01.06.2012
SAGA NORDIQUE

Embarqué sur le patrouilleur de haute mer L’Adroit pour 3 semaines de tournage, j’ai glissé dans mon sac (marin) un « gros livre ». Un de ceux qu’à terre, je n’avais pas pris le temps de lire. Acheté il y a déjà 3 ans, ses 400 pages m’intimidaient. Erreur…
C’est sur la mer Méditerranée fort agitée, bien calé dans ma bannette, que j’ai dévoré ce roman danois, prix des Gens de Mer en 2009 au festival des Etonnants Voyageurs.
Comme nombre de lecteurs, c’est d’abord le visuel de la couverture qui m’a attiré ainsi que son intrigue résumée avec à propos sur la quatrième de couverture.

De surcroît, j’ai fait connaissance, il y a quelques années, pendant les Boréales - un festival caennais dédié à la littérature et à la culture nordique - avec la créatrice et inspiratrice de cette maison d’édition qui cultive sa singularité en diffusant dasn l'Hexagone la littérature scandinave.
UNE SAGA DANOISE
Quant à l’histoire de ce premier roman, les bases narratives sont solidement ancrées dans la culture de cette terre océane, souvent balayée par des tempêtes ayant causé jadis moult naufrages.

1902, un trois-mâts s'échoue au large de Skagen, à l'extrême nord du Danemark. Le seul survivant, un marin américain, aux cheveux et au regard noir pénétrant, vient troubler le quotidien d’un village, et notamment celui d’Anne, la femme d’un pêcheur qui le recueille.
Si le marin américain disparaîtra sans laisser de trace, neuf mois plus tard Anne mettra au monde Anthon dit "Tonny", un enfant ne ressemblant pas aux autres…
De la forte identité maritime de la région du Jutland et du poids de ses traditions, il est donc question dans ce premier roman de Karsten Lund, par ailleurs journaliste pour une chaîne de télévision danoise.

La trame de son roman repose sur le récit d’un petit-fils, revenu in situ un siècle après le naufrage, pour nous livrer ses souvenirs, retracer l’histoire familiale et explorer un vieux secret.
Lire cette saga danoise, c’est également l’opportunité de se plonger dans la culture d’une région durablement marquée par l’essor de la pêche au début du vingtième siècle, puis son déclin.
Un roman donc coup de cœur pour ceux qui raffolent des récits écrits à l'eau de mer. Cette saga nordique envoûte son lecteur, le transportant aux confins de la mer du Nord et de la mer Baltique, lui offrant par là même une lecture assurément dépaysante.
Stéphane DUGAST

À LIRE //
Le marin américain de Karsten Lund. 400 pages - 24 €. Traduit du danois par Inès Jorgensen (Gaïa éditions)
> En savoir + : http://www.gaia-editions.com/
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27.05.2012
TITANIC, LE CENTENAIRE #3

C’était le paquebot le plus imposant, le plus moderne, le plus luxueux et supposé le plus sûr de son époque, le RMS Titanic a pourtant coulé à pic. Un siècle après son naufrage, l’incroyable destin du paquebot transatlantique britannique de la White Star Line continue de fasciner…

À navire de légende, ouvrage de référence ! Préfacé par le professeur Robert D. Ballard, en charge de l’équipe scientifique qui a découvert l’épave du Titanic en 1985, ce livre fait date. C’est d’ailleurs lui qui aurait « nourri » le scripte du long-métrage (devenu fameux) de James Cameron.
Publié en 1992 et plusieurs fois réimprimé, cet ouvrage fait peau neuve avec une édition spéciale « centenaire », agrémentée de « bonus » comme de nouveaux documents d’archives, des photographies inédites et des dessins additionnels de Ken Marschall, un artiste passionné par le Titanic depuis son enfance.

À l’instar de son coauteur (Don Lynch), l’artiste, auteur de dessins réalistes saisissants, a su nouer des liens privilégiés avec les familles des passagers et les survivants du naufrage.
Autant de sérieux et d’opiniâtreté à mener de longs travaux de recherche des deux côtés de l’Atlantique vaudront aux deux compères de se voir confier des documents inédits et encore inconnus.

Fort de peintures magistrales, de photographies rares ou de témoignages édifiants, ce bel ouvrage s’adresse donc à des lecteurs curieux d’en savoir plus sur le destin de ce paquebot d’exception, depuis sa conception jusqu’à de récentes explorations de son épave, sans oublier son naufrage survenu dans les eaux glacées au large de Terre Neuve.
Une « bible » sur le RMS Titanic. « Sa grande histoire illustrée » préfère dire Glénat, son éditeur français. « Véritable encyclopédie, ce livre est une contribution inestimable à l’histoire du Titanic » nous rétorque l’éditeur américain, dont ce livre est la version dans la langue de Molière.
Une version frenchie bien ficelée et fort attrayante…
Stéphane DUGAST
Illustrations Ken Marshall

À LIRE // Titanic - la grande histoire illustrée de Don Lynch & Ken Marshall. Préface Robert D. Ballard 228 pages – 35.50 € (Glénat)

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21.05.2012
LES GARS DE LA SARDINE

1901, premières sardines : c’est le titre du premier tome d’une série BD élégamment nommée Les Chasseurs d’écume. Une saga bretonne dans la droite lignée de la série remarquée Les Maîtres de l’Orge*. Direction cette fois Douarnenez en son temps « capitale de la sardine »…
Le sujet peut a priori effrayer le quidam. Heureusement, les deux auteurs racontent avec brio le destin de familles de pêcheurs de sardines au vingtième-siècle en insufflant une dimension héroïque, politique et romanesque dans leur série.
Impossible de décrocher, passé les trois premières pages posant l’intrigue sous la forme d’un flash-back. Leur saga familiale est non seulement réaliste, didactique mais avant tout captivante.
Inspiré du roman L'épopée de la sardine, un siècle d'histoires de pêches de Jean-Claude Boulard**, la série BD raconte, quant à elle, la vie de Jos Gloaguen, marin-pêcheur dès ses douze ans.

Lire ce premier tome, c'est ainsi l’opportunité de se familiariser avec celle que l’on a ensuite appelé la « civilisation sardinière ». Des Sables-d'Olonne en Vendée à Douarnenez dans le Finistère pendant une grosse moitié du vingtième siècle, une « armée » de pêcheurs et leurs familles vont vivre, parfois prospérer mais le plus souvent subsister, grâce à un poisson qui nous est familier : la sardine.

Traditions, religion, tragédies, haine, amours, combats syndicaux, injustice, révoltes sociales, dangers en mer ou pêches capricieuses, Les Chasseurs d’écume racontent cette civilisation de la sardine, longtemps considérée comme l’or des mers par ceux qui recherchaient vaillamment, bravant tous les dangers, et que les auteurs ont appelé les « chasseurs d’écume ».

Au scénario étoffé, et fort documenté, de François Debois répond le dessin de Serge Fino réaliste et soigné. Composé de trois prochains tomes, ce premier cycle (intitulé Jos Gloagen) s’annoncent fort prometteur.
Un bien bel hommage à ses « chasseurs d’écume » et à leurs proches.
Stéphane DUGAST
Dessins : Serge FINO

A LIRE //
Les Chasseurs d'écume / Premières sardines – 1901 (Tome 1). Une série BD de François Debois (scénario) et Serge Fino (dessins). 48 pages - 13.90€ (Glénat BD)
A (RE)LIRE //
* : Les Maîtres de l'orge est une série de bande dessinée, parue aux éditions Glénat, créée par Jean Van Hamme et illustrée par Francis Vallès. C'est l’histoire tumultueuse d’une famille de brasseurs de bières des Ardennes, soit trois générations d’ambitieux de 1855 à 1973.

** : L'épopée de la sardine, un siècle d'histoires de pêches de Jean-Claude Boulard (Ouest-France)
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16.05.2012
LA PHOTO SELON JEAN

© Courtesy Christophe PLUCHON
Photographe pour la prestigieuse agence Magnum depuis 1977, Jean Gaumy bourlingue et photographie le monde depuis plus de quatre décennies. Photographe de renom, le peintre de la Marine depuis 2008 se raconte chaque mois pendant un an sur le blog EMBARQUEMENTS. 12 clichés, 12 points de vue commentés par un « pêcheur d’images » insatiable.

Sa carrière de photoreporter l’a mené sur tous les fronts, sur tous les continents. En Afrique, en Amérique centrale, au Moyen-Orient comme en Asie.
Si Jean Gaumy a couvert l’actualité internationale avec acuité, il s’est également illustré dans des projets de longue haleine dès la fin des années 1970.

« Photographier c’est comme pêcher ou écrire. C’est sortir de l’inconnu qui résiste et refuse de venir au jour » (Jean Gaumy)
© Jean GAUMY / Magnum Photos
Ses clichés au cœur d’un hôpital ou des prisons françaises sont des premières dans l’univers du reportage.
En s’intéressant aux travailleurs de haute mer avant de plonger dans le monde des profondeurs, le reporter de la prestigieuse agence Magnum a également toujours entretenu d’étroits rapports avec le monde marin.
La mer et sa culture fascinent le photographe, également auteur-réalisateur de films documentaires diffusés sur le petit écran.

Bibliographie
L'Hôpital, Contrejour, Paris, 1976.
Les Incarcérés, (avec L'Utopie pénitentiaire, de Yann Lardeau), Éditions de l'Étoile, Paris, 1983.
Le Pont de Normandie, (textes de Bertrand Deroubaix, préf. Didier Decoin), le Cherche-midi éd., Paris, 1994.
Le livre des tempêtes, À bord de l'Abeille Flandre, (texte d'Hervé Hamon), Éditions du Seuil, Paris, 2001. Prix Nadar 2001.
Pleine mer, La Martinière, Paris, 2001.
Jean Gaumy, collection Photo Poche, Editions Actes Sud, Paris 2010.
D'après Nature, Editions Xavier Barral, Paris 2010. Prix Nadar

Filmographie
La Boucane, documentaire couleur, 37 '. Format 16 mm.1985. Nominé pour le César du meilleur court-métrage documentaire en 1986. Prix du Premier Film au Festival du Film Ethnologique (Paris, 1984). Première diffusion sur CANAL+.
Jean-Jacques, chronique villageoise, documentaire couleur, 52'. Format 16 mm. 1987. Prix du Film document du Festival de Belfort en 1987. Sélection au Festival du Réel (Paris, 1988). Sélection au Festival Margaret Mead (New York, 1988). Première diffusion sur ARTE.
Marcel, prêtre, documentaire couleur, 42'. Format super 16 mm. 1994. Sélection au Festival du Réel (Paris, 1995). Première diffusion sur ARTE.
Sous-Marin, documentaire couleur, 5 épisodes de 26'. Vidéo. 2006. Première diffusion sur ARTE. La vie à bord d'un sous-marin nucléaire d'attaque en plongée durant 4 mois lors d'une mission classée « secret-défense » vers le cercle arctique.

UNE SÉRIE À SUIVRE LE 16 DE CHAQUE MOIS
RDV LE 16 JUIN PROCHAIN
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13.05.2012
TITANIC, LE CENTENAIRE #2

Parmi les archives proposées chaque semaine par Telerama.fr et puisée dans les malles de l'INA : un document étonnant. Il s'agit du témoignage d'une rescapée du naufrage du Titanic, survenu le 14 avril 1912. Interviewée en 1955, cette femme (alors âgée de 85 ans) avait encore les idées claires...
À VOIR //
07:00 Publié dans CHRONIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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