28.02.2012
PHARES, BALISES & CONFISERIES
Les phares et balises de l’Hexagone selon l’artiste Râmine. Un regard décalé. Et son premier livre.
« Chercheur de sens et confiseur d'histoire ». Ainsi aime à se présenter Râmine, un artiste aux origines persanes, basé à Brest (même) depuis plus de deux décennies.
Sous sa « palette riche et mélodieuse » (selon son éditeur), les phares de France prennent ainsi d’étonnantes formes dans son premier livre, petit format mais coloré.
De Dunkerque Le Mauresque à Giraglia, premier éclat de Corse en passant par La Jument dans la précipitation ou au Chassiron de Pierre Loti, Râmine s’est avant tout efforcé de croquer (en mots et en dessins) - à sa façon - chacun des phares, racontant leurs histoires, leurs singularités et nous dévoilant surtout leurs personnalités.

Face à tant de partis-pris et de convictions, même Vincent Guigueno - éminent spécialiste du sujet, commissaire de la prochaine exposition du musée de la Marine intitulé « Phares »* et préfacier de cet ouvrage singulier - s’enthousiasme : « S'il existait des peintres des Phares, sur le modèle des peintres de la Marine, Râmine serait à coup sûr membre fondateur de la Confrèrie ».
Râmine aime les océans, ses objets, le lointain, les voyages, et surtout les gens de mer. Un « tout-marin » qu’il peint avec générosité, singularité, opiniâtreté, humour et couleurs. En chercheur et confiseur avisé.
Stéphane DUGAST

* : Les phares de Râmine seront mis à l’honneur lors de l’exposition « Phares », présentée au musée national de la Marine du 7 mars au 4 novembre 2012.
A LIRE //
Portraits de phares et balises. Textes & dessins de Râmine. 128 pages - 12.50 € (Glénat)
EN SAVOIR PLUS //
> Son site web http://www.ramine.com/
> Son blog http://galerie-ramine.over-blog.com/
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26.02.2012
LES PETITS MORGEONS #1

Danseur professionnel, Pierre Auzias a un jour voulu changer de vie et se consacrer à ses deux passions : la navigation et la peinture. Rencontre avec un étonnant marin (français) également peintre officiel de la Marine… danoise ! Premier épisode d’une vie forcément foisonnante. il est question de son enfance très ensoleillée.
« La mer, l’aventure, les mondes polaires, la Nature… Mes tropismes trouvent leurs origines dans la plus tendre enfance où les étés se partageaient à Cannes chez les grands parents maternels et à Grasse pour ceux paternels.

À Cannes le jardin tropical était immense, je m'y perdais, dévorant les fruits gorgés de soleil, bouillant et juteux que me tendait la main de mon grand-père Pierre. Il m'impressionnait.
Je savais tout dont il ne disait rien. Ses 2 guerres, blessé à Verdun en 1917 par un éclat d'obus qui lui avait traversé la cuisse, à l'âge de 17 ans.

Résistant lors de la 2ème guerre, alors cheminot, il faillit mourir enfermé dans la chaudière d'une Pacific qu'il s'apprêtait sans doute à saboter, échappant ainsi aux soldats Allemands qui avaient fait irruption dans l'atelier.
Il apparaissait seulement pour me montrer les choses insolites, un capricorne ou un gros lucane : « Tu le veux petit ? » Il sortait alors de sa poche un flacon avec dedans une ouate imbibée d'éther.

Ainsi j'ai hérité à sa mort d'une superbe collection d'insectes tombés en poussière depuis. Il y avait même des tortues grecques qui passaient par là.
Je partais à la chasse aux gécos et autres énormes lézards verts dont j'avais une trouille bleue. Je comptais leurs cadavres alignés en fin de journée sur les marches de la villa. J'y pense souvent lorsque je pars à la chasse au phoque.

Pierre m’amenait me baigner au Palm Beach où un homme à moitié nu et tout bronzé qui sentait la praline nous vendait tous les jours un énorme beignet abricot.
Il chantait un air aguicheur en trébuchant dans le sable: « Beignet abricot, beignet abricot, ils font pousser les seins et grossir les fesses ! ».
Un autre résident, Henri Salvador, en traversant la plage pour aller se mouiller, nous attirait toujours dans son sillage. « Les petits morgeons » que nous étions lui courrions après car il nous faisait rire de ses pitreries... » (À SUIVRE)
Un récit de Pierre Auzias
Photographies : DR
LIRE L'ÉPISODE 2
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25.02.2012
ÉPIQUE ÉPOQUE
En attendant la parution du second tome de L'appel des Origines (Vents d'Ouest), on se contente de la bande-annonce prometteuse du tome 1. Une série au croisement d'Out of Africa et des romans de Joseph Conrad, selon son éditeur. Bientôt la chronique et les premières planches sur ce blog...
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24.02.2012
AVIS DE TEMPÊTES

Marine du peintre Ivan Aivazovsky (1817-1900)
Douze marins témoignent. Douze hommes et femmes se confient et racontent chacun leur tempête.
Des skippers de renom, des sauveteurs en mer, des marins de commerce, des grands noms de la mer, des anonymes, Catherine Chabaud, Marc Guillemot, Eugène Riguidel ou Jean Bulot, l’emblématique capitaine du remorqueur de sauvetage Abeille Flandre... Tous racontent leurs ressentis et leurs émotions. 
« C'est ce qui fascine tout un chacun : le déchaînement de la Nature et la façon dont l'Homme le traverse » précise Grégoire Laville, l’auteur de ce livre de mer conçu sous la forme d'entretiens.
De forts propos illustrés par des clichés en noir & blanc - des portraits en plans serrés - réalisés par Julien Le Coq et Titus Huyghe.

« À trop écouter la météo, le marin reste au bistrot » écrit malicieusement Marc Guillemot dans la préface, citant l’Almanach du marin breton. Les tempêtes font le sel de la vie du marin.
Fantasmées, imaginées, travesties, tues… Douze tempêtes nous sont, cette fois, narrées sans fard, ni ostentation. À lire (presque) religieusement…
Stéphane DUGAST
Tempêtes, témoignages de marins de Grégoire Laville. 272 pages - 22 € (Editions Laville)
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22.02.2012
L’ÎLE DES PASSIONS

Tandis que le tricentenaire de la découverte de Clipperton par des marins français est (presque) totalement passé inaperçu dans les médias* l’an dernier, des spécialistes et des passionnés par cet atoll du Pacifique se mobilisent…
« Le Pacifique redevient le nouveau centre de gravité du monde » concède d'emblée Christian Jost, géographe et éminent spécialiste de Clipperton, avant de préciser le fond de sa pensée : « Compte tenu principalement de la montée en puissance des pays asiatiques, et particulièrement de la Chine. Une tendance renforcée par les déclarations du président Obama qui a récemment affirmé sa volonté de développer les coopérations et les échanges avec l’Asie-Pacifique ».
Ainsi, l'unique possession française du Pacifique Nord devient-elle un champ géographique prioritaire aux yeux du scientifique universitaire également président de l'association Clipperton - Projet d'Outre-Mer (CPOM).

Autant de bonnes raisons valant désormais à Clipperton, aux yeux du géographe, de gagner un peu plus d’intérêt pour les pays voisins, au premier rang desquels se trouvent le Mexique et les Etats-Unis d’Amérique.
Tête d'épingle perdue dans l'immensité du Pacifique, Clipperton devient donc stratégique malgré « une gestion décalée et actuellement inappropriée de ce territoire, tant les visites étrangères clandestines sont à ses yeux fréquentes, et les demandes officielles, même françaises, vouées pour la plupart à un refus » dixit toujours Christian Jost, auteur d'un site web dédié à cet atoll du bout du monde faisant référence.

Autant d'imbroglios, de soubresauts et de zones d’ombre qu’une enquête - intitulée « Planète Clipperton » - va raconter sur le blog EMBARQUEMENTS.
Objectifs avoués ? Raconter ce « confetti de la République » que ses découvreurs - des marins français du Roy - avaient baptisé un jour de vendredi saint de l'an de grâce 1711 : « l’île de la Passion ».
« L’île des Passions » serait-on tenté d’écrire aujourd’hui… (SD)

Vue satellitaire SPOT de l'atoll de Clipperton.
* : Le tricentenaire de la découverte de l'atoll de Clipperton a fait l'objet d'un colloque en 2011 et d'une publication prochainement présentée sur ce blog.
A SUIVRE //
« LES GRANDS DÉBARQUEMENTS », l’avis d’Eric Chevreuil, de retour d’une récente expédition sur l’atoll et l’auteur d’articles parus dans Tahiti Pacifique qui ont « fait grand bruit à Papeete » selon des lecteurs polynésiens…
11:06 Publié dans FEUILLETON, REPORTAGE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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