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PORTRAIT - Page 5

  • PÔLES POSITION

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    Réalisateur aguerri, Thierry Robert est devenu (même s’il s’en défend) un spécialiste des films documentaires d’expéditions en milieu polaire (LIRE SON ENTRETIEN). Il est à l’honneur du festival international du film polaire 2012. 

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    C’est au côté de l’explorateur Arnaud Tortel, qui lui propose de l’accompagner dans le pôle nord magnétique, que Thierry Robert découvre en 1997 la banquise et les icebergs.

    «Totalement bluffé par cette première expérience», il y reviendra, trois ans plus tard et réalisera La Grande traversée en compagnie toujours d’Arnaud Tortel. Le film raflera tous les prix et les hommages.  

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    S’enchaîneront alors des productions polaires multiprimés, comme Un monde Givré - Le Passage du Nord Ouest en compagnie du navigateur Olivier Pitras, Under the pole - On a marché sous le pôle (Cf. la chronique de l'aventure parue sur ce blog), ou plus récemment La voie du pôle, relatant le quotidien des deux explorateurs français, Sébastien Roubinet et Rodolphe André, pendant  leur première tentative de traversée à la voile de l'Arctique. 

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    Durant une émission matinale diffusée sur France Inter, le réalisateur-aventurier (trop discret médiatiquement) a raconté sa dernière aventure, les coulisses et sa passion tout en annonçant le prochain Festival International du Film Polaire à Lyon, durant lequel ses films documentaires polaires seront projetés.

    Une rétrospective et autant d’images fortes d'un réalisateur à (re)découvrir. L'ami Thierry est talentueux...

    Stéphane DUGAST
    Photographies : DR / Under the pole

     


    thumb-on-a-marche-sous-le-pole---un-documentaire-a-decouvrir-sur-france-3-4570.gif.jpgEN SAVOIR PLUS //

    > Ré-écoutez l’émission de France Inter avec Thierry Robert

    > Le site web officiel de La voie du pôle et de Sébastien Roubinet

    > Le festival international polaire à Lyon Samedi 21 et dimanche 22 janvier 2012 à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon. Amphithéatre Charles Merieux

    > Le portrait de Thierry Robert diffusé sur le blog des glaces de GNGL

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  • CLINS D’ŒIL & KARES

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    56 000 kilomètres, des hommes et un continent. C’est le titre d'un (très) Beau-Livre et surtout le voyage que propose à ses lecteurs Kares (alias Kares Le Roy). Un photographe bourlingueur heureux et talentueux…

    « Identités » et surtout « Curiosités », tels sont les deux maîtres mots de Kares, photoreporter rencontré à l’occasion d’une signature sur l’île Saint Louis à Paris.

    L’œil vif et rieur, la gouaille assurée et l’esprit tourné vers les autres, le jeune artiste attire d’emblée la sympathie.

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    L’homme aime les voyages. Mieux, c’est un bourlingueur. En juillet 2009, il a d’ailleurs rompu les amarres avec « (s)a vie d’avant », porté par une folle envie. Celle de voyager et de réaliser des portraits de visages oubliés.

    Son voyage hors des sentiers battus durera 2 ans. Il le mènera des tribus sédentaires du Sud-est asiatique aux gitans du Cachemire ou Rajasthan.

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    Fort de ces étonnantes pérégrinations, il a concocté à son retour un Beau-Livre porur lequel il a lui-même assurré la direction artistique (son ancien métier) et qu’il a également lui-même publié, faute d’éditeurs pour l’instant frileux. « Il le fallait bien ! Je voulais absolument ce livre pour mettre en lumière l’Asie centrale et son nomadisme », concède sobrement l’intéressé peu rancunier.

    Le résultat est épatant. Ses clichés interpellent et montre un regard humaniste. Celui d’un voyageur fort de valeurs simples promenant son regard des montagnes du Népal aux steppes mongoles jusqu’à la route de la soie pour contempler les splendeurs du Moyen-Orient.

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    Appareil photo et caméra en bandoulière, le trublion a parcouru des milliers de kilomètres entre Jakarta et Istanbul dans un seul but : collecter les traits et caractères des peuples méconnus d’Asie. Mission accomplie !

    Sa centaine de clichés incroyablement esthétique nous invite surtout à nous questionner sur ces derniers nomades d’Asie et « leur avenir très menacé », de l’aveu de l’auteur (au centre du cliché ci-dessous).

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    On regrettera cependant que Kares ait peu accompagné ses clichés de légendes (ou mieux de longs textes) tant l’artiste-baroudeur a d’anecdotes à raconter ou plutôt de messages à diffuser sur cet Orient encore si naturel.

    « J’ai choisi comme parti pris de ne montrer que ceux dont on ne parle pas, ou pas assez, que l’on stigmatise ou que l’on oublie » consent simplement Kares les yeux déjà tournés vers de nouveaux horizons. « Départ l’été prochain. Destination a priori l’Iran ».

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    Il y a du Nicolas Bouvier chez ce jeune homme. Il y a surtout chez Karès cette irrépressible envie de croquer la vie et de vivre intensément le voyage.

    Un très Beau-Livre à dévorer d’urgence…

    Stéphane DUGAST
    Photographies © Kares

     

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    A LIRE //

    56 000 kilomètres, un continent et des hommes
    de Kares Le Roy. 49 € (Amu Darya)

     

    EN SAVOIR + //

    > Son Facebook www.facebook.com/bykares
    > Son site web
    www.travelbykares.com

    >  Pour commander son livre, RDV sur la FNAC


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  • CLICHÉS MARINS

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    Du photographe Benoît Stichelbaut, on dit que c’est un  « talentueux paysagiste de la mer et des bateaux ». Que jamais sa curiosité ne s’est émoussée malgré toutes ces années à promener ses objectifs sur toutes les mers et sur tous les pontons du globe, depuis Ouessant jusqu’au cap Horn.

    Photographe basé à Concarneau dans le Finistère, Benoît Stichelbaut est constamment à l’affût de la belle image comme l’atteste ce cliché pris lors de la récente tempête survenue en Bretagne.

    Reconnu et apprécié des « gens de mer », Benoît Stichelbaut n’en a pas fini de nous montrer la mer dans tous ses états…

    > Son SITE WEB
    > Son BLOG 

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  • UN ACTEUR NOMME MARIUS

     

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    Jeune appelé chez les fusiliers-marins en 1985, il s'est engagé deux ans plus tard dans la Marine. Au fil des missions et fort d'un charisme incontestable, il deviendra une figure emblématique des commandos Marine. Sa participation au tournage du film documentaire « L'école des bérets verts » achèvera de forger sa légende. Devenu depuis « civil » et responsable de la sûreté des bassins Ouest du port de Marseille, il s'est dernièrement offert une parenthèse cinématographique en jouant son propre rôle : celui de Marius, son sobriquet pendant 22 ans chez les bérets verts. Rencontre avec « Marius », un ancien commando devenu acteur à l'affiche du long-métrage « Forces spéciales » en salle le 2 novembre prochain...


    AFFICHE FS.jpgEN SAVOIR PLUS //
    Forces spéciales de Stephane Rybojad 
    Avec Diane Kruger, Djimon Hounsou, Benoît Magimel & Marius. 
    (1h47)

    En salle le 2 novembre prochain. 

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  • LA VOIX DE LA MER

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    Seableue.fr, c’est le site web d’une ancienne voix de Radio France Internationale (RFI), celle des actualités maritimes et des bulletins marines. Une voix qui a bercé les quarts de nombreux navigateurs guettant le grain ou le coup de vent salvateur. Depuis l’hiver dernier, Arielle Cassim a lancé son propre site web (seableue.fr) dédié à l’actualité du monde de la mer.

    « Pendant des années sur RFI j’ai parlé de vous, je vous ai rencontré, interviewé, que vous soyez du monde de la voile, de la plaisance, de la marine marchande ou de la marine nationale… Aujourd'hui cette aventure et ces rencontres se poursuivent sur Seableue.fr », résume-t-elle sobrement dans un édito visible sur la une de son site web.

    Le week-end dernier, la rédactrice-en-chef de Seableue a mis à l’honneur « Zeraq - La mer sur le vif », un ouvrage marin. Forcément...

    seableue.jpgLes mots d’Arielle Cassim, des photos, des sons et des vidéos sur la mer et ses acteurs. RDV sur http://www.seableue.fr

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  • BAINS REVELATEURS

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    Habituée des «bateaux gris», Marie Babey a embarqué sur le chasseur de mines Orion « un peu par hasard et surtout par curiosité ». Explications de la photoreporter passionnée.

    Depuis ses pérégrinations en mer Adriatique sur le porte-avions Foch en 1993 et ses « crapahutages » avec les commandos Marine à Lorient, à Djibouti ou en Albanie, la native de Franche-Comté a multiplié les embarquements tout en élargissant ses horizons à ceux du mécénat, comme notamment durant ses reportages à Madagascar, au Tchad ou au Mali au profit des pilotes d’Aviation Sans Frontières en mission humanitaire.

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    Si la photo-reporter – « au pied et au cœur marin » (de son propre aveu) - revient régulièrement naviguer sur les bâtiments de la Marine comme en 2001 sur le porte-avions Charles-de-Gaulle entre Toulon et Djibouti ou sur le Bâtiment de Projection de Commandement (BPC) Mistral en 2008, depuis Toulon jusqu’à Singapour, l’ex-journaliste a également consacré son énergie à de nombreux reportages menés dans le milieu hospitalier en suivant le parcours d’enfants de pays défavorisés, atteints de malformation cardiaque, tout en s’intéressant à « son cher » canal Saint Martin.

    Auteur de nombreuses parutions dans la presse et d’ouvrages parus en librairie, la photographe choisit donc savamment son mode opératoire : « Il s’agit de s’immerger, par le biais de reportages noir et blanc au long cours, dans des communautés humaines fermées, qui me sont étrangères et qui forment ce que j’appelle mes tribus ». Concernant d’ailleurs la tribu Marine, l’intéressée avoue désormais un « net penchant »  pour les petites unités. « On y sent la chaleur humaine, la solidarité et un esprit d’équipage prégnant ».

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    Son embarquement sur l’Orion l’a comblé. Comme à chaque immersion, la photoreporter a tenu à faire partager ses clichés aux lecteurs de Cols Bleus. Un leitmotiv chez elle. « Un photographe embarqué est un témoin de la petite histoire, sans que cette expression soit péjorative. On témoigne ainsi sur un lieu, des gens et des métiers ». A n’en pas douter, la photographe, basée à Paris, va continuer de témoigner sur les bateaux gris.

    « Qui sait ? », consent-elle malicieusement avant de subitement se souvenir d’un prochain événement Marine. Une exposition de ses clichés des commandos va ainsi être organisée l’automne prochain à Lanester. « Mon livre « Commandos Marine » sera d’ailleurs réédité pour cette occasion » s’enthousiasme la reporter toujours sur la brèche.

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    Fin des bavardages, Marie Babey doit vite filer : « J’ai rendez-vous chez les pompiers. C’est avec eux que j’ai  passé le réveillon de la Saint-Sylvestre. De sacrés bonhommes ! ». La photoreporter a, en effet, entrepris de suivre le quotidien de pompiers de banlieue appartenant à la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris.

    Depuis quelques mois, Marie Babey fréquente, en effet, avec assiduité différents centres de secours du département de la Seine-Saint-Denis afin de photographier « le quotidien difficile » de ceux qu’elle a baptisé les « pompiers des Cités». « Une nouvelle fois, je photographie par goût des autres et pour témoigner… ».

    Un témoignage à sa façon que révèlent ses photos noir et blanc, son mode d’expression préféré « pour les lumières et parce que la couleur distrait l’œil ». Voilà les marins non initiés au charme du reportage photographique prévenus !

    Stéphane DUGAST
    Photos
    © Marie BABEY & MARINE NATIONALE

     

    › Son site web : http://marie.babey.book.picturetank.com/


    COLSBLEUS.jpgRetrouvez sur CALAMEO
    l'intégralité du reportage de Marie Babey
    sur LA GUERRE DES MINES
    paru dans COLS BLEUS,
    le bi-mensuel de la
    Marine 


     

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  • L’ETONNANT MONSIEUR KASPER 3|3

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    Un  atelier à quelques encablures de la capitale. S’y entasse une multitude d’objets hétéroclites, en majorité des sculptures. Une ambiance sans pareil. Un joyeux bric-à-brac « en constante mutation » dixit son propriétaire très bavard…

    La démarche de Kasper se base sur l’action. Sa fougue et son énergie font le reste. Paradoxalement, un zest d’énergie est nécessaire selon lui. Dans son atelier des Hauts-de-Seine, aux fonderies Sarralheiro dans la Saône-et-Loire ou chez Chapon à Bobigny, l’artiste travaille sans relâche. « Je vais à l’atelier comme je vais à l’usine ». Ces mots de Fernand Léger que son père lui rappelait quotidiennement, sont devenus siens. « Le travail est la discipline de l’artiste ».

    Concernant son œuvre, les spécialistes sont formels : « écouter les silences de ses bronzes, des ses terres cuites patinées ou de ses bois polychromes ». Alors, on se tait. On écoute. On regarde quand subitement Kasper surgit tout en poursuivant ses explications. « Ses élucubrations » persifleraient les mauvaises langues rétives devant tant d’enthousiasme et de passion.

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       « Dans son merveilleux bric-à-brac s’entassent un trophée de chasse, des statuettes du Pacifique « achetées à prix d’or à une galerie » et des sculptures, nombreuses… »

    Alix arrive. Un jolie brin de femme. Des prunelles qui pétillent. Un sourire à faire décrocher la lune à plus d’un marin. Rapides présentations. Parisienne de naissance, Alix est créatrice de mode. « Styliste-modéliste », c’est écrit sur son élégante carte de visite qu’elle vous tend « C’est une vraie artiste. Elle a travaillé chez les plus grands » ne manque pas d’ajouter le propriétaire de l’atelier fin communiquant.

    Leur collaboration est née d’une rencontre fortuite. « Au mariage de l’une de mes meilleures amies » concède Alix. Interminables palabres sur le monde de l’Art. Kasper a l’enthousiasme contagieux. Il revient d’un drôle de voyage sur un bateau gris. Un univers a priori éloigné de la mode. Alix écoute. Elle opine. Elle questionne. La jeune artiste est conquise par les 1001 idées à la minute du plasticien.

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    Naît l’idée d’une collaboration et d’une production singulière : la création d’une robe de créateur inspirée de la frégate « Dupleix » et de l’homme-poisson. Deux univers chers à Kasper.  Depuis, son  embarquement de l’artiste sur la frégate de la Marine, le monde militaire l’habite en effet. Ses missions de guerre. Ses systèmes de combat. Ses activités. Son équipage « bigarré et humain ». Les discussions avec son ami Serge Marko, peintre officiel de la Marine, ont du également l’imprégner. « Je lui dois beaucoup » concède-t-il subitement timide.

    Court silence avant que la discussion ne reprenne. A bord du « Dupleix », l’homme-poisson s’est baladé. Sûrement, sous l’œil réprobateur de certains marins. « Ils étaient très curieux » dément l’intéressé. L’artiste de Paris a également « crobardé ». « Beaucoup mais j’ai tout laissé à l’équipage ». Kasper a photographié. « Un univers incroyablement riche ». L’artiste-plasticien a également sculpté.

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    A défaut du pacha abhorrant le culte de la personnalité, çà sera Jean-François Dupleix (1697-1763). « Un marin incroyablement romanesque. C’est ce que j’ai voulu montrer dans ma sculpture ». Depuis la pièce en terre cuite a sérieusement « morflé ». La faute à des bagagistes peu scrupuleux lors de l’avion retour depuis Toulon. Fabien a besoin d’aide et de conseils. Kasper doit filer. Alix peut enfin parler. Son concept de robe, mi-homme poisson, mi bateau, la passionne depuis ce « fameux » mariage.

    Spécialiste du vêtement de femme, Alix compte développer une robe ainsi qu’un sac à main sur cette même thématique. « C’est un accessoire indispensable pour la femme moderne ». En pleine conception des volumes, la jeune styliste travaille ardemment à la recherche de fournisseurs et de fabriquants.

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    Kasper vient enfin de valider le concept et ses motifs. Pour les matières de la robe, il s’agira de maille, « c’est très marin », et de cuir. « C’est épuré en références à l’uniforme ». Quant à l’association des deux, « elle sera inattendue pour un tel modèle ».

    Quant aux codes couleurs, la créatrice a choisi le contre-pied. Le rouge est devenu rose. Le bleu : violet et bleu ciel. Le tout sera travaillé sur un cuir blanc, « plus pur et plus lisse » sur lequel sera sérigraphié un visuel résolument graphique du sculpteur aux multiples talents. « En fait, un crayonné de la frégate et des hommes-poissons ». Kasper revient déjà, une idée derrière la tête. « Et si on faisait une séance-photo ? ». Décidément, « Kasper ne fait que du Kasper ». Et c’est comme çà qu’on adhère à tant d’audace… (FIN)

    Stéphane DUGAST
    Illustration Kasper /
    Photographies Stéphane DUGAST

     

    Pour en savoir plus : www.kasper.fr

     

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  • L’ETONNANT MONSIEUR KASPER 2|3

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    A quelques encablures de la capitale, un atelier où s’entasse une multitude d’objets hétéroclites, en majorité des sculptures. Une ambiance sans pareil. Un joyeux bric-à-brac « en constante mutation » dixit son propriétaire d’emblée très affable. Bienvenue chez Kasper. Bienvenue en son royaume. Lui le terrien devenu marin et désormais sculpteur.

    Retour sur la terre ferme, Arnaud devient « Kasper », sa signature. Kasper fera du Kasper. « Coûte que coûte. Vaille que vaille ». Aucune concession n’est possible. Un marbre de Carrare, « un bloc de 120 kilos » est taillé. La tortue de marine rencontrée devient une sculpture.

    Nourrie par son imagination, ses créations se multiplient. Dans le monde équestre d’abord. Un « Zingaro » naît de ses mains. Sa passion viscérale pour la mer et son attirance pour les arts premiers va donner naissance au concept de l’homme-poisson. « D’emblée, tout le monde a adoré. Les enfants comme les adultes ». L‘œuvre est transgénérationnelle et asexuée. Elle devient une mascotte, voire un totem.

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    Mi-homme, mi-animal vertébré inférieur, vivant dans l’eau et muni de nageoires. « L’homme-poisson », l’artiste flaire la bonne affaire. Celle du concept fédérateur. « Il y a ce quelque chose d’inébranlable et de solide ». Un objet à montrer à la fois dans une dimension verticale autant qu’horizontale. Pour le grand-public, chacun y voit aussi sa source d’inspiration. L’Afrique pour les uns. L’Océanie pour les autres. Lui revendique sa paternité et y décèle une harmonie totale avec la Nature.

    Pollution ou réchauffement climatique, cette Nature abimée le tracasse. « En cassant la chaîne, on assiste à notre propre autodestruction ». Kasper réagit et témoigne donc à sa manière. « Avec mes tripes. Sans ostentation, ni militantisme ». Grâce à ses œuvres, et grâce désormais aux déambulations de l’homme-poisson, il faut interroger le grand public ». Un credo…

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      « Par son alliance du vrai et de la métamorphose, Kasper nous transporte dans le piège de la magie. Et la magie fascine... »

    Dans son « bric-à-brac », l’artiste est volubile. S’il se définit modestement comme un piètre communiquant, l’homme a pourtant du bagout. Et fier allure. Costume trois pièces anthracite velours côtelé. Cheveux longs et barbe savamment taillée. « Ca me donne de l’assise », confie-t-il doctement.

    Autour de lui, ses disciples. Fabien, l’un de ses élèves qui 2 jours par semaine donne un coup de main au « Maître ». Dans la vie, Fabien est professeur d’éducation physique et sportive dans un collège de banlieue parisienne. A 34 ans, « l’artiste en herbe » a voulu se tester, « tout en gardant un métier pour assurer ses arrières financièrement ».

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    A l’autre bout de l’atelier, Sabrina furète. Etudiante en architecture aux Beaux-Arts, Sabrina parfait sa formation. Elle s’imprègne de l’univers du maître qui accueille désormais un probable mécène, assisté de sa chargée de communication.

    Fin pédagogue, Kasper se démène. Kasper raconte. Kasper démontre. Kasper explique. Moues approbative de ses invités. « Un riche producteur d’émissions télé » confiera a posteriori l’artiste.

    L’antre de Kasper réchauffe les cœurs et les esprits.  D’autres amis ne vont pas tarder à débouler. Quant à l’hospitalité qui se dégage des lieux, l’artiste est formel : « Mon atelier, c’est un lieu de travail mais avant tout un lieu d’échanges ouvert sur le monde ».

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    Le possible mécène semble finalement ravi. Le concept de l’homme-poisson aurait fier allure sur ses golfs qu’il vient de s’offrir. L’artiste « au four et au moulin » tient cependant à garder raison et avoue : « Pour en vivre, je dois être à la fois un créatif, un communiquant, un négociateur, un diplomate et un habile commerçant ».

    Sans ces aptitudes, impossible de vivre de son art selon lui. Sonnerie stridente. Nouveau visiteur. « A coup sûr, c’est Alix ! » lance Kasper qui part à sa rencontre à grandes enjambées… (A SUIVRE)

    Stéphane DUGAST
    Photographies Kasper / Stéphane DUGAST

     

    Pour en savoir plus : www.kasper.fr

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  • L’ETONNANT MONSIEUR KASPER 1|3

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    Etrange atelier situé à quelques encablures de la capitale. S’y entasse une multitude d’objets hétéroclites, en majorité des sculptures. Une ambiance sans pareil. Un joyeux bric-à-brac « en constante mutation » dixit son propriétaire artiste, d’emblée très affable…  

    Bienvenue chez Kasper. Un ancien garage à autobus retapé de ses mains en guise d’atelier capharnaüm. Bienvenue dans un monde où la création est protéiforme. L’état d’esprit éclectique. L’imagination plurielle. Le goût pour l’aventure manifeste. «  Il n’est pas de ceux qui ont cherché un style et s’endorment » proclament les critiques d’Art. La sculpture est son Art. C’est sa marque de fabrique. La vie l’habite. La mort le tourmente.

    Surtout cet instant où tout bascule. L’artiste désigne alors l’une de ses œuvres. Un martin-pêcheur, à son bec, un poisson pas encore englouti. « Que va devenir ce poisson  qui finalement était encore dans son élément quelques secondes auparavant ? C’est cet instant où tout bascule qui me taraude... » lâche le maître des séants dans un soupir.

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    L’œuvre est longiligne. Puissante. Tourmentée. Indéfinissable. « Kasper ne fait que du Kasper » lit-on sur les plaquettes ou sur son site internet. Un credo que l’artiste parisien répète à l’envi. Impossible de lui coller une étiquette. Difficile d’identifier dans son travail l’influence d’un autre ou la marque d’un courant. Kasper aime à brouiller les pistes.

    Sculpteur, il puise sa force créatrice « partout, au gré de (s)es rencontres ». Un temps dans la symbolique de la mythologie. Trônent un cyclope, un chat égyptien ou un minotaure. La littérature l’inspire également. Dans son atelier, Victor Hugo « à livre ouvert » semble d’ailleurs dévisager le visiteur.

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    « Kasper est réceptif à toutes les formes artistiques. La sculpture a néanmoins ses préférences. C’est sa marque de fabrique »

    Le monde animalier l’a aussi fortement imprégné. Côte à côte, des chevaux ou un sanglier à taille réelle. Quesion matière, ses productions sont diversifiées. En bronze, en terre cuite ou en bois polychromes. « Scarifiés, lustrés, figés, veinés, équarris ou polis, resurgissent parfois des êtres qu’il délivre du temps » explique également sa plaquette de présentation décidément très prolixe. Confirmations à Asnière-sur-Seine, rue Bourdarie Lefure, près du carrefour des Bourguignons. Dans l’ancien hangar à autobus. « Des anciennes écuries pour les calèches » d’après le « Maître »

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    C’est au cours d’une transat océanique que la vie du publicitaire d’alors va basculer. Deux rencontres avec le monde animal vont, en effet, imprégner l’inconscient de Kasper. D’abord, la vue d’un cétacé à la prou du voilier. « Nos regards se sont croisés. C’était fort et intense ». Il y a également la vue d’une tortue marine « sur une mer comme un lac ».

    Alors éloigné du monde des hommes, le parisien d’origine décide de changer de vie. Il sera artiste. Révolté d’avoir vu des animaux marins baignés dans une eau souillée par le pétrole, cette colère va être transcendée « en force créatrice au profit de mes idéaux ». Ses idéaux vont ainsi se manifester dans ses sculptures dont celle de l'homme-poisson.  (A SUIVRE)

    Stéphane DUGAST
    Photographies DR / Stéphane DUGAST

     Pour en savoir plus : www.kasper.fr

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    L'homme-poisson de Kasper en mer. 

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  • JEAN-FRANCOIS DENIAU, L'ETERNEL COMBATTANT

    Ses nombreuses pérégrinations à travers la planète, sa carrière d’homme politique et de diplomate, son savoir-faire reconnu de médiateur et négociateur, ses talents d’écrivain, son sens inné de la communication et son auraen font l’une des figures incontournables de la cinquième république. Sur terre comme en mer, Jean François Deniau (1928-2007) a croqué la vie à pleines dents.

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  • SAVOYARD, TETE DE LARD !

    Ancien élève de l'école normale de musique, Jean-Marie Chourgnoz a été tour à tour musicien, créatif, directeur d’une agence de publicité puis photographe et plasticien. Un embarquement sur la Jeanne a changé sa vie…

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  • THEO LE MATELOT

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    R97, c'est le numéro d'immatriculation de la Jeanne d'Arc et le titre (partiel) d'un album de bande dessinée librement inspiré des romans d'un ancien mécano du porte-hélicoptères, surtout connu pour sa carrière dans le septième Art et plus récemment en tant qu'écrivain...

    008_R97.jpgPrintemps 2005. Le dessinateur Christian Cailleaux bouillonne d'idées. Les récits de Bernard Giraudeau, le captivent. «Je soupçonnais que nos voyages et nos envies pourraient trouver là un terrain d'entente. Il a d'ailleurs réalisé ce film que je trouve admirable : Les Caprices d'un Fleuve. Or, j'ai une affection toute particulière pour Saint-Louis du Sénégal. C'est là où j'ai écrit l'un de mes albums intitulés Le Troisième Thé ».

    Inspiré, le dessinateur envoie « sans complexe » ses albums au comédien, réalisateur et écrivain tout en lui proposant de se rencontrer. « Le tout sans projet préconçu». Réponse positive de l'intéressé.

    Les deux hommes se rencontreront lors d'un festival malouin consacré à la littérature de voyage. Rapides discussions et mises au point. L'ancien mécano de la Jeanne avoue cependant ne rien connaître à l'univers bédé. L'initiateur de cette aventure est néanmoins sûr du bien fondé de l'entreprise : «Bernard Giraudeau est un homme d'images et de mots. C'est un excellent réalisateur. Je n'avais donc aucune raison d'être inquiet...».

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    Les principes de la collaboration sont ainsi établis. L'écrivain de Marine conseille  au dessinateur de relire son ouvrage «Le Marin à l'ancre» et de lui indiquer ce qui déclenche des envies graphiques. Le sujet est vite trouvé : la Jeanne, ses « matafs », ses escales ou les tribulations romancées de l'ancien quartier-maître chef.

    La trame du récit est rapidement établie. Il s'agira d'une campagne d'application imaginaire de la «Jeanne» se déroulant à la fin des années 1960. Théo, jeune matelot embarqué, inspiré des récits de l'écrivain de Marine, en sera le héros. Elaboration et «tricotage» d'un voyage autour du monde à quatre mains.

     

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    L'esprit Jeanne ?

    Dès lors, entre voyages et projets respectifs, les compères avancent à leur rythme. De son côté, le dessinateur aborde les premières esquisses et réalise rapidement un crayonné complet à demi format.

    «Une façon de mieux aborder le rythme entre les navigations et les escales». L'écueil de tout ouvrage consacré à un marin embarqué est évité. Alors officier de presse dans la Marine, Valérie Fourrier, elle-même ancienne de la Jeanne, flaire la «bonne affaire» et propose aux des deux artistes un embarquement sur la Jeanne.
     

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    Enthousiaste, Christian Cailleaux embarque seul lors de l'appareillage de Brest. «Je voulais saisir les émotions et les regards des marins qui partent pour six mois». Premier transit donc à destination de New York, suivi d'un second embarquement entre Toulon et Brest.

    Lors de l'escale à Lisbonne Bernard Giraudeau monte à bord et rejoint son compagnon pour deux semaines en mer et en commun. «L'idéal pour achever le story-board» estime Christian. Sur la Jeanne, l'équipage est immédiatement enthousiaste. Le «pacha» aussi, au point de laisser ses salons à la disposition des deux passagers. Séances de travail dans les appartements du commandant avec vue sur mer.
     
    In situ, les avantages sont nombreux. Les deux auteurs 029_R97.jpgdisposent d'un équipage sous la main. Une rencontre s'avère décisive, celle avec l'officier de manœuvre. Le marin enthousiaste corrige les rares approximations. Il inspirera d'ailleurs un personnage du récit. Autre bonheur embarqué pour les deux compagnons, celui de pouvoir s'accorder «une pure bouffée d'oxygène» en passerelle ou sur les extérieurs.

    Cette collaboration sur la Jeanne leur permet finalement de réorganiser le canevas définitif de la bande dessinée. Les hommes en mer sont heureux. Retour à terre, le projet s'affine au gré des emplois du temps respectifs.

    Les cases sont dessinées sans intégrer aucun dialogue. Les textes pourront ainsi être ciselés jusqu'au dernier moment. Comme pour tous ses albums - «à l'exception du premier» - Christian Cailleaux réalise lui-même la couleur sur ordinateur. «Ça autorise toutes les audaces. Ça permet surtout un travail en aplat comme en sérigraphie sans effets de couleurs ou de dégradés».

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    Printemps 2008, l'album «R97, les hommes à terre» sort en librairie. Les «bédévores» adorent. Le grand public suit. A l'exception de quelques esprits trop pudibonds, les frasques de Théo, le jeune matelot embarqué sur la Jeanne, passionnent donc.

    Fort de ce succès d'estime, l'écrivain de Marine et le dessinateur chevronné envisagent de récidiver. «Sans la Jeanne, cette fois» jure Christian. Librement inspiré de l'une des nouvelles de Bernard Giraudeau, ce prochain album, intitulé «Les longues traversées»,  racontera les tribulations de Théo, une décennie plus tard «De la Jeanne, il en sera tout de même un peu question» concède finalement amusé Christian Cailleaux...

    Stéphane DUGAST

    Illustrations: © Christian CAILLEAUX / Casterman éditions - Photograohies © Christian CAILLEAUX & Yann LE NY

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