bleues tout en tirant quelques jeunes oiseaux. En septembre arrivaient les bélougas et en octobre les narvals. Nous tirions alors les derniers phoques de fjord et puis la nuit tombait.

    Ce rythme juste, des chasses et de nos pêches, était alors plus important que tout autre car il gérait notre vie sociale. Les enfants apprenaient ce métier en aidant et en regardant, toujours à l'écoute de nos mouvements.

    Un bon chasseur n'abordait pas les temps obscurs dans la crainte, comme ceux qui n'avaient rien fait.

    Comprends- tu ? Cela ne veut plus rien dire de faire aujourd'hui chanter les enfants quand le soleil revient »

    Je ne contredis pas Hans, mais pour moi,que les enfants chantent Serineq, restera éternellement touchant. (À SUIVRE)

    Un récit et des dessins de
    Pierre Auzias dit « Peeri »

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  • PUBLICATION STRATEGIQUE

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    © With the courtesy of Alhrep

    «Les Pôles», c'est la thématique du dernier numéro du Bulletin d'études de la Marine. Une publication référence sur les océans, la géopolitique maritime et ses acteurs.

    Les_poles.jpgLA CHRONIQUE Au pôle Nord comme au pôle Sud, les glaces sont reines. Situés aux deux extrémités du globe terrestre, l'Arctique et l'Antarctique sont deux déserts blancs longtemps restés à l'écart du monde.

    Si l'on néglige souvent de mentionner l'Antarctique comme le sixième continent de notre planète, l'Arctique est quant à lui en majeure partie un océan entouré de terres habitées, parsemées d'îles telles que le Groenland.

    Au sud, l'Antarctique est une vaste terre encerclée par le large océan austral, sur laquelle, exceptés quelques centaines de chercheurs et scientifiques de passage, aucun être humain n'habite.

    Soumises à des froids intenses, à la nuit polaire la moitié de l'année ainsi qu'à des phénomènes magnétiques longtemps restés inexpliqués, ces deux régions extrêmes de notre planète fascinent par leur beauté autant qu'elles effraient par la rudesse de leur climat, par les dangers encourus et leur isolement.

    Les pôles sont désormais au cœur des préoccupations géopolitiques, stratégiques et environnementales, dérèglements climatiques obligent. Autant de questionnements et d'approches que le dernier numéro du Bulletin d'études de la Marine  aborde dans un numéro spécial intitulé «Les Pôles».

    120 pages d'enquêtes et d'entretiens, dont une enquête «Dans les pas de Paul-Emile Victor», un portrait de l'aventurier polaire et l'interview de son fils, font de cette publication une référence pour les lecteurs (marins) curieux...

    Stéphane DUGAST

    *

    VERSION NUMERIQUE. A lire en intégralité sur le web à :  http://www.cedoc.defense.gouv.fr/Les-Poles-no47-Mars-2010

    VERSION PAPIER. Bulletin d'études de la Marine N°47. A commander en appelant le 01 44 42 82 13 ou en écrivant  au Centre d'Enseignement Supérieur de la Marine (CESM) - BP 8 - 00300 Armées.

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  • BANQUISE MEURTRIERE

    BRISE NET !
    Récit et photographies de Stéphane DUGAST

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    © Infographie - Arnaud Créachcadec

    Un rêve : être le premier Français à atteindre le pôle Nord en solitaire et sans ravitaillement. Une quête brisée nette après 18 kilomètres de marche...

    FCB pic 5 W.jpgImpossible de fermer l'œil malgré la fatigue, les 6 heures de décalage horaire à digérer, les 25 décollages et atterrissages en 2 jours et les 32 heures du voyage retour. La nuit a été presque blanche. Et cauchemardesque. Comme une prémonition.

    Au réveil, la radio crachouille ses flashs infos du matin. La litanie habituelle des catastrophes en France et à l'étranger. Les résultats sportifs du week-end aussi. De grandes épopées également comme le tour du monde à l'envers victorieux de Jean-Luc Van Den Heede après trois tentatives infructueuses.

    Pendant ce temps, «Le Cham» alias Frédéric Chamard-Boudet poursuit son aventure à lui. «Là-haut» sur la banquise, à quelques kilomètres de Cape Archtcheschy tout au nord de la Sibérie. Là où nous l'avons laissé sur la banquise à -40°C dans sa tentative en solo et en autonomie complète. Le pôle est encore loin, 980 kilomètres exactement. Encore 60 jours d'effort...

    Entre terre et océan

    La banquise blanche à perte de vue. La lumière est comme tamisée. Le soleil bas au-dessus de l'horizon. LaFCB pic 9 W.jpg montre affiche pourtant 16 heures tapantes.

    Juste devant nous s'étend l'océan Arctique glacial. Derrière, la terre la plus septentrionale en Sibérie. Hormis quelques bidons d'essence et une cabane enfouis dans l'épaisse couche de neige, rien ne distingue la terre de l'océan gelé.

    Posé depuis quelques minutes sur ce sol immaculé, les deux hélicoptères de l'aviation civile russe tranchent avec le paysage dépouillé. Autour des deux carlingues à la robe orange et bleue, on s'affaire religieusement autour de deux pulkas.

    Dominik Ardouin, l'aventurière franco-finnoise est rapidement prête à en découdre avec le grand blanc, sa pulka jaune solidement arrimée.

    Frédéric Chamard-Boudet range méthodiquement ses effets après avoir essayé son fusil dans le froid. Pour s'attaquer au pôle, chaque aventurier embarque une arme. Les rencontres avec un ours polaire sont courantes.

    Marin dans la brume

    FCB pic 20 W.JPGLes ultimes préparatifs des deux aventuriers se font sans précipitation et dans le calme. Les deux sont presque muets. Complètement dans leur bulle.

    Derniers réglages. Sanglage de la pulka et des boots de traction sur le baudrier. Ajustage du masque sur le visage pour se protéger du vent polaire. Dernières accolades avec les accompagnateurs. Personne ne pipe un mot. I

    ndifférents à cette préparation quasi silencieuse, les pilotes multiplient les allers-retours entre les hélicoptères et la cabane. Il faut refueler les deux hélicos pour rentrer à la base de Sredny à une heure et quart de vol.

    Dominik Ardouin s'est déjà élancée depuis quelques minutes lorsque le marin et sa pulka couleur pomme et cerise s'ébrouent. Derniers regards. Ultimes encouragements.

    En guise de salut, les bras et les bâtons de skis s'élèvent et s'agitent. L'aventurière haute comme trois pommes et sa pulka de 50 kilos ont déjà disparu à l'horizon.

    Plus que le bruit des skis raclant la neige. La brume enveloppe le «marin des glaces». La nuit polaire ne va pas tarder à tomber.

    «Il a échappé de peu à la mort...» 

    FCB pic 12 W.jpgKlaxon et bruit de sirènes. Paris la nuit. Paris le jour. Réveil difficile. Rapidement déballer le sac de reportage et laver le linge sale avant de foncer à la rédaction de l'hebdomadaire de la Marine.

    L'odyssée sibérienne est terminée. Les rêvasseries aussi lorsque retentit la sonnerie du téléphone. «Frédéric a déclenché sa balise Argos. Il a échappé de peu à la mort...». À l'autre bout du fil, la voix de son épouse Véronique s'étrangle. Stupeurs et tremblements.

    Autre coup de fil, Cerpolex les organisateurs français des expéditions polaires de Frédéric, Christine Janin, Jean-Louis Etienne et de tant d'autres. «Frédéric est en mauvaise posture. D'après son coup de téléphone, il est tombé dans une eau à -1.8°C pendant 4 minutes. Il aurait quand même réussi à monter son bivouac et tente de se réchauffer les mains».

    Tout va très vite dans la tête. L'eau à -2°C. La température de l'air oscillant jusqu'à -30°C. Aucune source de chaleur excepté une tente à monter et un réchaud à allumer mais avec les pieds et les mains gelés...

    Un vrai martyre ! Je me rappelle mon retour dans l'hélicoptère. Mes mains et mes pieds gelés que j'ai eu mille peines à réchauffer près d'une source de chaleur. Si dérisoire par rapport à ce que doit endurer le «marin des glaces».

    Pendant 3 jours, les secours s'organisent. Les coups de téléphones seront innombrables. Les marques d'affection aussi. Viendra la plus belle, celle d'un officier de marine épris lui aussi d'aventure : «Le vrai défi est bien celui dont l'issue reste incertaine...».

    Frédéric sera sauvé.  Le précédant à son départ depuis la terre la plus septentrionale, Dominik Ardouin disparaîtra deux jours plus tard. Jamais son corps ne sera retrouvé, «englouti» par la banquise meurtrière cette année là.

    «Là-haut», tout là-haut, sur la banquise, la moindre erreur peut s'avérer fatale...

    logo cb.jpgRécit publié dans Cols Bleus, l'hebdomadaire de la Marine nationale depuis 1945.

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