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paul-emile victor - Page 5

  • UNE LONGUE ROUTE

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    « Avancer que coûte que coûte même si les raquettes aux pieds semblent peser des tonnes. Pousser sur ses bâtons. Trébucher parfois, se relever, toujours avancer. Ce matin, la neige colle aux pattes des hommes comme à celles des chiens. Impossible pour ces derniers de tirer un traîneau à pleine charge dans ces conditions. C’est alors aux hommes de faire la trace et de rendre possible le passage de cette caravane.

    Le souffle court. Les cuisses brûlantes. J’avance coûte que coûte la lanière d’une de mes raquettes entre les dents. Dès l’attaque de la montée, la lanière a lâché. Sur une jambe et demie, je souffle comme la cheminée d’un train à vapeur. Chacun de mes pas est laborieux et maladroit. De surcroît, cette foutue poudreuse vient se fourrer entre mon pied droit et la raquette tout en s’agglutinant en boules compactes impossibles à concasser.

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    Sans raquette au pied gauche, je m’enfonce jusqu’à mi-cuisse dans la neige épaisse tandis que ma jambe droite plonge dans cette poudreuse jusqu’à la cheville. L’équilibre est alors précaire. L’engagement physique est total. Si la montée paraît interminable, mon moral est inébranlable et inoxydable. Pousser, tirer et avancer. Toujours avancer. Malgré les chutes inévitables. De la neige jusqu’à la taille, il faut alors se relever (d’une manière souvent peu académique) puis avancer. Toujours avancer.

    À intervalles réguliers, un cri se perd dans l’immensité de cet espace noyé progressivement dans la brume. C’est la voix de Moorta, l’un de nos guides inuits. De la main, il m’indique alors sommairement la direction à suivre. Le plus souvent, c’est là où la couche de neige se révèle la plus profonde. En temps ordinaire, une telle situation m’aurait prodigieusement agacé. Aujourd’hui, je suis heureux. Heureux d’être confronté à ces éléments et à ces paysages que Paul-Émile Victor détaille et décrit dans ses récits épiques. Son ouvrage Boréal et Banquise est ma « bible » depuis de nombreux mois. Ce que je pressentais avant ce périple se vérifie : le bonheur absolu est à portée de doigts à condition de s’y employer entièrement »

    Stéphane DUGAST
    Photographies : Stéphane DUGAST / Paul-Emile Victor

     

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    Extraits du Beau-Livre « Dans les pas de Paul-Emile Victor. Vers un réchauffement climatique ? » (Michel Lafon)

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  • LA UNE QUE VOUS NE VERREZ PAS

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    L'ENQUETE - «Marin, homme venu de la terre face à la mer qui l'appelle, face à la mer qu'il redoute /  Relever le défi / Se décider à s'aventurer loin des côtes» écrivait Pierre Dubrulle, ancien officier devenu le «Monsieur cinéma» de la Marine pendant plus de trois décennies. A ces écrits poétiques, la nouvelle directive édictée cette année par les autorités de la Marine nationale quant aux finalités du métier de marin d’Etat répond de façon plus dogmatique : «Etre marin, c’est être combatif. En tout lieu et en tout temps, le métier de marin demande un niveau d’exigence élevé. Nul ne peut se contenter de vivre sur ses acquis. Au contraire, il faut être capable de faire face».

    Marin d’état, plus qu’un métier, un état d’esprit qui s’est forgé à travers les générations. En s’intéressant à un livre-hommage dédié à une école «fabriquante» de marins valeureux ainsi qu’à des personnalités emblématiques du monde maritime, Cols Bleus raconte dans ce numéro des «Destins de marins» à l’empreinte inoxydable. Qu’ils s’agissent des mousses, du commandant Philippe Kieffer, de l’académicien Jean-François Deniau, de l’explorateur Paul-Emile Victor ou du navigateur Eric Tabarly, leur expérience dans la Marine leur a forgé leur caractère, et souvent infléchi la courbe de leur destin.

    «L'homme s'affirme à force d'expérience toujours renouvelée / Apprendre à faire du vent son complice, à faire de la mer sa voie royale / Ainsi naissent les marins» écrivait également l’auteur réalisateur Pierre Dubrulle avant de conclure avec emphase : «A bord, des marins sont à l'œuvre, ils font équipage  / Ils veillent / Les autres pêchent les trésors de la mer ou emportent les richesses de la terre/ Ils veillent pour que ceux-là arrivent à bon port / Ils sont là, toujours et partout, pour prévenir toute menace, pour préserver la liberté des mers /  Ils sont, avec les autres, tous venus de la terre / On les appelle les gens de mer».

    Enquête de Stéphane DUGAST


    Dossier paru dans le bi-mensuel de Marine nationale
    + d'infos à : http://www.defense.gouv.fr/marine

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  • PUBLICATION STRATEGIQUE

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    © With the courtesy of Alhrep

    «Les Pôles», c'est la thématique du dernier numéro du Bulletin d'études de la Marine. Une publication référence sur les océans, la géopolitique maritime et ses acteurs.

    Les_poles.jpgLA CHRONIQUE Au pôle Nord comme au pôle Sud, les glaces sont reines. Situés aux deux extrémités du globe terrestre, l'Arctique et l'Antarctique sont deux déserts blancs longtemps restés à l'écart du monde.

    Si l'on néglige souvent de mentionner l'Antarctique comme le sixième continent de notre planète, l'Arctique est quant à lui en majeure partie un océan entouré de terres habitées, parsemées d'îles telles que le Groenland.

    Au sud, l'Antarctique est une vaste terre encerclée par le large océan austral, sur laquelle, exceptés quelques centaines de chercheurs et scientifiques de passage, aucun être humain n'habite.

    Soumises à des froids intenses, à la nuit polaire la moitié de l'année ainsi qu'à des phénomènes magnétiques longtemps restés inexpliqués, ces deux régions extrêmes de notre planète fascinent par leur beauté autant qu'elles effraient par la rudesse de leur climat, par les dangers encourus et leur isolement.

    Les pôles sont désormais au cœur des préoccupations géopolitiques, stratégiques et environnementales, dérèglements climatiques obligent. Autant de questionnements et d'approches que le dernier numéro du Bulletin d'études de la Marine  aborde dans un numéro spécial intitulé «Les Pôles».

    120 pages d'enquêtes et d'entretiens, dont une enquête «Dans les pas de Paul-Emile Victor», un portrait de l'aventurier polaire et l'interview de son fils, font de cette publication une référence pour les lecteurs (marins) curieux...

    Stéphane DUGAST

    *

    VERSION NUMERIQUE. A lire en intégralité sur le web à :  http://www.cedoc.defense.gouv.fr/Les-Poles-no47-Mars-2010

    VERSION PAPIER. Bulletin d'études de la Marine N°47. A commander en appelant le 01 44 42 82 13 ou en écrivant  au Centre d'Enseignement Supérieur de la Marine (CESM) - BP 8 - 00300 Armées.

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  • MAGIE BLANCHE

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    © Stéphane DUGAST

    Fjord du Sermilik (Groenland Est)
    65° 49 Nord / 37° 34 Ouest

    70 ans après les séjours de l'explorateur polaire français Paul-Émile Victor (1907-1995), la société inuit est en en proie à de profondes mutations sociétales et climatiques. Plus que jamais, les régions polaires sont les baromètres du climat de notre planète en surchauffe... Un cliché du tournage du film de cette expédition initulée "Dans les pas de Paul-Emile Victor, l'aventure polaire", diffusé sur VOYAGE TV & TV5 MONDE, lauréat du prix du Jeune réalisateur des Ecrans d'Aventures 2007.

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  • BANQUISE MEURTRIERE

    BRISE NET !
    Récit et photographies de Stéphane DUGAST

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    © Infographie - Arnaud Créachcadec

    Un rêve : être le premier Français à atteindre le pôle Nord en solitaire et sans ravitaillement. Une quête brisée nette après 18 kilomètres de marche...

    FCB pic 5 W.jpgImpossible de fermer l'œil malgré la fatigue, les 6 heures de décalage horaire à digérer, les 25 décollages et atterrissages en 2 jours et les 32 heures du voyage retour. La nuit a été presque blanche. Et cauchemardesque. Comme une prémonition.

    Au réveil, la radio crachouille ses flashs infos du matin. La litanie habituelle des catastrophes en France et à l'étranger. Les résultats sportifs du week-end aussi. De grandes épopées également comme le tour du monde à l'envers victorieux de Jean-Luc Van Den Heede après trois tentatives infructueuses.

    Pendant ce temps, «Le Cham» alias Frédéric Chamard-Boudet poursuit son aventure à lui. «Là-haut» sur la banquise, à quelques kilomètres de Cape Archtcheschy tout au nord de la Sibérie. Là où nous l'avons laissé sur la banquise à -40°C dans sa tentative en solo et en autonomie complète. Le pôle est encore loin, 980 kilomètres exactement. Encore 60 jours d'effort...

    Entre terre et océan

    La banquise blanche à perte de vue. La lumière est comme tamisée. Le soleil bas au-dessus de l'horizon. LaFCB pic 9 W.jpg montre affiche pourtant 16 heures tapantes.

    Juste devant nous s'étend l'océan Arctique glacial. Derrière, la terre la plus septentrionale en Sibérie. Hormis quelques bidons d'essence et une cabane enfouis dans l'épaisse couche de neige, rien ne distingue la terre de l'océan gelé.

    Posé depuis quelques minutes sur ce sol immaculé, les deux hélicoptères de l'aviation civile russe tranchent avec le paysage dépouillé. Autour des deux carlingues à la robe orange et bleue, on s'affaire religieusement autour de deux pulkas.

    Dominik Ardouin, l'aventurière franco-finnoise est rapidement prête à en découdre avec le grand blanc, sa pulka jaune solidement arrimée.

    Frédéric Chamard-Boudet range méthodiquement ses effets après avoir essayé son fusil dans le froid. Pour s'attaquer au pôle, chaque aventurier embarque une arme. Les rencontres avec un ours polaire sont courantes.

    Marin dans la brume

    FCB pic 20 W.JPGLes ultimes préparatifs des deux aventuriers se font sans précipitation et dans le calme. Les deux sont presque muets. Complètement dans leur bulle.

    Derniers réglages. Sanglage de la pulka et des boots de traction sur le baudrier. Ajustage du masque sur le visage pour se protéger du vent polaire. Dernières accolades avec les accompagnateurs. Personne ne pipe un mot. I

    ndifférents à cette préparation quasi silencieuse, les pilotes multiplient les allers-retours entre les hélicoptères et la cabane. Il faut refueler les deux hélicos pour rentrer à la base de Sredny à une heure et quart de vol.

    Dominik Ardouin s'est déjà élancée depuis quelques minutes lorsque le marin et sa pulka couleur pomme et cerise s'ébrouent. Derniers regards. Ultimes encouragements.

    En guise de salut, les bras et les bâtons de skis s'élèvent et s'agitent. L'aventurière haute comme trois pommes et sa pulka de 50 kilos ont déjà disparu à l'horizon.

    Plus que le bruit des skis raclant la neige. La brume enveloppe le «marin des glaces». La nuit polaire ne va pas tarder à tomber.

    «Il a échappé de peu à la mort...» 

    FCB pic 12 W.jpgKlaxon et bruit de sirènes. Paris la nuit. Paris le jour. Réveil difficile. Rapidement déballer le sac de reportage et laver le linge sale avant de foncer à la rédaction de l'hebdomadaire de la Marine.

    L'odyssée sibérienne est terminée. Les rêvasseries aussi lorsque retentit la sonnerie du téléphone. «Frédéric a déclenché sa balise Argos. Il a échappé de peu à la mort...». À l'autre bout du fil, la voix de son épouse Véronique s'étrangle. Stupeurs et tremblements.

    Autre coup de fil, Cerpolex les organisateurs français des expéditions polaires de Frédéric, Christine Janin, Jean-Louis Etienne et de tant d'autres. «Frédéric est en mauvaise posture. D'après son coup de téléphone, il est tombé dans une eau à -1.8°C pendant 4 minutes. Il aurait quand même réussi à monter son bivouac et tente de se réchauffer les mains».

    Tout va très vite dans la tête. L'eau à -2°C. La température de l'air oscillant jusqu'à -30°C. Aucune source de chaleur excepté une tente à monter et un réchaud à allumer mais avec les pieds et les mains gelés...

    Un vrai martyre ! Je me rappelle mon retour dans l'hélicoptère. Mes mains et mes pieds gelés que j'ai eu mille peines à réchauffer près d'une source de chaleur. Si dérisoire par rapport à ce que doit endurer le «marin des glaces».

    Pendant 3 jours, les secours s'organisent. Les coups de téléphones seront innombrables. Les marques d'affection aussi. Viendra la plus belle, celle d'un officier de marine épris lui aussi d'aventure : «Le vrai défi est bien celui dont l'issue reste incertaine...».

    Frédéric sera sauvé.  Le précédant à son départ depuis la terre la plus septentrionale, Dominik Ardouin disparaîtra deux jours plus tard. Jamais son corps ne sera retrouvé, «englouti» par la banquise meurtrière cette année là.

    «Là-haut», tout là-haut, sur la banquise, la moindre erreur peut s'avérer fatale...

    logo cb.jpgRécit publié dans Cols Bleus, l'hebdomadaire de la Marine nationale depuis 1945.

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  • RECIT POLAIRE 3|3

    EN COULISSES 3|3
    Récit et photographies de Stéphane DUGAST

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    Sept décennies après ses hivernages au Groenland oriental, j'ai glissé mes pas dans ceux de Paul-Emile Victor (1907-1995) afin de raconter le destin d'une des figures emblématiques de l'aventure polaire du vingtième siècle et une région du globe en pleine mutation. Ultime volet du récit de cette aventure polaire racontée dans un livre, une exposition, un film documentaire et dans la presse.

    FCB pic 15 W.jpgC'est lors d'un quart pendant une nuit étoilée que l'idée de réaliser ces voyages-expéditions en milieu polaire a germé. Sur le pont détrempé de la goélette de la Marine nationale Belle Poule, le Groenland et Paul-Emile Victor se sont enfin conjugués. Clin d'œil à ma vocation polaire, le marin-aventurier Frédéric Chamard-Boudet, dit «Le Cham'», achevait sa carrière dans la Royale sur ce navire-école.

    Frédéric, je lui dois ma première expérience polaire. Solide gaillard bâti comme un deuxième ligne de rugby, ancien radio transmetteur chez les commandos Marine, le «Cham'» est un passionné de voyages et d'expéditions.

    En digne héritier des marins explorateurs comme Pierre Loti ou Jules Dumont d'Urville, découvreur de la terre Adélie, ce fondu de voile a décidé de marcher sur un océan et de rejoindre, en solitaire et sans ravitaillement, le pôle nord depuis la Sibérie. 

    Reporter «officiel» de son expédition, c'est à cette occasion que j'ai découvert le monde polaire. En Sibérie centrale durant l'hiver 2004, j'ai ainsi effectué mes premiers pas au pays des glaces.

    Au cap Arkitcheski, à la pointe de l'île Severnaya zemiya, j'ai pu contempler la banquise pour la première fois de ma vie. D'abord, depuis le hublot de l'Iliouchine 8, l'un des deux hélicoptères de l'aviation civile russe dans lesquels avec d'autres membres d'expéditions nous avons embarqué. Vue du ciel, cette  vaste étendue blanche à perte de vue, avec ses longues cicatrices et ses fractures causées par les courants, m'a instantanément fasciné. Au sol, le silence de cathédrale qui y règne m'a figé.

    Ce jour là s'étendait l'océan arctique glacial à perte de vue. Droit devant, le pôle nord à 980 kilomètres. Pour l'atteindre, 60 jours de marche au moins. Posés depuis quelques minutes sur ce sol immaculé, les deux hélicoptères de l'aviation civile russe semblaient perdus dans cette immensité malgré leur taille imposante. Tandis qu'autour des deux carlingues à la robe orange et bleu aventuriers et accompagnateurs s'affairaient, j'ai pris le temps de m'isoler et de me perdre dans une «forêt» de blocs de glaces sculptés par les marées et les vents.

    Le silence absolu seulement rythmé par ma respiration bruyante m'a saisi. Méditant quelques minutes à l'écart, je me suis imprégné du moment. Dans ce paysage dépouillé calme et fureur de la Nature se mélangeaient. De ces instants trop furtifs sur l'océan arctique gelé est née une intime conviction : revenir s'immerger dans un univers similaire. Russie ? Alaska ? Canada ? Antarctique ? Je ne le savais pas encore.

    L'idée d'un reportage en milieu polaire ne me quittera plus. En Sibérie central, les pieds gelés, les mains engourdies, les lèvres gercées, la chaire de poule en continu et les onglées nombreuses, j'y ai appris un univers et ses dures lois. En me rendant deux ans plus tard sur la côte orientale du Groenland, j'allais de nouveau être aimanté comme «Pôle»-Émile Victor !

    De prime abord sauvage, hostile et figé, les univers polaires révèlent leurs mille et une facettes à qui sait patiemment les arpenter, les regarder, les ausculter, les sentir et les écouter attentivement. On dit d'ailleurs que c'est à ce prix que les icebergs respirent, murmurent, chuchotent puis vous parlent... (FIN)

    «Dans les pas de Paul-Émile Victor» sur Internet, rendez-vous sur : www.danslespasdepaulemilevictor.fr

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  • RECIT POLAIRE 2|3

    EN COULISSES 2|3
    Récit et photographies de Stéphane DUGAST

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    Sept décennies après ses hivernages au Groenland oriental, j'ai glissé mes pas dans ceux de Paul-Emile Victor (1907-1995) afin de raconter le destin d'une des figures emblématiques de l'aventure polaire du  vingtième siècle et une région du globe en pleine mutation. Deuxième volet du récit de cette aventure polaire racontée dans un livre, une exposition, un film documentaire et dans la presse.

    PEV 11 W.jpgEn suivant le sillage de Paul-Emile Victor sept décennies après ses séjours sur la côte orientale du Groenland, pénétrer au cœur des traditions et de l'âme Inuit a été notre leitmotiv. Une suite d'enquêtes minutieuses nous a permis de retrouver les empreintes laissées par «l'ami Paul-Émile», comme nous l'appelons désormais affectueusement.

    Durant ce voyage au fil des glaces, nous avons eu le bonheur de rencontrer les derniers survivants Inuits (désormais octogénaires), témoins des passages du kratouna («blanc» en tunumiutut) «qui écrivait tout le temps et imitait le singe pour faire rire les enfants».

    Tout au long de ce voyage initiatique, notre parcours a également été jalonné par de lumineuses rencontres. Tobias le chasseur, Silba, Gerti ou Max l'étonnant professeur marseillais, tous nous ont raconté, avec ferveur et enthousiasme, la vie contemporaine et celle des «temps anciens».

    En écho aux récits épiques et aux clichés artistiques de «l'ami Paul-Émile», j'ai  été conquis par la magie de cette région du globe pourtant menacée par les effets du réchauffement climatique. Tandis que les glaciers fondent inexorablement, la banquise - le territoire de prédilection des chasseurs Inuits -  se réduit, aussi bien en superficie qu'en épaisseur.

    Les répercussions de ces dérèglements climatiques sont  d'ores et déjà palpables pour la communauté Inuit. En s'amincissant, la banquise a ainsi rendu tout déplacement en traîneaux aléatoire le long de la côte orientale du Groenland. A cause de la disparition de la banquise hivernale dans les fjords durant la dernière décennie écoulée, les Inuits privilégient désormais les bateaux à moteur au détriment des chiens, privés d'activité faute de banquise.

    En réponse à ces changements, la majorité des chasseurs a également préféré tuer ses chiens plutôt que d'en assurer l'entretien. L'utilisation du bateau à moteur s'est systématisée été comme hiver. Les habitants d'Ammassalik sont aux premières loges du réchauffement climatique. Paradoxalement, la plupart des 3 000 Inuits peuplant cette région froide du globe semblent moins inquiets de ces récents bouleversements que les Occidentaux.

    «Les hivers sont plus courts et en plus il fait moins froid !» entend-on dans les rues de Tasilaaq, la principale agglomération concentrant le 2/3 des habitants. À l'inverse des sédentaires déconnectés de leur environnement, la poignée de chasseurs - une soixantaine tout au plus - est, quant à elle, préoccupée par ces dérèglements climatiques.

    Si il est difficile pour les Inuits d'imaginer tous les scenarii d'évolutions climatiques envisagés par la communauté scientifique internationale plutôt alarmiste quant à l'impact de la fonte des glaciers au Groenland sur les activités humaines (élévation du niveau des océans, instabilité des modèles météorologiques,  inflexion des courants marins...), ces récents dérèglements climatiques visibles dans la région d'Ammassalik envoient des signaux forts au reste de la Terre. Les régions polaires sont plus que jamais le baromètre de la planète en surchauffe...

    (A SUIVRE)


    «Dans les pas de Paul-Émile Victor» sur Internet, rendez-vous sur  : www.danslespasdepaulemilevictor.fr

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  • RECIT POLAIRE 1|3

    EN COULISSES 1|3
    Récit et photographies de Stéphane DUGAST

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    Sept décennies après ses hivernages au Groenland oriental, j'ai glissé mes pas dans ceux de Paul-Emile Victor (1907-1995) afin de raconter le destin d'une des figures emblématiques de l'aventure polaire du  vingtième siècle et une région du globe en pleine mutation. Le récit et les coulisses de cette aventure polaire racontée dans un livre, une exposition, un film documentaire et dans la presse.

    DANSLESPAS 4 W.jpgAnimé par les mêmes valeurs humaines et humanistes que notre illustre aîné, j'ai initié, en compagnie de Xavier Desmier, photographe à l'agence photographique Rapho, deux voyages-expéditions au Groenland oriental. Là même où Paul-Emile Victor a séjourné entre 1934 et 1937.

    Avec Xavier, photoreporter rompu et aguerri aux reportages en milieu polaire aux côtés de  Jean-Louis Etienne ou du cinéaste Luc Jacquet (NDLR : le réalisateur du film «La marche de l'empereur»), nous nous sommes rendus pendant l'hiver 2006 dans cette région située juste au-dessous du cercle polaire (66°33' N).

    Au cours de nos pérégrinations en traîneaux à chiens, en bateau, en raquettes ou à pied, nous avons d'abord souhaité partager, en toute simplicité et sans fard, le quotidien des derniers chasseurs nomades afin de mieux comprendre leurs réalités.

    L'été suivant, nous sommes revenus dans cette région polaire accompagnés, cette fois, de Stéphane, l'un des fils de Paul-Émile Victor, et d'Emmanuel Pittet, caméraman et producteur. Avec les mêmes chasseurs Inuits et leurs familles (un privilège rare), nous avons vécu une chasse nomade estivale comme les effectuaient jadis les Eskimos.

    Le but de ce voyage estival consistait cette fois à atteindre le fjord sauvage et inhabité de Kangerlussuatsiaq, le «Presque-pas-tout-à-fait-grand-fjord» en tunumiutut (le dialecte local). C'est sur cette île aux dimensions modestes (2 kilomètres au plus de diamètre) que l'explorateur et ethnologue français a hiverné, entre l'été 1936 et l'été 1937, en compagnie de chasseurs eskimos.

    A Kangerlussuatsiaq distant de 150 kilomètres du village le plus proche, Paul-Émile Victor (dit «Wittou» par ses amis eskimos) a partagé, auprès de sa compagne eskimo Doumidia, le quotidien précaire et authentique de sa famille d'adoption. L'ethnographe y a poursuivi sa méticuleuse enquête ethnologique. Comme ses compagnons, il a chassé également l'ours et le phoque.

    Après 14 mois de vie «comme un Eskimo parmi les Eskimos», de multiples voyages en traîneaux, le scorbut, la faim et d'intenses moments de partage, Wittou a quitté à regrets sa «famille» lors de la débâcle de la banquise.

    De retour en France en septembre 1937, Paul-Émile Victor écrira deux récits de son odyssée au pays des Eskimos. Publiés respectivement en 1938 et 1939, «Boréal» et «Banquise» connaîtront un franc succès auprès du grand public.

    Multipliant conférences et articles dans la presse, l'écrivain-ethnographe deviendra un homme populaire et un infatigable conteur de la société des Eskimos qu'il baptisera : la «civilisation du phoque». (A SUIVRE)

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  • DIFFUSIONS HIVERNALES

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    DIFFUSIONS DU FILM 52 MN «DANS LES PAS DE PAUL-EMILE VICTOR»
    SAMEDI 23 JANVIER - 09.25
    DIMANCHE 24 JANVIER - 01.20
    LUNDI 1 FEVRIER - 21.40
    MARDI 2 FEVRIER - 00.50
    JEUDI 4 FEVRIER - 16.00

    DIMANCHE 7 FEVRIER - 16.35

    95c36b2fa9ed245f400fb5894a61e2c7.jpgRESUME
    Aventurier, ethnographe, meneur d'expéditions polaires, pionnier de l'écologie, écrivain et dessinateur de talent, homme d'influence et médiatique, Paul-Emile Victor (1907-1995) a marqué son époque et influencé bon nombre de vocations dans notre siècle. La vie du célèbre aventurier consacrée à l'exploration des pôles et à des séjours au Groenland oriental (entre 1934 et 1937) a fortement marqué son oeuvre. 70 ans plus tard, Stéphane Victor, l'un de ses fils, est revenu sur cette terre polaire si chère à son père...

    COULISSES

    « C'est grâce à la Guilde à laquelle Stéphane Victor est très attaché depuis de nombreuses annéesba_paul_emile_victor_web.jpg qu'il a pu rencontrer le reporter et réalisateur Stéphane Dugast. Ce dernier a eu l'initiative de ce voyage au Groenland oriental et a proposé à Stéphane de faire partie de son équipe, alors constituée du photographe Xavier Desmier. Le but de l'aventure était de retourner marcher dans les pas de Paul-Emile Victor. Lors de ses séjours à la fin des années 30, les Eskimo (désormais les « Inuit ») étaient essentiellement des chasseurs nomades. Aujourd'hui cette société a changé. Dans ce documentaire truffé d'images magnifiques et émouvantes - des icebergs, des paysages cristallins et des visages Inuit, il sera question de ces profondes mutations, de Paul-Emile Victor et de son oeuvre »

    DANS LES PAS DE PAUL-EMILE VICTOR, L'AVENTURE POLAIRE
    Réalisation /  Stéphane Dugast
    Production/  Méchant Loup Production
    Diffusions / VOYAGE (Groupe FOX) & TV5 Monde
    Prix du jeune réalisateur "Ecrans d’aventures 2007"

    Voyage TV est une chaîne de télévision consacrée à la découverte et à l'évasion à travers les voyages.

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  • INSTANT POLAIRE

    Un cliché du "royaume" des glaces pour vous souhaiter une excellente et heureuse année 2010.
    Que cette nouvelle année vous apporte joie, bonheur, santé  prospérité
    et
    félicité !

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    Fjord du Sermilik / Groenland
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  • AU ROYAUME DES ICEBERGS

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    © Stéphane Dugast

    Un voyage proposé par Grand Nord Grand Large (GNGL) durant lequel Stéphane Victor, fils de Paul-Emile Victor, sera conférencier...

    Image_2_t.jpgL'ESPRIT - Extrait de la plaquette de GNGL / « Nous filons vers le Groenland, la région de Tasiilaq et naviguons le long de la côte orientale du Groenland. En apercevant d’abord la fameuse calotte glaciaire, enjeu de nombreuses recherches scientifiques et d’aventures sportives, nous traversons le cercle polaire pour tenter d’atteindre le célèbre fjord de Kangerlussuatsiaq. Au fil de notre cabotage, nous revivrons cette période héroïque de l’histoire polaire française. Cartes et lieux de dépose rappellent quotidiennement que c’est sur ces côtes que le célèbre ethnologue jurassien forgea sa destiné polaire. Le Groenland, toujours d’actualité, au même titre que le milieu polaire au sens large, est l’enjeu de nombreuses recherches qui ont toutes un point commun : le réchauffement climatique. Prix calculé sur la base d’une réservation en cabine triple, partagée. Selon disponibilité, une catégorie supérieure pourrait être proposée avec supplément. En vous inscrivant pour pourrez choisir de poser une simple option, de payer par chèque, ou directement en ligne (sécurisé).

    Voyage "Groenland, Sur les traces de P-E Victor, Gessain, Perez" Du 29/08/2009 au ou du 08/09/2009 au 08/09/2009 18/09/2009.

     

    GRO504V01.JPGINFOS TECHNIQUES

    Transport des bagages : bateau. Vous ne portez que vos affaires de la journée. Hébergement : cabine triple, double avec salle de bains privée ou partagée, supérieure ou suite. Nourriture : salle de restaurant à bord du bateau. Encadrement : chef d’expédition, spécialiste du milieu polaire, conférenciers, proches des familles Victor et Gessain, des expéditions polaires françaises. Transport aérien : vols réguliers (Icelandair). Groupe : 53 participants maximum. Non compris dans le prix : les assurances, les frais d’inscription, les boissons à bord, les pourboires à l’équipage. Attention conditions particulières d'annulation.

     

    Le site web de Grand Nord Grand Large

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  • BANDE-ANNONCE "DANS LES PAS DE PAUL-EMILE VICTOR"

    Réalisation : Stéphane Dugast
    Production : Méchant Loup Production
    Diffusions : VOYAGE (Groupe FOX) & TV5 Monde
    Prix du jeune réalisateur "Ecrans d’aventures 2007"

    REGARDEZ LA BANDE-ANNONCE (8'30)

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