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paul-emile victor - Page 5

  • SEMAINE POLAIRE

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    Passions polaires obligent ! Direction Les Rousses dans le Jura pour participer à la 14ème édition de la semaine du livre polaire et de montagne. Rendez-vous du 3 au 8 août prochains.

    La semaine du livre polaire et de montagne, ce sont 5 jours consacrés à la littérature du grand nord et de la montagne. Livres neufs, livres d'occasions, animations, randonnée pédestre et expositions, atelier d'écriture sont au programme.

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    EN SAVOIR PLUS
    Le programme du festival est consultable sur le site web du Centre Paul-Emile Victor  à http://www.centrepev.com/semaine-du-livre-polaire-et-de-montagne.htm


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  • BREIZH ATAO (Bretagne toujours !)

    LABRETAGN_Ip001p048_FR_043H.jpgÀ la veille des grandes vacances, focus sur un livre de la collection Le Père Castor dédié à une région entre terre et mer : la Bretagne. «Breton du Sud» (de naissance), j’ai inévitablement adoré…

    La Bretagne fait toujours recette ! La preuve avec ce « Beau-Livre », pour les grands comme les petits, faisant étalage des atouts et des richesses de cette région aux quatre départements (Finistère, Morbihan, Ile-et-Vilaine et Côtes d’Armor), auxquels il faut historiquement ajouter la Loire-Atlantique.

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    LE SAVIEZ VOUS ?

    Le Père Castor, c’est une collection lancée dès 1931 par Flammarion. Objectif affiché de l’éditeur ? Publier des ouvrages de qualité et à prix abordable, tout en incitant le jeune lecteur à la découverte du monde qui l’entoure grâce aux images évocatrices appuyées par des textes courts. À noter qu’en 1948, Paul Faucher lance la collection «Les Enfants de la Terre», destinée aux enfants de 7 à 12 ans, et publie comme premier titre Apoutsiak le petit flocon de neige, écrit et dessiné par l’explorateur polaire Paul-Émile Victor (1907-1995).

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    Îles battues par les vents, maisons aux toits d'ardoise, galettes de blé noir, danses folkloriques, menhirs, dolmens ou forêts mythiques… Si rien ne vous est épargné de l’image carte postale de la Bretagne, ce livre - grâce à ses textes concis agrémentés d’illustrations attrayantes - a le mérite de tout condenser.

    Organisé autour de différents modules, cet ouvrage incite, de surcroît, tout lecteur (breton ou non) à découvrir de manière ludique cette région de France à forte identité.

    Forcément, après lecture, la Bretagne ça vous gagne !

    Stéphane DUGAST
    Ilustrations de Nathalie RAGONDET
    © Flammarion - Père Castor, 2013

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    > À  LIRE

    La Bretagne
    et ses contes, ses visites, ses recettes… de Violaine Troffigue et Nathalie Ragondet. Collection Le grand livre des régions / Le Père Castor. 48 pages - 13 € (Flammarion)

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  • ŒUVRES UTILES

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    11 auteurs de renom parlent d’Aventure, de son sens et de son utilité. Un livre à contre-courant des valeurs en vogue de notre société. Forcément fort instructif…

    Patrice Franceschi a de la suite dans les idées. Tour à tour explorateur, bûcheron, soldat, marin, écrivain et cinéaste, le voilà désormais promu directeur littéraire aux éditions du Seuil.

    A la tête d’une nouvelle collection intitulée « Points – Aventure »,  le capitaine de La Boudeuse a réuni autour de lui 11 pointures du monde de l’Aventure et de l’exploration.

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    11 plumes de renom et 11 de ses amis, dont Sylvain Tesson, Olivier Frébourg, Laurent Joffrin, Olivier Archambeau de la Société des Explorateurs Français ou encore Martin Hirsch et Jean-Christophe Rufin.

    Le résultat est fort plaisant pour qui aime se poser des questions sur l’esprit d’aventure. En racontant librement sa vision, chacun des auteurs fait, de surcroît, moins étalage de son expérience que des valeurs qui l’animent. 

    Dans une société où le sacro-saint  « principe de précaution » et le tout sécurité prévalent, cet ouvrage est une véritable bouffée d’oxygène, qui devrait faire naître des vocations, ou inciter les autres à se dépasser et à partir à la rencontre d’horizons lointains. 

    Voyages et littérature font décidément fort bon ménage, ce qu’a flairé Patrice Franceschi, en homme de terrain et homme de Lettres. Objectif avoué de l'intéressé ? Remettre au goût du jour des récits d’exploration oubliés.

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    Ainsi va être prochainement publié un second ouvrage - intitulé Dernières Nouvelles du Sud - racontant cette fois les aventures menées par Luis Sepulveda et Daniel Mordzinski de Buenos Aires à la Terre de Feu.

    Autre ouvrage prévu de prochainement paraître en librairie : Boréal ou le récit de l’aventure ethnographique de Paul-Emile Victor au Groenland en 1934 « eskimo parmi les eskimos » 

    En plus de mener depuis des années de savantes réflexions sur l’Aventure, Patrice Franceschi fait désormais œuvre utile en publiant des récits d’explorations. « Et ce n’est que le début ! », a d’ailleurs promis l’intéressé dans un large sourire. Collection à suivre donc…

    Stéphane DUGAST
     

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  • UNDER THE POLE II : IVRESSES POLAIRES

    22 mois d'exploration entre le cercle polaire arctique et l'extrême pointe nord du Groenland, c’est le second volet d’Under the pole, une expédition polaire sous-marine audacieuse.

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  • RÊVES DE GLACE 1|4

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    De prime abord, l’idée parait saugrenue. Remorquer des icebergs et les exploiter afin de produire de l’eau douce, c’est pourtant l’obsession de l’ingénieur français Georges Mougin depuis plus de quatre décennies. Retour sur la génèse de ce projet.

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    1947, Georges Mougin coordonne avec le concours d'un architecte naval danois les travaux de transformation d'un navire issu des surplus de la Marine américaine qui sera transformé en bateau polaire au profit des Expéditions Polaires Françaises (EPF), initiées par un dénommé Paul-Emile Victor. Les deux hommes nouent une solide amitié tout en vaquant chacun par la suite à leurs occupations.  

    1975, Georges Mougin est contacté par l’explorateur polaire français lui-même consulté par le fils aîné du roi Fayçal d’Arabie Saoudite, en charge de trouver de nouvelles potentialités pour son pays.

    Alors président directeur général de la Salin Water Conversion Corporation d’Arabie Saoudite, le prince Mohamed al-Fayçal dispose d’un budget pharamineux.

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    Conscient des inconvénients du dessalement de l’eau de mer et du potentiel en eau douce des icebergs, il a contacté Paul-Émile Victor qui va à son tour contacter un « spécialiste » : Georges Mougin.

    « Ça a fait tilt chez Paul-Émile, qui s’est souvenu de nos discussions et de mes études sur les icebergs. Je suis ainsi rentré en rapport avec le prince Mohamed », se souvient l’intéressé. 

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    Ainsi naîtra la société Iceberg Transport International, financée par le prince en vue d’étudier la faisabilité du transfert d’icebergs vers l’Arabie.

    Fort de la manne princière, les études sont lancées. La zone de sélection des icebergs est vite repérée. Pour acheminer un iceberg dans l’océan Indien, il faut le prendre au Sud de l’Atlantique, car la dérive naturelle l’emmène vers l’Est. Le projet est en marche... (À SUIVRE) 

    Stéphane DUGAST
    Images © IceDream



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  • LE GROENLAND DE MICHA

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    Fidèle compagnon de l'explorateur polaire Paul-Emile Victor, Michel Pérez (dit «Micha») a lui aussi écrit ses carnets de route pendant leurs expéditions au Groenland dans les années 1930. Près de 80 ans plus tard, les récits de «Micha» sont enfin publiés...

    Août 1934, quatre jeunes explorateurs intrépides débarquent sur la côte orientale du Groenland depuis le navire « Pourquoi Pas ? », alors commandé par Jean-Baptiste Charcot (1867-1936). Parmi eux : Michel Pérez, ingénieur fraîchement diplômé et passionné de montagnes.

    Ami de longue date de Paul-Emile Victor, le Suisse a accepté d’emblée de se joindre à la première « expédition scientifique française sur la côte orientale du Groenland ». Aux côtés des deux amis, deux autres compagnons : Robert Gessain, médecin-antropologue et Fred Matter-Stevenier, cinéaste.

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    Exhumés des archives familiales par François, l'un de ses fils, ces carnets sont les notes personnelles que Michel Pérez (1909-1994) a rédigées pendant ses séjours groenlandais avec ceux que l’on appelait alors les « Eskimos ».

    Préfacé par Joëlle Robert-Lamblin, anthropologue et spécialiste de l’œuvre des « Quatre du Groenland », cet ouvrage permet d’appréhender autrement les expéditions menées par Paul-Emile Victor (1907-1995).

    Un récit de voyage écrit sans fard, ni fausse pudeur, qui plonge immanquablement le lecteur au cœur de ces expéditions sillonnant alors une région du globe jusqu’alors peu explorée et encore pas cartographiée. 
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    Ce récit resté trop longtemps confidentiel est signé par l'un des plus fidèles compagnons de route de Paul-Émile Victor qui deviendra après-guerre l’un des co-fondateurs des Expéditions Polaires Françaises (EPF) avant de poursuivre ses activités au sein du monde de l'entreprise et des Nations Unies.

    Grâce à la ténacité de son fils François Pérez et de Lionel Bedin, un éditeur audacieux basé dans les Alpes, les écrits de « Micha » ressuscitent. De quoi ravir les férus de récits d'exploration. (SD)

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    A LIRE // Carnets du Groenland (1934-35) de Michel Pérez. 192 pages – 17 euros. Collection « Mondes ouverts » aux Editions Livres Du Monde. Un livre à commander sur www.livresdumonde.net 

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  • BREST MÊME !

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    20 ans tout rond ! Rendez-vous du 13 au 19 juillet prochain pour la vingtième édition des fêtes maritimes de la cité du Ponant astucieusement baptisées Les Tonnerres de Brest 2012.

    De l’aveu de ses organisateurs, cette manifestation maritime unique dans l’Hexagone va faire vibrer les quais, onduler la rade de cette cité océane, illuminée par les plus belles flottilles du patrimoine maritime mondial. Aux curieux visiteurs de juger in situ !

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    Pour les amoureux de monde polaire, je serai sur place le lundi 16 juillet prochain à l’espace des villages des cultures arctiques afin de présenter le film 52 minutes Dans les Pas de Paul-Emile Victor. Débat (fructueux à l’issu). Et reportage photo à suivre sur le blog Embarquements et sur mon facebook pour être en direct de Brest (même)…

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  • UNE LONGUE ROUTE

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    « Avancer que coûte que coûte même si les raquettes aux pieds semblent peser des tonnes. Pousser sur ses bâtons. Trébucher parfois, se relever, toujours avancer. Ce matin, la neige colle aux pattes des hommes comme à celles des chiens. Impossible pour ces derniers de tirer un traîneau à pleine charge dans ces conditions. C’est alors aux hommes de faire la trace et de rendre possible le passage de cette caravane.

    Le souffle court. Les cuisses brûlantes. J’avance coûte que coûte la lanière d’une de mes raquettes entre les dents. Dès l’attaque de la montée, la lanière a lâché. Sur une jambe et demie, je souffle comme la cheminée d’un train à vapeur. Chacun de mes pas est laborieux et maladroit. De surcroît, cette foutue poudreuse vient se fourrer entre mon pied droit et la raquette tout en s’agglutinant en boules compactes impossibles à concasser.

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    Sans raquette au pied gauche, je m’enfonce jusqu’à mi-cuisse dans la neige épaisse tandis que ma jambe droite plonge dans cette poudreuse jusqu’à la cheville. L’équilibre est alors précaire. L’engagement physique est total. Si la montée paraît interminable, mon moral est inébranlable et inoxydable. Pousser, tirer et avancer. Toujours avancer. Malgré les chutes inévitables. De la neige jusqu’à la taille, il faut alors se relever (d’une manière souvent peu académique) puis avancer. Toujours avancer.

    À intervalles réguliers, un cri se perd dans l’immensité de cet espace noyé progressivement dans la brume. C’est la voix de Moorta, l’un de nos guides inuits. De la main, il m’indique alors sommairement la direction à suivre. Le plus souvent, c’est là où la couche de neige se révèle la plus profonde. En temps ordinaire, une telle situation m’aurait prodigieusement agacé. Aujourd’hui, je suis heureux. Heureux d’être confronté à ces éléments et à ces paysages que Paul-Émile Victor détaille et décrit dans ses récits épiques. Son ouvrage Boréal et Banquise est ma « bible » depuis de nombreux mois. Ce que je pressentais avant ce périple se vérifie : le bonheur absolu est à portée de doigts à condition de s’y employer entièrement »

    Stéphane DUGAST
    Photographies : Stéphane DUGAST / Paul-Emile Victor

     

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    Extraits du Beau-Livre « Dans les pas de Paul-Emile Victor. Vers un réchauffement climatique ? » (Michel Lafon)

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  • LA UNE QUE VOUS NE VERREZ PAS

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    L'ENQUETE - «Marin, homme venu de la terre face à la mer qui l'appelle, face à la mer qu'il redoute /  Relever le défi / Se décider à s'aventurer loin des côtes» écrivait Pierre Dubrulle, ancien officier devenu le «Monsieur cinéma» de la Marine pendant plus de trois décennies. A ces écrits poétiques, la nouvelle directive édictée cette année par les autorités de la Marine nationale quant aux finalités du métier de marin d’Etat répond de façon plus dogmatique : «Etre marin, c’est être combatif. En tout lieu et en tout temps, le métier de marin demande un niveau d’exigence élevé. Nul ne peut se contenter de vivre sur ses acquis. Au contraire, il faut être capable de faire face».

    Marin d’état, plus qu’un métier, un état d’esprit qui s’est forgé à travers les générations. En s’intéressant à un livre-hommage dédié à une école «fabriquante» de marins valeureux ainsi qu’à des personnalités emblématiques du monde maritime, Cols Bleus raconte dans ce numéro des «Destins de marins» à l’empreinte inoxydable. Qu’ils s’agissent des mousses, du commandant Philippe Kieffer, de l’académicien Jean-François Deniau, de l’explorateur Paul-Emile Victor ou du navigateur Eric Tabarly, leur expérience dans la Marine leur a forgé leur caractère, et souvent infléchi la courbe de leur destin.

    «L'homme s'affirme à force d'expérience toujours renouvelée / Apprendre à faire du vent son complice, à faire de la mer sa voie royale / Ainsi naissent les marins» écrivait également l’auteur réalisateur Pierre Dubrulle avant de conclure avec emphase : «A bord, des marins sont à l'œuvre, ils font équipage  / Ils veillent / Les autres pêchent les trésors de la mer ou emportent les richesses de la terre/ Ils veillent pour que ceux-là arrivent à bon port / Ils sont là, toujours et partout, pour prévenir toute menace, pour préserver la liberté des mers /  Ils sont, avec les autres, tous venus de la terre / On les appelle les gens de mer».

    Enquête de Stéphane DUGAST


    Dossier paru dans le bi-mensuel de Marine nationale
    + d'infos à : http://www.defense.gouv.fr/marine

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  • PUBLICATION STRATEGIQUE

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    © With the courtesy of Alhrep

    «Les Pôles», c'est la thématique du dernier numéro du Bulletin d'études de la Marine. Une publication référence sur les océans, la géopolitique maritime et ses acteurs.

    Les_poles.jpgLA CHRONIQUE Au pôle Nord comme au pôle Sud, les glaces sont reines. Situés aux deux extrémités du globe terrestre, l'Arctique et l'Antarctique sont deux déserts blancs longtemps restés à l'écart du monde.

    Si l'on néglige souvent de mentionner l'Antarctique comme le sixième continent de notre planète, l'Arctique est quant à lui en majeure partie un océan entouré de terres habitées, parsemées d'îles telles que le Groenland.

    Au sud, l'Antarctique est une vaste terre encerclée par le large océan austral, sur laquelle, exceptés quelques centaines de chercheurs et scientifiques de passage, aucun être humain n'habite.

    Soumises à des froids intenses, à la nuit polaire la moitié de l'année ainsi qu'à des phénomènes magnétiques longtemps restés inexpliqués, ces deux régions extrêmes de notre planète fascinent par leur beauté autant qu'elles effraient par la rudesse de leur climat, par les dangers encourus et leur isolement.

    Les pôles sont désormais au cœur des préoccupations géopolitiques, stratégiques et environnementales, dérèglements climatiques obligent. Autant de questionnements et d'approches que le dernier numéro du Bulletin d'études de la Marine  aborde dans un numéro spécial intitulé «Les Pôles».

    120 pages d'enquêtes et d'entretiens, dont une enquête «Dans les pas de Paul-Emile Victor», un portrait de l'aventurier polaire et l'interview de son fils, font de cette publication une référence pour les lecteurs (marins) curieux...

    Stéphane DUGAST

    *

    VERSION NUMERIQUE. A lire en intégralité sur le web à :  http://www.cedoc.defense.gouv.fr/Les-Poles-no47-Mars-2010

    VERSION PAPIER. Bulletin d'études de la Marine N°47. A commander en appelant le 01 44 42 82 13 ou en écrivant  au Centre d'Enseignement Supérieur de la Marine (CESM) - BP 8 - 00300 Armées.

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  • MAGIE BLANCHE

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    © Stéphane DUGAST

    Fjord du Sermilik (Groenland Est)
    65° 49 Nord / 37° 34 Ouest

    70 ans après les séjours de l'explorateur polaire français Paul-Émile Victor (1907-1995), la société inuit est en en proie à de profondes mutations sociétales et climatiques. Plus que jamais, les régions polaires sont les baromètres du climat de notre planète en surchauffe... Un cliché du tournage du film de cette expédition initulée "Dans les pas de Paul-Emile Victor, l'aventure polaire", diffusé sur VOYAGE TV & TV5 MONDE, lauréat du prix du Jeune réalisateur des Ecrans d'Aventures 2007.

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  • BANQUISE MEURTRIERE

    BRISE NET !
    Récit et photographies de Stéphane DUGAST

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    © Infographie - Arnaud Créachcadec

    Un rêve : être le premier Français à atteindre le pôle Nord en solitaire et sans ravitaillement. Une quête brisée nette après 18 kilomètres de marche...

    FCB pic 5 W.jpgImpossible de fermer l'œil malgré la fatigue, les 6 heures de décalage horaire à digérer, les 25 décollages et atterrissages en 2 jours et les 32 heures du voyage retour. La nuit a été presque blanche. Et cauchemardesque. Comme une prémonition.

    Au réveil, la radio crachouille ses flashs infos du matin. La litanie habituelle des catastrophes en France et à l'étranger. Les résultats sportifs du week-end aussi. De grandes épopées également comme le tour du monde à l'envers victorieux de Jean-Luc Van Den Heede après trois tentatives infructueuses.

    Pendant ce temps, «Le Cham» alias Frédéric Chamard-Boudet poursuit son aventure à lui. «Là-haut» sur la banquise, à quelques kilomètres de Cape Archtcheschy tout au nord de la Sibérie. Là où nous l'avons laissé sur la banquise à -40°C dans sa tentative en solo et en autonomie complète. Le pôle est encore loin, 980 kilomètres exactement. Encore 60 jours d'effort...

    Entre terre et océan

    La banquise blanche à perte de vue. La lumière est comme tamisée. Le soleil bas au-dessus de l'horizon. LaFCB pic 9 W.jpg montre affiche pourtant 16 heures tapantes.

    Juste devant nous s'étend l'océan Arctique glacial. Derrière, la terre la plus septentrionale en Sibérie. Hormis quelques bidons d'essence et une cabane enfouis dans l'épaisse couche de neige, rien ne distingue la terre de l'océan gelé.

    Posé depuis quelques minutes sur ce sol immaculé, les deux hélicoptères de l'aviation civile russe tranchent avec le paysage dépouillé. Autour des deux carlingues à la robe orange et bleue, on s'affaire religieusement autour de deux pulkas.

    Dominik Ardouin, l'aventurière franco-finnoise est rapidement prête à en découdre avec le grand blanc, sa pulka jaune solidement arrimée.

    Frédéric Chamard-Boudet range méthodiquement ses effets après avoir essayé son fusil dans le froid. Pour s'attaquer au pôle, chaque aventurier embarque une arme. Les rencontres avec un ours polaire sont courantes.

    Marin dans la brume

    FCB pic 20 W.JPGLes ultimes préparatifs des deux aventuriers se font sans précipitation et dans le calme. Les deux sont presque muets. Complètement dans leur bulle.

    Derniers réglages. Sanglage de la pulka et des boots de traction sur le baudrier. Ajustage du masque sur le visage pour se protéger du vent polaire. Dernières accolades avec les accompagnateurs. Personne ne pipe un mot. I

    ndifférents à cette préparation quasi silencieuse, les pilotes multiplient les allers-retours entre les hélicoptères et la cabane. Il faut refueler les deux hélicos pour rentrer à la base de Sredny à une heure et quart de vol.

    Dominik Ardouin s'est déjà élancée depuis quelques minutes lorsque le marin et sa pulka couleur pomme et cerise s'ébrouent. Derniers regards. Ultimes encouragements.

    En guise de salut, les bras et les bâtons de skis s'élèvent et s'agitent. L'aventurière haute comme trois pommes et sa pulka de 50 kilos ont déjà disparu à l'horizon.

    Plus que le bruit des skis raclant la neige. La brume enveloppe le «marin des glaces». La nuit polaire ne va pas tarder à tomber.

    «Il a échappé de peu à la mort...» 

    FCB pic 12 W.jpgKlaxon et bruit de sirènes. Paris la nuit. Paris le jour. Réveil difficile. Rapidement déballer le sac de reportage et laver le linge sale avant de foncer à la rédaction de l'hebdomadaire de la Marine.

    L'odyssée sibérienne est terminée. Les rêvasseries aussi lorsque retentit la sonnerie du téléphone. «Frédéric a déclenché sa balise Argos. Il a échappé de peu à la mort...». À l'autre bout du fil, la voix de son épouse Véronique s'étrangle. Stupeurs et tremblements.

    Autre coup de fil, Cerpolex les organisateurs français des expéditions polaires de Frédéric, Christine Janin, Jean-Louis Etienne et de tant d'autres. «Frédéric est en mauvaise posture. D'après son coup de téléphone, il est tombé dans une eau à -1.8°C pendant 4 minutes. Il aurait quand même réussi à monter son bivouac et tente de se réchauffer les mains».

    Tout va très vite dans la tête. L'eau à -2°C. La température de l'air oscillant jusqu'à -30°C. Aucune source de chaleur excepté une tente à monter et un réchaud à allumer mais avec les pieds et les mains gelés...

    Un vrai martyre ! Je me rappelle mon retour dans l'hélicoptère. Mes mains et mes pieds gelés que j'ai eu mille peines à réchauffer près d'une source de chaleur. Si dérisoire par rapport à ce que doit endurer le «marin des glaces».

    Pendant 3 jours, les secours s'organisent. Les coups de téléphones seront innombrables. Les marques d'affection aussi. Viendra la plus belle, celle d'un officier de marine épris lui aussi d'aventure : «Le vrai défi est bien celui dont l'issue reste incertaine...».

    Frédéric sera sauvé.  Le précédant à son départ depuis la terre la plus septentrionale, Dominik Ardouin disparaîtra deux jours plus tard. Jamais son corps ne sera retrouvé, «englouti» par la banquise meurtrière cette année là.

    «Là-haut», tout là-haut, sur la banquise, la moindre erreur peut s'avérer fatale...

    logo cb.jpgRécit publié dans Cols Bleus, l'hebdomadaire de la Marine nationale depuis 1945.

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