31.03.2012

FIN DE CAMPAGNE

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C'est ce samedi 31 mars que le voilier Tara achève à Lorient (son port-base) son aventure scientifique débutée en 2009. Une belle et forte épopée qui aura vu plus de 120 chercheurs et 70 membres d'équipage se succéder à son bord afin d'étudier in situ les océans. Une campagne ambitieuse et utile ?
 


Conçu pour résister aux pressions des glaces, le deux-mâts en aluminium - l'ancien Antartica, utilisé par l'explorateur Jean-Louis Etienne entre 1991 et 1996, devenu le Seamaster de Peter Blake (mort tragiquement au Brésil en 2001) puis Tara Oceans après son rachat par Étienne Bourgeois (président de la socité Agnès b.) - aura d'abord démarré ses aventures par une ambitieuse expédition en Arctique en 2007-2008. Une manière de célébrer l'année polaire mais surtout d'étudier un écosystème océanique à part.


Tara Oceans
 aura ensuite poursuivi sa mission scientifique et écologique pendant 2 ans en effectuant un véritable tour du monde ponctué de « stations » (périodes de travail à un même endroit) aussi longues que nécessaires au profit des nombreux scientifiques embarqués à son bord.

Une aubaine qui permettra ainsi à la communauté scientifique d'engranger une quantité considérable de données dont on estime désormais qu’il faudra des décennies à exploiter.

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A l'heure des observations satellites étudiant les océans en continu, les campagnes de Tara Oceans peuvent paraitre aux yeux d'esprits (chagrins) vaines, voire peu utiles.

N'en demeure pas moins un authentique esprit d'entreprise et d'aventures, résonnant en parfait écho avec les illustres campagnes d'exploration d'antan menées par les Cook, Bougainville & consorts.

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Quant à la véracité scientifique, elle est avérée tant d'éminents spécialistes se sont pressés d'embarquer pour y étudier l'écosytème marin, et notamment le plancton.

Autant données et d'observations patiemment recueillies sur les océans, un modus operandi parfois plus précieux qu'une image satellite. In Tara veritas...
 

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27.03.2012

PIERRE, JACQUES & LE CRABE...


Pour les marins et les férus d’horizons lointains, l'œuvre de Pierre Schoendoerffer sera à jamais associé à un film au titre étrange :
Le Crabe-Tambour sorti sur les écrans en 1977. Son comédien fétiche et ami, le cinéaste Jacques Perrin se confie. Ultime hommage à  un « soldat de l'image » en Indochine, devenu un cinéaste et à un écrivain d’exception, disparu il y a uen quinzaine de jours...

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Sur le tournage du Crabe-Tambour, Pierre Schoendoerffer à la manoeuvre.

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Un tournage à la une de l'hebdomadaire de la Marine

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Jacques Perrin dit le « Crabe-Tambour »...

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Aventures, drames, guerres, amitiés viriles... Les romans de Pierre Schoendoerffer ont même inspiré Hollywood !

 

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FICHE TECHNIQUE
ARCHIVES // ECPAD, Le Crabe-Tambour
IMAGES, SONS & PHOTOGRAPHIE // Christophe GÉRAL
MONTAGE & EFFETS // Cyrille CHARREAUX
RÉALISATION // Stéphane DUGAST


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26.03.2012

LE SEL DE L’AVENTURE

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4 800 kilomètres sans escale ni assistance à la seule force des bras pour traverser l’océan Atlantique en 41 jours, tel est le défi accompli le 9 mars dernier par Christophe Dupuy, devenu le premier officier de Marine à réussir pareil exploit. Récit a posteriori d’une navigation forcément pas comme les autres…

- « Racontez-nous cette course à la rame ? Quels en ont été les temps forts ou à contrario les moments de doute ?

- Christophe Dupuy : Cette traversée de l’Atlantique à la rame, je l'ai préparée pendant un an. Je l'ai abordée comme une mission. Je l'ai ainsi déclinée en phases et séquences comme on prépare une opération au sein des forces spéciales.

Les temps forts sont incontestablement le départ et l'arrivée. Le départ, car on part un peu quand même vers l'inconnu.

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L'arrivée, car c'est la fin et de tomber dans les bras de Bruno Le Tyrant (NDLR : ancien officier marinier commando en charge du technique) avec qui toute cette histoire n'aurait pas pu être possible s'il n'avait pas été là !

Quant aux instants de doute, j’en ai eu un au moment du coup de vent au sud des îles du Cap Vert. Je n'ai pas pu ramer pendant 36 heures. Je me suis dit que si cela devait être comme cela tout le temps, cela allait vite devenir compliqué et ce, d'autant plus, quand on apprend que les autres se retournent les uns après les autres.

On prend alors vraiment conscience que l'on est tout petit face à la mer. Un sentiment bizarre. Car ce sont autant cette force et sauvagerie que la beauté des images de cet univers dantesque qui restent et nous imprègnent…

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En quoi avoir été un commando et nageur de combat vous a-t’il servi ou desservi pendant cette aventure ?

- Dans la préparation et dans la réalisation. Préparation car comme je vais me répéter mais j'ai tout décliné pour ne rien laisser au hasard. Visiblement, cela a bien marché.

Mon passé m’a servi dans l'action, car j'ai gardé une rigueur dans l'exécution. Je n'ai rien changé à ce que j'avais prévu. Le côté que j’ai un peu occulté, cela a peut être le côté contemplatif. Mais rassurez-vous, j'ai dans ma tête des images indélébiles. J’ai vécu des moments intenses et extraordinaires.

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N'éprouvez-vous pas de frustration à ne pas être sur le podium alors qu'en vous suivant au quotidien, on a longtemps cru à une troisième, voire une seconde place ?

- Effectivement, cela est dommage, mais j'ai réussi et là est ma victoire. De plus, au prologue, j'avais dit que je serai heureux d'être dans le top 5.

Je finis cinquième grâce à un décompte de l'organisation qui fait un quatrième malgré deux troisièmes, donc contrat rempli !


Concernant la solitude et le danger, comment l'appréhende t’on ? Avez-vous pensé à la mort ?

J'ai eu peur, comme on part au combat ou avant mission, la veille et le jour du départ. Puis à partir du moment où je me suis retrouvé tout seul, la mécanique de la mission s'est mise en place, la concentration, il n'y avait plus d'états d'âme.

La solitude ne m'a pas pesé et le danger été appréhendé donc pris en compte. Je ne me suis donc jamais laissé débordé.

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Qu'éprouve ton à l'arrivée ? Une fois de retour à terre ?

- Une grande satisfaction mais je ne prends conscience de l'avoir fait que depuis que je suis rentré auprès des miens ou en voyant les films et les photos.

L'Aventure c'est quoi selon vous ?

- La vie ! Il faut toujours avoir des projets pour avancer et la réalisation de ceci rend heureux… »

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EN SAVOIR PLUS //
Le récit de son aventure avant son départ

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23.03.2012

À l’HEURE AMÉRICAINE ?

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Repartez SUR LA ROUTE... 66 ! Parution à la fin du mois en Allemagne du Beau-Livre éponyme dédié à celle que les Américains appellent la « Route-Mère » (mother road) et réimpression du Beau-Livre en version française. De quoi ravir et stimuler l'appétit de tout voyageur ou féru de grands espaces. Pour patienter,  un teaser concocté par mon ami et complice Christophe Géral, auteur de clichés évocateurs à bien des titres. Embarquement sur l’US 66 au cœur de l’Amérique…



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À LIRE //
SUR LA ROUTE 66  - Carnets de voyage
Photographies de Christophe GERAL. Récit de Stéphane DUGAST Introduction de Philippe LABRO
180 pages - 38,00 € 
(La Martinière éditions)

17:35 Publié dans ON EN PARLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

22.03.2012

PARFUMS PORTUAIRES #4

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Après une enfance ensoleillée (Cf part 1 & part 2), Pierre Auzias est devenu un danseur professionnel chevronné (Cf part 3) quand sa vie va prendre un nouveau tournant en Normandie. Quatrième épisode d’une tranche de vie savoureuse à plus d’un titre…

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« 1976. Je pars voir mes parents en résidence au centre de thalassothérapie de Granville. Coup de foudre !

La situation géographique de la ville, sa beauté tout comme celle de la côte que l'oeil balaye du nord de la Hague au Cap Fréhel à l'ouest, m'inspirent une halte. La « haute ville » austère, ceinturée de remparts, semble mystérieusement endormie sur son histoire.

Là, sous le cri des goélands qui planent au dessus des vieux toits d'ardoises, je découvre l’île de Chausey et plus haut Jersey.

Le marnage, modifiant sans cesse ce vaste paysage marin, me fascine également. Le bassin du port de pêche est plein de magnifiques « pêche-arrière », des chalutiers construits en chêne au chantier Servain et encore produits à un rythme soutenu.

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COUREURS & PELLETAS

De jeunes marins, comme à Saint Malo, dans un sain climat de flibuste, peuplent alors les cafés avant de s'élancer dans les premières grandes courses océaniques.

Je revois le grand sloop « Pristis » qui s'apprête à courir Le Triangle Atlantique ou « Révolution », le superbe tonner flushdeck. Je me souviens aussi du passage de l'énorme « Club Med » avec Alain Colas seul à la barre passant fièrement l'écluse sous les applaudissements de la foule.

Je me rappelle également d’Éric Tabarly, dit « Pépé », grand fidèle des régates de doris de Chausey et tant d'autres.

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La plaisance est alors en plein essor. On construit la toute nouvelle marina qui fait tousser quelques vieux « pelletas ».

Image pittoresque et quotidienne de ces vieux loups de mer silencieux, assis sur le granit du quai, la casquette vissée sur le crâne. Ils ne comprennent pas les parisiens qui, soudain, viennent désormais ici par centaines se faire laver pour le plaisir !

PREMIERS CROQUIS

Je retrouve les souvenirs de mon enfance à Cannes. C’est je crois cette nostalgie de la vie maritime qui me pousse à griffonner mes premiers croquis.

Des courbes ou des lignes coques échouées dans l'avant port, des scènes de vie quotidienne des gens de mer... Il y aura également des inspirations plus terrestres avec les ruines des abbayes, comme celles de Hambye ou de La Lucerne.

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1977. Je reviens à Granville et y trouve un logis peu étanche sous les toits de la haute ville. L'eau de pluie goutte du plafond, directement sur mon papier. C'est pratique pour mes aquarelles !

Je suis ici heureux. Je retrouve l'air qui me manquait à Paris. De Granville, je peux cependant vite regagner la capitale ou d'autres villes pour y danser.

St Lô, Coutances, Bayeux, Caen… Je crée des associations dans ces « grandes villes » de Normandie pour y enseigner la danse.

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D’ART & D’ESSAIS

Dans la petite maison de la place Cambernon dans la « haute ville », je racle, je m'acharne. Je fais des trous dans le papier. Je colle. Je récupère des sacs de patates que je maroufle. Je mélange et je broie mes poudres.

Je rencontre aussi de nombreux artistes qui ont tous choisi de travailler dans cette région. Toujours avide d'apprendre, je rends visite au fabuleux graveur Patrick Vernet à la générosité marquante.

Je retrouve aussi souvent sur le port le peintre Guy Désert. Il aime la pluie et m'explique ses gris vibrant déposés sur des fonds colorés.

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Monsieur Marc P. Châtaigner Père, directeur de l'Aquarium du Roc, aquarelliste très sollicité m'enseigne quant à lui l’art des reflets aquatiques saisissants.

Je fais aussi la connaissance de Bernard Chenez, dessinateur chroniqueur au journal Le Monde, un interlocuteur respecté et très attendu chaque fin de semaine….

Je prends peu à peu goût à un autre beau métier, celui d’artiste-peintre, grâce à ces personnalités.

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Pierre Imbourg, alors directeur de la revue « L'Amateur d'Art », publie l'oeuvre qu'il m’achète au salon des Bas Normands de Caen en 1977 et m'impose une côte. Du coup, les galeries me contactent.

Si une porte semble vouloir se fermer sur ma carrière de danseur, j'essaie bien au contraire de mener désormais ces deux activités de front.

« NE CRAIGNEZ PAS DE MOUILLER ! »

Plus tard ayant ainsi vaincu le stade des salissures, je décide d'aller consulter le « Maître de Chausey » qui me reçoit très gentiment une bière sur la table de la cuisine dont je me rappellerai encore longtemps.

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Il étudie longtemps silencieux les études de bateaux que je lui ai apporté et de son franc parler littéraire conclut : « Je vois que vous ne confondez pas balancine et pataras, continuez donc ! Il n' y a pas de recettes, sinon mouiller ! Oui mouillez bien votre papier, mouillez ! Ne craignez pas de mouiller, vous verrez ! ».

Depuis ce jour là, la voix de Marin Marie a toujours été ma corne de brume et mon phare.

1980. L’illustre Marin Marie, peintre de la Marine depuis 1935, me propose d'entrer en contact avec un de ses collègues peintre titulaire de la marine pour me conseiller, en vue de postuler. 

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MARIN-MARIE BIENVEILLANT

J'attends 1982 pour présenter à Monsieur Henri Plisson (1908–2002), peintre titulaire, mon travail : « Vous serez pris, c'est excellent ! »

Échec ! Je ne suis pas retenu. Dans les couloirs du Musée de la Marine : un officier, casquette et toile sous le bras, tout aussi défait que moi, je suis blême, il est rouge de rage: « Ils ne prennent que des vieux c... 60 piges minimum! »

A la mort le 11 Juin 1987 de Monsieur Marin Marie, je perds un père spirituel. Décédé peu de temps après mon père, j'aurai le sentiment d'en perdre deux.

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Aujourd'hui dans mon petit atelier au Groenland, je salue chaque jour religieusement le portrait que j’ai alors fait de lui pour l'immortaliser.

Coiffé d'une casquette de marin pêcheur « La Granvillaise », il me regarde par dessus ses demi foyers en souriant. Comme un clin d'oeil... » (À SUIVRE)

LIRE L'ÉPISODE 5

06:52 Publié dans PORTRAIT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook