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  • JEAN GAUMY À JUMIÈGES

    Située dans les boucles de la Seine entre Rouen et Le Havre, l’abbaye de Jumièges est l’un des plus anciens et des plus importants monastères d’Occident. Jusqu'au 21 septembre prochain, le photographe (et peintre de Marine) Jean Gaumy s’expose dans ce haut lieu de Normandie. Magique !

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  • JEAN GAUMY : LA TENTATION DU PAYSAGE

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    Photographe pour la prestigieuse agence Magnum depuis 1977, Jean Gaumy bourlingue et photographie le monde depuis plus de quatre décennies. Photographe de renom (devenu peintre de la Marine depuis 2008), le normand d'adoption s'est, l'an dernier, raconté chaque mois sur le blog EMBARQUEMENTS. Cette fois, le «pêcheur d’images» insatiable s'expose, ou plutôt expose sa Tentation du paysage. Un bains révélateur ?

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    "La Tentation du Paysage" : c'est l'actuelle exposition photographique de Jean Gaumy qui a lieu à l'Abbaye de Jumièges en Normandie jusqu'au 21 septembre prochain.

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    Photographies © Jean GAUMY / Magnum Photos
     

    > Voir le PORTFOLIO DE JEAN GAUMY

     

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  • VOIR AUTREMENT LE MONDE

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    Photographe de l'agence Magnum et peintre de la Marine, Jean Gaumy (VOIR SON PORTFOLIO) est le parrain du prochain Festival International du Cinéma Ethnographique Jean Rouch. L’opportunité de «Voir autrement le monde» à travers 100 films en provenance du monde entier projetés du 5 au 29 novembre prochains.

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    Créé en 1982 par un ethnologue et documentariste de renom[1], le Festival International du Cinéma Ethnographique Jean Rouch est un rendez-vous incontournable du genre.

    C'est l’occasion chaque année de repérer les tendances originales et diversifiées de ce cinéma sur le réel, tout en suscitant des échanges à l'issue des projections. Le festival est aussi un moment de rencontres et de discussions entre le public, les cinéastes et les chercheurs.30x40_AFF-BAT-copie.jpg

    Parmi les nombreuses interventions, à noter celles plus personnelles de Jean Gaumy : 

    Vendredi 15 novembre
    RDV @la Maison des Cultures du Monde

    De 14h à 17h 30 - Projection du film «Sous-Marin» (qu'il a réalisé) et  débat où seront aussi présents Alain Bergala (critique, cinéaste et professeur à la FEMIS) ainsi que les collaborateurs à la réalisation de ce film.

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    20h30 à 23h - Palmarès et remise des prix 

    « C'est toujours une expérience extrêmement passionnante d'assister aux projections de ce festival que Jean Rouch avait initié il y a plus de 30 ans » (Jean Gaumy)

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    Samedi 23 novembre
    RDV @l'Auditorium de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

    De 10h à 13h - Rencontre, projection d'extraits de films, échanges d'expérience et débats menés par Alain Bergala et Jean Gaumy.

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    En plus de ces dates, beaucoup d'autres événements vont se dérouler, dont bien évidemment la projection de films inédits. Cinq prix seront décernés, parmi lesquels le prix Nanook-Jean Rouch, grand prix du festival remis par le CNRS, ainsi que le prix Anthropologie et développement durable, soutenu par Sita - Suez Environnement.

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    › EN SAVOIR PLUS
    Programme complet sur le site web du Comité du Film ethnographique Jean Rouch

     


    [1] : Jean Rouch (1917-2004) est connu pour ses films ethnographiques sur des peuples africains tels que les Dogons et leurs coutumes. Il est considéré comme le créateur de l'ethno fiction, un sous-genre de la docu fiction. Il est aussi l'un des théoriciens et fondateurs de l'anthropologie visuelle.

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  • LA PHOTO SELON JEAN #12

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    Photographe pour la prestigieuse agence Magnum depuis 1977, Jean Gaumy bourlingue et photographie le monde depuis plus de quatre décennies. Photographe de renom (devenu peintre de la Marine depuis 2008), le normand d'adoption se raconte chaque mois sur le blog EMBARQUEMENTS. Douzième cliché et douzième point de vue commenté par un «pêcheur d’images» insatiable.

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    © Jean GAUMY / Magnum Photos

    « Je savais qu’à bord des vieux chalutiers à pont découvert j’allais au-devant de mes plus beaux rendez-vous de tempêtes, à la recherche d’une ambiance, d’une époque, d’un rapport au monde. Je ne sais pas.

    Quelque chose de très personnel. Quelque chose qui allait être englouti et que je ne savais dire. La nostalgie ? Avant, les équipages ne pouvaient s’en remettre qu’au bon vouloir des vents,  des courants et des brumes. Ils subissaient la mer. Beaucoup plus durement.

    Maintenant, il y a la violence des moteurs, leurs rythmes infatigables qui cisaillent les nuits, qui bousillent les hommes. Et même si les bateaux,  les techniques ont changé, c’est la même pression - le gain, les banques et très souvent l’orgueil. La même voracité. Pêcher, pêcher encore, parfois même au-delà du bon sens. Saigner la mer à blanc et les hommes aussi. Alors la nostalgie… »

    Extrait du livre Pleine Mer (Edition de la Martinière, 2001)

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    © Courtesy Stéphane GUICHARD
    © Jean GAUMY / Magnum Photos

    > Voir Portfolio #11

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  • JEAN GAUMY : PLEIN PHARE (RÉACTUALISÉ)

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    Le phare de Cordouan est un lieu propice à la création et à la réflexion. C'est devenu le sujet d’essai photographique pour Jean Gaumy, membre de l’agence Magnum et peintre officiel de la Marine.

    Jean Gaumy aime la mer et les phares. Depuis deux ans déjà, le photographe se passionne pour le plus ancien des phares français encore en activité : le phare de Cordouan.

    Classé monument historique dès 1862 - en même temps que la cathédrale Notre-Dame de Paris - son architecture réputée grandiose a d’ailleurs fait la réputation de Cordouan, considéré comme un « Versailles de la mer ».

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    Une silhouette singulière que Jean Gaumy a admirée dès l’âge de «sept, huit ans» lorsqu’il jouait sur la plage de Pontaillac, à Royan, ville dont il est originaire.

    Devenu entre temps un photographe aguerri, l’auteur des images de l’ouvrage « Pleine Mer » (La Martinière, 2001) revient régulièrement depuis deux ans à Cordouan dans le cadre d’une résidence d’artiste qu’il a mis au points avec le Smiddest (NDLR : Le Syndicat Mixte pour le Développement Durable de l'Estuaire).

    En habitué des huis clos humains, le photographe de Fécamp a ainsi souhaité mettre à profit les caprices de la météo, le flux et le reflux de la marée, les lumières crépusculaires et ses propres changements d’humeur pour «faire surgir un ensemble, je l’espère, inattendu de photographies et d’enregistrements de différentes sortes».

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    Photo © Jean-François ROUSSEAU

    « L’évocation des phares par la peinture, le cinéma, la photographie et la littérature nous a si profondément imprégné qu’il est devenu très difficile de s’en affranchir. Ces « croquis » s’appuient grandement sur la tradition mais, au même moment, c’est avec un autre appareil, un grand format couleur, que je tente d’aller au-delà, de contourner la convention et d’en jouer autrement. C’est le mélange des deux approches qui devrait produire le résultat final »

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    Photo DR

    Dans sa besace, Jean Gaumy a  jeté pêle-mêle un livre, une paire de jumelles, un boîtier, sans oublier un bloc-notes et un enregistreur afin capter certains sons, notamment celui du flot qui remonte inexorablement et frappe à la porte anti-marée.

    Un parti-pris artistique pourtant loin d’être gagné selon le photographe : «Dans un phare, quoique nous souffle le lyrisme et l’imagination, il n’y a pas toujours une très, très grande diversité de situations ou de motifs visuels. Vous vous retrouvez assez vite seul face à vous-même. Il faut prendre le temps, se laisser envahir. Que peut-il émerger d’une telle confrontation ? Voilà ce qui m’intéresse. Je ne cherche pas à séduire mais à surprendre, à me surprendre. Je voudrais éviter quelques lieux communs, quelques stéréotypes habituels ou tout au moins en jouer autrement. Ce n’est pas joué mais c’est sacrément stimulant !».

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    Photographies © Jean GAUMY / Agence Magnum


    Quant aux résultats attendus, Jean Gaumy sait bien par expérience les interrogations et les doutes qui les précèdent inévitablement : «Il y a bien sûr l’apport du photographe, de l’auteur, comme premier spectateur, mais aussi ce qu’un lieu est capable de donner. Tout cela est une étrange alchimie qui s’articule sur la réalité du terrain et beaucoup de fantasmes. Nous verrons bien ce qu’il en sortira».

    Développant depuis quelques années une approche photographique «contemplative sans être romantique», Jean Gaumy a ainsi travaillé sur plusieurs projets d’envergure dont Tchernobyl ou plus récemment les univers polaires.

    Concernant ce travail d’études photographiques sur le phare de Cordouan, Jean Gaumy envisage de réaliser une exposition et un livre prévus pour la fin de l’année 2014 ou le début de l’année 2015.

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    Des livres de Jean Gaumy

    L'Hôpital, Contrejour 1976 / Jean Gaumy : Les incarcérés, L’Etoile-Cahiers du Cinéma 1983 / Le Pont de Normandie, Le Cherche Midi 1995 / Le livre des tempêtes à bord de l’abeille Flandre, Le Seuil 2001 / Pleine Mer, La Martinière 2001 (Prix Nadar 2001) / D’Après Nature, Editions Xavier Barral 2010 (Prix Nadar 2011).

    EN SAVOIR PLUS
    Le site officiel du phare de Cordouan

     

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  • LA PHOTO SELON JEAN #8

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    Photographe pour la prestigieuse agence Magnum depuis 1977, Jean Gaumy bourlingue et photographie le monde depuis plus de quatre décennies. Photographe de renom (devenu peintre de la Marine depuis 2008), le normand d'adoption se raconte chaque mois pendant un an sur le blog EMBARQUEMENTS. Huitième cliché et huitième point de vue commenté par un « pêcheur d’images » insatiable.

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    © Jean GAUMY / Magnum Photos

    « C’est une photo que je dois au meeting annuel organisé par l’agence Magnum. Cette année là, il avait lieu à New-York. J’y suis allé avec ma fille Marie, alors âgée de 12 ans. Nous étions allés au grand aquarium de Cosney island, la plage de New York.

    II y avait ce globicéphale - un mammifère marin imposant - un « blanchon » comme disent les canadiens – il était très curieux et content de la présence de Marie à tel point que cette attirance va finalement excéder le gardien. Heureusement, j’ai le temps de prendre la photo.

    Ce cliché sera publié dans le journal Libération, rubrique « photo de famille ». Je me souviens qu’avec ma fille, une enfant tonique, curieuse et mascotte de l’agence de surcroît, nous avons faits de belles ballades le long des côtes de Floride.

    Nous avons aussi été à la pêche au tarpon avec l’un des meilleurs spécialistes de la côte. Grâce à un ami, Marie a pu même aller quelques jours, seule (j’étais totalement pris par la réunion de l’agence à New York) dans un centre d’éducation de phoques dressés à la recherche d’objets sous l’eau pour l’armée américaine.

    Revenus en France, plus tard, la télévision avait diffusé un reportage sur ces phoques. A l’école les camarades de Marie en parlaient. Quand elle a dit qu’elle les connaissait et qu’elle y avait été tout le monde lui a ri au nez. Heureusement Marie avait fait des photos…  »

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  • LA PHOTO SELON JEAN #7

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    Photographe pour la prestigieuse agence Magnum depuis 1977, Jean Gaumy bourlingue et photographie le monde depuis plus de quatre décennies. Photographe de renom (devenu peintre de la Marine depuis 2008), le normand d'adoption se raconte chaque mois pendant un an sur le blog EMBARQUEMENTS. Septième cliché et septième point de vue commenté par un « pêcheur d’images » insatiable.

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    © Jean GAUMY / Magnum Photos


    « Ce cliché a fait le tour du monde. Visuellement, cette photographie a quelque chose des vieilles tragédies grecques. Des femmes voilées s'entraînent au tir au revolver pendant la guerre Iran-Irak. Là, c’est mon troisième voyage dans ce pays en pleine période postrévolutionnaire. Je suis l’un des rares occidentaux à pénétrer dans ce pays. Je suis au centre de l’œil d’un cyclone.

    Comme d’habitude dans ce genre de situation, le ministère de la communication sait que vous êtes dans les parages et souhaite sans cesse vous contrôler. Le jeu est fin. Dans des pays complexes comme celui-ci, tout semble impossible et paradoxalement tout est possible… 

    En pleines fêtes de la révolution – pourtant déjà  très visuelles et très prenantes - j’ai fait part du désir d’aller visiter la redoutable prison d’Evin (jamais ouverte à la presse) dans laquelle moisissaient deux anciens membres très importants du Parti Communiste et dont plus personne n’avaient de nouvelles depuis le début de « la Révolution confisquée ». Contre toute attente, je vais obtenir l’accord des autorités. Les choses deviennent possibles.  Pourquoi ?

    Mieux, lors d’une autre occasion, mon guide m’emmènera dans un camp d’entraînement de femmes de la banlieue de Téhéran jamais ouvert à la presse occidentale. Une demande avait été faite cependant par des amis journalistes un an auparavant.

    Durant 3-4 heures, j’assiste à ce spectacle étonnant. Des femmes armées jusqu’aux dents. Comme je refuse de travailler au téléobjectif, j’insiste et mets du temps à convaincre tout le monde que je puisse photographier ces femmes de près...

    Impensable pour tout le monde. Totalement incorrect socialement, religieusement et donc, politiquement mais pas forcément médiatiquement. La preuve, j’ai quand même pu travailler de près !

    Dans le viseur de mon Olympus équipé d’un 35 millimètres, j’ai aussitôt compris la force plastique et « informative »  de cette situation.

    Cette série sera notamment publiée dans le prestigieux magazine Time en août 1987 pour lequel j’étais en commande. Un photoreporter est un messager, un go-between, entre des mondes qui ont chacun de terribles aprioris, aussi sur le terrain et ailleurs, mieux vaut ne pas faire le malin et rester très humble et très lucide.

    Il y a assez de souci à se faire à propos des inévitables manipulations qui planent sur notre présence et sur nos travaux.

    Avec cette série de photos je ne risquais évidemment pas de donner un écho très partisan de l’Iran à des lecteurs occidentaux. Le gouvernement iranien le savait. Mais il savait aussi qu’à travers Time ou d’autres magazines dans lesquels pourraient se trouver mon travail, ces photos seraient vues, « exportées » en quelque sorte vers des pays du tiers-monde favorables à l’Iran et y seraient probablement perçues très différemment.

    Les iraniens sont très pragmatiques. La lucidité, l’expérience collective, la résistance et l’indépendance, corollaire indispensable de l’engagement, sont les piliers de l’agence Magnum dont je suis membre depuis 32 ans.

    À Magnum, tous les attributs de statut d’auteur s’imposent : choix des reportages, des essais photographiques, de leur durée, sélection des photographies, propriété des négatifs, maîtrise du copyright et contrôle de la diffusion.  Facile à énumérer, pas si simple à vivre au jour le jour…  »

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  • LA PHOTO SELON JEAN #6

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    Photographe pour la prestigieuse agence Magnum depuis 1977, Jean Gaumy bourlingue et photographie le monde depuis plus de quatre décennies. Photographe de renom (devenu peintre de la Marine depuis 2008), le normand d'adoption se raconte chaque mois pendant un an sur le blog EMBARQUEMENTS. Sixième cliché et sixième point de vue commenté par un « pêcheur d’images » insatiable.

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    © Jean GAUMY / Magnum Photos

    « La Martinique, les Caraïbes... Envoyé par le magazine Géo, je m’y morfondais. J’ai horreur des ciels bleus ! C’est pourquoi je me suis entiché d’aller visiter le nord de l’île.

    C’est à Grand-Rivière, un village en contrebas du mont Pelé, que j’ai finalement fait escale. J’étais sûr que les nuages accrocheraient les contreforts du volcan. J’aime les ciels gris. En m’installant dans ce village, je me suis fondu dans le paysage autant que possible.

    Cette photo, c’est le retour des bateaux de pêche. Plages de sable foncé. Ciel plombé. Foule bigarrée. La magie opère. Les gris permettent aux couleurs de réciter leurs gammes.

    Ce cliché, c’est aussi le moment durant lequel on distribue les produits de la pêche. Et là, çà n’est pas seulement qu’une question d’argent mais de partage. Plus tard durant ce reportage, je me souviens avoir assisté à des combats de coq homériques.

    Tant que l’un des types qui m’avait invité à photographier la scène gagnait, çà allait. Mais quand il s’est mis à perdre, il a commencé à envisager que c’est moi qui lui collait la poisse, j’ai du vite m’échapper (rires).

    Faire du reportage en solitaire n’est pas toujours aisé. Pour garder la bonne distance, vous parlez finalement assez peu.

    Le moindre événement devient important. La moindre contrariété peut vous mettre dans tous vos états. Quand en plus, vous êtes timide et rageur comme moi… »

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  • LA PHOTO SELON JEAN #5 BIS

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    Photographe pour la prestigieuse agence Magnum depuis 1977, Jean Gaumy bourlingue et photographie le monde depuis plus de quatre décennies. Photographe de renom (devenu peintre de la Marine depuis 2008), le normand d'adoption se raconte chaque mois pendant un an sur le blog EMBARQUEMENTS. Intermède vidéo d'un «pêcheur d’images» insatiable amoureux de ses «cannes à pêche» Leica...


    > Voir Portfolio #5

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  • LA PHOTO SELON JEAN #5

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    Photographe pour la prestigieuse agence Magnum depuis 1977, Jean Gaumy bourlingue et photographie le monde depuis plus de quatre décennies. Photographe de renom (devenu peintre de la Marine depuis 2008), le normand d'adoption se raconte chaque mois pendant un an sur le blog EMBARQUEMENTS. Cinquième cliché et cinquième point de vue commenté par un « pêcheur d’images » insatiable.

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    © Jean GAUMY / Magnum Photos

    « A Fécamp, près des quais : 45, rue Maupas : la « Boucane ». Une vraie machine à remonter le temps. L’incroyable équipage d’une classe ouvrière digne de Zola.

    Une énergie visuelle et sonore étonnante. Le feu, la saumure, la fumée, la cendre, l’humidité des poissons gras, et par-dessus tout la vitalité des filetières et des femmes aux poissons : Eliane, Charline, Annie, Liliane…

    Quand j’allais trouver ces filles, je tombais sur tout l’humain que j’aime : la chaleur, la franchise et le plaisir de vivre. C’est bien plus tard que je me suis décidé à faire un film. En 1984 exactement. Un reportage photo réalisé en 1977 m’a permis de me faire accepter plus facilement.

    Ce reportage s’est opéré à une année charnière. Celle ou j’ai quitté l’agence Gamma pour l’agence Magnum (
    NDLR : agence fondée en 1947 par 4 grands noms de la photo dont Henri Cartier-Bresson et Robert Capa).

    Avec ce sujet, j’allais vraiment au contact des gens, moi le timide. Là, il fallait aller faire ses photos au contact de ces femmes toujours joyeuses. A vif, je ne demande jamais à quelqu’un l’autorisation de le photographier, ou très rarement et dans des circonstances très particulières.

    Pour autant, je ne « vole » jamais un cliché. En fait, il y a des non-dits et des codes implicites qui doivent permettre de comprendre si on peut faire ou pas une photo. Un geste. Un sourire échangé. Un regard.

    Faire plus que cela, parler, c’est souvent risquer de détruire l’harmonie d’une situation très fugace que vous avez reconnue et qui s’offre à vous. Ce n’est vraiment pas le moment de parlementer. D’ailleurs, on ne demande pas aux poissons si on peut les attraper…  

    Quant au 45, rue Maupas, il a désormais été transformé en appartements et en ateliers d’artiste. Tout en restant modeste, mon travail et ceux d’autres journalistes a permis que subsistent néanmoins des « mémoires cendrées » à Fécamp… »

     

    > Voir Portfolio #4

    RDV LE MOIS PROCHAIN

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  • LA PHOTO SELON JEAN #3

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    Photographe pour la prestigieuse agence Magnum depuis 1977, Jean Gaumy bourlingue et photographie le monde depuis plus de quatre décennies. Photographe de renom (devenu peintre de la Marine depuis 2008), le normand d'adoption se raconte chaque mois pendant un an sur le blog EMBARQUEMENTS. Troisième cliché et troisième point de vue commenté par un « pêcheur d’images » insatiable.

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    © Jean GAUMY / Magnum Photos

    « Nouvelle immersion. Nouveaux chocs. Cette fois dans l’univers pénitentiaire. Un reportage inédit décroché au culot. Encore reporter pour l’agence Gamma, j’ai apostrophé en public à propos des prisons  Jean Lecanuet, le maire de Rouen, que je connaissais un peu.

    Valery Giscard d’Estaing venait d’être élu Président, Lecanuet avait été nommé Ministre de la Justice. Il m’a alors reçu Place Vendôme pour que je lui explique mon projet. J’ai réussi à le convaincre et à devenir le premier photojournaliste français admis pour de longues périodes dans les prisons françaises.  

    Sur place, il a vite fallu que j’oublie les idées toutes faîtes concernant cet univers. L’image des prisons, c’était alors en partie celles d’Hollywood. Des herses d’acier. Des détenus enchainés peinant au milieu de champ de coton… 

    Il a fallu que je remette bien à plat la réalité pour prendre mes marques et commencer à photographier. Me fier bien plus à mes intuitions qu’à mes idées toutes faites.

    Il a fallu vite me positionner. Eviter les pièges. N’être ni trop proche des surveillant, ni trop proche des détenus. Tenir une distance sur le long terme Tout pouvait très vite déraper. C’est un univers dévorant et crevant psychologiquement. J’étais seul face à des centaines de mecs.  Une parole qui dérape, un projectile qui vole, un coup qui part…

    Ce cliché, il a été réalisé dans la prison de l’île de Ré. C’est l’été. Une période dure durant laquelle les détenus ressentent encore plus l’enfermement. Séance de sport. Un vrai défouloir pour les gars. J’ai du lever le boîtier deux fois, pas plus...

    Cette photo est révélatrice du style d’image que j’aime bien faire. Le cadre est improvisé à la fraction de seconde, en fonction de l’action et des lignes de force  »
     

    > Voir Portfolio #2

    RDV LE 16 SEPTEMBRE PROCHAIN

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  • LA PHOTO SELON JEAN #2

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    Photographe pour la prestigieuse agence Magnum depuis 1977, Jean Gaumy bourlingue et photographie le monde depuis plus de quatre décennies. Photographe de renom (devenu peintre de la Marine depuis 2008), le normand d'adoption se raconte chaque mois pendant un an sur le blog EMBARQUEMENTS. Second cliché et second point de vue commenté par un « pêcheur d’images » insatiable.

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    © Jean GAUMY / Magnum Photos

    « Premier reportage emblématique. J’obtiens l'autorisation exceptionnelle à cette époque de photographier longuement les différents services de l’hôpital du Havre. Je suis jeune dans le métier. Et là je découvre un univers dans lequel se côtoient splendeur, grandeur et misère humaine. Un choc ! L’idée de pénétrer cet univers remonte à un précédent reportage commandé par la maison culturelle du Havre.

    Pour ce sujet consacré aux femmes, je m’étais retrouvé plongé de nuit dans la salle des prématurés. J’y avais découvert une ambiance. Une douceur. Un corps médical composé de femmes imprégnées par leur métier. C’était très beau. De fil en aiguille, j’ai adressé une lettre au directeur afin de faire un essai photographique au long terme sur cet hôpital. Devant ma candeur, ma jeunesse ainsi qu’une planche contact, le directeur va accepter à ma grande stupéfaction.

    Quant à ce cliché, c’est une sortie du bloc opératoire. Sur le moment, je n’ai pas réalisé que cette photo s’apparentait à une Piéta, une Vierge de Pitié (NDLR : Thème artistique de l'iconographie représentant la Vierge Marie pleurant, sur ses genoux, le Christ descendu de la Croix). J’ai juste déclenché à l’instant que je trouvais opportun.

    C’était la dernière photo de ma pellicule 36 poses. À la suite de ce reportage, je vais imprimer un livre-fasicule intitulé L'Hôpital. J’ai pu réaliser ce projet inédit pour l’époque grâce à l’aide des deux chirurgiens avec qui j’avais noué une amitié. Sans leur donation de 500 francs chacun, je n’aurais jamais pu payer l’imprimeur »

     

    > Voir Portfolio #1

    RDV LE 16 AOÛT PROCHAIN

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